La Commune de Paris

La défaite de Sedan - Après la capitulation de Sedan, l’armée prussienne et ses alliés déferlent sur le nord et siège devant Paris. A l’Assemblée, Jules Favre prononce la déchéance de Napoléon III ; la foule et la Garde nationale envahissent le palais Bourbon et réclament la chute du régime impérial. L’Impératrice part en exil et la France entraîne les députés républicains à l’Hôtel de Ville et instaurent le gouvernement provisoire de Défense nationale – le 12 août 1870. Le général Louis Jules Trochu en assume la présidence et déplace les 40 000 soldats de Vinoy dans Paris. Ce mouvement ayant des considérations politiques plus que militaires mais va dans le sens d’une résistance contre l’ennemi entendu que le gouvernement a choisi de rester dans Paris encerclé. Les semaines qui suivront la proclamation de la République verront l’armée prussienne continuer sa progression sur le territoire sans une forte opposition. 


Le 15 septembre, Thiers est mandaté auprès des capitales européennes pour rechercher des appuis dans l’espoir de peser sur les exigences prussiennes. 


Depuis 1840, Paris est une ville fortifiée, entourée de lignes de forts et d’une fortification constituée d’un mur d’enceinte continu percé de portes et renforcé de 94 bastions et d’un fossé, redoutes et fortins dont certains de ces ouvrages n’étaient pas terminés complètent ses travaux. Après le 4 septembre 1870, le gouvernement provisoire arme les fortifications avec tous les moyens disponibles : plus de 3 000 canons sont acheminés sur les lieux depuis la province. Dans Paris, des ateliers sont installés pour l’armement. Des casemates et des barricades sont élevées dans les zones militaires, les maisons ayant été rasées au préalable. Au début du siège, les Allemands disposent de 150 000 hommes pour évoluer jusqu’à 400 000. L’acheminement de leur artillerie lourde ne commence que fin novembre, une fois contrôlée les axes ferroviaires. Les Parisiens disposent de 400 000 hommes pour défendre la capitale mais moins de 100 000 d’entre eux reçurent une formation militaire. Bismarck et Molke chef  militaire impitoyable évitent d’exposer leurs troupes dans les combats de rues. Ils comptent sur la lassitude et la faim pour obtenir la capitulation de Paris, se contentant de repousser toutes tentatives de percée. Autour d’un périmètre de 10 km de rayon, ils installent leur cantonnement et ne lancent pas d’attaques attendues par les Parisiens, lesquels manipulés et démoralisés par les Prussiens et l’inaction, tentent quelques sorties toutes vouées à l’échec.  Le 18 septembre, la ville de Versailles est encerclée et investie le 19 sans combat.


Le haut commandement prussien dont Bismarck s’installe dans la demeure de Rotschild au château de La Ferrière-en-Brie. Les derniers moyens de communication entre Paris et la province sont interrompus. L’encerclement de la capitale et des forts extérieurs est achevé le 19 septembre. C’est le premier jour du siège. 

les-prussiens-favorisent-1.jpg                                                                                Les collaborations des Prussiens avec les Versaillais

Le siège de Paris -  Après l’échec sanglant de la sortie de Buzenval, le 19 janvier, la situation de Paris est désespérée. Le gouvernement de la Défense nationale, vivement mais vainement attaqué par les Parisiens le 22 janvier 1871, parvient à rester en place et choisit de réprimer ses opposants. Le général Trochu toujours à la tête du gouvernement cède son poste de gouverneur à Vinoy. Ce dernier ferme les clubs politiques parisiens, interdit 17 journaux hostiles au gouvernement et fait arrêter quelques chefs de l’opposition dont Delescluze. Partisan pour l’arrêt des combats, il demande l’armistice. Le 23 janvier, Jules Favre rencontre le chancelier Bismarck à Versailles. Les exigences allemandes sont démesurées. 


¤ la France doit procéder à des élections pour la formation d’une Assemblée chargée de ratifier la paix 

¤ les forts entourant la capitale doivent être livrés aux vainqueurs

¤ les soldats défendant Paris doivent être désarmés¤ après un siège de 4 mois, les Allemands peuvent rentrer dans Paris

 ¤ la ville doit verser une rançon – mot de Bismarck – de 200 millions de francs

¤ l’armistice est prévu pour une durée de 3 semaines pendant lesquels seront négociés les préliminaires de la paix 


Jules Favre obtient quelques concessions : l’équivalent d’une division militaire autorisée pour maintenir l’ordre ; la Garde nationale ne sera pas désarmée ; l’entrée des Allemands dans Paris est repoussée au début mars. Il a oublié l’armée de l’est qui doit se réfugier en Suisse n’étant pas comprise dans l’armistice et qui perd 15 000 hommes attaqués par surprise après cet armistice. 


Le 25 janvier, le gouvernement français donne son accord sur les conditions de l’armistice signé par Jules Favre. Le ballon mongolfier s’envole de la gare de l’est à Paris pour porter la triste nouvelle de l’armistice à la province. Gambetta qui propose de continuer la guerre contre les avis de Aragot, Garnier-Pagès et Pelletan démissionne du gouvernement. Après la signature et le cessez le feu du 26 janvier 1871, les préliminaires de paix se poursuivent ; les armées allemandes obtiennent de Thiers une occupation symbolique des Champs Elysées du 1er au 3 mars. L’Assemblée nationale élue le 8 février s’installe à Versailles pour éviter la pression de la Garde mobile parisienne en état de quasi insurrection. La journée du 18 mars entraîne l’instauration de la Commune de Paris et le second siège mené cette fois par l’armée régulière contre les insurgés. 


