LA VIE QUOTIDIENNE DANS L'EGYPTE ANTIQUE

Architecture du village - 

À son apogée, le village couvrait une superficie de 5 600 m² et comptait environ 120 ouvriers (soit 1 200 personnes au total, en comptant les familles).
Ceint par une muraille haute de cinq mètres environ percée d'une porte gardée nuit et jour, le village est composé de 68 maisons mitoyennes donnant sur une rue principale. Chaque maison, construite en briques crues sur des fondations de pierre, comprend trois pièces en enfilade : une entrée avec une chapelle surélevée ; une pièce de vie au plafond également surélevé et percé de petites fenêtres laissant passer le jour, équipées d'une sorte de capte-vent destiné à apporter un peu de fraîcheur à l'intérieur ; une ou deux pièces donnant sur une cour équipée d'un four en argile et servant de cuisine. Ces cours étaient protégées du soleil par des canisses de roseau. Enfin, les maisons étaient complétées par une cave destinée à maintenir au frais les denrées alimentaires. Le toit plat constituait un espace supplémentaire de couchage et de stockage. Les murs intérieurs étaient enduits et peints de motifs colorés géométriques imitant des tissus décoratifs.

Le mobilier était limité et simple, les pièces étant petites et le bois rare et onéreux. Les vêtements, cosmétiques et objets de valeur étaient entreposés dans des paniers, des pots ou des coffres en bois. Les maisons les plus riches disposaient de lits, de chaises et de tabourets mais dans les plus modestes -la majorité de celles de Deir el-Médineh, des banquettes en brique crue servaient pour dormir et s'asseoir. Les repas étaient servis sur des plateaux, parfois soutenus par des tréteaux mobiles.
Les tombes des artisans étaient hors de l'enceinte et jouxtaient le village. Un temple de construction ptolémaïque y fut édifié par Ptolémée IV pour les déesses Hathor et Maât.

Équipes de travailleurs.
Deux équipes se partageaient les tâches d'aménagement et de décoration des sépultures pharaoniques. Chacune comptait contremaitres, maçons, peintres, graveurs, sculpteurs, etc. La cité se développa jusqu'à compter sous Ramsès IV quelque 1200 personnes nourries par une noria de pêcheurs, cultivateurs et porteurs d'eau.

Mereretséger1 (Celle qui aime le silence) est une déesse de la mythologie égyptienne protectrice des ouvriers de Deir el-Médineh, près de Thèbes.

Elle était représentée sous les traits d'un cobra royal femelle et définie comme « la fille de Maât, au cœur de la région sacrée ». Déesse du silence, elle ne révèle ses secrets qu'aux justes de voix .

Elle est la protectrice des tombes, tapie dans la fraicheur et le silence qu'elle affectionne ; elle veille sur les morts. De tempérament doux, voire rassurant, Mertseger compte parmi les divinités que le peuple se plaît à adorer.

Elle porte également le nom de « la Cime », en référence à la montagne surplombant le village de Deir el-Médineh où elle résidait

La vie quotidienne - La vie quotidienne des Égyptiens de l'Antiquité est relativement bien connue par rapport à celle des autres civilisations antiques.  1  La société égyptienne était très hiérarchisée et il existait de grandes disparités entre la vie des paysans, représentant la Cuisinegrande majorité des Égyptiens et vivant dans un état proche du servage, et celle de la noblesse et de la haute bourgeoisie. C'est la vie des plus privilégiés qui est la mieux connue car c'est elle qui a laissé le plus de témoignages.                                                                                         cuisine période de la XIIe dynastie 

L’alimentation.
Que ce soit dans les textes gravés sur les parois des temples et des tombeaux ou sous forme de restes d’offrande matérielle, les Égyptiens de l’Antiquité ont laissé de nombreux témoignages de leur mode d’alimentation.

L’art funéraire, retraçant la vie quotidienne les résume ; on n’y trouve pas à proprement parler de recettes de cuisine mais des informations sur les pratiques alimentaires. Les ouchebtis, petites statues en calcaire ou en bois, représentent des serviteurs au travail préparant le pain, écrasant des céréales, brassant la bière, rôtissant des volailles et abattant des bœufs.

Aliments -Viandes et poissons - Légumes - Fruits - La grenade - Desserts et patisseries Boissons - Famine - Notes - Bibliographie - Voir aussi :Lien interne - Lien externe .

Les aliments de tous les jours étaient le pain et la bière (heneket) fabriqués à partir de l’orge et de l’amidonnier. On a retrouvé près d’une vingtaine de sortes de pains de forme et de composition diverses.

Les viandes et poissons.Le régime alimentaire égyptien était complété par du poisson, de la viande (ordinairement mouton, et porc, volaille et bœuf pour les grandes occasions). La viande et le poisson étaient le plus souvent grillés ou conservés dans des saumures, séchés voire confits. Le poisson le plus prisé était le mulet, ou muge, poisson de mer remontant le Nil et dont les œufs servaient à faire la poutargue, recette encore pratiquée sur le pourtour méditerranéen aujourd’hui.

Les légumes. Ail et oignon sont les légumes les plus cuisinés, avec les fèves, les pois chiches et les lentilles, sans oublier les légumes verts (chou, concombre, laitue, poireau, petit pois et radis), et les plantes aquatiques (lotus et papyrus).

