L'AGRICULTURE

DANS L'EGYPTE ANTIQUE 

Le Nil.

Il existe un étonnant paradoxe entre l'image que les Égyptiens de l'Antiquité avaient de leur agriculture et l'image qu'en avaient les visiteurs étrangers. Ainsi, alors que les scribes dépeignent le métier d'agriculteur comme le plus harassant et ingrat des travaux manuels, les voyageurs grecs comme Hérodote et Diodore de Sicile s'extasiaient devant cette terre où les plantes semblaient pousser sans grand effort. Il est vrai que l'agriculture égyptienne connaît un grand succès pendant l'Antiquité en raison d'une combinaison de facteurs géographiques favorables, au premier rang desquels on peut citer la fertilité du sol résultant des inondations annuelles du Nil. Les Égyptiens sont donc en mesure de produire une nourriture abondante ce qui permet à la population de consacrer plus de temps et de ressources aux activités culturelles, technologiques et artistiques. Le rendement des terres est alors d'autant plus crucial que les taxes sont calculées sur la superficie des terres appartenant à un individu.

 AgricultureL'agriculture de l'Égypte est largement tributaire du cycle du Nil. Selon les Égyptiens, l'année se divise suivant trois saisons : Akhet (la saison des inondations), Péret (la saison des plantations) et Chémou (la saison des récoltes). Lors de la saison des inondations, qui dure de juin à septembre, se dépose sur les rives du fleuve une couche de minéraux riches en limon, idéale pour la croissance des cultures. Après le retrait des eaux de la crue, les agriculteurs labourent et plantent les graines dans les champs. La végétation entame alors sa période de croissance qui s'étend d'octobre à février. En raison de la faiblesse des précipitations en Égypte, les champs sont irrigués par des fossés et des canaux communiquant avec le Nil. De mars à mai, les agriculteurs utilisent des faucilles pour récolter leurs cultures qui sont ensuite battues avec un fléau pour séparer la paille du grain. À l'issue de cette opération de vannage, le grain est ensuite broyé en farine, brassé pour fabriquer la bière ou stocké pour un usage ultérieur.

À partir de 3500 ans avant notre ère, le climat devient plus aride et l'agriculture de l'Égypte antique devient dépendante du cycle du Nil, personnifié par le dieu Hâpy. Le Nil qui coule de l'Afrique équatoriale vers la Méditerranée apporte des eaux riches en matières organiques.

La crue. La crue, qui représente une montée du fleuve d'environ huit mètres, apporte aux sols voisins du fleuve l'humidité et le limon nécessaires aux cultures. Elle est décrite comme très aléatoire aussi des canaux sont creusés pour apporter l'eau le plus loin possible.

Selon Hérodote,
« sa terre est noire et friable, car elle est faite du limon et des alluvions apportés d'Éthiopie par le fleuve. Certes, ces gens sont aujourd'hui, de toute l'espèce humaine en Égypte comme ailleurs, ceux qui se donnent le moins de mal pour obtenir leurs récoltes : ils n'ont pas la peine d'ouvrir les sillons à la charrue et de sarcler. Quand le fleuve est venu de lui-même arroser leurs champs et, sa tâche faite, s'est retiré, chacun ensemence sa terre et y lâche les porcs : en piétinant, les bêtes enfoncent dans la terre le grain et l'homme n'a plus qu'à attendre la moisson.
Les techniques d'irrigations.-Outre les canaux, le chadouf fut introduit, en provenance de Mésopotamie vers 1450. On peut encore en voir aujourd'hui sous la XVIIIe dynastie.
Plus tard la vis d'Archimède sera aussi utilisée pour remonter l'eau.Sous la période Perse ou Romaine, les égyptiens utilisaient également des saqias, dispositifs formés de deux roues. Lapremière roue, dont l'axe central repose à la fois sur un mur et retenu de l'autre côté par un harnais, est animée par un animal aux yeux bandés. La seconde roue, partiellement immergée et munie de godets, animée par l'autre roue, renverse l'eau dans des canaux ou des citernes.