De 1804 à 1875, la France a vécu sous des régimes monarchiques plus ou moins autoritaires : Premier Empire 1804/1815, Restauration, Monarchie de Juillet (1830/1848), Second Empire 1852/1870 et naissance de la Troisième République 1870. Régimes républicains et démocratisations ne furent que des tentatives passagères. La Commune de Paris puise sa source dans une ferveur imputée à la Révolution française qui engendra la Première République 1792. Ce fut le drapeau rouge, symbole de l’insurrection et des barricades, contre le drapeau bleu, blanc, rouge synonyme de la répression bourgeoise. 


Le peuple de Paris qui s’est bien battu et qui a subi un siège très éprouvant ne se considère pas comme vaincu. Cela crée une exaspération entre la province et la capitale. Ayant subi et connu la famine et l’angoisse comme compagnes, il n’est pas question d’endosser la honte de la défaite. 


La Commune de Paris La Commune administre Paris jusqu’au 20 mai. De nombreuses mesures prises et appliquées pendant les soixante-dix journées d’une activité législative considérable, la plupart seront abolies après leur destruction. Certaines seront reprises par la République plusieurs décades plus tard. La Commune se met au travail et envisage de régler dans l’urgence les questions à l’origine du soulèvement du 18 mars. Le 29 mars, le décret qui prolonge le paiement des loyers d’octobre à avril 1871, la vente des objets déposés au Mont de Piété est suspendue ; le 12 avril, les poursuites concernant les échéances non payées sont suspendues ; le 16 avril, un délai de trois jours est accordé pour les règlements des dettes et des échéances ; le 6 mai, le décret rend la gratuité de l’enlèvement des dépôts de moins de 20 F au Mont de Piété. Les 8 et 10 avril, une pension est versée aux blessés et aux veuves d’un montant de 600 F et de 365 F aux orphelins des gardes nationaux morts au combat. Le décret du 25 avril réquisitionne les logements vacants pour les sinistrés des bombardements allemands et versaillais. Des orphelinats sont créés ainsi qu’une aide en fourniture et subsistances aux familles parisiennes qui le nécessitent. A l’exception du pain, le ravitaillement se trouvant en suffisance aux stocks accumulés après le siège et aux arrivages depuis les terres agricoles et jardins environnant pose beaucoup moins de problème que pendant le siège de Paris pendant la guerre. Le 21avril, le gouvernement Thiers impose le blocus ferroviaire de la capitale. Dès lors, des ventes publiques très importantes de pommes de terre et de viande dans les boucheries municipales sont créées pour venir en aide aux familles, les dépenses alimentaires étant leur principal souci. Cantines et distributions de repas fonctionnent, à l’exemple des « marmites de Varlin ».Le drapeau rouge est adopté le 28 mars 1871 et le calendrier républicain remis à l’ordre du jour. La destruction de la colonne Vendôme est décrétée le 12 avril, elle représente le symbole du despotisme impérial. Sont également confisqués les biens de Thiers et son hôtel particulier est incendié – Thiers se fera par la suite remboursé la somme de 1 million de francs. 


L’appel du 22 mars énonce que les membres de l’Assemblée municipale devront être mis sous contrôle et discuté par l’opinion publique, révocables, comptables et responsables et leur mandat est impératif – à savoir, les élus ne légifèrent pas, ils sont élus pour adopter et mettre en œuvre des mesures qui sont précisées dans leur mandat. C’est la consécration du gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple – définition de la Démocratie – à savoir une démocratie directe reposant sur une citoyenneté active et renouant avec l’esprit de la Constitution de 1793 qui fait du droit de l’insurrection le plus sacré et le plus imprescriptible des devoirs. 


La Commune de Paris ouvre la citoyenneté aux étrangers considérant que le drapeau de la commune est celui de la République universelle ; et considérant que toute cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui le servent – ce qui signifie que tout étranger qui combat, armes à la main, pour défendre la Commune et les principes qu’elle revendique a le droit au titre de citoyen. Actuellement, de nombreuses personnes prétendent vouloir le droit de vote parce qu’ils paient des impôts alors qu’ils sont étrangers ; argument fallacieux entendu que le paiement des impôts a pour contre-partie des services publics tels que l’école gratuite, les hôpitaux, les routes… et n’a rien à voir avec le fait d’être citoyen. Le 16 avril, un décret réquisitionne les ateliers abandonnés par leurs propriétaires assimilés à des déserteurs, il prévoit de les remettre à des coopératives ouvrières après indemnisation du propriétaire – art.17 de la DDHC 26 octobre 1789. Le 20 avril, les bureaux de placement de la main d’œuvre, entreprises privés florissantes sous le Second Empire, monopole agissant le plus souvent comme des négriers, sont supprimés et remplacés par des services municipaux. Le même jour, le travail de nuit est interdit mais lutter contre le travail clandestin devient une priorité et punissable par la saisie des marchandises ainsi que l’affichage de la sanction dans les dites manufactures et boutiques. 


