LA MEDECINE


Medecine

outils de médecine  Les problèmes médicaux des anciens Égyptiens découlaient directement de leur environnement. Vivre et travailler à proximité du Nil expose aux risques de maladies parasitaires telles que le paludisme et la bilharziose ainsi qu'aux animaux sauvages tels les crocodiles et les hippopotames. Les travaux agricoles et de construction usaient les colonnes vertébrales et les articulations, et les blessures liées aux constructions et à la guerre affectaient leurs organismes. Le gravier et le sable, contenus dans la farine moulue sous la pierre, usaient les dents, les laissant vulnérables aux abcès même si les caries étaient rares.


L'alimentation des riches était très sucrée, favorisant les parodontites. Malgré le physique flatteur représenté sur les murs des tombes, les momies des personnages aisés montrent généralement un surpoids important lié à une vie d'excès. L’espérance de vie des adultes était d'environ trente-cinq ans pour les hommes et de trente pour les femmes, mais il était difficile d'atteindre l'âge adulte, environ un tiers de la population mourant dans l'enfance.

                                                                Medecine                                   Medecine

                                  femme dans l'accouchement aidée du dieu Hathor                 médecine par l'apithérapie 
Les médecins de l'Égypte antique étaient renommés dans le Proche-Orient ancien pour leurs capacités de guérison, et certains, comme Imhotep, sont restés célèbres longtemps après leur mort. Hérodote a remarqué que les médecins égyptiens étaient très spécialisés, certains ne traitant uniquement que les maux de tête ou de ventre, tandis que d'autres étaient oculistes ou dentistes. La formation des médecins était effectuée dans les Per Ânkh ou « maison de vie », les plus célèbres étant celles de la Bubastis au Nouvel Empire et à Abydos et Saïs durant la Basse époque. Les papyrus médicaux montrent des connaissances empiriques en anatomie, sur les blessures et les traitements pratiques.
Les plaies étaient traitées par des bandages pouvant utiliser de la viande crue, du linge blanc, des point de suture, des filets, des compresses ou des tampons imbibés de miel pour prévenir l'infection tandis que l'opium était utilisé pour soulager la douleur. L’aïl et les oignons ont été régulièrement utilisés pour favoriser une bonne santé et pour soulager l’asthme. Les chirurgiens savaient recoudre les plaies, réparer les fractures, et amputer les malades, mais pour les blessures les plus graves ils ne pouvaient que soulager les patients jusqu'à leur mort.

Les lieux et modes d'exercice.
Les lieux d'exercice dépendent de la relation du soignant avec la religion :
les médecins sounou exercent en dehors du temple. Ils exercent de façon « laïque », mais selon les préceptes du temple. Leur dieu tutélaire est Thot. Ils débutent leur pratique en étant médecins itinérants : le soignant va vers le malade, et en ne soignant qu'une seule catégorie de malade. Seul le médecin de grande expérience reconnue est « généraliste ». Après une période itinérante, le sounou peut postuler pour entrer dans un centre de soins, ou exercer à son domicile ;
les médecins ouabou-sekhmet exercent uniquement dans le temple. Leur pratique est fortement imprégnée de religion, voire de magie. Ce sont les médecins purs de la déesse Sekhmet, la déesse de la guérison. Ce sont les médecins de Pharaon, le représentant du divin sur terre ;
les médecins exorcistes agissant par des paroles magiques incantatoires et des amulettes.
Les modes d'exercices sont variés : il existe des médecins pour toutes les parties du corps, pour l'esprit, pour les femmes, les hommes, les enfants, et même des médecins officiant de façon différente selon les saisons. La postérité a retenu le cas des « médecins de l'œil », qui opéraient de la cataracte, et celui des « médecins des femmes » qui faisaient réaliser des tests diagnostiques de grossesse avec pronostic du sexe de l'enfant à venir.

