chemin de croix

 Il ne reste plus qu'à emprunter le chemin tortueux et ... ressusciter... 

Ben que je ne fasse parti d’aucune religion, le chemin de croix à travers les ruelles de Jérusalem par un pauvre bougre de prédicateur a bel et bien existé à l’époque du préfet romain Ponce Pilate.

Ressusciter (1675) – « Revenir à la vie normale après une longue et grave maladie. » - Me de Sevigné, Lettre 29 dé. Corresp. ; ethy : de re-suscitar « se lever, se réveiller ».

Abacadabran – nous parlons ici d’une manifestation de l’activité humaine. Qui aurait-il de plus important que la gestion de notre pays, la France, habitée par 65 millions de créatures non pas celles créées par une quelconque puissance immanente mais engendrées par l’homme depuis l’origine et l’étrange et inconnue jusqu’alors chimie terrestre et venant d’ailleurs. Ce que demandent ces êtres humains occupant un territoire déterminé, unis par des traits ethniques, sociaux et culturels? Ce groupe humain revendique le droit d’exister comme nation dans le respect des lois et des droits pour lesquels nos ascendants ont tant œuvré. Sachant qu’il est impossible pour un peuple de gérer les différents dossiers relatifs au bon fonctionnement d’un Etat, il a été décidé il y a fort longtemps d’en confier l’organisation et l’administration aux personnages de la communauté les plus aptes à le faire, à savoir pour celui appelé à gouverner la nation d’être clairvoyant et d’une moralité à toute épreuve, pour les autres ceux qui sont appelés à le seconder, l’on demande d’autres qualités dont il sera question par la suite.

Pourquoi abracadabran ? En parlant de l’activité humaine effectuée ci-dessous, la gouvernance d’un pays. Il faut tout d’abord vous dire que ce mot est d’origine kabalistique, employé d’abord par les initiés, ce mot dérivé de abracadabra signifie d’abord « incompréhensible ». Il en vient à exprimer non seulement la fantaisie la plus débridée mais aussi la violence, la démesure. Etymologie et historique (1834) : « ce qui jette dans la confusion d’esprit ».

« … quand on lui racontait l’histoire la plus abracadabrante, la plus monstrueuse, les prix du marché noir, qu’on lui parlait de l’inexprimable horreur des otages fusillés… c’est normal » E. Triollet, Le premier accroc coûte 200 f (1925)

Voyons ce qui peut être dit et qui fut dit à plusieurs reprises par le chef de l’Etat et sa chorale de ministres. « Nous ne sommes pas responsables si la dette publique en France ait atteint un sommet qui met en péril l’unité et la place dans le monde de notre pays, nous venons seulement d’arriver au pouvoir. »

L’un des slogans que vous fîtes à la fin de votre empoignade avec votre rival.
« Moi président de la République… le monde traverse une crise majeure, en tout cas, l’Europe. Bien sûr que le Président doit être à la hauteur de ces sujets-là ». Cette phrase suit une diatribe adressée à votre adversaire pour la Présidence et est un long réquisitoire de ne pas faire ce qui fut fait ou qu’il eût pu faire. Il est une chose certaine, c’est que vous n’êtes pas sujet à avoir un vertige à propos de ce sujet. En tant que complément indirect, ce sujet désigne un processus soumis à un mal ou à un trouble donné. « Ma sœur était souvent sujette à des vapeurs, elle jetait des cris et passait sa rage sur moi. »

Ce sujet-là, M. le président, n’a pas l’air d’être le premier de vos soucis et je me demande pourquoi. Pendant quarante ans, depuis l’avènement de messires Valéry, Marie, René, George Giscard d’Estaing, Président de la République (1974/1981) ; François, Maurice, Adrien, Marie Mitterand, Président de la République (1981/1995) ; Jacques Chirac, Président de la République (1995/2007) ; Nicolas Sarkozy de Nadji-Bocsa, Président de la République (2007/2012) et François Hollande, Président de la République depuis le 6 mai 2012, ce sujet-là s’agissant de la dette publique de la France qui prit sa source sous le premier nommé n’a cessé de croître.

