Affaire franco-française ou charivari inutile

Les procédures afin de ratification du traité constitutionnel européen différent en Europe.

  • dans cinq pays, à savoir, le Portugal, la République Tchèque, la Pologne, le Danemark et la France, un référendum est organisé
  • dans cinq pays, à savoir, l’Espagne, la Belgique, le Royaume-Uni, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Parlement ratifiera après qu’ai eu lieu un référendum consultatif : l’adjectif consultatif est d’importance car il n’oblige nullement le Parlement à respecter le choix des électeurs
  • dans tous les autres pays, à savoir, l’Allemagne, l’Autriche, Chypre, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Malte, Slovaquie, Slovénie, Suède, c’est le Parlement seul qui ratifie ou non le traité

Remarquons que ces procédures sont légales, c’est à dire conformes au Droit. En effet, chaque Etat étant souverain, le mode de décision est organisé. Or, dans une Démocratie, la souveraineté du peuple s’exprimesoit directement : référendum ; soit indirectement au moyen du système de la représentation : par ses représentants, à savoir les Parlementaires nationaux.

Toutefois, bien qu’on ne puisse parler d’usurpation du pouvoir souverain du peuple, dans le cadre d’un traité qui engage pour l’avenir les peuples de vingt-cinq pays, on peut légitimement penser que les peuples européens devraient exprimer leur opinion et leur choix par le suffrage universel direct, puisque dans une Démocratie, le pouvoir souverain appartient au peuple.

Dans ces conditions, sachant que le traité constitutionnel sera approuvé à la grande majorité et entrera en vigueur, on peut se demander pourquoi ce charivari mené en France par le gouvernement dans son ensemble, Président de la République en tête, appuyé par les grosses personnalités du PS et quelques intellectuels ?Pourquoi n’ont-ils pas osé dire que quelques soit le résultat du référendum dans notre pays le traité entrera en vigueur ? Pourquoi ces insultes permanentes contre les partisans du non ? Pourquoi les assimiler soit à l’extrême gauche, soit à l’extrême droite, à des défaitistes, à des anti-européens pour ne pas dire à des dégénérés… ?

N’ont-ils pas mâché et remâché leurs mots pour dire que les partisans du non ont fait de ce référendum une affaire franco-française ? Là, je mets le doigt sur la seule phrase qui a le mérite d’être mise à leur actif en y ajoutant un bémol. C’est en effet une affaire franco-française mais pour les gouvernants et ceux qui espèrent bientôt leur succéder !

Pourquoi le PS réagirait-il autrement ? Il se contente d’attendre que la droite mette en œuvre les mesures qu’eux mêmes ne pourrait pas prendre en tant que ' socialiste ' (?) mais qu’il aimerait trouver lors de leur prise de pouvoir : peut-être devrait-il, comme certains le suggèrent, changer de nom et affirmer de nouvelles références idéologiques de centre droit, car il n’est plus depuis fort longtemps maintenant, un parti de gauche !

A l’heure même où le traité sera approuvé, se posera la question suivant le résultat de ce référendum, que se passera-t-il ?

- le oui l’emporte : les gouvernants mettront à l’ordre du jour les mesures, concoctées depuis des mois et en attente dans leurs secrétaires, relatives à la destruction de ce qui subsiste du système social français : l’extermination reprendra de plus belle.

  • le non l’emporte : M. Chirac et les siens, désavoués par le peuple français qui désire une autre Europe et une autre politique nationale, n’auront plus les mains libres pour étaler leur projet mis en attente pendant ce vacarme électoral, sous peine de manifestations grandioses qui les attendent.

' La politique, art de tromper les hommes ' D’Alembert

                                                                                                           30 avril 2005

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