LA FEMME DANS L'EGYPTE ANTIQUE

  

ArtNéfertiti La place faite à la femme dans l'Égypte antique (pré-hellénistique) peut paraître surprenante de « modernité » si on la compare à celle qu'elle occupa dans une majorité de sociétés contemporaines et postérieures. Bien qu'homme et femme aient traditionnellement des prérogatives bien distinctes dans la société, il semble qu'il n'y ait pas eu de barrière infranchissable en face de celles qui désiraient s'éloigner de ce schéma. La société égyptienne reconnaît à la femme, non seulement son égalité à l'homme, mais son indispensable complémentarité qui s'exprime notamment dans l'acte créateur. Ce respect s'exprime clairement dans la morale et la théologie égyptienne, mais il est certes assez difficile de déterminer son degré d'application dans la vie quotidienne des Égyptiens. On est loin de la société de la Grèce antique où la femme était considérée comme « une éternelle mineure ».

 Cuple  La femme est l'égale de l'homme devant la loi - Des femmes jouent un rôle officiel de tout premier plan - La femme dans la littérature - Image divine - Influence de l'image de la femme égyptienne - La redécouverte de l'Égypte par la société napoléonienne - L'image moderne de la femme égyptienne .

Dans l'état actuel de nos connaissances, il semble que la femme égyptienne soit l'égale de l'homme au regard de la loi - Couplecontrairement aux femmes gréco-romaines. C'est ainsi qu'elle peut gérer son propre patrimoine ou même se trouver à la tête d'une « entreprise » comme, par exemple, la dame Nénofèr au Nouvel Empire ; elle peut aussi être médecin comme la dame Pésèshèt à la IVe dynastie. Elle peut divorcer, intenter un procès pour récupérer les biens du ménage et gagner ce procès, ce qui ne l'empêche pas de se remarier, ainsi que le montrent les papyri araméens d'Éléphantine.

En se mariant, la femme égyptienne garde son nom, au plus ajoute-t-on « épouse de X » ; cela est d'autant plus naturel que le mariage semble ne pas se traduire par une manifestation administrative, ni par une manifestation religieuse ; il concrétise souvent la volonté d'un homme et d'une femme de vivre ensemble, ce qui n'empêche pas, et c'est d'ailleurs souvent le cas, l'existence éventuelle d'un contrat de mariage au plan matériel. Comme le souligne Christiane Desroches Noblecourt1 : « le mariage et éventuellement le divorce sont des événements sanctionnés uniquement dans l'atmosphère familiale par la seule volonté des époux, sans aucune intervention de l'Administration » ; les futurs époux prononcent les phrases : « je t'ai faite ma femme », « tu m'as faite ta femme ».

L'homme doit garantir le bien-être de son épouse, y compris sur le plan matériel. Le scribe Ani (au Nouvel Empire) conseille ainsi le futur époux : « Si tu es sage, garde ta maison, aime ta femme sans mélange, nourris-la convenablement, habille-la bien. Caresse-la et remplis ses désirs. Ne sois pas brutal, tu obtiendras bien plus d'elle par les égards que par la violence. Si tu la repousses, ton ménage va à vau-l'eau. Ouvre-lui tes bras, appelle-la ; témoigne-lui ton amour. »

Bien sûr les choses ne se déroulent pas toujours de façon idyllique et le divorce existe ; il intervient sur l'initiative de l'un ou de l'autre époux ; si l'initiative émane du mari, il devra céder une partie des biens à son épouse ; si c'est la femme qui prend l'initiative, elle est tenue à la même obligation mais dans une moindre mesure ; le recours au tribunal est possible en cas de contestation entre époux, bien que l'Administration ne soit nullement intervenue dans l'acte de mariage.

Le grand hymne à Isis (papyri d'Oxyrhynque, IIe siècle av. J.-C.) traduit cette égalité de la femme et de l'homme, s'adressant à la déesse « honneur du sexe féminin » : « c'est toi la maîtresse de la terre [...] tu as rendu le pouvoir des femmes égal à celui des hommes ! ».

