L'ASSYRIE

L’ASSYRIE.

L'Assyrie est une ancienne région du Nord de la Mésopotamie, qui tire son nom de la ville d'Assur, qui est aussi celui de sa divinité tutélaire, le dieu Assur. À partir de cette région s'est formé au IIe millénaire un royaume puissant qui est devenu par la suite un empire. Aux VIIIe et VIIe , l'Assyrie contrôle des territoires s'étendant sur la totalité ou sur une partie de plusieurs pays actuels tels l'Irak, la Syrie, le Liban, la Turquie ou encore l'Iran.
L'assyriologie, discipline qui étudie l'Assyrie antique et plus largement la Mésopotamie antique, distingue trois phases dans l'histoire assyrienne, sachant qu'avant les environs de 700 ans av. notre ère les dates sont approximatives : la période paléo-assyrienne, du XXe au début du XIVe ; la période médio-assyrienne, jusqu'à 911 ans av. notre ère ; et la période néo-assyrienne, jusqu'à 612-609 av. notre ère, date de la fin du royaume assyrien.
Schématiquement, durant la première période, l'Assyrie se résume à la cité-État d'Assur, connue surtout par le dynamisme de ses marchands.
La deuxième période voit la naissance du royaume assyrien à proprement parler, en tant qu'État territorial puissant, qui connaît cependant un affaiblissement important au tournant des IIe et Ier av. notre ère.
La troisième période voit l'Assyrie se muer progressivement en un empire, grâce notamment à sa redoutable armée. C'est par cette période que l'Assyrie est la mieux connue, grâce aux découvertes effectuées à partir du XIXe dans ses capitales successives, Assur, Kalkhu (Nimrud), Dur-Sharrukin (Khorsabad) et Ninive. C'est également la puissance de cet Empire et de ses souverains qui a permis au souvenir de l'Assyrie de perdurer par la tradition de la Bible hébraïque et des auteurs grecs classiques.
La grande quantité de documentation épigraphique et archéologique collectée pour la période assyrienne depuis près de deux siècles permet de bien connaître de nombreux aspects de ce royaume qui est une des composantes essentielles de la civilisation mésopotamienne ancienne, au même titre que celui qui est devenu son rival méridional, le royaume de Babylone
C'est la dernière phase du royaume qui est, toutefois, de loin la mieux connue. On peut dresser un important tableau de plusieurs aspects de l'administration du royaume, les activités économiques, les composantes de la société, la culture assyrienne, notamment la religion et l'art.
De nombreuses zones d'ombre demeurent car la documentation n'est pas répartie de façon homogène selon les lieux, les périodes et les aspects de la vie des anciens assyriens, du fait de la disparition de nombreuses sources depuis l'Antiquité, mais aussi parce que les découvertes concernent essentiellement le milieux des elites .

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                                                               Les différentes phases de l'expansion de l'Empire Assyrien

Redécouverte de l’Assyrie. Le souvenir du royaume assyrien perdurait dans la tradition occidentale avant les premières fouilles sur les sites de l'Assyrie par le biais de plusieurs sources antiques.
D'abord, la Bible, qui donnait des éléments sur l'histoire des relations entre les royaumes d'Israël et de Juda et l'Assyrie, ainsi que des mentions de Ninive où avait été exilé Jonas, est le premier document faisant référence à l'Empire assyrien. Il en ressortait toutefois une vision négative de l'Assyrie, perçue comme une puissance brutale et oppressive.
Des auteurs grecs classiques évoquaient aussi le royaume assyrien, comme Hérodote, Xénophon ou encore Ctésias et Diodore de Sicile. Ces témoignages indirects sont souvent imprécis ou confus. À partir de ces sources, plusieurs voyageurs européens avaient essayé de retrouver les capitales de l'ancienne Mésopotamie au XVIIe et XVIIIe. Les descriptions et objets qu'ils rapportèrent de leurs pérégrinations ouvrirent la voie aux premières fouilles de l’Assyrie.