La Commune interdit toute amende et retenue sur salaire, pratique répandue dans les administrations publiques et les entreprises privées. Les cahiers des charges concernant les appels d’offres des marchés publics feront état des salaires minimums imposés (naissance du SMIG). Sous l’impulsion d’Elisabeth Dimitrief envoyée par Karl Marx et de Nathalie Lemel se crée un des premiers mouvements de masse du féminisme – l’Union des Femmes pour la Défense de Paris et les Soins aux blessés. Elles réclament le droit au travail et l’égalité des salaires – mis en place dans l’immédiat pour les institutrices. Elles participent au recensement des ateliers abandonnés et les réorganisent de manière rationnelle : gestion par les ouvriers et ouvrières. La Commune interpellé par elles reconnaît l’union libre et verse une pension aux femmes qui ont perdu leurs compagnons fédérés ainsi qu’à leurs enfants naturels. Elles participent à l’application du décret de la séparation de l’Eglise et de l’Etat dans les écoles et les hôpitaux, se battent à l’exemple de Louise Michel leur héroïne et tant d’autres sous l’habit des Fédérés et défendent Paris contre les Versaillais sur les barricades. Une centaine d’entre elles, place Blanche derrière Nathalie Lemel, dominent la situation du haut des barricades. Les femmes sur le chemin de l’émancipation ont mérité le respect des générations à venir. Le 19 mars, les journaux défavorables à la Commune continuent à paraître dans Paris, la liberté de presse ayant été réaffirmée par le Comité central de la Garde nationale. Ils se livrent à des attaques violentes et relaient les mots d’ordre politique de Thiers ; jugés pro versaillais, il est interdit le 5 avril au Journal des Débats et la Liberté de paraître dans la capitale. Le Moniteur universel connaît le même sort dès le 18 avril et la Commission de la Sûreté générale menace d’interdire l’ensemble des journaux favorables aux intérêts de l’armée ennemie qui stationne encore autour de Paris. Le 5 mai, cinq d’entre eux sont interdits de parution, cinq autres le 11 et neuf le 18. Au nom de la liberté de presse et des libertés pour la fondation d’un journal, l’interdit est levé quelques jours plus tard. La presse parisienne communarde par contre est interdite de parution en province par le gouvernement Thiers. Une grande part des fonctionnaires a quitté Paris lors du siège de la capitale par l’armée allemande en 1870 et d’autres suivirent Thiers à Versailles. Pour ceux qui restent à Paris, il s’agirait avant tout de changer l’état d’esprit de ces agents recrutés sous le Second Empire. La Commune décide de l’élection au suffrage universel des fonctionnaires, y compris dans l’enseignement et la Justice. Le traitement annuel sera de 6 000 F, à savoir l’équivalent du traitement d’un ouvrier avec interdiction de cumuler les emplois. Les fonctionnaires ne devront plus prêter serment. 


Dans l’enseignement, alors que le personnel de l’administration centrale s’est réfugié à Versailles, les professeurs du secondaire et du supérieur étant peu favorables à la Commune ont déserté lycées et facultés. Les nombreuses écoles privées congrégationnistes favorisées par le loi Falloux de 1850 ont été vidées de leurs élèves depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Edouard Vaillant chargé de l’enseignement prévoit une réforme qui vise à l’uniformisation de la formation primaire et professionnelle. L’enseignement laïc est favorisé, l’enseignement confessionnel interdit ainsi que tous les signes religieux chrétiens portés en classe. Une commission entièrement tenue par les femmes est mise en place pour réfléchir à ce que doit être l’instruction des filles. L’administration du XXe instaure la gratuité de l’école laïc suivi par plusieurs autres arrondissements. Le traitement des hommes et des femmes occupant un même poste dans l’enseignement sera le même.


L’attitude du pape Pie IX face à l’unification de l’Italie a stimulé l’anticléricalisme blanquiste et des classes assez hostiles au catholicisme trop lié au régime impérial – incarné en la personne de l’Impératrice Eugénie. La Commune a décrété le 2 avril la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la suppression du budget des cultes et la sécularisation des biens des consécrations religieuses. Le même jour, l’archevêque de Paris est arrêté. Les religieux des couvents de Picpus, des Dames Blanches et d’Arcueil sont inquiétés ou arrêtés sous divers motifs. Une proposition d’échange de l’archevêque et de Blanqui, les 12 et 14 avril, fut repoussée par Thiers. Le prélat et quatre autres ecclésiastiques furent par la suite fusillés lors de l’avance des Versaillais dans Paris. Une vingtaine d’entre eux périrent pendant la Commune. 


