Je réunis autour de moi une société disparate

Civilisation, Petit Robert – acte de civiliser, acte de justice, ensemble des caractères communs aux vastes sociétés évoluées.

Comment peut-on parler d’ensemble ? puisque ce concept ne prend en considération que les peuples évolués, minoritaires sur notre planète.

- ensemble des acquisitions des sociétés humaines

- ensemble de phénomènes sociaux, religieux, moraux, esthétiques, scientifiques, techniques

Comment pouvons-nous parler de phénomènes sociaux et en même temps religieux ? puisque les Dieux ne connaissent pas le principe d’égalité dans la répartition de leurs bienfaits ; puisque les Dieux distribuent simultanément bienfaits et misère ?

- communs à une grande société ou à un groupe de sociétés

" Le nanti et le pauvre, deux " entités " qui ne vont guère ensemble "

" Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles " Valéry

La civilisation que vous préconisez, sur quelle surface s’étendra son influence ?

civiliser : faire passer une collectivité à un état social plus évolué – dans l’ordre moral, intellectuel, artistique, technique ou considérés comme tels

- l’ensemble, totalité des éléments constituant un tout, ensemble ordonné, antonyme : ensemble disjoint. - ordre moral : qui concerne les mœurs, les habitudes et surtout les règles de conduite et pratiques dans une société.

- société : relation entre des personnes qui ont ou qui mettent quelque chose en commun

Pour amasser de l’argent, il faut beaucoup d’esclaves.

La civilisation de M. Sarkozy est une coquille vide destinée à contenter les humains quelle que soit leur manière d’agir, de penser. C’est donner à tous les individus la faculté de la remplir à leur guise, en y trouvant leur compte.

Comment parler de civilisation alors qu’il se contente :

. de distribuer l’argent du contribuable aux plus nantis – quelques milliards aux entreprises, et dispenser la bonne parole à ceux qui n’ont rien

. de rendre visite aux pays les plus riches dans le but de faire commerce et " finaliser " des marchés négociés par d’autres et, en même temps, ignorer les pays les plus pauvres, l’écrasante majorité sur notre planète

A-t-il l’intention ou la prétention d’imposer aux pays capitalistes de porter aide urgente à ces autres nations où l’espérance de vie est en moyenne la moitié de celle de nos pays industrialisés, de cesser que meurent en bas âge tous ces millions d’enfants dépourvus de tout ?

Qu’entend M. Morin par l’expression " politique de civilisation " reprise par Nicolas Sarkozy ?

La pensée de M. Morin : " Il faut distinguer culture et civilisation. La culture est l'ensemble des croyances, des valeurs propres à une communauté particulière.

La civilisation, c'est ce qui peut être transmis d'une communauté à une autre : les techniques, les savoirs, la science, etc. Par exemple la civilisation occidentale dont je parle, qui s'est du reste mondialisée, est une civilisation qui se définit par l'ensemble des développements de la science, de la technique, de l'économie. " " Je parle du fait que, par exemple, la science n'apporte pas seulement des bienfaits, mais a apporté des armes de destruction massive et des possibilités de manipulation biologique. "(Les armes quoique négatives sont nécessaires dans le cadre d’une politique de persuasion afin de se protéger contre des agresseurs potentiels. Tous les êtres humains n’entendent pas l’expression " civilisation " selon les mêmes critères. Certains ont une conception de la civilisation différente de celles des pays industrialisées. Les Islamistes (et non pas les musulmans) n’utilisent-ils pas certains moyens afin d’instaurer partout où ils le peuvent une civilisation avec les caractéristiques qui conviennent à la conception qu’ils en ont ?)

Je pars du constat que la civilisation européenne occidentale a produit d’innombrables effets positifs - démocratie, droits de l’homme, individualisme, progrès scientifique et technique -, mais également des effets négatifs de plus en plus importants, voire prépondérants. Ainsi l’individualisme, qui donne à chacun un minimum de responsabilités, s’est accompagné du dépérissement des solidarités. Dans les grandes villes, quand quelqu’un tombe dans la rue, avant, on l’aidait ; aujourd’hui, les passants se disent que c’est aux flics ou au Samu de s’en occuper. ( ?, il y a toujours eu des personnes pour s’arrêter et d’autres non !)Il y a une dégradation de la responsabilité : enfermé dans son petit secteur de spécialisation, chacun perd de vue l’ensemble du système dans lequel il agit et se coupe de la responsabilité globale. (il n’y a pas une dilution de la responsabilité mais l’appel à l’Etat pour résoudre des problèmes insolubles dus à la précarité dans nos pays). Le bien-être matériel s’est accompagné d’un mal-être psychologique et moral. Les dégradations écologiques qui polluent nos villes, nos vies sont dues au développement technoscientifique. Il faut donc changer de voie, opérer une conversion, passer d’une civilisation quantitative à une civilisation qualitative, s’orienter vers le mieux et non le plus. Regardez la façon dont les gens quittent dès qu’ils le peuvent la vie robotisée pour une vie plus naturelle, à la campagne ! "