                                                              Medecine 1            Medecine

                                                             la circoncision             la médecine vétérinaire
L'organisation de la médecine est réglementée depuis Imhotep, comme l'atteste une inscription sur un mur à Saqqarah, avec des règles éthiques bien définies réglementant la profession : lieu d'installation des centres de soins, surveillance de ces centres, contrôle de l'activité des sounous, estimation du service rendu, action disciplinaire.

Les conclusions diagnostiques.
La démarche diagnostique est décrite dans le papyrus Ebers.Le déroulement en est le suivant :
Poser des questions au patient, par étape, calmement - Faire une enquête d'entourage -Trouver l'origine directe et indirecte de la souffrance - Chercher l'existence d'antécédents familiaux - En cas de rechute vérifier si le traitement est convenablement pris - Préparer un plan de soins, à court et moyen terme.
À ce niveau le diagnostic se confond avec la prescription : il s'agit plus d'un rapport détaillé comportant une suite de signes cliniques suivie d'une liste de médications. La première chose à faire est de calmer la souffrance, ensuite de stopper l'évolution et enfin de trouver une solution définitive.

Les moyens thérapeutiques. Anciens instruments médicaux égyptiens représentés à l’époque ptolémaïque ; inscription du temple de Kôm Ombo.Pharaon offrant un collier pectoral (Kôm Ombo)

                                           Medecine                                           Papyrus

                                papyrus découvert par Edwin Smith      papyrus découvert par Ebers traitement du cancer

Les connaissances médicales dans l'Égypte antique bénéficiaient d’une excellente réputation, et les dirigeants des autres empires demandaient régulièrement au pharaon d’Égypte de leur envoyer son meilleur médecin pour soigner leurs proches. Les Égyptiens avaient une certaine connaissance de l’anatomie humaine, même s’ils n'avaient jamais disséqué de corps humain. Par exemple, au cours du procédé classique de la momification, ils savaient comment introduire un long crochet par une narine, pour briser les os minces de la boîte crânienne et extraire le cerveau. Les médecins égyptiens connaissaient également l'importance des pulsations, et savaient qu’il existait un lien entre le pouls et le cœur. L'auteur du papyrus Smith avait même une vague idée du système cardiaque, mais il ignorait la circulation sanguine et il a été incapable, à moins qu’il ait jugé cela sans importance, de faire la distinction entre les vaisseaux sanguins, les tendons et les nerfs. Ils avaient élaboré une théorie se référant à des « canaux » qui, selon cette hypothèse, transportaient l'air, l'eau et le sang de l'organisme en faisant une analogie avec le Nil, s’il est bloqué, les cultures périclitent et ils ont appliqué cette théorie à l'organisme. Si une personne était malade, ils utilisaient des laxatifs afin de débloquer les « canaux ».
Les moyens thérapeutiques utilisés par les anciens Égyptiens sont simples, multiples et variés, surprenants pour un public du XXIe siècle. Ils appartiennent à différentes catégories .

Hygiène et diététique.
Un certain nombre de pratiques médicales étaient efficaces, comme bon nombre de méthodes chirurgicales mentionnées dans le papyrus Edwin Smith. La plupart du temps, les conseils des médecins pour rester en bonne santé étaient de se laver et de se raser le corps, y compris les aisselles et cela pouvait éviter des infections. Ils ont également conseillé à leurs patients de veiller à leur alimentation et d’éviter les aliments tels que le poisson cru ou d'autres animaux considérés comme impurs

Des substances à action thérapeutique supposée.
Tirées des trois règnes : minéral, végétal et animal.
Minéraux : sel du nord (natron), parcelles de cuivre, pierre de Memphis en poudre (anesthésique local ?), ocre jaune sur les brûlures,
Végétaux : la pharmacopée apparaît comme très riche, et ce d'autant plus qu'elle a conservé un caractère secret du fait des difficultés à reconnaître les plantes utilisées à l'époque dans celles de la flore actuelle (l'évolution climatique vers le réchauffement depuis plus de 3 000 ans a modifiée la faune et la flore de la région et la traduction des noms reste incertaine).
Certaines substances ne sont pas identifiées, et alors que d'autres sont sources de polémique (nicotine en Égypte antique alors que le tabac sera ramené des Amériques par Nicot).Sont identifiés, par exemple, la coriandre, la caroube, le pavot, l'ail, l'oignon, la résine d'acacia, l'orge grillée, etc.
type antibiotique faible), la graisse de bœuf, le lait d'ânesse, les viscères de porc, etc.

