GOUVERNEMENT ET ECONOMIE

Organisation politique.
L'Égypte antique est une monarchie théocratique. Bien plus qu'un roi, le pharaon est à la fois l'administrateur principal, le chef des armées, le premier magistrat et le prêtre suprême de l'Égypte. En effet, Pharaon avait une mission à remplir : mettre en œuvre la règle de Maât sur Terre, c'est-à-dire assurer l'harmonie entre les hommes et le ciel, être garant de la morale de son peuple, contribuant ainsi à assurer son éternité. Pour exercer son contrôle sur les terres et les ressources, le pharaon s'appuie sur une administration composée de fonctionnaires qui gère ses affaires au quotidien. Cette administration est dirigée par son homme de confiance, le vizir, qui agit comme représentant du roi et coordonne l'arpentage des terres, le trésor, les projets de construction, le système juridique et les archives.

Le territoire égyptien est découpé en quarante-deux régions administratives, appelées nomes, qui sont chacune régies par un nomarque, responsable devant le vizir de sa compétence. Les temples constituent l'épine dorsale de l'économie égyptienne. Ainsi, les temples sont non seulement des lieux de culte mais ils sont également responsables de la collecte et du stockage des richesses de la nation dans un système administré de greniers et de trésoreries qui redistribuent les céréales et les biens.

L'organisation politique de l'Égypte antique est basée sur la personne du pharaon. Pharaon, plus qu'un roi, est administrateur principal, chef des armées, premier magistrat et prêtre suprême ; il lui revient de choisir seul la politique à mener ; il délègue l'exécution de ses décisions à une cohorte de scribes, de conseillers et de fonctionnaires.

Pour cela il s'appuie sur une administration divisée en diverses « maisons » (agriculture, irrigation, finances, culte funéraire royal, armée). Au niveau local le pays est découpé en districts administratifs appelés nomes, dirigés par un fonctionnaire désigné par le roi, le nomarque.
Dans l'entourage immédiat du pharaon.

 RamoseVizir Ramosé  Cette liste ne contient pas les subordonnés des fonctionnaires ci-dessous, elle fait référence aux fonctionnaires qui étaient à la tête d'une administration.

Grande épouse royale, épouse principale de pharaon ;
Vizir, sorte de premier ministre, premier magistrat, il rend la justice de Maât au nom de pharaon ;
Fils royal de Koush, vice-roi de Nubie ;
Trésorier, haut fonctionnaire responsable des réserves royales de métaux (or, argent, cuivre électrum...) et de la fiscalité concernant seulement les matières minérales, contrôlant une partie de l'administration du pays ;
Porte-sandale, scribe particulier du roi chargé de noter et de diffuser les décrets du pharaon ;
Porte étendard ;
Porteur de l'éventail à la droite du roi ;
Supérieur des greniers, haut fonctionnaire chargé de gérer l'agriculture et de contrôler la fiscalité agricole (blé, orge, papyrus, lin) ;
Directeur de la double maison blanche, fonctionnaire chargé de préserver et de gérer les réserves d'encens ;
Directeur de la maison d'oliban, fonctionnaire chargé de préserver et de gérer les réserves d'oliban ;
Directeur de la maison de myrrhe, fonctionnaire chargé de préserver et de gérer les réserves de myrrhe ;
Scribe des comptes, scribe responsable de vérifier et de rentrer les revenus financiers du royaume ;
Scribe de la table, scribe responsable préparer les offrandes ;
Scribe des archives royales, scribe ayant pour rôle de trier, de classer, de noter, de conserver les événements notables du pays, de la cour, de la famille du roi et bien entendu du pharaon lui-même ;
Supérieur des ritualistes, scribe ayant pour fonction de seconder pharaon durant les rites et de noter les événements au cours de ce rituel ;
Chef des secrets, fonctionnaire chargé de veiller et de conserver tout ce qui est lié aux divinités. Il est également chargé de noter tous les événements extraordinaires que les anciens Égyptiens interprétaient comme divin ;
Supérieur de la maison de vie, fonctionnaire responsable des vieux manuscrits, le supérieur est également chargé de former les scribes. Le pharaon pouvait venir consulter des anciens papyrus car la maison de vie faisait office de bibliothèque sacrée ;
Grand intendant, ce fonctionnaire n'était pas vraiment un conseiller, il dirigeait et veillait à ce que les ordres soit bien exécutés par les domestiques qui étaient sous ses ordres

Dans les temples
Grand Prêtre, organise et gère les biens du clergé ; personnage très important comme à Karnak (Grands prêtres d'Amon) ou à Memphis (Grand prêtre de Ptah) ;
Prêtre, rend hommage aux dieux en lieu et place du pharaon.
Dans les provinces
Nomarque, seigneur local gérant un nome au nom de pharaon ;
Scribe, répertorie les transactions, le résultat des récoltes ;
Serviteur de la Place de Vérité, artisans chargés de construire les tombeaux et les temples funéraires des pharaons.