Les découvertes des capitales assyrennes au XIXe. L'Assyrie eut le privilège d'être la première région du Proche-Orient ancien à faire l'objet de fouilles qui furent rapidement couronnées de succès, ce qui lui vaut d'avoir donné son nom à la discipline s'intéressant à l'histoire de la Mésopotamie antique, l'assyriologie.
Le premier palais dégagé est celui du site de Khorsabad, l'ancienne Dur-Sharrukin, capitale de Sargon II, mis au jour par le consul de France à Mossoul, Paul-Émile Botta, à partir de 1843. L'Anglais Austen Henry Layard lui emboîta le pas à Nimrud, l'ancienne Kalkhu, puis sur le tell de Kuyunjik, le centre de l'ancienne Ninive.
Les découvertes des impressionnants bas-reliefs de ces édifices eurent un certain retentissement dans le milieu érudit, et ces trouvailles prirent place dans plusieurs musées européens. C'est à cette époque que l'on mit au jour des dizaines de milliers de tablettes cunéiformes qui constituent encore la plus grosse partie de nos sources sur le royaume néo-assyrien, et qui permirent de déchiffrer cette écriture et la langue akkadienne. En 1903, c'est au tour des Allemands de fouiller la dernière capitale assyrienne non dégagée, Assur, sur le tel de Qala'at Shergat, avec des méthodes archéologiques scientifiques et non plus rudimentaires et improvisées comme précédemment.

Les débuts de l’Assyrie :la cite d’Assur. La première période de l'histoire assyrienne est la période dite « paléo-assyrienne » (assyrienne ancienne).
À la différence des périodes postérieures, il n'y a alors pas de puissance politique ou militaire assyrienne.Le royaume est limité à la cité d'Assur et à ses alentours, et c'est pour cette raison qu'on peut le qualifier de « cité-État ». Cependant, s'il ne joue pas de rôle politique notable, il a quand même une place particulière dans le Moyen-Orient à cette période en raison du dynamisme de ses marchands.
La Liste royale assyrienne, texte rédigé à partir des alentours du XVIIIe, complété jusqu'à la fin du royaume assyrien et censé donner la liste des rois de cet État depuis ses origines, débute par l'énumération de « rois vivant sous la tente », ce qui a laissé penser que les origines de l'État assyrien étaient à rechercher dans le monde nomade.
Dans les faits, cette ascendance paraît être une pure construction historiographique, incluant les ancêtres nomades amorrites du roi Samsi-Addu d'Ekallatum (qui intégra Assur dans son royaume au XVIIIe) aux côtés des rois ayant réellement dirigé Assur.
Les origines de la royauté assyrienne sont donc mal connues. Selon toute vraisemblance elle se développe dans un milieu urbain, celui de la ville d'Assur.

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                                                                      Le royaume assyrien VIIe siècle - début XIe siècle

Une cité-Etat.  La ville d'Assur est un ancien centre urbain, habité au moins dès le début du IIIe.Elle apparaît dans les sources de l'Empire d'Akkad et de la Troisième dynastie d'Ur, qui la dominèrent temporairement.

Mais sa position excentrée par rapport aux grands centres politiques lui permit de préserver son indépendance, Puzur-Assur regagnant son autonomie lors de l'effondrement du royaume d'Ur vers 2010 av. notre ère, et fondant par là même une nouvelle dynastie.
À l'époque amorrite (XIXe – XVIIe ), elle apparut comme une puissance politique assez faible, mais elle fut une très importante ville marchande, qu'on a pu comparer aux républiques marchandes de l'Italie de la Renaissance.
L'État de la période paléo-assyrienne a une organisation particulière. Le titre de roi (šarrum) est réservé au seul dieu Assur. Le souverain qui dirige la cité est appelé « vicaire du dieu Assur » (išši'ak aššur), car il est considéré comme son représentant sur terre, ne devant son pouvoir qu'à la volonté divine. Il est encore parfois appelé « chef » (waklum) ou « grand » (rubā'um), titres qui indiquent son rôle de primus inter pares, parmi les notables de la cité. Il doit en effet partager son pouvoir avec l'oligarchie locale représentée par une institution importante, la « Ville » (ālum) : le centre politique d'Assur est en effet le « Bâtiment de la Ville », ou « Hôtel de Ville » (bēt alim), et non le palais royal.
Ces deux parties partagent le pouvoir politique et judiciaire, et les ordres officiels sont proclamés en leurs deux noms. La Ville se réunit en assemblée (puhrum), apparemment devant le temple du dieu Assur. On ignore s'il s'agit plus précisément d'un regroupement de notables, d'Anciens (ce terme revenant souvent dans les textes), voire de tout le peuple de la ville, et aussi s'il y avait une ou deux chambre(s).
L'assemblée a, avec le souverain, un rôle de cour suprême de justice, mais aussi d'organisme donnant des ordres et instructions aux citoyens d'Assur. En matière économique, l'Hôtel de Ville était chargé de la collecte des taxes et redevances, et des dettes sur les taxes impayées. Ces tâches incombaient à un personnage important, le līmum, désigné par tirage au sort pour la durée d'un an, qui dirigeait son propre bureau administratif, le bīt līmim (« Maison du līmum »), aidé d'inspecteurs (bērū). C'est lui qui donne le nom à l'année durant laquelle il exerce cette fonction, raison pour laquelle on parle souvent de lui comme « éponyme (de l'année) ».