La préparation du médicament est le fait du prescripteur, selon des protocoles rigoureux.
L'utilisation se fait sous forme d'emplâtres, pommades et onguents, préparations locales, préparations à absorber macérées dans la bière, fumigations.
La croyance générale dans la magie et la religion peut avoir contribué à un puissant effet placebo ce qui, avec la perception de la réussite du traitement peut avoir contribué à son efficacité. L'impact de l'accent mis sur la magie est apparent dans le choix des remèdes ou des ingrédients qui les constituent. Apparemment, les ingrédients sont parfois choisis parce qu'ils dérivent d'une substance, d’une plante ou d’un animal qui présente des caractéristiques qui, en quelque sorte, correspondent aux symptômes du patient. C'est ce qu'on appelle le principe du simila similibus (« traitement par les semblables ») qu’on retrouve tout au long de l'histoire de la médecine jusqu’à la pratique moderne de l'homéopathie. Ainsi, l’œuf d’autruche est utilisé pour le traitement de la fracture du crâne, et une amulette représentant un hérisson pouvait être prescrite contre la chute des cheveux. 

                                                          Medecine

                                                                   scène d'accouchement

Des substances à action thérapeutique supposée.
Tirées des trois règnes : minéral, végétal et animal.
Minéraux : sel du nord (natron), parcelles de cuivre, pierre de Memphis en poudre (anesthésique local ?), ocre jaune sur les brûlures,

Végétaux : la pharmacopée apparaît comme très riche, et ce d'autant plus qu'elle a conservé un caractère secret du fait des difficultés à reconnaître les plantes utilisées à l'époque dans celles de la flore actuelle (l'évolution climatique vers le réchauffement depuis plus de 3 000 ans a modifiée la faune et la flore de la région et la traduction des noms reste incertaine) Certaines substances ne sont pas identifiées, et alors que d'autres sont sources de polémique (nicotine en Égypte antique alors que le tabac sera ramené des Amériques par Nicot).
Sont identifiés, par exemple, la coriandre, la caroube, le pavot, l'ail, l'oignon, la résine d'acacia, l'orge grillée, etc.

Produits animaux : la viande (cicatrisation des plaies), le miel (antiseptique local), la cire, les toiles d'araignées (désinfectant car contiendraient naturellement une substance à action de type antibiotique faible), la graisse de bœuf, le lait d'ânesse, les viscères de porc, etc.

La préparation du médicament est le fait du prescripteur, selon des protocoles rigoureux.
L'utilisation se fait sous forme d'emplâtres, pommades et onguents, préparations locales, préparations à absorber macérées dans la bière, fumigations.
La croyance générale dans la magie et la religion peut avoir contribué à un puissant effet placebo ce qui, avec la perception de la réussite du traitement peut avoir contribué à son efficacité. L'impact de l'accent mis sur la magie est apparent dans le choix des remèdes ou des
ingrédients qui les constituent. Apparemment, les ingrédients sont parfois choisis parce qu'ils dérivent d'une substance, d’une plante ou d’un animal qui présente des caractéristiques qui, en quelque sorte, correspondent aux symptômes du patient. C'est ce qu'on appelle le principe du simila similibus (« traitement par les semblables ») qu’on retrouve tout au long de l'histoire de la médecine jusqu’à la pratique moderne de l'homéopathie. Ainsi, l’œuf d’autruche est utilisé pour le traitement de la fracture du crâne, et une amulette représentant un hérisson pouvait être prescrite contre la chute des cheveux.

