35 au service d'une Droite

L’idéologie du SAC – Cet article est destiné à faire comprendre les motivations du Service d’Action Civique, à travers quelques brides de discours éructées par les dirigeants de celui-ci, y compris par le chef suprême qui l’a créé.

La lutte anti FLN étant amorcée, les chantres de l’Algérie française avec lesquels Alexandre Sanguinetti tient le contact, le SAC peut lancer en décembre 1958 un tract diffusé dans la région parisienne…" Plus de 8 millions de Français musulmans, plus d’un million de Français de culture chrétienne défendent leurs tombes et leurs berceaux… Rejoignez le SAC… le FLN voilà l’ennemi ".

Sous l’impulsion de Foccard et de Frey en janvier 1959, Paul Olivieri impose un motus vivendi évitant l’éclatement, la dissolution du BAPP – état major politique du SAC et composé en grande partie de l'Action Estudiantine Gaulliste, et définit les principaux thèmes du SAC : fidélité inconditionnelle à de Gaulle, lutte sans merci contre le communisme et le syndicalisme " marxiste ", un cocktail type " travail, famille, patrie "vichyste, épicé de maniements d’armes et d’explosifs. Notons qu’il s’agit du slogan actuel des néo-nazis allemands : " Arbeit, Famille, Helmat ".

… de 1959 à 1963, le SAC dispose, comme le RPF, d’une école de cadres installée dans une discrète et vaste propriété du Morvan. Maurice Bitoun – plus tard garde du corps de plusieurs ministres – raconte : " … en septembre 1962, je suis arrivé au domaine Saint-Lambert, école des cadres du SAC… le stage dure trois mois ;première semaine : entraînement aux armes portatives, transmission, cadrage, sabotages, explosifs et incendies volontaires ; deuxième semaine : combats à mains nues, judo, karaté, interrogatoires psychologiques, interrogatoires appuyés, éliminations physiques ; troisième semaine : formation politique anti-communiste, infiltration, intoxication… "… " c’est pour cela que vous êtes ici, car il n’y a plus de temps à perdre contre la perversion marxiste… nous sommes armés et vous retournerez au combat dès la fin de ce stage. "

Bernard Riconi, professeur de l’école, prononce ces mots à Marseille devant l’Association des Etudiants Gaullistes – AEG – (fascicule de la formation du SAC: " … nous voulons considérer que le PCF, danger national, doit être détruit ; nous voulons l’éclatement de son appareil, de ses moyens et de ses chefs de plan national. ".De mémoire, je n’ai pas souvenirs qu’au cours du 20e siècle, avoir entendu parler d’une quelconque révolution bolchévique armée en France. Que je sache, pratiquement tout le peuple ouvrier était communiste et bon père de famille.

… Paul Gaillet, secrétaire fédéral sud des Bouches du Rhône UNR- UDT, le 5 mars 1963 : " … pour nous l’objectif reste le même : casser du bolcho à tout prix, pour nous que cela soit dit une fois pour toutes : le rouge voilà l’ennemi "

… Gérard Kappé, chef régional, a coutume de déclarer :" … je suis un anti-communiste primaire et j’en suis fier… on ne discute pas avec une bête enragée, on l’abat… "

… le responsable régional de la Drôme, Jean-Claude Paquet précise : " … il faut en finir avec les grèves des transports, des postes, de l’électricité, de l’enseignement, qui ne pénalisent que des innocents –lesquels innocents eux-mêmes qui se mettent en grève que lorsqu’ils sont touchés à leur tour : voir " où étiez-vous donc ? "

… Gilbert Mavrotin, ex agent du SDECE avant de rejoindre le SAC, lors d’une réunion à Paris le 6 juin 1967 : " … il est extrêmement difficile d’arrêter le processus de décadence intellectuelle, morale ou physique où nous sommes engagés et qui mène à détruire la famille… En effet, les révolutionnaires marxistes font peser tout le poids de leurs efforts sur la famille dont l’éclatement représenterait pour eux le plus grand des succès… ".Peut-être qu’une lecture et une étude de l’idéologie marxiste, dans le texte, leur aurait permis une analyse plus objective. Marx ne combat pas la famille en tant qu’entité sociale mais le mariage bourgeois qui permet de réunir des patrimoines économiques.