Dans l'armée.
Char  Char Le général des armées, organise les campagnes de guerre que le pharaon décide .
Soldat nubien.-L’armée de Ramsès II.
Certainement la plus puissante et la mieux organisée de toute l'histoire de l'Égypte. Cette époque la XIXe dynastie étant peut-être la période la mieux connue des temps pharaoniques, nous disposons de détails suffisants pour connaître de l'intérieur les rouages d'une machine parfaitement rodée qui a pleinement contribué à la grandeur de l'empire.
 CavalerieCavalerie et charrerie  Si l'armée de Ramsès II bénéficie d'une organisation sans précédent, elle le doit déjà à ses prédécesseurs de la XVIIIe dynastie. Ainsi, Horemheb, qui fut un grand général sous Amenhotep III avant de devenir pharaon, divisa ses troupes en deux grands corps, cantonnés, l'un dans le delta du Nil et l'autre dans le Sud afin d'être rapidement opérationnels soit en Asie, soit en Nubie.
À son tour, Séthi Ier, père de Ramsès II, réorganise l'armée, la décomposant en trois divisions, placées chacune sous la protection d'un dieu, Amon, Rê et Ptah. Lorsque Ramsès monte sur le trône, il rajoute une quatrième division, dédiée à Seth. Chacune de ces unités se compose de cinq mille hommes.

Diplomatie.
L'Égypte antique a été au cours de sa longue histoire en contact avec de nombreux peuples (Hittites, Hyksôs, Libyens, Nubiens, Peuples de la mer). Des ambassadeurs sont envoyés en mission pour traiter au nom de leur souverain les affaires délicates ou factuelles auprès des dirigeants étrangers

Organisation sociale
La société égyptienne est très stratifiée et le statut social de chaque individu est expressément affiché. Les agriculteurs constituent la grande majorité de la population bien qu'ils ne détiennent la propriété ni de leurs produits, ni de leurs terres. En effet, les produits agricoles sont détenus directement par l'État, un temple ou une famille noble qui possède la terre. Les agriculteurs sont aussi soumis à un impôt sur le travail et sont obligés de travailler sur les projets d'irrigation ou de construction via un système de corvées. Les artistes et les artisans ont un statut plus élevé que les agriculteurs même s'ils sont eux aussi sous le contrôle de l'État. Ils travaillent dans des boutiques attenant aux temples et sont payés directement par le Trésor public. Les scribes et les fonctionnaires forment la classe supérieure dans l'Égypte antique, désignée sous le nom de « classe au pagne blanc » en référence aux vêtements de lin blanc qu'ils portent pour indiquer leur rang. Cette classe supérieure met en évidence son statut social dans l'art et la littérature. Juste en dessous de la noblesse se trouvent les prêtres, les médecins et les ingénieurs qui ont suivi une formation spécialisée dans leur domaine. Bien qu'aucune preuve n'indique que l'esclavage soit pratiqué à cette époque, s'il existait son éventuelle ampleur et sa prévalence restent inconnues.

Les Égyptiens de l'Antiquité considèrent les hommes et les femmes comme égaux devant la loi, quelle que soit la classe sociale. Le plus humble des paysans a ainsi le droit de présenter une requête auprès du vizir et de sa cour pour obtenir réparation. Les hommes et les femmes ont le droit de posséder et de vendre des biens, de conclure des contrats, de se marier et de divorcer, de recevoir un héritage et d'entamer des poursuites devant les tribunaux en cas de litige. Les couples mariés peuvent posséder des biens communs et se protéger du divorce en signant un contrat de mariage qui stipule les obligations financières du mari à sa femme et à ses enfants dans le cas où le mariage prendrait fin. Comparés à leurs homologues de la Grèce antique ou de Rome, les Égyptiennes bénéficient d'une grande liberté et de la possibilité de se réaliser sur le plan personnel. Plusieurs femmes dont Hatchepsout et Cléopâtre accèdent même au pouvoir suprême, alors que d'autres exercent un pouvoir religieux en tant qu'épouses d'Amon. En dépit de ces libertés, les Égyptiennes ne peuvent toutefois pas exercer de postes officiels dans l'administration et restent cantonnées à des rôles secondaires dans les temples, en raison d'une inégalité par rapport aux hommes devant l'instruction.