Les remèdes repoussants.
Il s'agit de moyens mixtes, faisant appel à des remèdes excrémentiels et à la magie, pour fournir une alimentation répugnante à l'esprit qui a envahi le corps, et ainsi le chasser.
Ces excréments sont empruntés à l'âne, au crocodile, à l'hippopotame, au lézard, au pélican, au petit bétail, aux mouches et même à l'homme.
Certaines de ces pratiques se sont avérées inefficaces ou nocives. Michael D. Parkins affirme que 72 % des 260 ordonnances médicales du papyrus Hearst ne comportaient aucune substance active sur le plan pharmacologique et beaucoup de remèdes préparés à base de déjections animales contenaient des produits de fermentation et des moisissures, dont certaines ayant des propriétés curatives mais aussi des bactéries qui exposaient à une grave menace d'infection. N’étant pas en mesure de faire la distinction entre l'infection originelle et les effets nocifs du traitement par des matières fécales, ils peuvent avoir été impressionnés par les quelques cas où l’on constatait une amélioration de l'état du patient.

Chirurgie dans l'Égypte antique
Le papyrus Edwin Smith représente le plus ancien texte chirurgical connu.
La chirurgie dans l'Égypte antique était pratiquée par des médecins mettant en œuvre un art chirurgical bien compris et codifié selon les possibilités du moment, indiquées dans les papyrus médicaux. Cette chirurgie était journellement pratiquée par des médecins religieux, civils ou militaires déjà très au fait des connaissances anatomiques, physiologiques et cliniques de cette époque. L’exercice de cet art était également conditionné par les moyens techniques disponibles dans ce domaine, notamment en ce qui concerne la pharmacopée et les instruments chirurgicaux

Connaissances anatomiques et physiologiques.
Les connaissances anatomiques et physiologiques des anciens Égyptiens étaient déjà certaines. Ces notions résultaient d’observations effectuées dans plusieurs situations différentes, comme par exemple l’examen attentif des patients vivants, les constatations faites sur des cadavres, et encore comme aujourd’hui, relevées sur des animaux.
En effet, un certain nombre d’éléments sont réputés accessibles sur les blessés de guerre, après des « accidents du travail » ou domestiques graves. D’autres éléments anatomiques ont pu être repérés pendant l’invention de la momification des défunts. Cette procédure mortuaire était probablement inspirée par la dessiccation naturelle des corps retrouvés pratiquement intacts dans le désert, mais nécessairement reproduite artificiellement et d’une façon assez sophistiquée. Nous savons aussi que plusieurs organes étaient prélevés pour être conservés dans des vases ou des paquets canopes spéciaux. Quant au cœur, il était prélevé, traité à part, puis, normalement replacé dans le thorax du mort .
Ainsi, des « listes anatomiques » humaines sont bien relevées depuis l’Ancien Empire, par exemple, elles figurent dans les textes des pyramides et d’autres écrits religieux postérieurs. Des notions intéressantes figurent bien entendu dans les textes médicaux et chirurgicaux pharaoniques qui nous sont parvenus. Puis, des dissections humaines sont attestées à Alexandrie. Il faut noter que ces recherches resteront ensuite longtemps interdites.