Le 17 mars, Thiers envoie au cours de la nuit la troupe s’emparer des canons de la Garde nationale de la butte Montmartre. Le général Lecomtequi commande l’expédition est pris sur le fait et fusillé le lendemain avec le général Thomas qui l’accompagnait. Thiers arrête Blanqui en visite chez son ami médecin à Bretenoux ; il est transféré sous surveillance militaire en Bretagne avec ordre de tirer en cas de fuite. Les Parisiens se sentent menacés. Ces canons au nombre de 227 sont entreposés à Belleville et Montmartre ; canons payés par le peuple parisien par souscriptions lors de la guerre franco-prussienne. Ils possèdent en outre 500 000 fusils avec leurs munitions et ils seraient sans défense en cas d’attaque versaillaise sur Paris comme ce le fut en juin 1848. A Montmartre, Belleville, Ménilmontant, l’armée parvient devant les sites où se trouvent les canons mais les chevaux manquent pour les tirer. 1 800 chevaux sont attendus ; au petit matin, le peuple parisien prévenu accourt pour s’opposer au départ des canons. L’armée tente de les descendre à bras d’hommes mais la foule s’oppose et fraternise avec les soldats versaillais. Partout dans Paris, la population s’en prend aux représentants supposés du gouvernement, lève des barricades et fraternise avec la troupe. Mobilisation des deux camps. Thiers bénéficie de l’appui du chancelier allemand Bismarck le vainqueur de Napoléon III à Sedan. Il s’agit de mettre fin aux hostilités entre France et Allemagne, l’une des conditions étant le désarmement de Paris. L’armistice n’autorise, de part la convention d’armistice, que 40 000 soldats français en région parisienne. 

mobilisation-garde-nationale-2.jpg                                                                                 Appel à la mobilisation de la Garde nationale de Paris 

Le soulèvement du 18 mars - Bismarck libère en urgence sur la demande de Thiers 60 000 soldats français prisonniers qui peuvent rejoindre les 12 000 dont dispose le gouvernement versaillais : ce sont des soldats de métier issus du milieu paysan. Les troupes sont commandées par le maréchal Mac-Mahon le vaincu de Sedan. Par les banlieues nord et est que les Allemands contrôlent, le passage des troupes versaillaises qui veulent contourner Paris est facilitée. De surcroît, ils occupent le chemin de fer du nord, établissent un barrage avec les troupes de la Marne à Montreuil et concentrent 5 000 de leurs soldats et 80 canons près de la porte et du fort de Vincennes tenus par la Commune, bloquant la sortie de la capitale par l’est. Face à une armée plus nombreuse, expérimentée et bien armée, la Commune dispose de la Garde nationale. Tous les hommes de 25 à 50 ans pourvus de leurs droits politiques depuis la Restauration en font partie. Depuis le Second Empire, mariés ou pas, ils sont enrôlés. Les armes sont fournies par l’Etat mais non l’habit. Le recrutement se fait par arrondissement, le service étant gratuit dans les limites communales mais, au-delà, ils reçoivent une solde.  

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                                                                                      Les canons de la discorde 

Les Versaillais attaquent le 21 mars, ils occupent le Mont Valérien où les fédérés ont négligé de s’installer ; cette position qui domine la banlieue ouest leur confère un avantage précieux. Le 30 mars, le général Gallifet occupe le rond-point de Courbevoie.  Le 2 avril, les Versaillais s’emparent de Courbevoie et de Pûteaux alors que les fédérés se replient sur Neuilly. Le 3 avril, la Commune lance une attaque sous les ordres de Flourens, Eudes et Duval. Une contre offensive en direction de Versailles soldée par un échec à Ruel et Châtillon. Gustave Flourens est tué et Duval fusillé avec son état-major complet le 4 avril sans procès sur ordre de Vinoy. Le même jour, Cluseret est nommé à la Guerre de la Commune. En réponse aux actes versaillais, elle vote le décret des otages (trois otages pour un communard exécuté) qui ne sera mis en application que pendant la Semaine sanglante à la fin mai. Pendant trois semaines, les combats sont épisodiques mais les bombardements s’intensifient, en particulier sur Neuilly qui le 25 bénéficie d’une trêve pour permettre l’évacuation de la population. Mais, cette période permet aux Versaillais de se renforcer… Le 26 avril, le village des Moulineaux est occupé par les Versaillais qui le 29 menacent le fort d’Issy. Le 1er mai, Rossell est nommé à la Guerre à la place de Cluseret révoqué. Le 4 mai, avec l’aide des Dominicains d’Arcueil, on lève la redoute du Moulin Saquet et on se livre à des actes de barbarie. Le 5 mai, ils s’emparent du village de Clamart ; le 8, l’enceinte fortifiée de Paris est violemment bombardée de Grenelle à Passy tandis que le 9 le fort d’Issy tombe aux mains des Versaillais. La veille, le gouvernement Thiers a sommé le peuple parisien de capituler. Le 10, Charles de Lescluze remplace Rossell démissionnaire. Le 13, les Versaillais occupent le fort de Vanves mais sont stoppés par l’artillerie des remparts de la Commune. Le 17, la cartoucherie de l’avenue Rapp explose dans des circonstances douteuses. Le 21, les Versaillais pénètrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud, celle-ci étant demeurée ouverte sous la responsabilité de Jules Ducatel. Alors commence ce que l’on appellera la Semaine Sanglante.Ducatel arrêté par les fédérés doit être fusillé mais il est sauvé par l’armée régulière. Son acte rapporte à l’intéressé 125 000 F or par une souscription lancée par Le Figaro. 