… Certains prises de position du SAC surprennent à l’instar de cette déclaration de Jean Andréani – Nice, avril 1968 - : " … aujourd’hui, la licence s’installe dans le monde lycéen… l’autorité parentale des parents demeure le dernier rempart contre les entreprises de détournement de mineurs et les jeunes ont besoin d’être maté. Il faut leur inculquer dès le plus jeune âge et à l’aide de méthodes musclées s’il le faut, le sens de la hiérarchie, une crainte salutaire et le goût de l’obéissance… ". A cette époque, les enfants étaient beaucoup plus respectueux de leurs maîtres et de leurs parents, n’avaient nullement besoin d’être matés et acceptaient une correction lorsqu’elle était nécessaire.

… Philippe Kervoal, chef du département des Côtes d’Or, (Merdrignac) le 6 mai 1968 : " … l’adaptation de l’enseignement moderne, le sport et la formation du corps… l’introduction de la politique à l’école est un des périls qui menace l’avenir des adolescents ". Alors que dans l’Antiquité l’adage " un esprit sain dans un corps sain " revêt une acception positive ; dans ce cas précis, l’on est plus proche de l’acception négative de l’idéologie hitlérienne et vichyste. Le refus de l’introduction de la politique à l’école illustre bien le refus de gouverner des citoyens et celui du désir d’endoctriner un peuple afin de mieux le manœuvrer.

… En 1968, lors de l’occupation du théâtre de l’Odéon à Paris, J-B. Tramoni, membre de la commission jeune du SAC, déclare :" … pour dissoudre la valeur de l’occident chrétien, la culture devient une arme idéologique supplémentaire dans l’arsenal des moyens d’ahurissement à détourner l’homme occidentale de sa propre nature… il nous appartient de balayer cette racaille que nous n’avons ni l’intention, ni l’habitude de leur faire des cadeaux – messieurs Sartre, Sauvageot, Cohn-Bendit, Gesmar et autres salopards vont bientôt s’en apercevoir… ". L’action première de chaque dictateur n’est-elle de s’attaquer à l’intelligence ? Il est certes plus facile de gouverner un peuple endoctriné, un peuple de moutons bêlant.

… Brochure diffusée par le SAC en 1968, développé par Michel Grandette, Philippe Nicoli et Micheline Grandjean – " Principes d’action " Grenoble 1968 : " … nous devons veiller aux conditions dans lesquelles s’effectue l’immigration et l’assimilation des étrangers… rien ne sert de veiller aux frontières d’une civilisation si une invasion pacifique ou légale change le particularisme et le genre de son peuple… "

… L’émancipation des femmes n’échappe pas aux préoccupations du SAC, connues sous l’illustre G. Sinibaldi, chef du groupe parisien, le 27 décembre 1973, sous l’ère Pompidou : " … nous commençons à en avoir assez de ses pisseuses qui se mêlent de tout et qui feraient mieux de faire la vaisselle et de torcher les mioches… il nous faudra, si cela continue, monter des sections pour libérer les rangs des garces du MLF – Mouvement de Libération de la Femme… ".Il ne s’agit pas seulement d’une boutade, puisque dans le courant de l’hiver et du printemps 1974, plusieurs cars du MLAC – Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception, ramenant des jeunes femmes qui venaient d’avorter en Hollande, sont attaqués par des commandos du mouvement. Notons que ce discours a lieu plusieurs années après le vote de la loi Neuwirth de 1967 autorisant la contraception et qu’il précède la loi du 15 janvier 1975 dite loi Veil qui autorise l’IVG en France. Rappelons le " procès de Bobigny " de octobre-novembre 1972 où cinq femmes sont jugées : une jeune fille qui avait avortée après un viol, et quatre femmes majeures dont sa mère pour complicité ou pratique de l’avortement. Ce procès contribuera largement grâce à l’avocate Gisèle Halimi à la dépénalisation de l’IVG. Lors du procès, une question du magistrat qui désire plus de précision à la faiseuse d’ange relativement à un appareil de gynécologie, un écarteur, permettant d’écarter la partie intime : " vous lui avez mis dans la bouche ? " : à cette époque, même un magistrat d’une cinquantaine d’année ignorait la constitution du corps d’une femme ! Pour la première fois, une femme accusée d’avoir avorté ne se repent pas devant le tribunal et affirme haut et fort assumer toute la responsabilité de son action et la revendiquer. Ces messieurs du SAC avaient-ils (ont-ils) si peur des femmes qu’ils voulaient les asservir ?