Abord clinique.
La médecine de ce temps était sûrement mêlée de magie, cependant, la prise en charge subjective du patient n’excluait pas la recherche des signes objectifs de la maladie ou du traumatisme. À la lecture des textes médicaux égyptiens, il est surprenant de constater une certaine modernité du sens clinique de cette science pharaonique, eu égard aux moyens de ce temps. Regroupés dans des papyri qui leur sont dédiés, les observations constituent de véritables unités littéraires décrivant des cas pathologiques et leurs traitements. Ces rouleaux étaient souvent surchargés de commentaires rédigés par les praticiens expérimentateurs. Les écrits chirurgicaux qui ne sont pas disparus sont surtout contenus pour nous dans le papyrus Edwin Smith et le papyrus Ebers.
Les auteurs déclinent les notions : d’examen physique ; de diagnostic ; de diagnostic différentiel ; de pronostic favorable, réservé , ou franchement mauvais ; d’un suivi de l’évolution ; tout cela dans la perspective de « guérir ».
Ensuite, les thérapeutiques proposées sont graduées en fonction de la gravité de la pathologie chirurgicale et adaptées suivant l’évolution. Comme aujourd’hui, après le premier « coup d’œil », les premiers éléments symptomatiques sont rassemblés à partir de l’interrogatoire. Les signes subjectifs retenus et les signes objectifs sont isolés au cours de l’examen général suivi d’une inspection et d’une exploration locales. Pour les blessures, on notait assez précisément la localisation, l’aspect des téguments, les rétractions, on explorait la profondeur à l’aide d’une sonde et d’un écarteur, les esquilles et les corps étrangers étaient repérés. Selon les descriptifs, les états successifs des plaies étaient assez finement observés.
Pratique chirurgicale.
Après étude, il s’avère que le geste pragmatique du chirurgien égyptien est issu d’une indication réfléchie et codifiée.
Ainsi,
les instruments sont choisis et adaptés pour une intervention donné
ils sont utilisés consécutivement au cours des différents temps opératoires.
Par exemple dans le cadre de la cure chirurgicale d’un abcès,ilfaut bien mentionner les actes consistant à « inciser » et à « débrider »,
il peut être utile de « cautériser » avec une « lame-cautère »,
ensuite il faut parfois mettre en place un drainage, par exemple à l’aide d’un segment de roseau, et encore signaler l’utilisation de mèches faites de « charpie d’étoffe »,le dispositif était complété de « tampons fibreux secs ».

Autres exemples.
Prothèse d’orteil en bois, cuir et toile.
Circoncision — reproduction d'après une tombe de Saqqarah.

Contentions :
Les pansements étaient soigneusement confectionnés. Ils pouvaient être occlusifs.
Les bandages simples ou complexes étaient bien posés.
Dans la pratique la plus courante, il faut encore citer l’utilisation des compresses froides ou des compresses chaudes.
On devait aussi appliquer des argiles tiédies et de la graisse enrichie d’extraits de plantes dont il nous reste des compositions efficaces.
Extraction des épines,
Les soins des morsures (chien, singe, crocodile, lion, hippopotame, cheval, etc.)

Sutures :
Les sutures de plaies cutanées non contuses se faisaient avec une « aiguille à coudre » et du « fil » de « lin ».
La pose de sortes de sutures cutanées en petites bandelettes de toile adhésive est également connue.
Le parage des blessures de guerre,

Les amputations :
post traumatiques,
punitives : nez, langue, oreilles, main, etc.
La cautérisation hémostatique se faisait avec une lame chauffée au feu.
Des prothèses d’orteils ont été réalisées.

Les réductions :
Les réductions de luxations comme par exemple celle de l’articulation de l'épaule, ou encore la réduction de la subluxation de la mandibule,
Les réductions et contentions de fractures des membres (pose d'attelles).
Les fractures nasales étaient maintenues par des rouleaux de toile grasse dans les narines. Deux petites attelles externes protégées pouvaient compléter le dispositif.
L’entorse cervicale ; la luxation cervicale grave et la fracture tassement du corps vertebral avec quadriplégie sont assez bien décrites dans les textes.
Les textes parlent aussi des brûlures. Elles bénéficiaient de traitements particuliers.
La circoncision est représentée sur au moins deux bas reliefs (dont celui du tombeau du médecin Ânkh-ma-hor de la VIe dynastie). Plusieurs techniques ont été employées selon les époques.

