La situation s'altère et on ne voit aucune issue

M. Hollande, lors de manifestations violentes de la population dans la rue il y a quelques temps, déclarait qu’il ne fallait pas agir ainsi mais faire confiance aux organes constitués et institutionnalisés pour agir – partis politiques, syndicats… Quels intermédiaires entre la population et le pouvoir ?

Les syndicats en France ne sont pas crédibles aux yeux des travailleurs. D’une part, peu de salariés sont syndiqués aussi ne se sentent-ils pas représentés par ceux-ci, ils pensent que les syndicats sont politisés et ne servent à rien ; d’autre part, le syndicalisme français souffre de son organisation : en Allemagne, les syndicats vivent du produit des cotisations et défendent réellement les salariés, en France, le fait que les syndicats ne vivent pas du produit des cotisations mais reçoivent des financements publics donnent à la population l’impression qu’ils ne sont pas leurs syndicats et qu’ils sont « à la botte » du pouvoir politique. Il est vrai que l’on peut noter depuis 1980 qu’ils ont plutôt « accompagner le libéralisme » que lutter contre le patronat et les instances gouvernementales afin d’améliorer le sort des salariés ou au moins faire que celui-ci ne se dégrade pas. Garder les mêmes dirigeants pendant de longues années ne semblent pas être un problème et c’est le cas en France si l’action de l’organe est efficiente.

Les partis politiques de l’opposition ne sont pas plus crédibles. Que dire d’un PC qui campe sur une doctrine passéiste qui ne représente plus rien dans notre époque ? d’un parti révolutionnaire qui prône l’élimination du capital confondant ainsi capitalisme économique et libéralisme ? – pensez-vous que les entreprises chinoises ou russes n’aient pas de capitaux ? Que dire d’un PS qui se délitent dans des luttes intestines, qui refuse la réflexion et la rénovation des fondements de sa doctrine, qui au pouvoir ne s’illustre que par ses dépenses somptuaires ? – songez que dans les départements et régions administrés par le PS, les impôts locaux ont augmenté en moyenne de 33%, comment se sentir représenter par des politiques qui, au lieu de faire montre de sérieux, se taisent sur des sujets primordiaux pour l’avenir de notre pays et de la population ? Quelle crédibilité pour le PS qui instaure les 35h un an avant la renégociation des conventions collectives, permettant ainsi aux patrons d’accepter les 35 h contre le gel des salaires pendant 5 ans ? Quelle crédibilité pour le PS qui crée le RMI permettant à des milliers de personnes de vivre de la charité étatique financés par ceux qui travaillent et dont certains perçoivent tranquillement cette allocation depuis 1989 s’ajoutant aux autres allocations diverses… ? Que dire d’un PS qui « aboie » démagogiquement sur des sujets de peu d’intérêt – actualité du jour : M. Chirac renvoyé devant le Tribunal correctionnel : Me Royal et M. Hollande regrettent ce renvoi qui donne une mauvaise image de la France alors que M. Hamon, porte-parole du PS, applaudit car le Président de la République une fois ses fonctions achevées devient un citoyen comme un autre ou… M. Lang qui considère bien que la justice fasse son travail mais les faits s’étant déroulés il y a 30 ans… il y a lieu de… Les Français n’attendent pas des politiques des commentaires médiatiques mais que la justice fasse sereinement son travail. D’un PS qui dépose des motions de censure sachant qu’elles ne produiront aucun effet ? D’un PS qui refuse la taxe carbone alors qu’il la propose dans son programme pour les élections présidentielles ? D’un PS qui critique la CSG et le RDS alors qu’il les a créés ? D’un PS qui s’émeut de l’augmentation des trimestres de cotisation et de l’élargissement de la base de référence pour le régime général de la retraite sachant qu’il n’y a pas d’autres alternatives ? Les Français se reconnaissent dans un PS qui fort de son pouvoir aux niveaux des collectivités locales et du financement que ses élus apportent de ce fait au parti délaisse la cause nationale, se reconnaissent-ils dans un PS qui ne présente aucune alternative au libéralisme qu’il a de fait accompagné lorsqu’il gouvernait ? La passivité du PS autorise la droite à agir à sa guise ne laissant à la population que le choix de s’auto-défendre par tous les moyens.

Les politiques de toutes tendances n’ont-ils pas la crainte que la population, femmes, enfants, adultes et vieillards, ne déferle un jour dans les rues ?

Quels contre-pouvoirs réels permettent aux gens de se déterminer ? AIDS qui depuis près de 30 a fait avancer la compréhension du SIDA et œuvre tous les jours pour aider les personnes qui ont contracté cette maladie ; le DAL – association droit au logement – qui, par ses actions focalise les médias, les politiques et l’opinion publique sur le problème du logement des plus pauvres.

Hors ces deux associations qui ont des revendications ciblées, que faire pour se faire entendre ? Quel procédé pour se faire entendre, par quel intermédiaire agir ? Il ne reste qu’un seul procédé : descendre dans la rue !

« Tous dans le même sac, je vous dis… Des pourris » Aragon*

* il est à noter qu’Aragon, dont l’étude est alors interdite, intègre les programmes scolaires en 1981 avec l’accession de Mitterand à la Présidence de la Républiquefrançaise

                                                                                                                            le 2 novembre 2009

 

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