La dictature c'est ferme ta gueule, la démocratie c'est cause toujours

"Quelle amertume que de n'avoir pas l'embarras du choix"

Pour ceux qui en auraient besoin, il faut rappeler que :

*La gauche se dit en politique d’une assemblée délibérante du côté à main gauche du président ; la fraction que représentent ses membres professent des idées avancées, progressistes. Le progressiste est partisan du progrès politique, social, économique qui tend à la modification de la société vers un idéal par des réformes ou des violences graves– barricades (Révolution de 1848, la Commune, Mai 1968). Se dire de gauche peut signifier, pour une personne qui se croit à gauche, accomplir des actes, des gestes gauches, de faire preuve de gaucherie allant jusqu’à l’ignorance…

" Des gaucheries, des oublis, des inadvertances "Sainte Beuve

L’on peut se poser, au vu des événements qui ont eu lieu au cours des dernières décennies, que si la gauche telle que l'ont pensé les philosophes des 19 et 20e siècle, Blanqui, Jaurès, Sarte, Camus, De Beauvoir… et qui a subi une transformation telle que ces hommes et femmes qui la génèrent devraient avoir la franchise ou le courage envers l’électorat de rayer le vocable de leur carte de visite et choisir un idéal autre que celui-ci qu’ils utilisent.

" Si la gauche fait une politique de droite, ce n’est plus la gauche " De Beauvoir*

* La droite se dit en politique d’une assemblée dont les membres siègent à main droite du Président et qui appartiennent traditionnellement au parti conservateur. Le conservateur est le défenseur de l’ordre social ( ?), des idées et des institutions du passé. Il est certain que les conservateurs n’ont pas contribué à la Révolution française de 1789 et à l’élaboration de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

A Paris, la mixité sociale dans les quartiers, de règle depuis le Moyen Age, a presque disparu avec les transformations urbaines (Haussmann) du Second Empire. En 1871, les Parisiens se méfient de l’Assemblée élue en février où les 2/3 des députés sont monarchistes ou bonapartistes. L’Assemblée siège à Versailles le 10 mars (sous le contrôle des Allemands) dans la ville du symbole de la Monarchie absolue. Près de 15 000 ouvriers et artisans sont menacés de faillite ou de poursuites judiciaires par le pouvoir coercitif. Cela rappelle le printemps de 1848 ou cette politique menée par l’Assemblée nationale dominée par le parti de l’Ordre dont un des chefs est Thiers.

Le gouvernement décide de soustraire les armes des personnes qui les avaient conservées – 500 000 fusils depuis la Révolution ; armement entreposé à Belleville et Montmartre. Le 17 mars 1871, le pouvoir envoie la troupe récupérer les canons à Montmartre – Auguste Blanqui, ayant passé la moitié de sa vie dans les prisons royales et impériales, est appréhendé. Le 18 mars au matin, le peuple parisien s’oppose à la troupe venue chercher ses armes, laquelle troupe fraternise rapidement avec le peuple. L’on élève partout dans Paris des barricades. C’est le début de l’insurrection. Thiers gagne Versailles avec 100 000 Parisiens des beaux quartiers de l’Ouest, ainsi que les fonctionnaires. Les élections sont organisées le 26 mars – élection de 92 membres du Conseil de la Commune. Le Conseil de la Commune se divise entre " majorité " et " minorité ". Elle va administrer Paris jusqu’au 20 mars et perdure 70 jours.

Thiers bénéficie de l’appui du chancelier allemand Bismark. S’agissant de mettre fin aux hostilités entre la France et l’Allemagne, il bénéficie de l’apport de 60 000 soldats de métier libérés par le chancelier et qui s’ajoutent aux 12 000 soldats versaillais. Les Versaillais seront 30 000 soldats au début de la Semaine Sanglante. Les Allemands laissent passer les troupes versaillaises au Nord et à l’Est de Paris qu’ils contrôlent. La Commune elle, dispose de 50 000 combattants dont seuls 25 000 d’entre eux combattront réellement.