Une cité marchande. La cité d'Assur est le siège d'une communauté de marchands particulièrement active à la période paléo-assyrienne, connue essentiellement grâce aux plus de 20 000 tablettes exhumées dans les résidences de leur établissement commercial (karūm) situé dans la ville de Kanesh (l'actuel site de Kültepe), en Cappadoce.
On y apprend que les marchands d'Assur entretenaient un réseau commercial très étendu, s'appuyant sur plusieurs comptoirs en Anatolie (dont Hattusha, Purushkhanda, etc., en plus de Kanesh). Ce commerce s'épanouit tout le long du XIXe, connaît un arrêt au début du XVIIIe, avant de reprendre momentanément sous le règne de Samsi-Addu, et de s'arrêter définitivement quand la ville de Kanesh est incendiée, sans doute au cours de guerres opposant les royaumes étrangers Anatolie.
Le commerce des marchands assyriens se déroule selon un circuit d'échanges à longue distance impliquant plusieurs régions du Moyen-Orient et tournant autour de la ville d'Assur et de Kanesh, le principal établissement commercial assyrien en Anatolie.
Ils vendent en Anatolie de l'étain provenant du Plateau iranien, dont on ignore comment il était obtenu, qui sert à fabriquer du bronze une fois allié avec le cuivre d'extraction locale. Les marchands importent aussi en Anatolie des pièces de tissus fabriquées par leur famille restée à Assur (avant tout des femmes) ou bien importées de Mésopotamie du sud. Ils organisent pour cela des caravanes plusieurs fois dans l'année, suivant des itinéraires précis, et réalisent des profits importants, en vendant les produits importés contre de l'argent ou de l'or.
Pour financer le commerce, ils peuvent recourir à des prêts commerciaux à la grosse aventure, ou bien à des associations impliquant plusieurs marchands pour une courte ou une longue durée.
Les établissements de marchands paléo-assyriens installés dans les pays étrangers sont gérés par une autorité particulière, également appelée karūm (littéralement « quai », nom du quartier commercial des villes de cette période). Celui de Kanesh est le plus important d'Anatolie, dirigeant les autres comptoirs. Il dispose d'un scribe en chef et d'archives, ainsi que d'une assemblée qui joue le même rôle que celle de la cité-mère. Ses attributions sont essentiellement juridiques, mais probablement consacrées avant tout au commerce, pour les litiges entre Assyriens expatriés. Cela se voit aussi dans son activité diplomatique, puisque le karūm passe des accords commerciaux (sous la forme de traités internationaux, māmītum) avec des royaumes étrangers. Il reste toujours soumis au pouvoir central d'Assur, représenté par le roi et la Ville, qui font office d'institutions juridiques suprêmes, et restent en contact avec les établissements assyriens de l’étranger.

Assur - Cité souvent dominée par des royaumes étrangers. La ville d'Assur reste indépendante jusque vers 1800, quand le roi Samsi-Addu d'Ekallatum (1815-1775) s'en empare, et l'incorpore dans son royaume (le royaume de Haute-Mésopotamie, avec pour capitale Shubat-Enlil dans la vallée du Khabur).
Après sa mort, son fils Ishme-Dagan continue de régner sur Assur pendant une quarantaine d'années. La situation après sa mort est mal connue : Assur est peut-être à nouveau dirigée par des souverains d'origine locale, à moins que la dynastie de Samsi-Addu ne continue à régner sur la cité.
Les XVIIe et XVIe sont peu documentés et leur chronologie est débattue. L'histoire d'Assur à cette époque doit être reconstruite à partir de quelques inscriptions royales fragmentaires, des sources provenant d'autres royaumes, et de textes non contemporains, la Liste royale assyrienne et la chronique historique du VIIe appelée Histoire synchronique, relatant les relations entre Babylone et l'Assyrie dans un sens pro-assyrien.
La Liste royale mentionne une succession de rois dont plusieurs « fils de personne », donc des usurpateurs, avant une première stabilisation dynastique à la suite de l'usurpation d'un certain Adasi.
Le nom d'un des souverains suivants, Kidin-Ninua, fait référence à la ville de Ninive (Ninua), ce qui veut peut-être dire que celle-ci fait alors partie du même ensemble politique qu'Assur.Quoi qu'il en soit, ce sont les souverains suivants, à partir d'Ishme-Dagan II, qui sont connus par des inscriptions et par l'Histoire synchronique. Puzur-Assur III a rénové les murailles d'Assur, et passé un accord politique avec Burna-Buriash Ier, roi de la dynastie kassite de Babylone, fixant la frontière entre les deux royaumes vers le cours moyen du Tigre, ce qui indiquerait que la puissance assyrienne a pris de l'envergure.Toujours considéré comme un roi assyrien par la tradition historiographique de ce pays, sous le nom assyrien de Shamshi-Adad Ier, et ce en raison de son grand prestige.
La vie politique d'Assur à la fin de l'époque amorrite n'est donc pas connue. Le prologue du Code de Hammurabi mentionne la cité parmi les possessions de ce roi de Babylone vers 1750, mais la domination babylonienne sur la Haute Mésopotamie ne survit pas au fils de ce roi, Samsu-iluna.
Mais Assur doit alors faire face à l'expansion d'un royaume dont le centre est situé plus à l'ouest, dans la vallée du Khabur : le Mitanni, dominé par des Hourrites, peuple non sémitique qui est très présent en Haute Mésopotamie, jusqu'aux alentours d'Assur.
Selon le prologue historique du traité passé entre un roi hittite et un roi du Mitanni au XIVe, Assur compterait parmi les vassaux du Mitanni aux alentours de 1440-1430, mais aurait profité d'une faiblesse de ce dernier pour ne plus payer de tribut, ce qui aurait conduit le roi mitannien Shaushtatar à la piller.

