L'hérésie de part le monde

Les progrès de la science, de la lutte contre la maladie, la durée de vie en constante progression et tous ces beaux ingrédients destinés au confort de la vie sur notre ridicule petite planète ne bénéficient, à l'aube du troisième millénaire, qu'à une infime partie de la population de notre gravier de l'espace. 
Tout nouveau produit, qu'il soit de consommation ou destiné à soulager la souffrance humaine, ne trouvant acquéreur qu'à une infirme partie de la société… celle de 'la classe des Egaux'. L'autre, 'la classe des Inférieurs', ne peut que s'essuyer les yeux embués de tant de larmes, incapable de survivre à quelques petites décades de tranches de vie en regard de quelques bedonnants, plus qu'octogénaire, qui règnent sur terre.

Comment en sommes-nous arrivés là?

Dès le premier âge, où l'homme s'est mis à penser, quelques individus se sont assemblés pour devenir des groupes afin de défendre leur vie contre les invasions d'autres groupes organisés, barbares, contre d'autres espèces d'êtres vivants doués d'une force et d'une mobilité supérieures aux siennes et aussi contre les éléments naturels déchaînés. Il a fallu choisir celui étant à même par sa force et sa malignité de vaincre, de gérer et d'aplanir toutes les difficultés se présentant. Le statut de celui-ci, variant au cours des siècles, devenu pharaon, empereur, sultan, roi… président, souvent en cours de route d'autorité divine - la plus tordue, retorse, des instruments inventés par le pouvoir - ne cesse d'évoluer.

Ces hommes de pouvoir et leurs sbires, au cours des derniers millénaires avant notre ère, dans un long processus de népotisme des castes du pouvoir, se sont affirmés à Sparte* pour devenir ce chapelet de gredins qui se sont succédés jusqu'à nous.

La Révolution française de 1789 et celles russe et chinoise du début du 20e siècle firent table rase des idées, opinions, conceptions… précédemment admises. Le retour de la terre aux terriens, le partage des richesses entre tous et toutes les belles espérances devant la soif de pouvoir, l'âpre course aux biens et profits - partie intégrante des gênes de l'homme, à la recherche de clinclant et de brillance au détriment d'autres hommes qui n'ont rien, ont vécu.

Un libéralisme outrancier, un capitalisme dépourvu de la moindre petite parcelle d'humanité est sorti renforcé de deux guerres atroces et de la chute de leur ennemi bicentenaire issu de la Philosophie des Lumières. Comme toute révolution surgie tout au long de ces trois siècles passés, cette dernière est inéluctablement vouée, dans un temps plus ou moins long, à l'échec, destinée à s'avachir lamentablement. Devant la démographie galopante de la classe des inférieurs, il s'avère que nos grands hommes, dont une des préoccupations premières est d'être mis en conserve dans les dictionnaires, s'alarment.


Combien de banquiers,

De capitaines d'industrie,

Ne pouvant supporter,

La misère honteuse,

Un beau matin du siècle passé,

Du haut de l'affreuse bâtisse,

Se sont un jour précipités,

Vers un trépas qu'ils n'attendaient pas.

Leur vie n'a tenu,

Qu'à la juste valeur,

D'une toute petite branche,

De l'arbre de vie issue.

Il l'avait nommée 'dollar'.

* Sparte - une des cités grecques les plus importantes ; élevée sur l'emplacement de la Lacédomone acheenne, elle était pourvue de deux types de citoyens : les hypomeiones, appelés 'classe des inférieurs' - déchus pour manque de fortune et privés du droit des citoyens - et les homoioi, appelés 'classe des égaux', citoyens égaux devant la loi et ayant droit de posséder des terres

                                                                                  le 1er avril 2006

 

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