La Commune est vaincue, les troupes versaillaises entrent dans Paris le 21 mai. On évoque, selon les sources*, de 10 000 à 25 000 exécutions sommaires, viols, meurtres d’ouvriers communards durant cette Semaine Sanglante,    10 000 condamnations à mort, 4 000 déportations aux bagnes.L’Eglise, généreuse, construisit en souvenir la basilique du Sacré Cœur de Montmartre avec l’appui de l’Etat pour " expier les crimes communards " ( !)

La Commune de Paris a été depuis revendiquée comme modèle par la gauche, l’extrême-gauche, les Anarchistes, par d’autres révolutionnaires – Révolution russe, Révolution espagnole… Révolution mexicaine.

L’exemple de Thiers peut être considéré comme le conservatisme le plus absolu.

¤ Rappelons comme il est aisé pour une démocratie de se transformer en une dictature à l'instar du régime néo-nazie avec Hitler ou du régime faschiste avec Mussolini... Nous pouvons en trouver d'autres exemples en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie.

* Simone De Beauvoir (1908-1986), écrivain français, liée au philosophe Sartre, Philosophe elle-même, participe à toutes les luttes des Droits de l’homme et particulièrement des Droits de la femme. Elle est signataire de la pétition des " 120 salopes " appelées ainsi par les Parlementaires français de la Législature de 1974-1975. Rappelons que ce ne sont pas les hommes qui ont octroyé aux femmes des droits mais que sont les femmes qui, par leur combat, ont conquis les droits dont nous sommes bénéficiaires aujourd’hui.

** en 1875, dans son rapport à l'Assemblée, le général Appert dénombre 43 522 arrestations. Il y a 7 213 refus d'informer, il reste donc 36 309 prisonniers dont 819 femmes et 538 enfants, traduits devant 24 conseils de guerre auxquels s'ajoutent les 3 303 contumaces. Les tribunaux pronocent 23 707 non-lieux, 2 445 acquittments et 10 137 condamnations : 93 à mort, 251 aux travaux forcés, 4 586 à la déportation, le reste à des peines de prison variables; Pour les contumaces, 175 condamnés à mort, 159 aux travaux forcés, 2 910 à la déportation et 46 à la prison. il n'y eut que 23 exécutés dont Théophile Ferré et Louis Rossel. - source wikipédia.

LA SEMAINE SANGLANTE

CHANT paroles Jean-Baptiste Clement

Sauf des mouchards et des gendarmes
On ne voit plus par les chemins
Que des vieillards tristes en larmes
Des veuves et des orphelins
Paris suinte la misère
Les heureux même sont tremblants
La mode est au conseil de guerre
 Et les pavés sont tous sanglants.

 

Refrain
Oui mais… ça branle dans le manche !
Les mauvais jours finiront
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s’y mettront, (bis).

 

Les journaux de l’ex-préfecture
Les flibustiers, les gens tarés
Les parvenus de l’aventure
Les gens de biens, les décorés
Gens de bourse et coins de rues
Amants de filles aux rebus
Grouillent comme un tas de verrues
Sur les cadavres des vaincus.
Refrain
On traque, on enchaîne, on fusille
Tout ce qu’on ramasse au hasard
La mère à côté de sa fille
L’enfant dans les bras du vieillard
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouge
Valets de rois et d’empereurs.
Refrain
Nous voilà rendus aux Jésuites,
Aux Mac-Mahon, Aux Dupanloup.
Il va pleuvoir des eaux bénites,
Les troncs vont faire un argent fou.
Dès demain, en réjouissance,
Et Saint-Eustache et l’Opéra
Vont se refaire concurrence,
Et le bagne se peuplera.
Refrain
Demain, les manons, les lorettes,
Et les dames des beaux faubourgs
Porteront sur leurs collerettes
Des chassepots et des tambours.
On mettra tout au tricolore,
Les plats du jour et les rubans,
Pendant que le héros Pandore,
Fera fusiller nos enfants.
Refrain
Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.
Refrain
Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé ?…
Jusques à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé ?…
Jusques à quand la sainte clique
Nous croira-t-elle un vil bétail ?…
À quand enfin la République
De la justice et du travail ?…
Refrain

                                                                                                                     le 5 mai 2007

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