 Cleo 1Cléopatre VII  Laissons de nouveau la parole à Christiane Desroches Noblecourt : « La femme égyptienne, la mère que l'on respecte avant tout, la femme sujette à une stricte loi morale, mais dotée d'une grande liberté d'expression — sa capacité juridique entière, son étonnante indépendance financière, l'impact de sa personnalité dans la vie familiale et la gestion des biens communs et de ses biens propres. »

L'insistance des moralistes égyptiens à rappeler l'homme à ses devoirs envers la femme laisse supposer qu'il n'était pas rare dans la pratique que l'homme abuse de sa position
Des femmes jouent un rôle officiel de tout premier plan.

Rares sont les civilisations antiques où la femme pouvait atteindre des postes sociaux importants. Dans l'Égypte antique, non seulement les exemples de femmes haut-fonctionnaires ne sont pas si rares, mais plus étonnant encore (pour l'époque), on retrouve des femmes à la fonction suprême, celle de pharaon. Plus qu'un féminisme, il faut sûrement y voir une marque de l'importance de la théocratie dans la société égyptienne.

La société égyptienne de l'Antiquité, comme beaucoup d'autres civilisations de l'époque, se sert de la religion comme point de repère. C'est de cette manière qu'était justifiée la place au trône des pharaons qui, en tant que oint des dieux, avaient sur le trône un droit divin. Généralement, dans les sociétés antiques était pratiquée la transmission du pouvoir au mâle. Le fils héritait du pouvoir, et dans le cas où le roi n'en avait pas, le trône revenait alors à des membres mâles de la famille plus éloignés, tels que cousins ou oncles. Mais même si le monarque avait des filles, celles-ci ne pouvaient pas accéder au pouvoir.

Dans la civilisation égyptienne, cette obligation du pouvoir au mâle n'était pas de rigueur ; le sang royal, facteur d'une légitimité divine devait être l'unique critère à l'accès au trône. Cependant, l'essence divine était transmise à l'épouse royale, comme ce fut le cas de Néfertiti, épouse d'Akhénaton.

Ainsi, les Égyptiens préféraient être gouvernés par une femme de sang royal (donc divin selon la mythologie) plutôt que par un homme qui ne le serait pas. Ainsi, lors des crises de succession, il arriva que des femmes prennent le pouvoir. À signaler que dans pareil cas, la pharaonne prenait tous les symboles masculins. À tel point, qu'il existe des doutes sur le sexe de certains pharaons qui pourraient en fait être des femmes.

À la XVIIIe dynastie, lorsqu'AmenhotepI meurt, son successeur ThoutmôsisI n'est vraisemblablement pas son fils, à moins qu'il ne soit issu d'une épouse secondaire du défunt pharaon ; si son épouse Ahmès est bien apparentée avec AmenhotepI, cette union lui permet d'être légitimé divinement. À la succession suivante, la princesse Hatchepsout, fille de ThoutmôsisI et de sa Grande épouse royale, permet à Thoutmôsis II, fils d'une épouse secondaire et donc demi-frère de la princesse, de monter sur le trône en l'épousant.

Il n'était pas rare de voir dans l'Égypte antique des femmes prendre le trône, comme l'a fait Hatchepsout, qui prit la place de son neveu Thoutmôsis III, ou les Cléopâtre, dont la plus célèbre Cléopâtre VII de 69 à 30, célèbre pour sa beauté et ses amours avec César puis Antoine, les chefs dont dépendait alors son trône.

Parmi les femmes pharaons les plus certaines et les plus connues on peut citer :
Nitokris (VIe dynastie) - Néférousébek (XIIe dynastie) - Hatchepsout (XVIIIe dynastie) - Ânkh-Khéperourê (XVIIIe dynastie) -Taousert (XIXe dynastie).

Il faut aussi avoir à l'esprit le rôle considérable, y compris politique et diplomatique, de plusieurs grandes épouses royales : Tiyi auprès d'Amenhotep III - Néfertiti auprès d'Amenhotep IV (Akhénaton) - Nofrétari auprès de Ramsès II.

D'ailleurs au Nouvel Empire, la Grande épouse est souvent investie d'un rôle divin : « Épouse du dieu », « Main du dieu » ; Hatchepsout est la première Grande épouse , celle de Thoutmôsis II à recevoir ce dernier titre.

