Cela mérite-t-il un hymne national?

Je n'ai pas attendu le débat des Grandes Gueules -RMC- ce jour, le 23 novembre 2005, pour avoir une opinion sur l'utilisation des hymnes nationaux en prélude des manifestations sportives entre pays et de surcroît, lorsque j'entends quelques uns de ces journaleux dirent qu'il faut apprendre la Marseillaise à l'école, pourrai-je savoir en quelle classe ? Je suis naturellement contre.

Pour ce qui concerne la Marseillaise, chant de guerre créé pour encourager les conscrits à marcher pour la défense de la Nation contre la coalition européenne et la rancœur de la noblesse française, elle est devenue l'hymne national, les guerres n'ayant cessé pendant plus de deux siècles et appelant les Français à verser leur sang, soit pour défendre leur pays, soit dans un but de conquête coloniale.

Au passage, je signale que Lully, musicien italien du roi Louis XIV, composa un hymne, proposé au roi Soleil qui l'offrit au roi d'Angleterre : cet hymne est toujours en vigueur. S'il avait été français, nul doute qu'il n'eut pas résisté à la Révolution française.

Revenons aux confrontations entre sportifs de différents pays*. Celles-ci ne sont déjà pas faciles à diriger entre deux villes d'un même pays. Le comportement des supporters, selon que le débat se fasse dans l'une ou l'autre, est souvent houleux ; les rancoeurs accumulées, dites de génération en génération, de bouche à oreille, jetant l'huile sur le feu.

Dans la cour des grands, ai-je eu ouïr dire d'une confrontation sportive entre la Turquie et l'Arménie, Israël et Palestine -pour ne parler que d'eux - ? Mais par contre, j'ai assisté au cours de mes nombreuses années en Afrique, dans les différents pays où j'ai posé mon sac, à des rencontres de ballon rond poursuivi par vingt-deux adultes sous le regard de dizaines de milliers de personnes assises mais gesticulantes entre Gabon-Cameroun-Congo et autres… et je peux vous assurer que cela s'est terminé suivant que le pays qui recevait, perdant ou non cette joute, dans des bains de sang. Pas forcément dans le stade mais plutôt à la sortie où des cohortes d'énergumènes brûlaient, pillaient, voire tuaient les commerçants de la ville de la nationalité des visiteurs. A la sortie du stade, je n'ai du parfois mon salut qu'à une retraite précipitée, étant moi même étranger. Ces jours-là, les hymnes nationaux, entre autres, avaient exacerbé la populace. Nous savons aussi ce qu'il est advenu en certains pays d'Amérique du Sud et Centrale, ainsi qu'au stade du Heysel.

A quand les rencontres Europe-Amérique-Asie-Océanie et quels hymnes seraient joués ? Pensez-vous qu'il y aurait du grabuge?

Quand à ces journalistes, qui ont toujours quelque chose à dire à chaud, scoop oblige… J'en connais quelques uns qui défendent telle ou telle thèse qui ne fâche surtout pas les gouvernants en poste. Seraient-ils à la recherche de certaines pantoufles comme celles acquises par M. Harlem Désir et autres défenseurs de toute chose qui puisse un jour les conduire dans les hautes sphères de la République ? Le curieux de ces destins fabuleux est que l'on entend plus parler ces braves gens des idéaux pour lesquels ils ont tant combattus, la tiédeur des Assemblées leur retirant toute énergie !

Lors des confrontations continentales appelées championnat  d'Europe, Mondial ou Jeux Olympiques, ceux qui tiennent les rênes du pouvoir et les autres, la grande majorité des pauvres font la trêve et leurs revendications respectives se mettent au repos. Entre les années qui séparent les dates de ces 'hauts faits', à l'instar des jeux de hasard, ces joutes multiples donnent aux pauvres l'illusion de s'apparenter aux protagonistes en lice et ce, au grand soulagement de la classe régnante.

Il est aussi ridicule de jouer des hymnes nationaux pour anoblir ces jeux que de décerner la Légion d'honneur aux quelques protagonistes sportifs les plus adroits, les plus rapides ou les plus forts.

* le baron Pierre de Coubertin, Paris 1863 - Genève 1937, pédagogue français, créateur des Jeux Olympiques modernes - Athènes 1896 - Adversaire du chauvinisme et de la participation des femmes (!), considérant que le sport était une activité de 'mâles'.

                                                                                         Le 23 novembre 2005

 

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