Ophtalmologie :
Ablation des corps étrangers oculaires.
L'opération de la cataracte est attestée sous les Ptolémées.
Différentes infections locales et générales sont bien décrites.
Dans tous les cas, les suites opératoires étaient surveillées.
Des traitements pouvaient être arrêtés pendant une phase critique, et ensuite, repris.
Les textes nous indiquent que les médecins égyptiens connaissaient leurs limites. Par exemple, contrairement à ce que l’on peut lire dans beaucoup d’ouvrages, bien des interventions n’étaient pas pratiquées dans les périodes anciennes. C’est le cas par exemple de la trépanation (seulement « peut-être » une ou deux, – sur plus de trois mille ans – dans un pays où les recherches anthropologiques s’avèrent nombreuses)

Pharmacopée dans l'Égypte antique.
Les médications employées en chirurgie par les praticiens de l’époque pourraient nous surprendre. Nombre d’entre elles ont été qualifiées de « repoussantes ». Elles sont en effet issues des « produits de la nature ». On trouve parmi les composants énumérés dans les textes médicaux, différents minéraux, végétaux et extraits animaux, tous prélevés dans le milieu environnemental.
Cependant, des études historiques et pharmacologiques nous montrent que ces prescriptions pouvaient parfois être utiles.
C’est notamment le cas en chirurgie de certaines procédures calmantes utilisant des minéraux et des plantes. Il en est de même pour diminuer les risques d’infection et pour favoriser la cicatrisation.Thérapeutique chirurgicale.
Les praticien égyptiens pouvaient ajuster les thérapeutiques médico-chirurgicales et/ou proprement opératoire en fonction des différentes pathologies rencontrées. En voici quelques exemples.

Traitement médico-chirurgical
Pour une adénopathie chronique suppurative :
« Descriptif concernant une tuméfaction formée par du pus dans le cou d’un malade. Si tu examines une tuméfaction formée par du pus sur le cou d’un malade ; si la tumeur s'est rompue après avoir augmenté de volume, si elle a formé sa chair superficielle depuis plusieurs mois, ou depuis plusieurs années, et que ce qui en sort est comparable à des barbillons de poisson synodonte en forme de gros cheveu, tu diras à ce propos : “ C'est un malade qui souffre d’une tuméfaction formée par du pus. Un mal que je combattrai ”. Tu devras préparer les traitements pour retirer les proéminences qui sont dans son cou... » Papyrus Ebers.
Suit la prescription d’un pansement cuit principalement composé : de cire, de graisse de bœuf, de saule, d’ocre rouge, de cumin, de sels de cuivre, de chrysocolle, d’argile blanche, de sel marin, de graisse d’oie, de térébinthe et de galène.

Traitement chirurgical.

Pour un abcès froids.
« Descriptif concernant une tuméfaction formée par du pus. Si tu examines une tuméfaction formée par du pus en n’importe quelle partie du corps d’un malade et que tu la trouves sa tête étant élevée, circonscrite, et fluctuante, tu diras à son sujet : “ c’est une tuméfaction formée par du pus qui c’est localisée dans sa chair ; un mal que je traiterai avec le scalpel ”. Il y a quelque chose en elle comme du mucilage et quelque chose peut sortir après cela comme de la cire, elle fait des filaments ; elle va récidiver. » Papyrus Ebers.
Pour une tumeur froide .
« Descriptif concernant une tumeur de la chair superficielle sur un membre d'un malade. Si tu examine une tumeur de chair sur un membre et que tu la trouves pareille à la teinte de sa chair avec un va et vient sous tes doigts mais limité par sa base, tu diras à son sujet : "c'est une tumeur de chair, un mal que je traiterai, en l'effleurant avec le cautère du spécialiste. »
— Papyrus Ebers
Pour une plaie de l'aisselle .
« ... Tu devras relier les berges (de la plaie) avec du fil (de lin) ... Un mal que je peux traiter. Le panser avec de la viande fraîche pour le premier jour.
Mais si tu trouves (ensuite en l'examinant) que sa plaie bâille, les fils étant tout relâchés, tu relieras (à nouveau) les berges avec deux bandes (de lin adhésives) ... soigner ensuite avec du gras, du miel et (appliquer) des tampons végétaux tous les jours jusqu'à guérison ...
Mais si tu trouves que la peau de la plaie est chaude à cause de cette blessure de l'aisselle, alors que la plaie même est brûlante, bâillante, ses fils relâchés, tu approcheras ta main et tu sentiras de la chaleur provenant de l'orifice de la plaie contre ta main, alors que des collections de pus s'en échappent, froides comme du jus de raisin ... un mal avec lequel je combattrai ...
Mais si tu trouves que ce blessé est fiévreux, alors que sa plaie est brûlante, tu ne devras pas la panser. Laisse-le au repos le temps que passe la phase douloureuse.
Et (ensuite) dès que la fièvre s'arrête, si la chaleur qui est à l'orifice de la plaie passe complètement, tu le traiteras avec de la gras, du miel et (tu appliqueras à nouveau) des tampons végétaux tous les jours jusqu'à guérison.