Pour les femmes haut-fonctionnaires, on peut citer Nébet, une vizir de la VIe dynastie. Il faut toutefois reconnaître qu'une femme à un tel niveau de responsabilités demeurera extrêmement rare et il faudra attendre la XXVIe dynastie pour retrouver pareille situation ; mais les femmes occupent en revanche de nombreux postes de scribe dans l'Administration, sauf au Nouvel Empire où toute la « fonction publique » est tenue par des hommes.

On citera enfin les divines adoratrices du dieu Amon, dotées d'un pouvoir spirituel majeur mais aussi d'un pouvoir temporel à Thèbes.
Certes, la littérature égyptienne n'hésite pas à présenter la femme comme frivole, capricieuse, peu fiable . Mais malgré tout, les femmes égyptiennes bénéficient d'une situation qu'on ne retrouve qu'en peu de sociétés.

La femme dans la littérature.
Si les peintres et les sculpteurs donnent de la femme une image sereine dans le cadre d'une famille épanouie, les écrivains ne sont pas tendres et ils font apparaître la femme comme étant à l'origine de bien des malheurs et coupable de bien des péchés - faut-il y voir une forme du mythe d'Ève et de la pomme ?

Ainsi, cité par Gaston Maspero dans Contes populaires, en va-t-il de la mésaventure fatale de Bytaou, modeste valet de ferme chez son frère Anoupou : séduit par la femme de celui-ci, il cède au charme de la belle… qui n'hésite pas ensuite à le dénoncer à Anoupou ; la perfide n'aura de cesse d'obtenir d'Anoupou le châtiment suprême du pauvre Bytaou . Mais elle fut punie à son tour : Anoupou comprenant, trop tard, qu'il a été le jouet de sa femme, la tue et jette son corps aux chiens.

Gardons-nous bien d'une interprétation erronée : la description peu flatteuse de la femme dans la littérature égyptienne ne signifie en rien qu'elle est méprisée : le pharaon « bénéficie » souvent du même traitement par les conteurs qui le présentent comme borné et fantasque.

L'homme est invité à chérir sa femme ; ainsi Ptahhotep (IIIe dynastie) s'exprime-t-il par la maxime suivante - Papyrus Prisse : « Tu dois aimer ta femme de tout ton cœur, [...], fais plaisir à son cœur aussi longtemps que tu vis ».

Le romantisme est présent dans la littérature égyptienne, par exemple, dans un papyrus du musée de Leyde : « Je t'ai pris pour femme lorsque j'étais un jeune homme. J'ai été avec toi. Puis j'ai conquis tous les grades, mais je ne t'ai pas abandonnée. Je n'ai pas fait souffrir ton cœur. Voilà ce que j'ai fait lorsque j'ai été jeune homme et quand j'exerçais toutes les hautes fonctions de Pharaon, Vie, Santé, Force, je ne t'ai pas abandonnée, disant au contraire « Que cela soit avec toi ! » [...] Mes parfums, les gâteaux avec les vêtements, je ne les ai pas fait porter vers une autre demeure. [...] Quand tu es tombée malade, j'ai fait venir un officier de santé qui fit le nécessaire. [...] Quand j'ai rejoint Memphis, je demandai un congé à Pharaon, j'allai à l'endroit où tu demeurais - son tombeau - et je pleurais beaucoup. [...]. Je ne vais pas entrer dans une autre maison. [...] Or, voici les sœurs qui sont dans la maison, je ne suis allé chez aucune d'elles. »

Image divine.
Dans l'abondance des divinités de la mythologie égyptienne, il existe de très nombreuses déesses, comme c'est aussi le cas en Grèce. Étudier leurs symboles nous renseigne sur l'image qu'avait la femme aux yeux des Égyptiens de l'Antiquité.

Comme les divinités grecques, beaucoup sont liées entre elles, par liens de sang ou maritaux, comme par exemple Isis et sa sœur Nephtys, toutes deux épouses respectives d'Osiris - le dieu des morts - et de - Seth -, eux-mêmes frères.

