A vos rangs... journaliers !

Petit Robert - dictionnaire alphabétique et analogique de la Langue française -

Esclave : qui est sous la puissance absolue d'un maître ; personne soumise à un pouvoir tyrannique ; personne qui se soumet servilement à la volonté de quelqu'un ; en l'occurrence, pour ne pas crever de faim, accepter avec l'aval d'un gouvernement frisant l'écoeurement, toutes les humeurs de quelqu'un qui dispose de vous ou vous rejette

Journalier -re : qui travaille à la journée - puisque pouvant être congédié sans donner de motif, sans préavis et dont la vie matérielle est sujette à changer d'un jour à l'autre

Préavis : avertissement préalable, qu'aux termes de la loi du 19 juillet 1928, la partie qui prend l'initiative d'une rupture de contrat de travail est tenue de donner, à l'autre partie, dans un délai et des conditions déterminées

Contrat : convention par laquelle une ou plusieurs personnes 's'obligent envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou ne pas faire quelque chose' ; ce n'est pas certes le contrat social de Rousseau (1762) qui a servi aux larbins du Premier ministre pour pondre une telle ineptie !

'Il avait contracté sous le harnois, une habitude de soudard' Hugo

Je vous fais part de mon indignation concernant le CPE. Le contrat de première embauche, institué pour l'instant aux seuls jeunes gens âgés de 16 à 26 ans, susceptible d'être appliqué par le patronat français, aussi bien pour ceux qui ont quitté l'école de la République au niveau du collège ou qu'ils aient fait des études plus avancées.

Une incitation pour nombre d'entre eux, jusqu'à un âge avancé, de chauffer les bancs de l'Université pour entrer dans la vie active le plus tard possible et n'avoir pour tout espoir, par la suite, que la possibilité de rechercher un emploi et d'entamer une carrière dans les mêmes conditions que celles actuelles. Le CPE concerne les jeunes qui pour la première fois abordent le monde du travail… sitôt virés, sans motif aucun exigé pour les chefs d'entreprise, laissés devant la porte d'un nouvel employeur éventuel, comment pourrait-on appelé cette nouvelle recherche d'emploi ? - contrat de Deuxième, de Troisième ou Xième embauche… !

Les rédacteurs de cette loi sont-ils à ce point ignares, atteints de crétinisme aigu au point de ne savoir ce que signifie l'adjectif ordinal 'première' ?

Le CPE à répétition existe déjà depuis des siècles, c'est celui appliqué actuellement à ces personnes issues généralement de l'immigration, clandestins ou non, qui attendent au seuil de quelques parkings en France ou en Espagne, à San Pere Pescador dans la Province de Gérone où je viens de passer quelques jours, le bon vouloir de quelques patrons principalement du bâtiment ou propriétaires terriens. On les nomme 'JOURNALIERS' qui, suivant les besoins de ces 'créateurs d'emplois', auxquels ils ne manquent que le fouet pour nous rappeler le temps de l'esclavage…

Ces pauvres gens soumis à un labeur démentiel, pour quelques euros par jour, n'ayant pour tout droit que garder le silence sont-ils un exemple à généraliser ?

Pourquoi les jeunes, rentrant dans la vie active, auraient-ils droit à des 'faveurs' aussi particulières et contraignantes que le CPE ?

M. de Villepin et ses 'collaborateurs' ont gravement manqué à la morale la plus élémentaire. Non seulement, ils se doivent de supprimer cette nouvelle loi mais ils devraient être bannis à tout jamais de la scène politique.

'Le préalable de l'indépendance - du patronat - n'est rien d'autre que le refus de toute négociation' Camus

                                                                                                                                        le 26 mars 2006

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