Ce que préconise M. Morin : " J’ai préconisé la création de maisons de la solidarité, un service civique de la solidarité ou encore une "débureaucratisation" des administrations, afin d’établir la communication entre les différents agents au niveau horizontal, donner aide aux métiers de solidarité et convivialité. On pourrait aussi imaginer de grands travaux pour construire des parkings aux portes de Paris, où les gens laisseraient leurs voitures. C’est cher, mais ça produirait des économies sur le budget santé. En fait, il faut sortir de la mythologie de la croissance. Croissance, décroissance, là n’est plus l’enjeu. La question, c’est : qu’est-ce qui doit croître et qu’est-ce qui doit décroître ? " " C’est un paradoxe : individuellement, chacun sait que le sens de la vie, c’est l’amour, l’affection, les copains, et pourtant on croit que la politique doit ignorer nos problèmes de vie. Il existe déjà des tas d’initiatives locales, sur le chômage, la pollution, la solidarité entre autres. La politique de civilisation naîtrait non pas ex nihilo mais à partir d’aspirations profondes et d’initiatives présentes. "

Il semblerait d’après M. Morin, ce doux rêveur, que l’expression " politique de civilisation " renferme des caractères précis : responsabilité, solidarité, convivialité, moralisation (ce terme rappelant " l’ordre moral ", concept de la IIIE République qui n’a rien de réjouissant !*) … Ce concept de " politique de civilisation " rappelle également le concept révolutionnaire de la " régénération de la société " qui générera la Terreur.

* exemple : le gouvernement d’Emile Combes. Nous sommes sous la III e République, tout doit être " républicain ", résultats : épurations administratives, surveillance des fonctionnaires et de la population car il faut être " républicain ", " patriote ", " laïc ". Le Français doit entrer dans un certain cadre, il ne dispose plus de la liberté de pensée, et encore moins d’agir selon ses convictions.

Il faut observer qu’il ne peut y avoir de " civilisation universelle " puisque l’homme a des identités et appartenances multiples et variées. Pour ne citer que le domaine de la spiritualité : les athées ou incroyants ; le polythéisme, le monothéisme, le déisme, le laïcisme… Des civilisations différentes existent d’or et déjà, pour ne citer que le mode de vie des Mormons** et des Amish.

** Ceux-ci refusent le progrès technique, vivent en communauté selon des règles strictes établies depuis fort longtemps où l’individu ne se définit pas en tant que tel, à savoir hors du groupe (cela peut rappeler la France d’Ancien régime où les personnes vivent dans un cadre traditionnel, inégalitaire, où chacun se trouve à la place " que Dieu lui avait réservée " dans une idéologie hiérarchique et chrétienne).

Premier slogan de M. Sarkozy : " travailler plus, pour gagner plus " (ce qui est tout à fait normal mais observons que le salaire horaire lui n’augmente pas), transformé en un deuxième slogan : " travailler plus, pour vivre mieux " ou si l’on veut être plus explicite : " contentez-vous du SMIG car même avec le SMIG vous pouvez vivre mieux, le pouvoir d’achat ne doit pas être une préoccupation majeure " parce que vivre mieux est un état d’esprit ( !) Une question se pose alors : comment vivre mieux alors que l’on ne gagne pas plus d’argent et que tout augmente ? – augmentation des loyers (lorsque l’on a trouvé à se loger !), augmentation des assurances, augmentation de l’électricité, du gaz, du carburant, augmentation du prix des transports, augmentation du prix des denrées alimentaires (comment nourrir une famille de 4 personnes avec 890 euros net mensuel ?), augmentation et création de nouvelles taxes…

Il faut remarquer que la civilisation européenne est un des soucis majeurs des Européens. L'Europe s'est formée sur des valeurs d'humanisme définies clairement. Or, comme nous l'avons souligné dans notre blog intitulé "traité de Lisbonne 2007", ces valeurs tendent à disparaître avec l'arrivée des 12 derniers entrants et d'autres valeurs, qui reposent sur l'économie et le capitalisme libéral, prévalent aujourd'hui. Comment unir les valeurs humanistes fondatrices de l'Europe et les valeurs essentiellement économiques?

Comme nous l’avons dit dans un blog précédent, M. Sarkozy, " la langue n’a pas d’os ". La phraséologie, l’idéologie… qu’importent aux Français ! Les Français ne veulent des paroles, ils veulent des actions ; des actions concrètes générant des résultats positifs dans leur vie de chaque jour.

S’appuyer sur M. Morin (voir article paru dans Le Monde, début janvier ) pour créer une nouvelle civilisation avec des arguments idéologiques, angéliques et utopiques et en même temps être décidé à prendre toutes les mesures préconisées par M. Attali (sans même savoir ce que seront ses propositions ; aujourd’hui, nous savons que ce sont des mesures libérales ), c’est friser la démence !

Le ressort de notre société est le " travail ", avoir du travail, gagner sa vie et pouvoir se loger et avoir une vie décente ; savoir qu’en étudiant, on aura un travail en corrélation avec ses études… crée une dynamique sociétale. Ne pas avoir de perspective d’avenir génère un désespoir profond chez nos compatriotes et surtout pour les nouvelles générations. N’oublions pas que les jeunes de 15-29 ans, d’après une étude sociologique du mois de décembre, illustrent une " désespérance " qui devrait donner à réfléchir à nos gouvernants.

                                                                                                                  dimanche 20 janvier 2008

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site