La femme et son image est le plus souvent associée à la vie et à la fertilité. C'est le cas de la déesse Isis, qui est associée à plusieurs principes : en tant qu'épouse d'Osiris qui fut tué par son frère, elle renvoie aux rites funéraires. En tant que mère, elle devient la protection féminine, mais surtout la matrice, celle qui donne la vie. À travers cette déesse, les principes de la vie et de la mort sont étroitement liés. En effet, bien qu'elle soit associée aux rites funéraires, il faut se rappeler que le but de ces rites était d'éviter au défunt de subir une seconde mort dans la dimension où il se trouve, ce qui d'ailleurs explique la nourriture en abondance retrouvée dans les tombes par les archéologues. D'autre part, la vie dans son aspect physique n'a de sens que par la mort, car ces principes font partie d un mouvement de recommencement éternel qui est alors dans un sens plus spirituel, le mouvement de la vie, ou la vie éternelle ; l'un des symboles de la déesse est d'ailleurs le palmier, symbole de la vie éternelle : elle insuffla le souffle de la vie éternelle à son époux mort.

La déesse est représentative du regard associé à l'époque sur la femme, car ce qu'il faut garder à l'esprit dans son image, c'est cette idée de vie éternelle et de maturité que reflète Isis, vénérée comme Mère céleste , ce qui, au fil du temps fera d'elle la déesse la plus importante de la mythologie égyptienne, et portant même son influence sur les religions de différentes civilisations, où elle sera identifiée sous divers noms et où son culte se répandra, notamment dans tout l'Empire romain.

Les déesses les plus influentes sont : Isis , déesse de la magie et des mystères - Hathor , déesse nourricière et de l'amour -Bastet , déesse protectrice du foyer - Sekhmet , déesse féroce.

Influence de l'image de la femme égyptienne.
La redécouverte de l'Égypte par la société napoléonienne.
En 1798, Bonaparte engage une campagne en Égypte, qui sera un fiasco militaire, mais dont il reviendra avec dessins, observations des artistes et scientifiques qu'il avait emmené dans l'expédition.

Mais c'est en 1822 que s'ouvre réellement la voie aux savants, lorsqu'un jeune scientifique, Jean-François Champollion, parvient a décrypter les hiéroglyphes de la pierre de Rosette, trouvée pendant la campagne Napoléonienne par un officier français. À partir de l'expédition Napoléonienne, le monde se prend de passion pour l'Égypte, et veut tout savoir de son histoire, sa culture. L'engouement qu'entraînera alors l'Égypte et tout ce qui concerne l'Antiquité portera une forte influence ; à cette époque, à Paris, la création est largement inspirée par les redécouvertes de l'Antiquité. Les arts d'alors sont entièrement redirigés sur cette voie, suivant par tous les chemins esthétiques cette mode alors lancée. C'est ainsi que la mode vestimentaire s'en trouva changée, et que la femme de l'Empire s'identifia à la femme égyptienne, mais aussi grecque, romaine. Les habits seront alors mis au goût des femmes qui vivaient pendant l'Antiquité : les corsets seront abandonnés - seulement temporairement, de même que les jupons. La robe sera plus légère, et sera décorée par des motifs antique, par exemple le palmier, l'un des symboles de la déesse Isis.

L'image moderne de la femme égyptienne.
Lorsqu'on évoque la femme égyptienne, la première image qui vient majoritairement à l'esprit est celle de la reine Cléopâtre, ou plus précisément Cléopâtre VII. Bien que d'origine grecque, ce sera elle qui sera associée à l'image de la femme égyptienne, pour de nombreuses générations. Cela, en grande partie grâce ou à cause du cinéma, plus précisément des films américains durant l'âge d'or d'Hollywood. En effet, dans les années 1960, de nombreux films péplums seront produits à cette époque, mettant en scène la femme égyptienne telle qu'elle est rêvée dans cette époque où c'est le glamour qu'on cherche à montrer. Ainsi, c'est en 1963 qu'est immortalisée la reine dans son image glamour, dans le film Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz, sous les traits de l'actrice Liz Taylor. Cet engouement pour la reine s'explique par la vie tumultueuse qu'elle vécut, faite d'intrigues, de passions - ses deux plus célèbres amants, César et Marc Antoine, de pouvoir, et de tragique - elle se suicida. Elle concentre alors à l'époque toute une fantasmagorie sur elle ; par sa beauté, en tant que femme de pouvoir - donc pouvant se montrer cruelle, amante des plus grands de l'époque, etc. Bref, elle fascine, par sa vie et ce qu'elle fut ; de plus, associée à l'Égypte, elle dégage pour les spectateurs une aura de mystère, celle qui entoure l'Égypte ésotérique — celle-là même qui stimula également l'imagination avec les malédiction de momies, ou d'autres secrets de tombeaux. Présentée ainsi, la femme égyptienne devient de la sorte séductrice, fascinante dans un vision d'elle romantique.

