La vertu, c'est ce que l'individu peut obtenir de soi de meilleur - Gide

Décadence : - latin médiéval de cadere " tomber " (l’on tombe toujours vers le bas et parfois bien bas), - acheminement vers la ruine. Il suffit de mots de sens voisin – synonymes – ou constituant une espèce par rapport au genre qui désigne le mot. Il y a de quoi frémir quand au nombre – abaissement, affaiblissement, affaissement, chute, déclin, déchéance, décrépitude, dégénérescence, dégradation… - considérations sur les causes sur la grandeur des Egyptiens, des Grecs, des Romains, des Aztèques, de l’âge d’or des pays du Moyen Orient de culture arabe et nous en passons.

Ramenons en ce qui nous concerne à propos de cette expression ce qu’il ou qu’il a signifié depuis la moitié du 20e siècle jusqu’à nos jours. Nous avons vu tout au long de ces années se dégrader le tissu familial, à savoir : - la perte des repères due à la carence éducative des parents qui n’assument plus les droits et les devoirs inhérents à l’autorité parentale telle que définie par le Code civil ; - l’irrespect des enfants envers leurs parents ou tout autre personne et principalement les personnels de l’Education nationale dont l’objectif est d’en faire des citoyens ; - les personnes âgées dont une grande partie d’entre elles, en situation financière avantageuse, qui se désintéresse de tout ce qui n’est pas eux, ne songeant qu’aux loisirs et aux placements dont ils disposent.

Le monde du travail ou le lien très étroit qui, tout au long du 20e siècle, unissait le patronat à ses salariés, s’est liquéfié et a été remplacé par la recherche du moindre coût au profit des actionnaires et toujours au détriment de celui que l’on ne considère plus que comme un produit, facteur de concurrence. Sans parler de la délocalisation éventuelle de certains secteurs de EADS et Dassaut aux Etats Unis et en Chine, concernant un des fleurons de notre industrie au détriment de quelques milliers de sous traitants endettés par l’acquisition de matériel de haute technologie. Pourquoi ne pas faire de même avec le nucléaire, le TGV… et, ne pouvant délocaliser les infrastructures – Perpignan/Madrid – faire appel à des millions de chinois délocalisés de chez eux ? Qui croyez-vous être responsable ? – Je pense que l’inconvénient de la côte de l’euro, au regard du dollar, est largement compensé par l’achat des matières premières essentielles à notre industrie, les transactions commerciales se négociant en dollars, les caisses de l’Etat profitant de l’augmentation de ces matières premières et en particulier le prix du baril de pétrole.

Quand aux politiques ? parlons-en ! Ces politicards, dynasties de politiciens arrivistes et sans scrupules, cette description s’appliquant à la grande majorité de ces serviteurs de l’Etat à l’exception d’une infinitésimale d’entre eux, ne sont animés que par la perspective des avantages et privilèges dus à leurs fonctions et aux abus que ces hommes et femmes feront de leur crédit pour procurer les mêmes avantages, des emplois, à leur fratrie. J’ai toujours été étonné de la discrétion de ces gens-là sur le devenir de leur progéniture ayant atteint l’âge adulte. Comment connaître le nombre de ces filles et fils de notables, quelque soit leur valeur intellectuelle, qui se destine à la même activité que leurs géniteurs au détriment de jeunes gens brillants et bardés de diplômes ? Comment s’étonner que la France aille si mal si la grande majorité de nos jeunes élites reste sur le carreau ou s’expatrie ? le recrutement des futurs administrateurs de notre pays, installés la plupart du temps par le procédé du népotisme – favoritisme qui sévissait à la cour pontificale du 16e au 18e siècle consistant à réserver dignités et bénéfices ecclésiastiques à des parents du pape.

La France est endettée jusqu’à la moelle des os et le déficit s’accroît de seconde en seconde. Qui en sont les responsables ? Le nombre réel des sans emplois… le résultat étant la appauvrissement corrélatif d’une partie considérable de la population de notre pays. Qui sont les responsables ? L’on voudrait nous faire croire que la mondialisation, la faiblesse du taux de croissance, le SMIG trop élevé – double du salaire minimum espagnol – sont les causes de la situation actuelle alors que la cause réelle ne serait-elle pas plutôt l’incapacité de nos dirigeants. Pourquoi les riches le sont de plus en plus ? Pourquoi les actions progressent-elles au fur et à mesure que le nombre de sans emplois s’accroît ?

Il est pratiquement impossible pour des centaines de milliers de jeunes gens, en âge de fonder une famille, de vivre sous un toit et ceux-ci doivent demeurer chez leurs parents et vivre dans une contiguité désastreuse et exécrable. Où sont les logements promis pendant la campagne électorale ? Les prémices de ces réalisations sont-elles visibles ? A quand la pose de la première pierre, l’achat de gommes, crayons, équerres, pour l’élaboration des premières esquisses ? Qui ne se souvient ou n’a entendu parler de l’Allemagne ruinée, exsangue, les villes reconnaissables aux pans de mûr et débris, rasées ? Quelques années plus tard, de nouvelles villes entières surgissaient du sol et s’élevaient vers le ciel. Faut-il qu’il y ait guerre pour que les bâtisseurs se mettent au travail ? La faute à qui si rien ne pousse sur notre territoire ? L’on ne peut pas créer de la richesse pour une classe privilégiée et s’occuper d’un minimum de bien être pour les citoyens de France. Y a-t-il un seul élu ou fonctionnaire qui dort dans sa voiture ? Que pouvez-vous, messieurs les politicards, arguer comme réponse ?

Nous étions censés il y a quelques dizaines d’années avoir une Education nationale parmi les plus performantes – nous disait-on – en ce monde. Remarquons aujourd’hui le rapport de l’OCDE qui place la France environ en 40e position relativement à la lecture à l’âge de 10 ans, aux sciences et aux mathématiques pour les collégiens. Questionnons ces responsables mythomanes, leurs doigts crochus plongés dans notre trésor national. Qu’est devenue la France ? Le temps où " les hommes se conduisaient par leurs lumières plutôt que leurs passions "Rousseau.

Comment peut-on mettre au timon de notre Justice une personne si peu concernée par le Droit ? Qui donc est le responsable, coupable, d’une aberration pareille ?

Tant d’autres choses seraient à dire. Il y aurait de quoi mourir de rire en analysant et observant le navire France muni d’un tel équipage, si nous n’étions pas en réel danger de faire le deuil de l’aura acquis au fil des siècles passés.

* Petit Robert : nom féminin (11e siècle) "courage, force physique, sagesse" ; du latin virtus, "mérite de l'homme". La vertu est donc la qualité que devrait posséder tout politique de quelque bord soit-il.

 

                                                                                mercredi 5 décembre 2007

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