La colonisation française n'aurait-elle été qu'un fléau?

La formation des territoires, avant que n'existe le principe de souveraineté des Etats et leur reconnaissance par l'Organisation Nations Unies, participe toujours de la conquête. L'Etat étant juridiquement défini comme un territoire déterminé sur lequel est fixée une population sur laquelle s'exerce une puissance publique.

Le monde s'est construit à partir du XXVe siècle avant notre ère grâce à l'hégémonie et au désir de conquête des peuples : la Crète mineure du XV s. au XIV s. ; le Moyen Empire Thébain du XXI s. au XVII s. ; la première dynastie de Babylone du XIX s. au XIV s. ; le royaume Hittite du XVII s. au XIV s. ; le monde Mycénien du XVII s. au XI s. ; le nouvel Empire Thébain du XVI s. au XI s. ; la dynastie Kanite de Babylone du XVI s. au XII s. ; l'empire Hittite du XIV s. au XII s.; l'Empire Perse du X s. au IV s. ; le monde Grec du VII s. au II s.

Avec Rome s'ébauche l'Europe. En guerroyant et pacifiant l'Europe occidentale, César est à l'origine de la création du royaume franc de Clovis, la culture romano-germaine fera le reste en grande partie.

Les expansions coloniales déjà ébauchées dans l'Antiquité avaient pour but principal une grande curiosité et la recherche de nouveaux produits et minéraux. Dans la nouvelle Espagne, la découverte du continent américain et des mines d'or Incas attisent l'appétit des grands de ce monde. La course à la conquête se partage entre quatre puissances : l'Espagne, l'Angleterre, le Portugal et la France. S'étant partagé une grande partie de la planète, il fallait ensuite organiser la vie dans ces régions souvent hostiles, peuplées de tributs sédentaires ou nomades, dirigées en majorité par un homme ou un groupe d'hommes suivant la culture du 'chef' par le charisme, détenant autorité sur les sujets. En guerre constante contre les autres tributs, chacune formée suivant une parenté ethnique réelle ou supposée; les plus fortes assujettissant toutes les autres environnantes.

Pour installer leur suprématie, les conquérants venus d'ailleurs guerroient ou traitent avec ces chefs conscients de la force adverse. Les colons qui succèdent à cette première prise de contact astreignent une population inculte à se comporter en êtres civilisés n'ayant à obéir à aucune loi qu'à celle du plus fort, en bref, à faire des êtres, encore tout proche de leur origine, à un état social plus évolué, en leur apportant la Religion pour des principes dits moraux et au cours de nombreuses décennies l'éducation, l'érudition, le respect des lois. Pour ce faire, il faut dessiner des frontières, apprendre le langage de l'occupant, inventer un drapeau, se créer une identité commune. Bien sûr, ces peuples administrés par des fonctionnaires métropolitains ont toujours un statut juridique de citoyen de 2e ordre et même de non-citoyen. Il est certain que l'objectif des colonisateurs quels qu'ils soient n'est pas que ces peuples accédent à l'indépendance un jour mais uniquement l'accroissement du territoire national.

Mais faut-il pour cela jeter aux orties ou jeter l'anathème sur l'apport de la colonisation, à savoir :l’éradication du système féodal existant dans ces pays, un système administratif cohérent, un réseau de communication (pistes et routes, ponts, chemins de fer, ports), des hôpitaux et dispensaires, la lutte contre les endémies, des écoles (écoles primaires, collèges, lycées, formation technique), la sécurité, la distribution de l'eau potable et de l'électricité, le bonheur d'acquérir la connaissance par le biais des bibliothèques... ce qui participe au désir des peuples de se voir appliquer le principe de l'autodétermination des peuples à disposer d'eux-mêmes. Il a été malheureusement commis des erreurs, des exactions par des hommes indignes de la tâche confiée mais c'est le propre de l'homme, où qu'il soit, de n'être pas parfait, encore faut-il que la balance penche du côté de ce qu'il a de meilleur en lui*.

La France n'a pas honte de son passé colonial, ni de ses grands hommes qui ont participé à cette aventure, je nomme les Savorgnon de Brazza, Gallieni, Lyautey, Scheitzer, Follogo... et ce, bien qu'il soit de mode actuellement chez les Intellectuels de déblatérer sur l'Histoire, pourraient-ils la refaire?

L'indépendance a-t-elle apportée à ces pays un progrès ou se sont-ils engagés dans un processus de régression?...

 

* 'Il faut toujours être meilleur que l'homme que l'on voudrait être' Verlaine

                                                                                                                                     11 mai 2004

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