Signe de célébrité, cette Égypte rêvée n'a pas été l'objet que de fantasmes, mais a aussi été caricaturée. L'exemple le plus connu de nos jours nous vient du monde de la bande dessinée, et plus précisément des aventures d'Astérix, des célèbres René Goscinny et Albert Uderzo. Jouant de son image glamour érigé par le cinéma, les auteurs s'amusent de la fascination qu'elle exerce autour d'elle, en concentrant notamment cette beauté dans son nez, et en exagérant son statut de reine en la rendant capricieuse et colérique, bien loin de l'idée de la femme séductrice si souvent imaginée.

Mais de manière plus générale, cette image de la femme égyptienne, puissante, mystérieuse voire magique, et exerçant un pouvoir de séduction, est entretenue de nos jours, avec par exemple la série américaine Stargate SG-1, ou encore le film de Luc Besson Le Cinquième Élément (1997).

Les créateurs de mode sont également régulièrement inspirés par l'iconographie de la femme égyptienne, qui est devenue une référence esthétique

Mariage dans l'Égypte antique
Qu'il s'applique aux humbles ou aux rois, qu'il soit libre ou contractualisé, qu'il soit simplement symbolique, le mariage dans l'Égypte antique peut revêtir des formes très diverses. Le point commun qui relie ces notions est la volonté de former un couple à l'image des divinités égyptiennes qui possèdent, presque toutes, leur parèdre. Les garçons se marient vers vingt ans alors que les filles se marient vers quinze à dix-huit ans.

Dieux égyptiens par relation et Dualité dans l'Égypte antique.
Hormis les relations propres aux différentes cosmogonies : Chou -Tefnout, parents de Geb -Nout , lesquels engendrent Osiris - Isis et Set - Nephtys dans la cosmogonie héliopolitaine, Noun - Nounet, Heh - Hehet, Kekou - Keket, Amon - Amonet dans la cosmogonie Hermopolitaine, et les relations locales : Amon - Mout dans la triade de Thèbes, Ptah - Sekhmet dans la triade de Memphis, Montou - Râttaouy dans la triade de Médamoud, les divinités étaient fréquemment associées par paires de même racine nominale , comme dans l'ogdoade d'Hermopolis

Le peuple.
L'inspecteur des scribes Raherka et sa femme Merséânkh
Dans la plupart des cas, le mariage est la simple concrétisation d'un désir mutuel de vivre ensemble et de fonder une famille ; le « mariage » se réduit alors au simple fait d'habiter sous le même toit. Pour ce faire, il semble que nulle procédure administrative ni religieuse n'ait été requise : le consentement des époux aurait suffi. La femme est libre de choisir son époux et la morale égyptienne défendait au père de contrecarrer les désirs de sa fille. L'absence d'acte officiel pour sceller le mariage, avant la Basse époque, ne doit pas nous laisser croire pour autant que le mariage soit un acte fait à la légère et facilement défaisable.