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                                                                           Le royaume de Mitanni XVe - XIIIe siècles


Mais l'histoire et l'organisation du Mitanni restant mal connues, on ne peut pas très bien connaître la place d'Assur par rapport à cet ensemble politique. En faire un vassal de ce royaume sur toute la période est difficile, même si les sources extérieures à la Haute Mésopotamie montrent bien que le Mitanni est la puissance dominante de la région, et que Shaushtatar étend son autorité jusqu'à Nuzi, bien à l'est d'Assur.
Dans les textes contemporains commémorant les campagnes du roi égyptien Thoutmosis III en Syrie contre le Mitanni, les Assyriens apparaissent en tant que donneurs de présents à celui-ci, peut-être un moyen de chercher des appuis contre le royaume hourrite. Plus tard autour de 1400, le roi assyrien Assur-bel-nisheshu, connu aussi pour avoir eu des contacts avec l'Égypte, conclut un nouvel accord frontalier avec un roi babylonien, Kara-indash. Une telle activité est normalement impossible si Assur est toujours vassale du Mitanni, et cet acte témoigne donc de l'affaiblissement ou de l'arrêt de l'emprise mitannienne en Assyrie. On peut également se demander si à cette dernière ne s'est pas substituée une domination babylonienne. Les rares activités diplomatiques des rois assyriens qui nous sont connues semblent en tout cas traduire une lente montée en puissance de ce royaume, mais qui fait sans doute face à des voisins trop puissants pour avoir des relations d'égal à égal avec eux.

La puissance de l’Empire Assyrien. Le début du XIVe marque le commencement d'une nouvelle phase de l'histoire assyrienne, avec la constitution d'une puissance politique qui acquiert au fil des siècles un poids croissant dans le concert international du Moyen-Orient.
La première période d'expansion est celle du royaume médio-assyrien qui domine la Haute Mésopotamie, dans la continuité des constructions politiques du IIe millénaire que sont le royaume de Haute Mésopotamie et le royaume du Mitanni qu'il supplante et remplace. Après un déclin marqué durant les deux derniers siècles du IIe millénaire qui sont une période de crise majeure pour tous les royaumes du Moyen-Orient, l'Assyrie se révèle être la seule à retrouver une puissance forte et relativement stable au début de la période néo-assyrienne (IXe-VIIIe).
Sans rival à sa taille, ce royaume dépasse alors les cadres territoriaux qu'il avait à son apogée au XIIIe pour devenir un véritable empire dominant tout le Moyen-Orient au VIIe. La puissance assyrienne est alors sans précédent.Cependant, une crise politique grave, probablement renforcée par des faiblesses structurelles, conduit à la fin de cet empire à la fin du VIIe. La fin de la puissance assyrienne ne signifie pas pour autant la fin de l'Assyrie, puisque plusieurs éléments indiquent les évolutions de cette région après l'effondrement de l'empire.