Culture.
 Poisson                Les principales céréales cultivées sont : l'avoine - le blé - l'orge - le sorgho en Haute-Égypte. Moisson

La bière.
Connue dès l'époque prédynastique, la « zythum » - dont la traduction littérale est vin d'orge, fut très appréciée des Égyptiens. Selon la légende, le brassage fut enseigné par le dieu Osiris, symbole de l'agriculture, et bénéficiait de la protection d'Isis, la déesse de l'orge. Ramsès II, que l'on surnommait le pharaon brasseur, contribua positivement à l'implantation durable de la bière et à la pérennité des toutes premières brasseries. À cette époque, le moût était mis à fermenter dans des pots de terre semi-enterrés.En plus de ses qualités nutritionnelles, la bière était également utilisée de façon médicale contre les migraines et certaines infections. Les femmes l'utilisaient comme produit de beauté pour leur peau

Les autres plantes –
Le papyrus servait à l'écriture pour les Égyptiens ainsi que comme matériau de construction . Le lin - Les roseaux - Les légumes -les lentille - les fèves -les oignons -les concombres les melons .

Les fruits :
les dattes -les figues -les caroubes, riche en sucre, fruits du caroubier .
Aux environ de 2300 l'olivier arrive en Égypte, et Isis a le pouvoir d'enseigner sa culture aux hommes.

La vigne :
On ne peut fixer avec certitude le moment où l'Homme domestiqua la vigne. Ce dont on est certain, c'est que 3500 ans avant notre ère, la vigne est cultivée en Égypte, comme en témoignent les coupes dans lesquelles on offrait du vin aux dieux ainsi qu'un bas-relief découvert à Thèbes où sont représentés deux paysans cueillant des grappes de raisin selon une méthode identique à celle des viticulteurs actuels.

Le vin était connu de la civilisation égyptienne, 2700 ou 3000 ans avant notre ère, comme le prouvent les grands vases (pithos) découverts dans les souterrains du palais de Cnossos, en Crète, pays avec lequel les égyptiens commerçaient.

Les vignes se trouvaient à l'ouest du delta du Nil. Indispensable au rituel copte, il a continué à être produit lors de la domination musulmane.

Les fleurs : Les fleurs étaient cultivées dans un but décoratif, pharmaceutique et cosmétique.
 préparation parfum de fleurs de lys  Parfum  Les monuments pharaoniques étaient décorés de motifs de fleurs reflétant l'intérêt des anciens Égyptiens à la culture et à la protection des fleurs.
La fleur du lotus : Cette fleur a une longue tige et plusieurs pétales ; haut de 15 à 30 cm, le lotus renferme une matière colorante, utilisée en médecine pour calmer les inflammations. Elle est l'emblème de l'armée égyptienne moderne.
La fleur du papyrus : Le Cyperus papyrus est une plante ombellifère qui pousse dans les marécages du delta du Nil. C'est une plante toujours verte, et les bouquets de fleurs de papyrus étaient offerts dans les temples comme offrande au dieu car ses fleurs ressemblent au disque solaire. Le papyrus est utilisé dans la fabrication du papier.

Le miel : Le miel était alors le seul moyen de sucrer. Il servait pour l'alimentation et pour la pharmacie (peut-être au maquillage).

L'élevage.
Capture d'oiseaux et labourage du champ.
Les animaux domestiques sont : le mouton - la chèvre - le bœuf - le cochon - l'âne -
les animaux de basse-cour.
Il semble que dans les débuts les égyptiens aient tenté d'élever d'autres animaux comme des antilopes, des bouquetins, des oryxs, bubales.

Les outils .
Les outils utilisés sont La houe - L'araire attelé aux cornes des bœufs dans un premier temps - La faucille .

Les paysans.
Les paysans forment la classe la plus nombreuse, mais ils sont méprisés par le reste de la société, même si l'agriculture est l'un des principaux soucis des Égyptiens. Durant la période de l'inondation, les paysans travaillaient à de grands projets comme la construction d'une pyramide.
Il faut souligner la désuétude des outils des paysans de l'époque, tous en bois ou en pierre. La houe pour labourer, l'araire pour fendre la terre, la faucille en bois munie d'une lame de silex, ou la faucille en bronze à partir du Moyen Empire, pour faucher le blé .