Les égyptiens se mariaient avec des femmes de leur entourage (cousine, voisine, etc.) mais, semble-t-il, jamais avec leur sœurs. Les sages mettaient en garde les jeunes hommes contre les femmes inconnues :« Méfie-toi d'une femme qui serait inconnue dans ta ville. Ne la regarde pas comme si elle était mieux que les autres, ne la connais pas physiquement : elle est semblable à une eau très profonde dont on ne connaît pas les remous. »

— scribe Ani - Nouvel Empire égyptien
La morale recommandait également de prendre une femme appartenant à la même classe sociale et vantait les qualités des femmes simples :
<< Une parole sage est plus cachée que la pierre précieuse, et pourtant on la trouve auprès des meunières penchées sur leur meule. << vizir Ptahhotep (Ve dynastie)

Image du mariage et morale.
L'idéal égyptien d'une vie en couple peut se résumer à avoir une maison, prendre une femme, avoir des enfants (et notamment un garçon), maintenir son autorité tout en restant heureux et assurer le bien être matériel de la maisonnée.
Le vizir Ptahhotep livre à ses lecteurs la recette d'un mariage réussi :
« Si tu es un homme de bien, fonde un foyer, épouse une femme de cœur et chéris-la dans ta maison comme il convient. Emplis son ventre, habille son dos. L'onguent est ce qui guérit son corps. Rends-la heureuse, ainsi, toute ta vie. C'est un champ fertile pour son seigneur. »

Polygamie et concubinage.
La polygamie n'est pas interdite, mais elle est peu fréquente et semble être réservée aux élites - notables, gouverneurs de province calquant le mode de vie du pharaon, particulièrement à des époques d'affaiblissement de la royauté.
Le mariage incestueux existe chez les riches et à la cour du pharaon notamment lors des IVe, XIe, fin de la XVIIe et début de la XVIIIe dynastie en des périodes de troubles politiques.

Divorce.
Les divorces n'étaient pas courants. L'adultère chez la femme du peuple peut mériter la condamnation à mort alors que chez l'homme, il peut être cause de divorce demandé par la femme.

Couple dans l'Égypte antique
Il existe de nombreuses représentations de couple dans l'Égypte antique, essentiellement sous forme de groupe statuaire.

Amenopé et sa femme
Statue conservée au musée égyptologique de Berlin.

Irânkhptah et sa femme Nyânkhhathor
Datant de la IVe dynastie, cette statue en granit du couple Irânkhptah et sa femme Nyânkhhathor provient de la tombe G 1501 à Gizeh. Elle est actuellement au Museum of Fine Arts à Boston.

Kahétep et sa femme Hétephérès
Ce groupe statuaire est daté de la Ve ou VIe dynastie.

Méryrê et Iniouia.
Méryrê et sa femme Iniouia . Cette sculpture découverte en 2001 représente le couple Méryrê et sa femme Iniouia qui vécurent durant la XVIIIe dynastie sous le règne d'Akhénaton ou de Toutânkhamon.

Raherka et Mérésânkh.
L'inspecteur des scribes Raherka et sa femme Mérésânkh

Le couple Raherka et Mérésânkh est fait en calcaire avec la présence de peinture.
Ce couple était placé dans la chapelle de leur tombe dans le but d’éterniser la survie du mort et de recevoir les différentes offrandes données par les membres de la famille ou du prêtre. Sa fonction est donc funéraire.

Les époux sont placés debout, l’un à côté de l’autre ; leur posture est hiératique, raide. Les bras sont au long du corps (ce qui permet aux bras de me pas casser). La femme a un geste tendre envers son mari, en effet elle le tient par l’épaule. Elle est un peu en retrait par rapport à lui ce qui montre une certaine légèreté ainsi que le statut social de la femme qui est moins important.

L’on montre aussi l’opposition entre le masculin et le féminin ; en effet le côté masculin est montré par la musculature de Raherka et la féminité est représentée par la légèreté de Mérésânkh. On peut voir aussi des restes de peinture, grâce à la bonne conservation de l’œuvre. Ils sont représentés jeunes.
La polychromie est conventionnelle dans cette œuvre car la peau de la femme est plus claire que celle de l’homme, l’on part du principe que l’homme travaille dehors et que la femme reste à l’intérieur. Les deux époux sont représentés jeunes, ils sont donc idéalisés ce qui est courant, car selon les égyptiens, l’âme du défunt restera jeune durant toute l’éternité. Les bras sont disposés le long du corps pour éviter que la statue ne se casse. La posture hiératique est aussi assez courantes des œuvres de l’Ancien Empire.

Tjay et sa femme Naya
Le couple Tjay et sa femme Naya a vécu sous la XIXe dynastie. Trouvée à Saqqarah, la statue est exposée au musée national d'Alexandrie

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site