Avant de poursuivre mon propos et afin que le lecteur appréhende la situation, penchons-nous sur le vocable « dette ». En langage simple, c’est l’argent que l’on doit à quelqu’un et que l’on est tenu de rembourser à plus ou moins brève échéance. Etablir une reconnaissance de dette est un acte écrit attestant que le débiteur a une dette envers le créancier. Celle-ci n’ayant rien à voir avec une dette d’honneur pour laquelle la loi refuse toute action judiciaire et que l’on s’engage à rembourser sur l’honneur – en particulier, une dette de jeu. – remise de dette : abandon par le créancier de ses droits à être payé ; détention pour dette : frais judiciaires très rares en province pour cause d’absence de lieu de détention ; dette communale : pour faire face aux charges d’équipement, de construction de bâtiments administratifs, scolaires… les communes sont obligées de solliciter des emprunts auprès de différentes caisses nationales ou privées et doivent rembourser chaque année une part du capital et les intérêts ; dette commerciale : celle qui résulte d’une opération de commerce, je parle de l’article 1er, loi 1832 qui établit la contrainte par corps pour dette commerciale ; dette exigible : celle dont le créancier peut exiger actuellement le paiement ; dette hypothècaire : celle qui est garantit par un droit spécial sur les immeubles du débiteur ; dette liquide : celle dont l’existence est certaine et le montant déterminé ; dette publique, dette de l’Etat : ensemble des dettes de toutes natures résultant généralement d’emprunts contractés par un Etat et qu’il doit rembourser à ces citoyens (dette intérieure) ou à un autre Etat (dette extérieure), qui est une dette à court, moyen et long terme.

« Malgré les conquêtes napoléoniennes, le blocus continental tripla la dette nationale contraignant l’aristocratie à hypothéquer ses terres et réduisit le peuple à la misère. La capitale par contre recueillit un énorme bénéfice de ces douze années de guerre, c’est que seule elle était outillée pour financer une coalition universelle. » Moreau, Londres (1933)

Dette extérieure : le gouvernement grec en 1852 désespéré de payer jamais les intérêts de la dette extérieure, il se promettait seulement de témoigner de sa bonne volonté aux trois puissances en leur donnant 400 000 drachmes par an, About La Grèce contemporaine 1954

Dette perpétuelle : dette de remboursement de laquelle aucun terme n’a été fixé et dont seuls les intérêts sont exigibles ; dette remboursable : celle dont l’échéance est déterminée et qui se compose de la dette flottante, de la dette à long terme et de la dette viagère. La dette publique est soit remboursable en principe à une date fixée, soit perpétuelle. (1974)

Dette flottante : partie de la dette publique à court terme constituée par l’ensemble des emprunts à moyen et à court terme.,, dette du Trésor envers les particuliers sous forme de bons du Trésor, montant des fonds versés en compte courant du Trésor (1974).

Dette viagère : partie de la dette publique représentée par les pensions (retraites, invalidités) versées par l’Etat aux particuliers.

Dette consolidée : partie de la dette publique à long terme constituée par l’ensemble des emprunts à long terme, à savoir la dette perpétuelle et la dette à long terme inscrites sur le Grand Livre de la Dette Publique et dont les intérêts et amortissements font partis du Budget de l'Etat.

Dette d’Etat : emprunts émis par le gouvernement précédent à la charge du gouvernement suivant.

Dette inscrite : celle qui constitue de la dette consolidée et de la dette viagère et portée sur le Grand Livre de la Dette Publique.

Dette de régime : celle qui ne concerne que le gouvernement qui l’a contractée et n’engage pas les gouvernements futurs.

Reprenons si vous le voulez bien M. le Président mon propos.
Vous devez savoir que nulle personne au monde, nulle organisation, aucun Etat, ne vous prêtera perpétuellement des subsides si vous n’avez en dernier recours suffisamment de richesses à hypothéquer à son profit. Quelle partie de notre France pourriez-vous céder en paiement de cette dette historique qui nous accable ? Quelle tractation, quel pacte seriez-vous en mesure de passer avec vos créanciers ? Savez-vous seulement d’où viennent ces créanciers et leur argent ? Comme il est dit souvent dans des cas désespérés, seriez-vous prêts à passer un pacte avec le Diable ?

Dix législatures se sont succédées et le poids de la dette publique atteint 84% du PIB national, soit une dette de 1700 milliards d’euros. Comment peut-il se faire qu’aucun des responsables en charge de la France que ce soit l’un des quatre présidents ou les dix premiers ministres qui se sont succédés n’aient été alarmés d’une telle situation ? Qu’aucun n’ait pensé à rembourser la moindre partie du capital ne se préoccupant que du paiement annuel des intérêts de l’emprunt m’interpelle. Qu’ont voulu prouver ces hommes ?

Un groupe d’hommes choisis par le peuple se permet d’emprunter de fortes sommes d’argent et l’obtient pour la bonne raison que la France est un pays « développé », d’où la confiance des créanciers.