 

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La Semaine Sanglante – Ce dimanche après-midi, les troupes versaillaises attendent l’arme aux pieds que l’on ouvre la poterne du bastion 64 au rempart du Point du jour entre la porte Saint-Cloud et la porte d’Auteuil. Les Versaillais occupent les fortifications puis le terrain jusqu’à la ligne de chemin de fer de la petite ceinture. Le Conseil de la Commune jugeant Cluseret n’envoie aucun renfort demandé par Drombrowski qui commande ce secteur. Elle dépêche un observateur fait aussitôt prisonnier par les troupes qui occupent Passy et Auteuil. Celles-ci fouillent les maisons, procèdent à des arrestations et fusillent nombre de gardes nationaux en la lisière du bois de Boulogne. A cet instant, s’achève la dernière des réunions du Conseil de la Commune. En fin de soirée, elle offre au Louvre un concert au bénéfice des veuves et orphelins ( !). Le 22 mai, les Versaillais occupent les 15e et 16e arrondissements ; les portes d’Auteuil, de Passy, de Sèvres et de Versailles. Ils installent l’artillerie sur la colline de Chaillot et à l’Etoile. Le reste de la capitale apprend le déroulement de ces événements par une affiche signée Delescluze délégué à la Guerre. A la suite de cette annonce, une fraction conséquente de soldats de l’armée des fédérés se replient dans leurs quartiers réciproques pour le défendre, abandonnant la lutte coordonnée pour élever des barricades qui sont édifiées square Saint-Jacques, dans les rues Aubert, Châteaudun, aux faubourgs Montmartre, Notre Dame de Lorette, la Trinité, la Bastille, aux buttes de Chaumont, boulevard Saint-Michel, Panthéon… Des combats ont lieu place Clichy et aux Batignoles. Avec l’autorisation des Allemands, les Versaillais traversent la zone neutre du nord de Paris qui leur permet de prendre les Batignoles à revers. En fin de journée, les Versaillais occupent l’Elysée, la gare Saint-Lazarre, l’Ecole militaire où stationnent les canons de la Commune ; la progression est lente et volontaire par les officiers afin de procéder à des exécutions sommaires, en particulier dans la caserne de la rue de Babylone. 
Le 23 mai, le Comité de Salut public et le Comité central de la Garde nationale font placarder à l’attention des soldats versaillais des appels à la fraternisation. En vain. Les hostilités cessent aux Batignoles et la butte de Montmartre tombe pratiquement sans combattre. 42 hommes, 3 femmes et 4 enfants ramassés au hasard sont conduits au n°6 rue des Rosiers devant le mur où furent exécutés les généraux Lecomte et Thomas. Dombrowski est tué rue Myrrha. A la Butte aux Cailles – avec Walery Wrobleski – au Panthéon avec Lisbonne, dans les rues de l’Université, Saint-Dominique, Vavin, Rennes et à la gare de l’est, les Parisiens se battent avec l’énergie du désespoir. Les Versaillais occupent l’Opéra, le faubourg Montmartre et la Concorde ; ils atteignent l’Observatoire et procèdent à des exécutions massives à Montmartre, au parc Monceau et la Madeleine. C’est le début des grands incendies qui vont ravager plusieurs monuments parisiens – le palais des Tuileries, la Cour des comptes, le Conseil d’Etat et le palais de la Légion d’honneur – sans doute ces incendies ont été propagés de l’action de communards incendiaires mais aussi des obus versaillais chauffés au rouge et encore de l’action d’agents bonapartistes soucieux de détruire des archives compromettantes.Le 24 mai, les incendies se poursuivent y compris dans les immeubles et habitations rue de Lille, Saint Sulpice et Dubac. Les dirigeants communards évacuent l’Hôtel de Ville, la préfecture de Police et le palais de Justice qu’ils font incendier. Les Versaillais occupent la Banque d’Etat, le palais royal, le Louvre, rue d’Alsace et Notre Dame des Champs. Le quartier latin est attaqué et occupé le soir même et ses défenseurs au nombre de 700 exécutés rue Saint-Jacques. La poudrière du Luxembourg saute. A 12h 30, le docteur Fanneau dans l’ambulance établie au séminaire Saint Sulpice est passé par les armes ainsi que 80 fédérés blessés. A la prison des Roquettes, les communards exécutent l’archevêque de Paris Georges Darboy et cinquante otages dont le président Bonjean qui s’était illustré lors de la répression de juin 1848. La mort de l’archevêque ôte le dernier espoir d’arrêter l’effusion de sang. Les communards ne tiennent plus que les 11e, 12e, 14e et 20e arrondissements plus quelques îlots dans les 3e, 5e et 13e arrondissements.


Le 25 mai, combats acharnés à la Butte-aux-Cailles où résiste Wrobleski et place du Château d’eau où Delescluze délégué à la Guerre est tué. Les 5 dominicains d’Arcueil et neuf de leurs employés soupçonnés de colaboration avec Versailles et d’avoir mis le feu au siège de l’état-major du 101e bataillon près de leur couvent sont abattus. 

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Le 26 mai, villa des Otages rue Axo : 50 personnes détenues à la prison de la Roquette et avec l’approbation de la population terrorisée par les exactions des Versaillais ont été fusillées par un peloton – une plaque commémorative sur ces lieux indique le chiffre de 52 personnes.Le 27 mai, au cimetière du Père Lachaise on combat à l’arme blanche entre et sur les tombes : 147 communards sont fusillés au Mur des Fédérés. Pendant la nuit, les artilleurs versaillais tirent à boulets rouge pour tenter d’incendier Belleville. 


