Il va se retrouver le cul par terre, la tête dans le ruisseau avant peu longtemps

A dix-neuf ans, j’ai quitté mon foyer

Déterminé à fricoter ma part

Les dents pointues, l’ambition soutenue

De m’engouffrer dans la fripouillerie.

Chez le fripier de renom, j’ai fait faire

Costume trois pièces pour accompagner

L’apparence, le bagout et le visage sournois

Balançant aux orties, le froc que je portais.

Je me voyais déjà en haut de l’affiche

Me hâlant sur le chemin de la grande renommée

A coups de lèche-botte ( ?) et de flatteries serviles

Comme le fit Talleyrand* pour acquérir gloire et argent.

J’étais le plus grand ( ?) des plus grands optimistes

Les vacheries, coups fourrés, trahison : tout fut bon

Pour les Pasqua, Giscard, Balladur et Chirac**

Comme le furent en leur temps, les fourberies de Thiers***.

Arrivé ce jour au sommet de l’affiche

Ayant pour compères la crème de la lie

Les hommes les plus vils, cette fange de racaille

Mes nouveaux amis, les puissants de ce monde****.

J’ai tout essayé pour sortir de l’ombre

Sachant bien qu’un jour, j’me retrouverai

Le cul par terre, la gueule dans le ruisseau

Comme le chanta si bien Gavroche du haut des barricades.

 

* Charles Maurice de Talleyrand Périgord, né à Paris en 1754, mort en Anglettre en 1838. Evêque d'Autun sous l'Ancien régime, Président de l'Assemblée Nationale en 1790 - ministre des relations extérieures sous le Directoire, puis du Consulat et enfin de l'Empire. Rallié à la Restauration, nommé ambassadeur à Londres sous Louis-Philippe. Barras, "le plus effronté de tous les pourris" écrit Hippolyte Taine, philosophe, historien et critique, l'un des principaux dirigeants du Directoire, vivant au milieu d'une sorte de cour composée d'hommes tarés, de trafiquants, de brasseurs d'affaires, de débauchés des deux sexes, dans "Ses Mémoires", la joie de Talleyrand lorsqu'il est pour la première fois ministre... Dès qu'il apprend la bonne nouvelle, Talleyrand accourt en carrosse chez Barras pour le remercier. Pendant le trajet, il déborde de joie et ne cesse de répéter en pressant fortement le genou de son compagnon : - "Il faut faire une fortune immense, il faut faire une fortune immense et rapidement !" Il est si ému, si heureux, qu'il embrasse le portier avant de se jeter dans les bras de Barras et le mouiller de ses larmes. Pour les élus du peuple, liberté, égalité, fraternité, seront traduits la plupart du temps par : vénalité, improbité, avidité.

*** Adolphe Tiers (1797-1877), homme politique, journaliste et historien français, ministre de l'Intérieur (1832-1834) qui contre les ouvriers en grêve ordonna "qu'on le fusille", chef du gouvernement (1836-1840), revenu à la vie politique en février 1848, il ne peut sauver la monarchie. Chef de l'exécutif en février 1871, Président de la IIIe République, il brisa la Commune ("semaine sanglante", 22-28 mai), s'étant prononcé pour une République conservatrice, il s'aliéna les royalistes et dû démissionner en 1873.

**** les puissants de ce monde : notre cher Président a au cours des six derniers mois rendu ou a reçu visite visite à M. Bush, M. Hu Jintao, M. le colonel Kadhafi, M. Chavez... Il reste de part ce monde une myriade de dictateurs pour lesquels, moyennant emplettes, l'on déroulera le tapis rouge.

                                                                                                               jeudi 13 décembre 2007

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