Rembourser la dette relève de l’utopie ! Il ne reste plus que de se mobiliser et arrêter toutes les dépenses ne concernant pas le minimum vital des familles et chercher partout où il se doit les économies à faire au risque d’en froisser certains. Vous avez réduit les émoluments des ministres, geste symbolique mais non efficient, ce qu’il faut c’est réduire le traitement de tous les agents de l’Etat – et réduire fortement le nombre de fonctionnaires, seuls devraient avoir ce statut les fonctionnaires relevant des missions régaliennes de l’Etat, réduire les frais de fonctionnement – ex : les appartements de fonction, voitures de fonctions avec chauffeurs… Remarquons que c’est ainsi que cela fonctionne chez les Allemands, de facto, il ne s’agit que de rationalisation de l’Etat. La France pour fonctionner comme l’Allemagne – qui n’est pas moins bien administrée que la France – devrait avoir 1 500 000 fonctionnaires de moins qui générerait une économie entre 80 et 90 milliards d’euros par an. Remarquons qu’un fonctionnaire coûte 3 500 000 euros à l’Etat français – traitement, retraite. Il faut cesser d’annuler les dettes contractées envers la France de pays riches en ressources minières quitte à les échelonner sur nombre d’années.

Il faut noter également que l’Allemagne et la France sont les plus gros contributeurs à l’Europe. Comment peut-on continuer alors que notre contributions fera l’objet d’un emprunt pour lequel nous serons punis ! Peut-être n’est-ce que pour donner encore l’illusion que la France est un grand pays et n’est pas en déclin !

Arrêtons de distribuer pour sauver les pays en mal de changement et de partir en guerre pour la Grandeur de la France à crédit !

Croyez-que que ce soit le moment d’accueillir 200 000 émigrants et plus tard leurs familles – regroupement familial – alors que l’on ne peut les loger et leur donner du travail afin de vivre dignement ?

Croyez-vous qu’il soit normal qu’un étudiant étranger puisse rester en France après ses études universitaires alors qu’il peut être si utile dans son pays ?

Il paraît que nous ne sommes pas compétitifs et que les salaires en France devraient – aux dires des patrons et des actionnaires – être réduits alors pourquoi certains étrangers viennent-ils encore investir en France, serait-ce pour nous faire plaisir ? Il faut noter que les constructeurs automobiles français se plaignent du coût de la main d’œuvre en France et justifient en raison le nombre de ventes de voitures qui chute d’année en année, étonnant alors que le Japon vend sans difficultés avec un coût de main d’œuvre identique. La difficulté des constructeurs français ne résulterait-elle pas d’une mauvaise politique de production ou de choix erronés ? Je conseillerai à ces entreprises de pratiquer un espionnage industriel efficient tel que le firent les Japonais chez nous après la guerre.

Pourquoi avoir pris la décision d’emprunter et à quelles fins utiles ? Je ne pense pas que le « mieux faire que personne ne fit » grâce à cet apport supplémentaire de numéraire fut de flatter l’égocentrisme – consistant à envisager le point de vue ou l’intérêt des autres qu’à partir du siens – motiva cette décision. L’argent public provenant d’emprunts ayant servi principalement à la construction de bâtiments, extension des villes… superstructures, stades, réseaux routiers… bénéficient à un certain type d’entreprises ayant les faveurs de l’Etat. En effet, impossible de soumissionner à un marché public sans avoir un capital suffisant. Dans pratiquement tous les cas, le coût de ces travaux a dépassé les prévisions, parfois triplant ou quadruplant, à l’exemple des infrastructures nécessaires aux jeux olympiques d’Athènes ou de Londres et en France au Stade de France. Il est clair que ces travaux n’auraient vu le jour sans un apport extérieur. A qui le … profite ? aux conseils d’administration des dites entreprises chouchoutées par l’Etat et ce, pour quelle contrepartie ?

L’argent emprunté n’aurait-il pu être utilisé afin de créer les conditions adéquates à la création d’entreprises – l’Etat n’a pas vocation à fournir de l’emploi mais les entreprises privées oui – favorisant ainsi la création d’emplois ? Recréer le circuit économique est une urgence ; hors, pas d’entreprises, pas d’emplois ; pas d’emplois, pas de travail, nombre croissant de chômeurs ; plus de chômeurs, plus de social nécessaire, moins de consommation, moins de ressources pour l’Etat ; à condition toutefois de ne pas oublier au fur et à mesure le remboursement du capital de la dette.

Quoi qu’en dise certains, la France s’appauvrit, les Français s’appauvrissent en conséquence et l’Etat s’appauvrit. Nous sommes sur la voie du déclin économique et probablement à court ou moyen terme du déclin social – lorsque l'Etat français ne sera plus en mesure d'assumer notre système social. Il serait temps de réagir avant que le peuple ne réagisse.

                                                       le 7 janvier 2013

 

 

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