Exode rural dans l'Égypte antique.
Déjà attesté au temps des pharaons, l'exode rural, ou anachorèse, qui traduit un certain malaise de la population rurale égyptienne, prend des proportions alarmantes sous les Ptolémées.
La raison première de la désertion des campagnes est sans conteste la pression fiscale. L'arrivée au pouvoir des Lagides a en effet entraîné une augmentation des impôts, tant en ce qui concerne les prélèvements réguliers que les contributions extraordinaires. En outre, la pratique de l'affermage entraîne bien souvent des abus de la part des fermiers qui veulent récupérer au maximum leur investissement. Cette pression est d'autant moins bien supportée par la population qu'elle se double d'un problème d'identité opposant la minorité grecque dominante à la masse de la population autochtone.

À partir de Ptolémée IV, la situation ne fait qu'empirer, la pression fiscale s'alourdit, entraînant un véritable cercle vicieux. La paupérisation des campagnes crée de plus en plus de marginaux, renforçant les motifs de désertion, non seulement de la part des paysans mais aussi d'autres types de travailleurs. La documentation fait ainsi état de carriers et même d'un policier chargé de garder les récoltes du village qui ont déserté leur poste.

Si l'exode entraînait bien souvent une paupérisation sur le plan individuel, il avait également une conséquence à l'échelle du pays. Chaque paysan en fuite représentait un manque à gagner pour l'État. Les réactions du pouvoir ne furent guère efficaces et ne parvinrent jamais à enrayer le phénomène. Tiraillés entre prélever un maximum de ressources sur le pays et le gouverner, les Lagides ont eu plus souvent tendance à privilégier la première, adoptant des mesures autoritaires. La situation empira quand les villages devinrent responsables vis-à-vis de l'État de la rentrée des fermages.

En 107, le Serment de Tebtynis est imposé aux paysans d'Égypte pour les lier à la terre :
« Jusqu'à ce que je verse mon fermage, je reste en vue présent chaque jour et appliqué aux travaux agricoles, sans me réfugier sur l'autel sacré de quelque temple, sans faire appel à aucune protection, sans inventer aucun moyen de me dérober. »

Les paysans forment la classe la plus nombreuse, mais ils sont méprisés par le reste de la société, même si l'agriculture est l'un des principaux soucis des Égyptiens. Durant la période de l'inondation, les paysans travaillaient à de grands projets comme la construction d'une pyramide.

Il faut souligner la désuétude des outils des paysans de l'époque, tous en bois ou en pierre. La houe pour labourer, l'araire pour fendre la terre, la faucille en bois munie d'une lame de silex, ou la faucille en bronze à partir du Moyen Empire, pour faucher le blé.

Les famines.
Les trop faibles ou fortes crues mettent en péril la production agricole et entraînent la disette voire la famine. Pour pallier ces crises, des réserves de céréales seront mises en place. La famine la plus connue est celle qui dura sept ans sous Djéser.

Statue de Djéser au musée égyptien du Caire

Djéser (ou Djoser) est un roi de la IIIe dynastie (Ancien Empire). Il succède à Khâsekhemoui ; on a longtemps pensé qu'il avait succédé à Sanakht, mais il s'est avéré que ce dernier est en réalité l'un de ses successeurs. Manéthon l’appelle Tosorthros (Sesorthos) et lui compte vingt-neuf ans de règne alors que le papyrus de Turin lui en compte dix-neuf ans et un mois, ce qui est contradictoire avec d'autres documents égyptiens dont la stèle de la famine découverte à Assouan.

D'après de récentes recherches d'une équipe internationale de chercheurs, il est possible de dater le début du règne de Djéser, et cela avec une infime marge d'erreur, entre 2691 et 2625.
Les prédictions d'Alen, 2630 à 2611, ainsi que celles d'autres spécialistes, comme Malek 2628 à 2609, si elles ne sont pas faussées complètement, mise à part celle de Krauss, 2720 à 2700, apparaissent quelques peu dépassées. Quelques-uns avaient vu plus juste : 2667 à 2648 (Shaw), 2687 à 2668 (Redford), 2665 à 2645 (Beckerath).

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