La démocratie…

« La politique est une guerre sans effusion de sang et la guerre, une politique sanglante. » Mao Tsé Toung

Les partis politiques *sont des groupements de personnes qui partagent la même idéologie. Dans la Grèce antique, à l’époque de Périclès (495-429), existent les oligarques regroupés en un parti par Thycuclide gendre d’Alopékè, le parti des kaloi kagatoi en opposition avec le parti de Périclès qui réunit les membres du peuple. Il semble que ce soient les premiers partis politiques au sens moderne et non seulement des factions qui regroupent des fidèles ou clients d’un personnage éminent mais des groupes soudés par une idéologie, un projet politique et assumant volontairement un statut de groupe partisan. Il faut aussi signaler que Périclès améliore les règles de la procédure politique et, de facto, cette période est symptomatique de la création d’un appareil d’Etat et d’une utilisation électoraliste de la fonction publique.

Depuis la Seconde République (1848), il existe en France deux partis dominants qui se partagent sans cesse le pouvoir tour à tour au gré des résultats électoraux.

La dictature *est un groupement de personnes qui partagent la même idéologie et qui accèdent au pouvoir soit par le procédé électif – ex : le national socialisme avec Hitler – procédé pacifique, soit par la violence – ex : coup d’Etat, push… Fidel Castro à Cuba. Ce groupement impose par la contrainte la transformation du droit positif, à savoir celui qui s’applique puis l’utilisation des forces de coercition aussi bien militaires que civiles – armée, police, milices… pour exemple de triste mémoire : la SS (Schutzstaffel) pour les forces militaires, la Gestapo police politique. Les dictateurs qui accèdent au pouvoir se veulent toujours être dans la légalité et justifient leur action par le principe de la résistance à l’oppression.

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) qualifient les partis de « brigues » et défendait « le principe de souveraineté populaire », à savoir la participation de chaque citoyen au vote de chaque loi. L’exemple de la Suisse est probant entendu que la difficulté ne vient pas du nombre de citoyens appelés à voter les lois mais de la multiplication de lois imparfaites qui supposent de nombreuses modifications. Il faut remarquer que chaque ministre veut sa petite loi afin de laisser sa trace dans l’Histoire. Pour mémoire, l’on évoque la loi Aubry sur les 35h parce que en sa qualité de ministre du Travail, il ressortissait à sa compétence de l’élaborer et de la présenter et de la défendre devant la représentation nationale, en oubliant qu’elle s’était prononcé contre alors que le chef du gouvernement M. Lionel Jospin sur suggestion de M. Strauss-Kahn lui avait donné ordre de projeter la loi.

Afin de confisquer le pouvoir souverain au peuple, l’abbé Sieyès, député du Tiers Etat en raison de l’exclusion de son ordre, définit la notion de « souveraineté nationale », à savoir de représentation nationale de la volonté générale : les citoyens s’expriment par eux-mêmes dans l’hypothèse du référendum dans les matières limitées et déterminées par la Constitution ou par ses représentants élus au 1er degré à l’Assemblée nationale : les députés. Les sénateurs eux sont élus au 2e degré et représentent les départements.

Le chef du gouvernement est choisi par le Président de la République parmi les membres du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Ce parti représente l’idéologie dominante, à savoir qu’il faut comprendre que l’idéologie du parti dominant s’imposera à tous.

Platon dans le Livre I de la République aborde le problème de la justice et fait dire à Thrasymaque que  « La justice n’est autre chose que l’intérêt du plus fort… Tout gouvernement établit toujours les lois dans son propre intérêt ; la monarchie, des lois monarchiques, et les autres régimes de même ; puis, ces lois faites, ils proclament juste pour les gouvernés ce qui est de leur propre intérêt et si quelqu’un les transgresse, ils le punissent comme violateur de la loi et de la justice. »