Les métiers dans l'Egypte antique - Parmi les métiers dans l'Égypte antique qui existaient à l'époque, il nous vient généralement à l'esprit les agriculteurs, à la base de la société, les scribes et les prêtres.

Si telle avait été la société aujourd’hui il nous serait impossible de contempler les imposantes pyramides, les grands temples dédiés aux dieux ou encore les splendides trésors, tel que celui de Toutânkhamon, par exemple.

Nous ignorons souvent ces catégories de la population qui, par un travail souvent long, difficile, ou même, dans certains cas, très dangereux ont participé activement au développement de l'Égypte antique, de sa société, de son art et de son architecture.

Le titre de fonctionnaire dans l'Égypte antique apparaît pour la première fois à la première dynastie, peu après l'introduction de la police ; à l'époque romaine, ces titres sont bien établis. Sur de nombreux monuments égyptiens il y a un titre, ce qui permet leur identification.

Principaux titres Titre honorifique dans l'Égypte antique.
Au total, il y en avait plusieurs milliers, mais la plupart ne sont attribués qu'une seule fois, seuls quelques-uns le sont à plusieurs reprises. Ces titres sont une source importante de la connaissance de la gestion administrative dans l'Égypte antique et de la structure de la société
Vizir est la fonction la plus haute de l'État depuis la première dynastie-

Métiers dans l'Égypte antique.
acolyte - administrateur de biens - administrateur de domaine - ami unique (titre de cour) -
amiral - artisan -assistant de ... -.barbier -chambellan -chancelier -chanteur -chanteuse de chef -chef d'atelier -chef de cabinet -chef du conseil -chef de la maison -chef de phylè - chef de rameurs -chef du trésor -chef de tous les travaux du roi -chef de ville -commandant- commandant (grand) -compagnon -comptable -comte -conducteur de char -connu du roi -
conseiller -conseiller du roi constructeur -constructeur (grand) de ..-.contrôleur -courtisan -
dame (la dame), (dame de ...) -danseur - délégué - dignitaire -directeur - directeur des choses scellées -doyen du tribunal -échanson (officier chargé de servir à boire) -envoyé -
épouse -excellence le noble ... (son) -.familier du roi - fils royal (Fils royal de Koush) -
flabellifère à la droite du roi -fonctionnaire -fournisseur d'offrandes pour ... – gardien - gardien de troupeau -général - général en chef -généralissime -gouverneur - grand chef grand des cinq (cinq grands prêtres de Thot à Hermopolis) -grand commandant - grand constructeur de …-grand de (les grands d'Abydos) -grand des directeurs des artisans -grand des médecins -grand prêtre d'Amon (premier prophète d’Amon) -grand du trésor - grand des voyants - greffier -guerrier - héraut (officier chargé de messages) -homme de confiance du roi - inspecteur -intendant -jardinier -maîtresse de maison -magistrat -maire de .. (maire de Thèbes) - maître-artisan - majordome - médecin -Medjaÿ (auxiliaire de l'armée égyptienne) -menuisier - musicienne de - noble -nomarque -notable - nourrice - ouvrier-paysan -père Divin de …- père du dieu - porte enseigne - porte-parole - porte-sandale -porteur au-devant de ..- porteur de l'éventail à la droite du roi - portier - précepteur -premier ..-. (placé après le titre) -préposé à ...- prêtre tprêtre « aimé du dieu »
prêtre funéraire / prêtre du kA - prêtre-lecteur -prêtre-ounro - prêtre-ouâb (prêtre pur) -
prêtre ritualiste (celui qui lit les rituels) - prêtre-sem - prêtre-semouhy - prêtre-setem -prêtresse -prince (avant la 1re période intermédiaire) -professeur - rapporteur -recluses de ... (+ nom de la divinité) - représentant - responsable de - rideau (celui du) - savant –scribe - scribe des contours (dessinateur) - sculpteur - secrétaire - seigneur - serviteur -serviteur du domaine -serviteur dans la Place de Vérité - serviteur du roi - serviteurs du temple soldat de l'infanterie - sous-chef - sous-directeur - souverain - stoliste - substitut (de ...) – suivant -supérieur - supérieur des secrets -supérieur des secrets du trésorier de l'offrande divine -trésorier vizir.