Instruments chirurgicaux.
Instruments mécico-chirurgicaux du temple de Kôm Ombo.
Pour pratiquer ces gestes, le médecin devait disposer de quelques instruments. D’abord en métal cuivreux, plusieurs tailles d’objets existaient afin d’être employés à des stades opératoires différents.
Par exemple, on reconnaît vite les pinces et les pincettes. Diverses sondes, des stylets élaborés, et encore par exemple des curettes presque semblables sont encore utilisées aujourd’hui. Nous avons différentes sortes de couteaux. À une époque ancienne, un bistouri particulier est bien différencié ; il rappelle bien par l’aspect de sa lame notre bistouri à lame fixe. Il nous reste également plusieurs sortes d’écarteurs. Ils pouvaient être multifonctions. De plus, des ustensiles « à usage unique » pouvaient également utilisés.
Nous trouvons dans les musées un certain nombre de ces petits objets métalliques dont l’usage est compatible avec l’exercice de cet art. Beaucoup d’entre eux peuvent être comparés avec des instruments modernes. L’effet est saisissant. Les formes rencontrées préludent bien le matériel de plus en plus sophistiqué que seront amenés à créer les chirurgiens eux-mêmes. Elles seront dès ces moments affinées et leurs utilisations consacrées. Pourtant, l’histoire de la chirurgie montre que plusieurs de ces éléments disparaîtront pour revenir bien plus tard. Ainsi la trousse du médecin commence sérieusement à se constituer … depuis la période pharaonique !
Un bas-relief tardif mais célèbre du temple de Kôm-Ombo représente une table sur laquelle sont disposés des instruments dont certains sont reconnaissables, avec d’autres objets comme une balance, des sachets de médicaments, une éponge et des bandages. Une vasque de purification est disposée à proximité.
Nous assistons véritablement en Égypte à la naissance de la chirurgie.

Les soins dentaires.
Ils ne sont pas attestés, le mauvais état dentaire est connu et expliqué par la présence de grains minuscules de sable dans les farines (sable provenant des meules en grès) et responsables d'une usure dentaire importante.Grâce à un certain nombre de textes anciens, on sait que l’hygiène dentaire était connue et certains papyrus contiennent des énumérations de remèdes pour les maux de dents. On sait aussi qu’il y avait des « médecins des dents », mentionnés par Hérodote.
L’examen des momies est de même très instructif. On a, ainsi, pu apprendre qu’Amenhotep III fut un martyr des maux de dents.
La thérapeutique conservatrice utilisait des obturations à base de terre de Nubie, de silicate de cuivre hydraté, d’éclats de pierre ou de blocs d’or massif.
Les accidents de la dentition des enfants étaient traités par l’ingestion de souris écorchées et cuites. Des restes de souris ont été ainsi retrouvés dans des momies d’enfants. Ce remède sera, plus tard, adopté par les Grecs, les Romains, les Coptes et les Arabes.
On pense, par contre, que l’extraction dentaire était inconnue.
Aucun texte d’époque ne parle de prothèses dentaires ou de leur réalisation. Pourtant en 1914, on a découvert, pour la première fois, dans un tombeau, deux dents reliées entre elles par un fil d’or. Ce travail daterait de la fin de la IVe ou du début de la Ve dynastie. Il existe un exemple de prothèse dentaire (deux molaires réunies par un fil d'or) qui ressemble plus à un travail d'embaumeur résolvant un souci esthétique. Après étude, on a conclu que la ligature avait été faite in vivo.
En 1948, on a retrouvé dans une tombe du IIIe siècle, un bridge de trois dents mandibulaires reliées par un fil d’or et on a décrit, dans la bouche de certaines momies, des dents artificielles en bois de sycomore, maintenues par des crochets en or.