Celui-ci confirme ensuite que le gouvernant vise l’intérêt du gouverné mais au sens où le berger prend soin des moutons, à savoir pour les tondre : « Tu t’imagines que ceux qui gouvernent les Etats… sont dans d’autres sentiments à l’égard de leurs sujets que les bergers à l’égard de leurs troupeaux, et que jour et nuit, ils sont occupés d’autre chose que de leur avantage personnel… (tu ignores) que la justice est un bien pour tout autre que pour le juste, qu’elle est utile au plus fort qui commande, et nuisible au plus faible qui sert et qui obéit ; que l’injustice au contraire exerce son empire sur les personnes justes, qui, dans leur simplicité, travaillent pour l’intérêt du plus fort et se mettent à son service pour faire son bonheur sans penser au leur… le juste a toujours moins que l’homme injuste… celui qui respecte les règles est perdant... ou celui qui dans la vie de la Cité accepte de remplir honnêtement les charges publiques s’aliène ses amis s’il refuse de les favoriser ; de surcroit, ses affaires périclitent faute de temps pour s’en occuper. Le bilan de la justice est négatif. » Il est vrai que de nos jours, les affaires de nos hommes politiques ne peuvent péricliter : ils sont tous fonctionnaires.

Dans le cas où il y a majorité absolue à l’Assemblée, l’action de l’opposition est entravée, elle est de facto impuissante à agir.

Les contre-pouvoirs sont de facto, d’une part, les lobbies – principalement économiques – qui dictent leurs exigences. Pour exemple : le lobby pharmaceutique, le lobby du pétrole, le lobby de l’agro-alimentaire et le lobby du tabac qui continue son œuvre destructrice de vie ; et citons plus précisement Bayer qui obtient la résolution à l’Europe d’interdire toute utilisation d’un produit insecticide qui détruit les abeilles mais uniquement lorsque les stocks seront épuisés… ou l’industrie agro-alimentaire qui dans notre pays défend l’utilisation de l’huile de palme alors que celle-ci est médicalement reconnue dangereuse entendu qu’elle ne se dissout dans l’organisme et favorise les AVC – il faut signaler son interdiction dans de nombreux pays, à l’instar des USA… on pourrait encore évoquer le bisphénol interdit depuis plus de 15 ans aux USA et au Canada par exemple alors qu’il ne l’est toujours pas officiellement en France dans tous les produits et que l’on trouve encore à ce jour ce composant dans certains biberons pour enfant !

D’autre part, le peuple dans la rue, car quoique en disait M. Hollande avant d’être élu, l’opposition n’est pas à l’Assemblée mais dans la rue ! Pour exemple : mai 68 ou M. Alain Juppé qui doit démissionner sous la pression estudiantine pour son projet de loi.

Se demander pourquoi la France se trouve dans une situation critique, c’est pointer du doigt ces partis qui imposent « les copains d’abord » (référence à Georges Brassens) leurs candidats avant de placer une fois élu leurs vieux camarades de promotion… et parfois la famille dans les postes de l’Etat ou les grandes entreprises où l’Etat possède une part du capital et ce, sans tenir compte de leurs compétences* en lieu et place de choisir les élites de la Nation, je suis fatigué de me l’entendre dire.

* Nous parlons ici de leurs compétences réelles entendu que souvent nombre d’entre eux obtiennent leurs diplômes suite à leur entrée dans le parti.

* La différence entre les dictateurs et les brigues est que la première « se dépouille de toute hypocrisie n’ayant pas à tenir compte de l’opinion publique, cet ensemble de sentiments désordonnés et contradictoires que les politiciens se croient obligés de conjurer comme des sorciers nègres , les fétiches qu’ils ont eux-mêmes créés. » Jean Larteguy, Le mal jaune

Pendant toute la campagne présidentielle, M. Hollande a dit que « sa Présidence serait normale ». Il voulait sans doute dire par là que sa Présidence serait conforme à toutes celles qui l’ont précédée. On ne peut pas l’accuser de mensonge car, de facto, comme ses prédécesseurs, il place ses favoris…

La démocratie s’apparente à une « dictature de la majorité » ou « dictature du nombre » selon de nombreux juristes, ce qui est le cas dans l’hypothèse d’une souveraineté populaire puisque chaque citoyen vote la loi, pourtant force est de constater qu’elle serait plutôt la « dictature de la minorité » entendu que seuls les Parlementaires votent la loi qui s’impose à tous grâce au concept de souveraineté nationale.

 

« La dictature, c’est ferme ta gueule ; la démocratie, cause toujours. » Dominique Rousseau, constitutionnaliste français, professeur d’Université  


                                         le 26 mai 2013

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×