Le système judiciaire.
  ScribeLe scribe assis  Le système judiciaire comportait une large variété de sanctions susceptibles d'être infligées aux malfaiteurs. Appliquée seulement dans les cas les plus graves, la peine capitale, par empalement, crémation, décapitation ou suicide forcé, était prononcée uniquement par Pharaon. Dans les cas les moins graves, les peines, cumulables- pouvaient être la réquisition de la force de travail ou des biens du condamné, la privation de son nom ou de ses droits funéraires, l'emprisonnement, le bannissement ou encore les châtiments corporels, généralement cent coups de bâton ou la mutilation du nez ou des oreilles

La torture - La torture a incontestablement existé dans l'Égypte antique, appliquée selon trois niveaux. Dans un premier temps, le suspect récalcitrant recevait des coups de gourdin. Ensuite, s'il ne voulait pas confirmer sa participation à l'affaire, il était fustigé à l'aide d'une baguette spéciale appelée djenen. Enfin, on en venait à la torsion des poignets et des chevilles, cette étape déliant généralement la langue des accusés les moins loquaces.

La torture est peu attestée dans les documents judiciaires d'époque ; elle n'est en fait mentionnée explicitement qu'à propos du célèbre procès des pilleurs de tombes et des temples royaux de la nécropole thébaine à la fin de la dynastie ramesside. Cette répugnance à la mentionner explicitement s'explique par deux raisons :
la première explication pourrait être qu'elle n'était pas appliquée fréquemment, seuls les procès les plus graves auraient nécessité le recours à cette pratique.
Mais la véritable explication réside sans doute dans les conceptions mêmes de l'idéologie pharaonique. Cette pratique était en effet considérée comme faisant partie du désordre, élément qu'il fallait éviter de mentionner selon la croyance au pouvoir des mots et des images. L'humanité et la non-violence, érigés en principes essentiels, participaient à la propagande de Pharaon qui devait gouverner en plaçant Maât, déesse de la justice et de la vérité, au cœur de sa fonction.

C'est ainsi que, pendant plus de trois mille ans, les écrits égyptiens rappellent aux mortels les maximes qui feront d'eux des sages. Pharaon doit donc poursuivre les fauteurs de troubles, qu'ils soient étrangers ou égyptiens.Un cas particulier de torture semble avoir néanmoins échappé à cette interdiction générale : celui des châtiments infligés lors des redditions de comptes. Ces scènes, que l'on rencontre de l'Ancien au Nouvel Empire, évoquent toutes une atmosphère de violence et soulignent la rudesse avec laquelle les gardes traitaient les présumés coupables. Dans deux mastabas de la VIe dynastie, il existe des représentations de personnages attachés à des poteaux et s'apprêtant à subir la bastonnade. Dans les deux cas, le poteau servant de pilori est surmonté de deux têtes figurant à l'évidence un Asiatique et un Africain. La symbolique est claire : tout comme les ennemis étrangers, les Égyptiens qui ont enfreint la loi deviennent des émissaires du chaos, et il faut donc les combattre.

L'armée. L'armée égyptienne antique avait pour but de défendre l'Égypte contre les invasions étrangères, et maintenir la domination égyptienne dans le Proche-Orient et la Nubie. L’armée protégeait les mines du Sinaï au cours de l'Ancien Empire et combattit lors des guerres civiles des première et deuxième périodes intermédiaires. Les militaires surveillaient les principales routes commerciales grâce à des fortifications comme celles qu'on trouve dans la ville de Bouhen sur le chemin de la Nubie. Ces forts servaient aussi de bases militaires, comme la forteresse de Sile, base d'opérations pour des expéditions vers le Levant. Au Nouvel Empire, les pharaons utilisèrent une armée de métier pour attaquer et conquérir Koush et le Levant.

L'équipement militaire comprenait des arcs et des flèches, un bouclier de cuir avec une armature en bois au sommet arrondi. Le Nouvel Empire vit l’introduction des chars utilisés précédemment par les envahisseurs Hyksôs. Armes et armures ont continué à s'améliorer après l'adoption du bronze : les boucliers furent désormais fabriqués en bois massif avec une boucle en bronze, les lances ont été équipées d’une pointe en bronze et la Khépesh a été adoptée par les soldats asiatiques. Le pharaon était généralement représenté dans l'art et la littérature chevauchant à la tête de l'armée, et il est prouvé que quelques uns le firent, tels Séqénenrê Taâ et Ahmôsis premier. Les soldats étaient généralement recrutés dans la population, mais le Nouvel Empire et les époques ultérieures ont vu des mercenaires nubiens, kouchites ou libyens.