Le 28 mai, les combats se poursuivent dans Belleville. En début d’après-midi, les versaillais prennent la dernière barricade des Communes rue Ramponeau. Mort d’Eugène Varlin, membre de l’Internationale fusillé au même endroit que les généraux Lecomteet Thomas le 18 mai. 
Le 29 mai, le fort de Vincennes encerclé par les Allemands se rend. Les neuf officiers de la garnison sont fusillés dans les fossés à l’endroit où tomba le duc d’Enghein en 1814. L’un d’eux, le colonel Delorme, se tournant vers le versaillais qui commandait le peloton d’exécution lui dit « Tatez mon pouls et voyez si j’ai peur. » 


La répression de l’insurrection parisienne du 18 mars fut organisée méticuleusement par Thiers. L’état de siège a été divisé en secteurs militaires. Les soldats de la première ligne, chargés de faire le coup de feu contre les Parisiens. Ceux de la deuxième ligne, de traquer les résistants, perquisitionnent les habitations, les parcs et les catacombes. Les « brassardiers » parisiens partisans du gouvernement Thiers connaissant les quartiers de Paris pour y avoir vécu contribuent pour débusquer les Communards et rechercher les caches éventuelles où ils pourraient se terrer et ralentir la progression des versaillais. On assiste dès lors à une série de dénonciations avoisinant les 400 000 dont seulement 5% sont signées. D’après Jacques Rougerie, historien français, maître de conférences à l’Université de Paris, 3 à 4 000 Fédérés sont morts au combat, 1 700 ont été fusillés. Un charnier de 800 Communards fut retrouvé quartier Charonne. Chargées de donner un semblant de légitimité aux exécutions sommaires, des cours prévôtales avaient été installées à l’Ecole polytechnique, la gare du nord, la gare de l’est, au Châtelet et au Luxembourg. Les pelotons d’exécution fonctionnent à l’instar des « boulangeries » par « fournées » au square Montholon, parc Monceau, l’Ecole militaire, au cimetière de Montparnasse et, en particulier, à la caserne Lopau. Souvent, pour gagner du temps et empêcher une forte attente entre les « fournées », on se sert de la mitrailleuse ne nécessitant qu’un bourreau de surcroît.                                                                    

 

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                                     La chute de la colonne Vendôme           Les barricades de l'église de la Madeleine

Un bilan abominable - Pour Rougerie, le nombre de victimes de la Semaine Sanglante ne peut être connu avec précision. Selon lui, il serait de 20 000 personnes. Certaines estimations arguent le chiffre de 30 000 victimes. La responsabilité de cette tuerie est attribuée aux généraux Ernest Courtot de Cissey, Joseph Vinoy et Gaston Gallifet couvert par les immondes salauds que furent Adolphe Thiers et Patrice Mac-Mahon. Les prisonniers n’étaient guère traités mieux, la plupart acheminés à Versailles au camp de Sartory. Le 31 mai, lors d’un convoi pédestre conduit par Gallifet, les prisonniers sont injuriés et maltraités par les habitants de Versailles. Un journaliste du Times affirme que durant ce voyage Gallifet arrête le convoi et fait fusillé 83 hommes et 12 femmes. Le bilan officiel rapporté par le général Apper devant l’Assemblée nationale de 1875 fait état de 42 522 arrestations dont 819 femmes et 538 enfants. Au camp Sartory, le calvaire des prisonniers est permanent, aucune hygiène et pas ou peu de soin pour les blessés et les malades qui les nécessitent, les épidémies sont courantes. 300 personnes sont abattues lors de tentatives de fuite dans la nuit du 27 au 28 mai. Les prisonniers furent transférés dans les bagnes sis dans les ports de Brest, Lorient, Cherbourg et Rochefort. Les transports vers ces lieux en wagons à bestiaux. 20 000 y séjournèrent un long moment et 1 000 y moururent. Le 22 mars, fut voté une loi sur le transport des Communards condamnés aux travaux forcés et déportation en Nouvelle Calédonie. 20 convois se succèdent de 1872 à 1878. Transportant 4 586 personnes à la déportation environ dans les conditions les plus pénibles, enfermées dans la cale dans des cages, ne sortant au grand air qu’une trentaine de minutes par jour, accompagnées d’une nourriture insuffisante et de punitions fréquentes. Tenant compte des décès pendant la durée du voyage, les forçats de la presqu’île Ducos-déportation en enceinte fortifiée – de l’île au Pin – déportation simple – et le bagne de l’île de Nou, il y eut 3 559 déportés en Nouvelle Calédonie le 31 décembre 1876 sans compter le nombre de déportés à l’île de Nou. 

tr-versailles.jpg                                                                                    Le tribunal de Versailles  

Sur les 46 835 individus jugés, il y eut 23 727 non-lieu, 10 137 condamnations prononcées contradictoirement, 3 313 condamnations prononcées par contumace, 2 445 acquittements et 7 213 refus d’informé. Sur les 10 137 condamnations prononcées contradictoirement, on compte 95 condamnations à mort, 4 4586 à la déportation [dont 1 169 en enceinte fortifiée et 3 417 en Nouvelle Calédonie dont Louise Michel] ; 1 247 à la réclusion perpétuelle et 3 459 à des peines de prison variables ; 55 enfants sont envoyés à la Maison de correction. En fait, il n’y eut que 25 exécutés dont Théophile Ferret et Louis Rossel fusillé à Sartory le 28 novembre 1871. Pour les contumaces, 175 condamnations à mort, 159 aux travaux forcés, 2 219 à la déportation et 46 à la prison. 

arrestation-louise-michel.jpg                                                                           Louise Michel vers la déportation en Nouvelle Calédonie 

Pour l’ensemble, socialement, il s’agit à 75% d’ouvriers (salariés et petits patrons), 8% d’employés, 7% de domestiques, 10% de professions libérales (petits commerçants et petits propriétaires rentiers). L’insurrection du 18 mars fut bien donc un soulèvement populaire. Ce n’est que le 11 juillet 1880 qu’avec l’appui tardif de Gambetta, l’amnistie pleine et entière est votée sur un projet du gouvernement déposé le 19 juin par 312 voix contre 136. Les exilés et les déportés peuvent alors revenir en France.


