ANCIEN EMPIRE (2650-2150), capitale Memphis

D'importantes avancées sont faites en architecture, en art et en technologie au cours de l'Ancien Empire grâce aux gains de productivité agricole gérée par une administration centrale bien développée. Sous la direction du vizir, des fonctionnaires collectent les impôts, coordonnent des projets d'irrigation pour améliorer le rendement des cultures, détachent des paysans sur des projets de construction et établissent un système de justice pour maintenir la paix et l'ordre. Avec l'excédent de ressources mises à disposition par une économie productive et stable, l'État est en mesure de financer la construction de monuments colossaux et de commander des œuvres d'art exceptionnelles aux ateliers royaux. Les pyramides construites par Djéser, Khéops et leurs descendants sont les symboles les plus mémorables de la civilisation égyptienne antique et du pouvoir que détiennent les pharaons.

220px sakkara 02 Sépulture de Djéser, pyramide à degrés à Saqqarah.

Avec la montée en puissance de l'administration centrale émerge une nouvelle classe composée de scribes instruits et de fonctionnaires à qui le pharaon accorde des propriétés en guise de paiement pour leurs services. Les pharaons accordent également des terres pour leur culte mortuaire et les temples afin de s'assurer que ces institutions disposent de suffisamment de ressources pour assurer le culte du pharaon après sa mort. À la fin de l'Ancien Empire, cinq siècles de ces pratiques féodales ont lentement érodé le pouvoir économique du pharaon qui ne peut plus se permettre de soutenir une vaste administration centralisée. Au fur et à mesure que le pouvoir du pharaon décroit, les gouverneurs régionaux, appelés nomarques, commencent à défier la suprématie du pharaon. Cette situation, combinée avec des sécheresses sévères entre 2200 et 2150, cause finalement l'entrée du pays dans une période de 140 ans dominée par la famine et des troubles, connue comme la première période intermédiaire.

Les pharaons de l’Ancien Empire – IIIe dynastie : Nebka (Senahkt), Senakht, Djéser, Sékhemkhet, Khâba, Néferkarê, Houni (Néferkarê) ; VIe dynastie : Snéfrou, Koufou (Khéops), Djédefrê, Khaéfrè (Khéphren), Menkaouré (Mykérinos), Chepseskaf ; Ve dynastie : Ouserkaf, Sahourê, Néferirfarê, Chepseskarê, Néferefrè, Niousserrê, Menkaouhor, Djedkarê-Isési, Ounas ; VIe dynastie : Téti, Ouserkarê, Pépi 1er, Mérenrê 1er, Pépi II, Mérenrê II, Nitokris.

02 meidum pyramid Sépulture de Houni, dernier pharaon de la IIIe dynastie, pyramide rhomboïdale.

 Cette période de l'histoire fut caractérisée par une formidable croissance de la civilisation qui fut accompagnée par un progrès artistique continu. C'est l'époque des grandes pyramides, de la création du scribe accroupi, des complexes funéraires monumentaux et d'une stature gigantesque. Mais c'est surtout, pour la plupart des historiens de l'art, l'apogée de l'art Égyptien, qui atteint alors une perfection inégalée. Le pays enfin unifié devient fort et riche sous l'emprise d'une administration bien installée. Grâce aux richesses accumulées on va assister à la réalisation d'immenses ouvrages, que ce soit donc dans l'architecture funéraire ou dans la sculpture.

L'architecture funéraire, aux débuts de la IIIe dynastie, voit les tombeaux des Rois se résumer à des mastabas en briques. La pyramide à degrés de Djoser ou Djéser, (2628-2609) à Saqqarah, conçue par Imhotep va constituer une révolution, avec la première construction monumentale en pierre de l'histoire de l'humanité. Elle symbolisait la butte primordiale, lieu de la création. La IVe dynastie voit se développer le concept de la pyramide et les architectes vont s'attacher à rendre leurs monuments funéraires de plus en plus lisses. Plusieurs édifices vont être construits avant d'arriver à la perfection que sera la pyramide de Khoufou ou Khéops, ( 2551-2528).

80px egyptSépulture de Snéfrou à Dachfour, pyramide à faces lisses

 Vont suivre à celle de Djéser, les trois pyramides de Snéfrou (2575-2551). Celle de Meïdoum, puis les deux pyramides de Dahshour: La pyramide rhomboïdale et la pyramide rouge, ce qui constituera le plus grand exploit architectural de tous les temps à l'actif d'un seul souverain. Viendra celle de Khoufou qui est considérée comme la pyramide la plus complexe et la plus parfaite, puis celles de ses successeurs : Djédefrê (2528-2518), Khafrê ou Khéphren,’(2518-2492) et Menkaourê ou Mykérinos,(2492-2472) qui seront d'une conception plus modeste.