La justice - 

Au sommet du système judiciaire égyptien se trouve officiellement le pharaon qui est chargé de promulguer les lois, de rendre la justice et de maintenir l'ordre public, un concept que les anciens Égyptiens dénomment Maât. Même si aucun code juridique n'a survécu, les documents judiciaires de l'époque montrent que la loi égyptienne est fondée sur le bon sens entre le bien et le mal qui se base avant tout sur la résolution de conflits et sur la conclusion d'accords plutôt que sur un ensemble complexe de lois. Des conseils d'anciens, connus sous le nom de Kenbet dans le Nouvel Empire, sont chargés de statuer localement sur les affaires judiciaires impliquant des petites créances et des conflits mineurs. Les cas les plus graves impliquant des meurtres, des opérations immobilières importantes et du pillage de tombeau sont renvoyés à la Grande Kenbet, présidée par le vizir ou le pharaon. Les demandeurs et les défendeurs se représentent eux-mêmes et prêtent serment d'avoir dit toute la vérité. Dans certains cas, l'État assume à la fois le rôle de procureur et de juge. Il n'est alors pas rare que l'accusé soit passé à tabac pour obtenir des aveux et les noms des conspirateurs. Cependant, que les accusations soient graves ou non, les scribes judiciaires prennent acte par écrit de la plainte, des témoignages et du verdict de l'affaire pour future référence.

Suivant la gravité des actes incriminés, les sentences pour les crimes mineurs vont de la simple amende à la mutilation du visage, en passant par les coups ou l'exil. Les criminels les plus dangereux tels que les meurtriers ou les pilleurs de tombe sont condamnés à mort, soit par décapitation, par noyade ou par empalement. Dans les cas très graves, la sanction pouvait même être étendue à la famille du criminel. À partir du Nouvel Empire, les oracles jouent un rôle majeur dans le système juridique en rendant la justice dans les affaires civiles et pénales. La procédure consiste à demander au dieu un « oui » ou un « non » à une question concernant le bien fondé d'une affaire. Avec le support d'un certain nombre de prêtres, le dieu rend son jugement en choisissant l'une ou l'autre des réponses, en se penchant en avant ou en arrière ou en pointant l'une des réponses écrites sur une feuille de papyrus ou un ostracon.

Dans l'Égypte antique, les grands procès intentés contre ceux qui mettent en danger la sécurité de l'État sont placés sous la jurisprudence de Pharaon, qui délègue à son vizir, le premier magistrat et à ses assesseurs, de rendre la justice de Maât au nom de Pharaon.

Mais quand il s'agit de délits mineurs qui ne menacent pas sérieusement la paix civile, la justice est rendue par des magistrats locaux, tels les « préposés aux querelles », ou des représentants de la communauté où l'infraction a été commise. Ces tribunaux règlent généralement les problèmes sans avoir recours aux fonctionnaires de l'État.

Les livres des sagesses disent :
« N'accorde pas une attention exagérée à celui qui possède de beaux vêtements et ne méprise pas celui qui est couvert de haillons. N'accepte pas les dons de l'homme puissant et ne persécute pas le faible à ton profit. La justice est un don divin. »

Dans la réalité, les pauvres sont plus défavorisés même si leur éloquence leur laisse parfois une chance de faire valoir leur bon droit. La corruption est un autre élément ; les pots-de-vin sont monnaie courante, surtout à partir de la fin du Nouvel Empire : graisser la patte est parfois un moyen suffisant pour obtenir gain de cause. C'est pourquoi les communautés d'artisans ne souhaitent pas, à moins d'un délit majeur dépassant leurs compétences, faire appel aux fonctionnaires de l'État, trop corrompus à leurs yeux.
On ne dispose guère de documents permettant d'affirmer que toutes les communautés égyptiennes pratiquaient une forme de justice locale dans les cas de délits mineurs. Grâce à des ostraca retrouvés dans le village des artisans de Deir el-Médineh, on peut toutefois se faire une idée plus précise de telles procédures 

Papyrus

                                  Papyrus du scribe Hunefer, le Livre des morts 

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