Thiers, bourreau de dizaines d’hommes, femmes et enfants habitant Paris en ce temps-là, fut et reste le symbole de cette bourgeoisie assoiffée de richesses et de pouvoir qui détourna à son profit les diverses causes de la Révolution française, en particulier l’égalité devant la loi, l’impôt et l’emploi et les révolutions qui suivirent prirent le même chemin, la bourgeoisie s’accrochant bec et ongles à ses privilèges ôtés à la noblesse de 1789. Le peuple n’étant en ces occasions que l’instrument et l’outil nécessaire et utile de la prise de pouvoir. 


Adolphe Thiers (1797/1877) – Né à Bouc-Bel-Air, il est un avocat, écrivain, journaliste et historien et homme d’Etat français. Il symbolise par son exemple l’évolution des classes dirigeantes françaises à la recherche d’un nouveau régime politique stable après l’effondrement de la monarchie absolue (1789). Deux fois Président du Conseil, sous la Monarchie de Juillet, il participe à la mise en place des régimes politiques qui suivirent l’échec de la Restauration (1814/1830). Lors de la Révolution des Trois glorieuses de juillet 1830 et l’accession de Louis-Philippe Ier intronisé Roi des Français, partisan d’une monarchie constitutionnelle, il critique l’intransigeance des membres de la famille royale et se rallie enfin à la République. Louis Adolphe est l’un des enfants de Pierre Thiers par sa seconde femme. Il apprendra difficilement à lire et écrire avec l’abbé Melchior curé de Bouc. Il étudie le Droit à Aix-en-Provence et s’installe à Paris. Il fréquente les milieux politiques et devient assez proche de Talleyrand au moment où celui-ci prend ses distances avec la seconde restauration. Avec l’appui de son compatriote Antoine Manuel, avocat et homme politique français d’extrême gauche qui l’introduit auprès du banquier libéral Jacques Lafitte, il commence une carrière de journaliste en collaboration avec le Constitutionnel puis la Gazette d’Augsbourg. Avec le républicain Armand Carrel, journaliste et écrivain libéral, le 30 juillet 1830 et François Auguste Minier, écrivain, historien et journaliste, il fonde Le National qui jouera un rôle important pendant les Trois glorieuses par ses attaques incessantes contre le régime de Charles X. C’est dans un des locaux du journal que se réunissent les journalistes pour signer la protestation de 1830 contre les ordonnances de juillet suspendant la liberté de presse, prémisse de la Révolution de 1830. Thiers et Minier ont été nommés à des portefeuilles ministériels ; Armand Carrel reste seul au commande du journal. 

thiers-2.jpg                                                                                                   Le bourreau de Paris  

Lors des Trente glorieuses (26, 27 et 28 juillet 1830), il est de ceux qui pousse Louis-Philippe d’Orléans à prendre le pouvoir. Le 11 octobre 1832, dans le premier ministère Soult, au poste de Ministre de l’Intérieur par ses temps troubles, avec Guizot, le duc de Broglie, c’est la triade de « talents supérieurs » qui domine le ministère. La reine Louise, épouse du premier roi des Belges, traite Thiers d’être : « un homme sans tenue, sans probité politique ». 


En 1827, Thiers s’était lié d’amitié avec la famille Dosme dont le père, Alexis Dosme est agent de change et à la tête d’une grosse fortune. Marié à Eurydice, il a deux filles : l’aîné Elise et la cadette Félicie. En 1833, Thiers épouse Elise, ce qui lui permet de continuer sa liaison extra-conjugale avec Eurydice et n’empêche pas l’homme d’Etat de porter son dévolu sans déroger à son organisation familiale sur Félicie. L’on comprend la phrase de la reine Louise concernant les frasques et la mentalité de Thiers. La presse s’étend alors sur « les trois moitiés de M. Thiers ». En 1871, Eurydice décède et il ne reste à Thiers que sa double relation. Des chansonniers de l’époque composent les vers suivants : « Je n’ai ni Montespan, ni Fontange-Lavallière, ni Maintenon mais j’ai Me Thiers, un ange et Félicie, un joli nom. » Je me suis attardé et ce n’est pas dans mes habitudes sur la vie intime et dissolue de Thiers dont je me fous royalement… et ce jusqu’à son dernier souffle. Cet état d’esprit illustre les moyens qu’utilisera Thiers pour entrer en politique et l’atrocité de son attitude contre le peuple français qui en fait l’homme un des plus méprisables, un des plus haïssables peut-être de l’Histoire de France. Robespierre en est un autre… Sa roubladise lui a fait atteindre le sommet de la hiérarchie jusqu’à parvenir la Présidence de la République française. Il meurt après la démission de sa fonction le 20 mai 1873.