80px gizeh cheops bw 1Sépulture de Khéops, sur le site de Gizeh, la plus grande (146m à l'origine; de nos jours 136m), pyramide à faces lisses        220px all gizah pyramids

 Les deux dynasties suivantes continueront à utiliser la forme lisse, sur les sites d' Abousir (Ve dynastie) et de Saqqarah (VIe dynastie). Malheureusement, les techniques utilisées seront plus fragiles et ne permettront pas une conservation des monuments dans le temps. À partir du règne d'Ounas (2356-2323) fin Ve dynastie, les     concepteurs améliorent encore leurs pyramides en décidant d'une décoration intérieure. C'est avec la pyramide de ce Roi que l'on verra pour la première fois des Textes des pyramides, sculptés dans la chambre funéraire. 220px pyramide1


                                                                                                Pyramide de Khéphren, site de Gizeh


Si avec ces deux dynasties la pyramide prend des dimensions plus réduites, l'activité de bâtisseur des Rois va maintenant comporter un nouveau style de temple : Les grands temples solaires, nouveaux lieux de culte au Dieu Rê. Ces monuments son caractérisés par une nouvelle architecture représentant le cosmos, avec des colonnes végétales dites palmiformes et des obélisques. L'Ancien Empire est parallèlement le théâtre de nombreuses autres évolutions. Les sépultures, les temples funéraires et solaires vont s'orner de bas-reliefs peints.

On assiste au développement de la représentation du défunt. La chapelle du mastaba d'Akhtetep, remontée au musée du Louvre, en est l'un des exemples. Aux thèmes traditionnels s'ajoutent des scènes de la vie quotidienne, le voyage dans l'au-delà, les porteurs d'offrandes, les fausses portes, la représentation d'une procession funéraire, etc... Chacune de ces représentations avait un sens symbolique et une place précise. Le but était de toujours recréer le déroulement de la vie. À partir du règne du Roi Ounas, le décor peint se trouvera aussi dans les chambres funéraires des pyramides. Celle de ce Roi, décorée d'un ciel étoilé et du livre des pyramides est particulièrement représentative. La fameuse fresque des dites "les oies de Meïdoum" (Peinture de six oies trouvée dans le mastaba de Néfermaât) est, elle aussi, un témoin du développement de l'art de la fresque sous la VIe dynastie.

Dans le domaine de la sculpture, on constate des innovations telles que les sculptures de scribes, symboliques du style de l'Ancien Empire. Mais la grande évolution dans la statuaire est l'augmentation de la taille. Si les statues du Roi Khâsekhemoui (2674-2647) IIe dynastie , ne dépassaient pas les 70 cm, celle trouvée dans le serdab (Pièce que l'on trouve dans les monuments funéraires) accolée à la pyramide de Djoser, est haute de près d'1,50 m. Elle représente le Roi presque grandeur nature. Parfois, on rencontre des formes plus rares telles que des reproductions fidèles de têtes. On constate également qu'au début de la période, les statues sont assez massives.

 150px pepii kneelingstatuette brooklynmuseum    Pépi I à genoux. Brooklyn Museum Les jambes et les bras ne sont pas détachés du bloc, la tête est un peu engoncée, les jambes sont massives et lourdes. Une autre œuvre caractéristique de l'Ancien Empire se trouve être le sphinx, représentant éternel de la puissance royale symbolisée par l'association d'une tête humaine et d'un corps de lion. Le plus connu est le grand sphinx de Gizeh, qui représente soit le Roi Khoufou ou Khéops, (2551-2528), soit le Roi Khafrê ou Khéphren, (2518-2492), les avis encore aujourd'hui divergent entre spécialistes.

Les statues des particuliers sont généralement de plus petite taille, à l'exception du groupe de Sépa et Nésa. Si celles de la IVe dynastie possèdent plutôt un corps musclé, la tendance sous la Ve dynastie est au réalisme. Le visage se doit d'être assez fidèle au modèle, car il contient une réalité magique. On remarque les traces de fard vert sous les yeux des jeunes femmes, cette couleur est caractéristique des maquillages de la IIIe dynastie. Ensuite, les fards prendront la couleur noire.

Les statues sont peintes, avec des couleurs conventionnelles qui sont : Le brun pour l'homme, l'ocre clair pour la femme et le noir pour les cheveux. Dans le "scribe accroupi" du musée du Louvre, les yeux sont faits en cristal de roche pour la pupille, en pierre blanche pour la cornée et cernés par du cuivre. À partir du règne du Roi Ounas, un nouveau style apparaît. Les statues sont en général de plus petites tailles et le bois en est le matériau privilégié. La représentation du corps humain change, les têtes deviennent plus grosses, avec des yeux larges, un corps longiligne, une taille mince et les bras se détachent du corps. Le sujet est généralement représenté agenouillé.

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