Ce n'est pas le moment de vous faire remarquer...

Le Nouvel Observateur n°2106 du 23 mars 2005 -

Parcourant quelques mensuels, récents ou datant d'un certain temps déjà, j'ai dégoté un mignon petit article valant son pesant d'or dans la rubrique "LE MOT" intitulé "Blasphème publicitaire", dans la salle d'attente de mon toubib préféré.

"Jeudi dernier, le TGI de Paris a prononcé l'interdiction de la dernière campagne publicitaire des créateurs de mode Marithé et François Girbaud qui s'inspiraient du mythique tableau de Léonardo di Vinci : la Cène. Au motif qu'elle constituait selon le juge un acte d'intrusion agressive dans le tréfonds* des croyances intimes. On pourrait sourire devant pareille bigoterie." Comment pourrait-on comparer la Cène de Léonardo di Vinci avec la publicité représentant douze jeunes filles correctement habillées et un homme dos nu muni de son falzard ? Comment pourrait-on comparer la table XVIe siècle avec ce paneau de particules surfaçés mélaminé blanc, genre table de cuisine pour famille de six personnes ?

Que je sache les douze apôtres étaient des hommes, les femmes à l'époque étaient cantonnées pour les travaux des champs, familiaux - torcher les enfants, domestiques, ménagers ou pour servir d'exutoire...

La Conférence des évêques de France à l'origine du dépôt de cette plainte savait-elle ou est-elle passée maître dans l'art d'occulter certaines actions pernicieuses dont ses membres ont ou ont été coupables ? A savoir : à quelques années près, au cours du XVe siècle, siècle où vécurent Léonardo di Vinci et le cardinal diacre d'Osthie, dénommé Balthazar Cossa, devenu pape sous le nom de Jean XXIII, suite au décès d'Alexandre V. C'est à ce pape que l'Empereur germanique enjoint de convoquer un concile - le concile de Constance, afin de rétablir l'unité de l'Eglise. Traité de "simoniaque, fornicateur, sodomite, prébendier et d'incestueux", Jean XXIII est déposé et obligé de signer lui-même sa condamnation.

Il y a quelques jours l'archidiocèse de Los Angeles versait aux familles des 500 enfants victimes la somme de 660 millions de dollars suite aux scandales ayant souillé l'Eglise catholique des Etats-Unis pour de nombreux actes de pédophilie**...

"Dans les tréfonds des croyances intimes", que je sache, nul n'a besoin de cacher en France la pratique des religions quelles qu'elles soient ; nous ne sommes plus à l'époque des Catacombes de la Rome antique.

Bonnes gens, si pour une raison quelconque, à l'occasion d'un repas festif ou d'une beuverie entre amis, vous êtes treize personnes à table, téléphonnez d'abord à l'aubergiste s'il est un risque de voisinage avec une congrégation catholique ou si Me Boutin rode dans les parages ! En admettant que vous ne soyez pas supersticieux, sachez que treize à table suivant une tradition qui remonterait à un passage des Evangiles, le treizième de la Cène était Judas.

* le tréfonds : au sens littéraire, veut dire ce qu'il y a de plus profond, de plus secret. Ce tréfonds ne doit pas être si profond puisqu'il faut 3 "je vous salue Marie" et 2 "Notre père" pour en extraire les péchés véniels ou mortels commis dans la semaine en passant par l'isoloir du confessionnal, pour être absous dans l'instant sitôt la punition acquittée.

** en février 2004, un rapport commandé par l'Eglise faisait état de plus de 4 mille victimes d'abus sexuels de la part des prêtres catholiques aux Etats-Unis depuis un demi-siècle.

*** voir CV de notre ministre.

                                                                                                        le 23 juillet 2007

 

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