Contraception dans l'Égypte antique
Au sein de la société égyptienne, la famille constitue la véritable cellule sociale de base, et son importance est confirmée par les innombrables représentations de couples accompagnés de leur progéniture ; la plus célèbre est celle du pharaon Akhénaton, de sa femme Néfertiti et de leurs filles. Le rôle principal de la femme était celui d'épouse et de mère. Pourtant, les papyri médicaux prouvent que la contraception était pratiquée dans l'ancienne Égypte.

Raisons du recours à la contraception.
Certaines raisons poussaient une petite minorité de femmes à recourir à des méthodes contraceptives. Ainsi, les prostituées étaient les utilisatrices les plus assidues de ce type de médecine, une grossesse pouvant être une entrave à leur activité professionnelle. De même pour les filles non mariées, ce pouvait être un sujet de médisance, surtout si elles ne désiraient pas épouser le père de l'enfant.
Des motifs plus médicaux pouvaient également jouer, les accouchements représentant toujours un danger important pour les femmes les plus fragiles et celles dont la constitution (bassin trop étroit) ou l'hérédité laissaient présager des complications susceptibles d'être fatales. Il semble également que le recours aux pratiques contraceptives étaient recommandées dans le cas de problèmes psychiatriques.
Les papyri médicaux traitant de procédés contraceptifs témoignent non seulement d'une observation empirique efficace, mais aussi de réelles connaissances pharmacologiques. L'ensemble des remèdes proposés associe des produits d'origine végétale, minérale ou animale, prescrits soit par voie orale, soit plus généralement, en application locale. Parmi les ingrédients prescrits, certains possèdent de réelles vertus contraceptives, comme les dattes qui ont un effet spermicide reconnu, tout comme la gomme d'acacia, le miel ou encore le natron.
Exemples de préparation contraceptive
Dans le Papyrus Kahun, on retrouve la préparation suivante :
« Des épines d'acacia finement broyées, mélangées à des dattes et du miel et étendues sur un tampon de fibre introduit profondément dans le vagin.

L'héritage égyptien dans la médecine moderne
Les découvertes et traités de la médecine.
Certains traités médicaux ont été conservés (papyrus Ebers, Edwin Smith…) et permettent de constater très clairement que les Égyptiens avaient été les premiers à observer que le cœur était « l'organe essentiel de la vie » et que ce dernier se manifestait « en parlant », ce qui signifie qu'ils ont compris qu'il battait selon un rythme régulier défini par le pouls. Il n'est pas certain qu'ils avaient, dès la découverte de la clepsydre, eu l'idée de compter les pulsations du cœur avec cette sorte de montre à eau. Cependant certains indices portent à le croire. La clepsydre ne fut utilisée que bien plus tard par Hérophile, un médecin grec de l'école d'Alexandrie, sa ville natale, qui fut le premier à s'en servir dans l'exercice de son art, au IIIe siècle avant notre ère. Il a quelque peu amélioré le procédé afin de mesurer le pouls des patients avec un peu plus d'exactitude.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site