Le roi assyrien devient grand. Après 1380, le Mitanni subit plusieurs lourdes défaites face au roi hittite Suppiluliuma Ier, qui affaiblissent son emprise sur ses vassaux. C'est dans ce contexte que le roi d'Assur, Assur-uballit Ier (1365-1330), envoie une lettre à Amenhotep IV/Akhénaton roi d'Égypte, retrouvée à Tell el-Amarna, dans laquelle il se prétend « grand roi » (šarru rabû), titre qui fait de lui l'égal des rois du Mitanni, des Hittites, des Babyloniens et de son interlocuteur. Assur est manifestement devenue une grande puissance politique, et le prouve dans les années qui suivent.
Débute alors la période dite « médio-assyrienne » (1365-911)
Assur-uballit soumet la riche région du Haut-Tigre, en s'emparant notamment de Ninive. Il réussit à vaincre le Mitanni, qui se déchire alors dans des guerres intestines, et à faire passer sa partie orientale sous sa vassalité, retournant ainsi la situation qui prévalait auparavant et prenant définitivement sa place sur la scène internationale.Le roi babylonien Burna-Buriash II vit mal cette situation au début, mais une alliance dynastique est finalement scellée et il épouse la fille de son homologue assyrien. Cela n'empêche pas par la suite une série de conflits entre les deux puissances, alors qu'une autre rivalité émerge à l'ouest avec les Hittites qui cherchent à dominer ce qui reste du Mitanni.

Les rois médio-assyriens. Les rois Adad-nerari Ier (1308-1275) et Salmanazar Ier (1275-1245) doivent affirmer leurs prétentions par les armes pour préserver leurs positions contre leurs deux puissants adversaires.

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                                                                    Bronze portes de Balawat sous Salmanazar Ier 


Une politique de contrôle du territoire et même de colonisation est mise en place en Haute Mésopotamie occidentale (Hanigalbat), placée sous le contrôle d'une lignée de « rois du Hanigalbat » d'extraction assyrienne qui sont en fait des gouverneurs avec des compétences étendues. Plusieurs sites de cette région ont livré des archives pour la période, comme Tell Sheikh Hamad (Dur-Katlimmu) et Tell Chuera (Harbe). Les événements de cette époque sont mieux connus grâce au développement des inscriptions royales à partir desquelles se forme notamment le genre des Annales royales, décrivant année par année les campagnes militaires d'un roi, et qui connaît son plein développement à l'époque néo-assyrienne. Plusieurs chroniques historiques nous documentent sur cette période.
Le règne de Tukulti-Ninurta Ier (1244-1208) voit la puissance assyrienne poursuivre sa croissance. Il bat l'armée hittite de Tudhaliya IV et réussit à s'emparer de Babylone. Ces deux succès font de l'Assyrie la plus grande puissance de son temps, Tukulti-Ninurta porte les couronnes d'Assur et de Babylone. À la suite d'un complot à la cour assyrienne, il meurt assassiné, son règne s’achève dans le chaos et la Babylonie recouvre son indépendance.
Après la crise dynastique, l'Assyrie est affaiblie, et le nouveau roi Enlil-kudurri-usur (1198-1193) est vaincu et capturé par le roi babylonien Adad-shum-usur.
Une autre révolution de palais survient, et une nouvelle dynastie monte sur le trône avec Ninurta-apil-Ekur (1193-1180), issu de la lignée des « rois du Hanigalbat » (donc lié à la famille royale). Son successeur Assur-dan Ier (1179-1133) voit ses positions menacées dans le Zagros par le roi élamite Shilhak-Inshushinak, mais ce dernier n'arrive pas à faire durer sa domination. Assur-resh-ishi Ier (1133-1116) réussit quelques campagnes victorieuses dans le Zagros, contre Babylone, et aussi face à des nouveaux ennemis, les nomades Ahlamû.
Après lui, Teglath-Phalasar Ier (1116-1077) monte sur le trône. C'est le dernier grand roi de cette période : il combat maintes fois en Syrie du Nord, et parvient à atteindre la côte méditerranéenne, même s'il échoue à affirmer sa suprématie face à Babylone. En Haute Mésopotamie, il doit faire face aux attaques des Araméens dont le nom apparaît alors dans les sources écrites, souvent aux côtés des Ahlamû avec lesquels ils semblent entretenir des liens qui nous échappent. Ces tribus sont de plus en plus pressantes, et il est manifeste que les troupes assyriennes n'arrivent pas à les contrôler. Pourtant, Teglath-Phalasar et ses premiers successeurs réussissent à maintenir leur contrôle sur des forteresses et d'autres établissements situés loin du centre de leur royaume, sur le Moyen-Euphrate au sud (Khirbet ed-Diniye/Haradu) et sur le Haut Tigre au nord (Giricano/Dunnu-sha-Uzibi), et c'est peut être de cette période qu'il faut dater l'apogée territorial du royaume médio-assyrien.

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