… Ils sont nombreux au sein du SAC, avec A. de Robert chargé de mission à Nice, le 21 décembre 1970 : " … nous sommes conscients de la situation dramatique que créée l’immigration, responsable de la moitié de l’augmentation annuelle de la population… nous sommes vigilants vis à vis des 700 000 Nord africains, résidant en France, et qui représentent un pourcentage écrasant de meurtres, viols et du pillage qui défraient quotidiennement la chronique… nous en avons assez de ce ramassis de hors la loi syphilitique, qui vit de racket, de prostitution et de trafics illicites… pour nous, la parole d’un sidi ne vaut pas celle d’un chien… ". Les Nord africains apprécieront alors que leurs parents ont contribué à lutter contre les armées d’occupation…

… Ouverture également en direction des anti sionistes ou même franchement anti sémites qu’il a fallu utiliser au moment de la crise de mai 1968. Urbain Melville, délégué départemental de la Côte d’Or, lance ces mots lors de la réunion de ces chefs de groupes tenue à Dijon le 28 décembre 1970 : " … le général de Gaulle avait déjà parlé d’un peuple dominateur et sûr de lui, le général avait fait allusion au peuple juif en ces termes lors de sa conférence de presse du 27 novembre 1967, mais il nous faut constater que les choses vont plus loin, beaucoup plus loin. De Marx à Marcuse, de Blum à Cohn-Bendit, de Trosky à Gesmar, ce sont toujours les mêmes que l’on trouve partout quand il s’agit d’exploiter la misère humaine et de détruire ce qui est beau et bon sur cette terre : les juifs… après avoir été les principaux artisans du bolchévisme, après avoir présidés à la décomposition de l’Europe, les juifs se sont faits en France le véhicule privilégié des forces de subversion " :les Français de confession juive apprécieront…

C’est ainsi que Paul Albertini peut reprendre aux comptes du SAC le slogan résolu du Macarthisme : " Better dead than red " - (plutôt mort que rouge) –" dans le combat que nous avons engagé contre le communisme, il ne peut y avoir qu’un seul vainqueur. Quand à nous, la mort au combat est préférable à la soumission au bolchévisme… ". Il est facile à ces agités de parler de mort glorieuse alors que le seul fait d’arme était de s’acharner à plusieurs sur un poseur solitaire d’affiches et de faire parti douillettement d’un groupe de 16 000 mercenaires pour casser du gauchiste…

Ces discours, ces phrases prononcées pendant plus de 35 ans par un organisme – le SAC – et de ses énergumènes à la solde de la droite française que je présente dans cet article est une infime partie de ce que j’ai pu lire dans le livre de Patrick Chairoff, B… comme barbouzes, quand à l’idéologie perverse qui était la leur.

Pourquoi ces êtres hors du commun, qui après avoir servi dans les rangs de la Milice vichyste, complices de la Gestapo, avoir collaboré - en grande partie - avec l'occupant allemand se sont-ils trouvés une haine vicérale envers le communisme dont les faits d'armes dans la Résistance sont connus de tous ? Que serait-il advenu si le bolchévisme stalinienne avait envahi aussi la France ? N'auraient-ils pas collaboré de nouveau avec le même acharnement avec les "rouges" ?

Ces hommes, sans travail honorable, animés par l’appât du gain et la soif du pouvoir, à la bestialité sans commune mesure, ne changent guère en une ou deux générations. C’est pourquoi, nous devons plus que jamais rester vigilants.

Question : le SAC est-il vraiment mort ?

Notre prochain article fera état, après ces brides de discours, des actions et des méfaits commis par ces chacals.

                                                                                                             le 6 juin 2007

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