Ci joint quelques citations sur Thiers -

Balzac dans la Chronique de Paris le 12 mai 1886 : « M. Thiers n’a jamais eu qu’une seule pensée : il a toujours songé à M. Thiers… » 

Clémenceau, maire de Montmartre pendant la Commune : « Thiers, le type même du bourgeois cruel et borné qui s’enfonce sans broncher dans le sang. »« M. Thiers est le maître de ces farceurs libéraux très démoc dans l’opposition et très réac dès qu’ils ont pu escalader le pouvoir. »

 Le jour du conseil du ministre : [le 17 février 1871] à l’issu duquel sera prise la décision de reprendre les canons par la force, Thiers n’avait trouvé appui dans sa politique de fermeté que chez Jules Ferry alors délégué au gouvernement à la mairie de Paris : « cela veut dire qu’entre Thiers et Ferry d’une part et Clémenceau d’autre part, il y a désormais la largeur d’un fleuve de sang dont chacun accusera l’autre d’être responsable et dont le souvenir ne s’éteindra jamais. »

 Emilie Labedonnière en 1866 écrit sur lui : « Il n’a d’autre dieu que son intérêt personnel, Il est toujours le même, sans principe, sans dignité. […] C’est un bavard infatué, dont la faconde et la facilité, qui n’est appuyé ni d’un principe, ni d’une conviction fait (sic) tout le mérite.» Le lendemain, elle écrit encore : « J’ai trouvé l’odieux petit nain engraissé et tout fringant. Il m’a fait de grandes protestations d’admiration et de dévouement pour le Père mais j’ai ce que vaut l’Aune […] c’est un pantin d’esprit, sans tenue morale qui joue à tout venant. » 

 Selon Victor Hugo, le roi Philippe aurait rapporté en 1844 que Talleyrand lui avait dit : « Vous ne ferez jamais rien de Thiers qui serait pourtant un excellent instrument. Mais c’est un de ces hommes dont on ne peut se servir qu’à la condition de le satisfaire. Or, il ne sera jamais satisfait, le malheur pour lui comme pour vous c’est qu’il ne puisse plus être cardinal. »

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Citations d’Adolphe Thiers – « Nul ne doit faire peser sur la société le fardeau de sa paresse ou de son imprévoyance. »« Je veux rendre toute puissante l’influence du clergé parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l’homme qu’il est ici bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit le contraire à l’homme : jouis. » - discours prononcé au sein de la Commission de l’Instruction primaire en 1849

"Le service de gouverner est dans l'art de dorer la pillule" ; "Qui sème la Révolution sème le Socialisme" - oh, et moi qui croyais que la Révolution française avait été une révolution bourgeoise!  "La rue doit s'exprimer mais ce n'est pas la rue qui gouverne" - M. Raffarin serait-il un adepte de la pensée de Thiers? " Le tour de taille n'est pas un handicap au Sénat" - point n'est besoin de nous le dire car, en effet, ce sont les biens-nourris de la République !


Ces instants de l’histoire de la France où le peuple de Paris fut pris en otage par une bande de politicards assoiffés de pouvoir et de privilèges avec les encouragements et la collaboration de l’ennemie de la France marquent à tout jamais la mémoire des Français. C’est l’histoire d’une bande d’aigrefins pernicieux qui enferme le peuple de Paris dans son enceinte pour l’éradiquer dans le seul but d’obtenir satisfaction à son ambition démesurée. Ces instants tiennent une place d’honneur dans les massacres perpétrés par la Saint Barthélémy, l’éradication du peuple aztèque, les camps de concentration de l’Allemagne nazie, le massacre du peuple tousi par le peuple hutu et quelques autres dignes de ce nom. L’un de ceux qui organisèrent ces faits inqualifiables de notre passé fut Adolphe Thiers, ce nain crapuleux dont le nom* est attribué à maintes rues et boulevards de nos villes, quelques statuts et bustes plantés dans certains squares et musées. Que diriez-vous si ces plaques et statuts parsemaient les villes allemandes du XXe siècle en l’honneur d’Hitler ?


Les révolutions se sont estompées et seul reste le pouvoir qu’apporte l’argent à ceux qui le détiennent. Le suffrage universel se fait complice de ceux-là**. Seul l’écroulement de l’apathie qui s’est ancré dans l’homme du peuple, le réveil de l’humanisme qui sommeille en chaque homme et la lutte contre l’engourdissement physique et moral de chacun, pourrait changer la donne. Il faut pour cela que chacun fasse sa révolution intérieure et qu’il retrouve les qualités intrinsèques dont la mémoire garde toujours la trace. Si l’homme retrouve l’envie de la lutte, l’humanité pourrait se transformer. 

* c’est un affront de lèse humanité envers les morts de la Commune de Paris

** le système de partis – ensemble de personnes ayant des opinions convergentes – ne donne le choix qu’entre les personnes désignées par ces mêmes partis pour les représenter alors que prendre parti pour quelqu’un, c’est se prononcer en sa faveur, adhérer à ses idées

 

source : wikipédia                   

article à venir prochainement - l'action des femmes pendant la Commune nous interpelle et mérite de faire un autre article

                                                                                               le 15 mars 2012

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