Les fruits.Les fruits, plutôt rares, sont réservés aux élites, tout comme certaines viandes : l’Égypte antique ne connaît les agrumes qu’à l’époque romaine ; les principaux fruits consommés sont les dattes (utilisées dans la confection d’une bière de luxe, le seremet), le raisin, la grenade, les pastèques et melons, mais aussi la caroube, le sycomore (sorte de figue rouge) et le persea.

La grenade (Punica granatum), originaire du Proche-Orient et que les Égyptiens appelaient inhmn1, aurait été importé en Égypte à la fin du Moyen Empire. Dès la XVIIIe dynastie, la grenade est couramment représentée dans les peintures égyptiennes, notamment en tant qu'offrande funéraire. Ce rôle est confirmé par la découverte de grenades fossilisées dans certains tombeaux. Elle était cultivée dans les vergers où l'on cultivait également la figue et le raisin.On retrouve des grenades représentées sur les parois du tombeau de Amenemhêt, officier durant le règne de Thoutmôsis III ou celui de Néferhotep (tout deux à Thèbes).

Desserts et patisseries.Enfin, le miel, produit dans des ruches de terre, entrait dans la composition des desserts et de nombreux remèdes. Les pâtisseries, souvent thérapeutiques, étaient très sucrées, à base de dattes, de miel ou de raisins secs. Dans la tombe du vizir Rekhmirê, sous le règne d’Amenhotep II, une scène développe les étapes de la fabrication d’un gâteau conique, fait à partir des rhizomes d’un roseau au goût de noisette, le souchet.

Boissons : Si le vin, consommé plutôt par les riches, n'est pas une boisson très courante en Égypte antique, la bière fait depuis longtemps figure de boisson nationale. Elle est brassée dans tout le pays, et sa fabrication est déjà représentée sur des mastabas de l'Ancien Empire ; on boit de la bière en toutes circonstances : aux champs, à bord des bateaux, lors des réceptions et, bien sûr, dans les cabarets des villes.

Beaucoup de ces aliments ont pu être cultivés grâce au limon fertile déposé lors des crues du Nil.

Famine
Il est indéniable qu'il y a eu des périodes de famine dans l'Égypte antique qui apparaissent surtout pendant les périodes troublées et cessent dès que le pouvoir central s'affermit et s'organise. Quelques témoignages nous sont parvenus : le premier, un des rares de ce type d'événement sous l'Ancien Empire, apparaît sur l'inscription de Sehel découverte en 1890, mais bien que daté du règne de Djéser, il a probablement été rédigé sous les Ptolémées.

À partir de la VIe dynastie, la décadence commence, un relâchement dans l'irrigation entraîne des mentions de famine désignées dans des textes très abîmés avec des lacunes.
L'anarchie des VIIe et VIIIe dynasties a accentué le pouvoir des nomarques et entraîné des guerres civiles avec, comme conséquence, des famines. Le désordre a tellement frappé l'imagination des égyptiens qu'il a servi de thème à un genre littéraire, la « littérature pessimiste » du Moyen Empire.

Habitat.
Les maisons des paysans sont faites de murs de briques crues structurées avec des colonnes de roseaux liés. Les briques sont fabriquées avec la boue récoltée sur les rives du Nil, de la paille et de l'eau. Ces constructions en torchis sont compatibles avec le climat sec du pays.

Les artisans possédent des maisons également en briques crues mais à un ou deux niveaux. Ils sont parfois regroupés dans un village comme à Deir el-Médineh.
Les demeures des notables sont plus luxueuses et plus grandes, avec un étage. Au rez-de-chaussée il y a les pièces destinées à l’approvisionnement, les salles de réception et de séjour ; à l'étage, les chambres avec leurs salles de bain, meublées de manière raffinée.

Les palais royaux sont au cœur de véritables villes avec des résidences distinctes pour Pharaon et sa famille, un temple avec une maison de vie associée, une caserne pour l'armée. Dans ces villes vivent des ouvriers, des artisans, des militaires, des commerçants. Ils se retrouvent à la maison de bière.

Tombeau de Amenemhêt (Thèbes)

Maison de bière dans l'Égypte antique.
Les maisons de bière sont dans l'Antiquité, les cabarets et les maisons closes des grandes villes égyptiennes. Dans l'Égypte antique, on boit de la bière (heneqet) en toutes circonstances, aux champs, à bord des bateaux, lors des réceptions et, bien sûr, dans les cabarets des villes. La bière ou le zythum fait aussi bien le bonheur de Pharaon que celui du simple paysan ou de l'artisan citadin. Elle est élaborée avec du froment ou de l'orge et des dattes, dont le sucre assure la fermentation du breuvage.

Dans un four identique à celui du boulanger, le brasseur et ses aides versent des pâtons frais dans des moules brûlants. Cette opération nécessite beaucoup de soin, car la pâte, faite avec du froment ou de l'orge, ne doit y séjourner que le temps de faire dorer la croûte, l'intérieur devant rester cru. Les pains ainsi confectionnés sont émiettés dans une grande cuve remplie d'un liquide sucré préparé avec de l'eau et des dattes. Un brasseur entre dans la cuve et piétine la préparation jusqu'à ce que le mélange soit homogène.Au bout de quelques jours, quand la fermentation a lieu, le contenu de la cuve est transvasé dans de grandes jarres. Une passoire retient les plus gros morceaux de pain gorgés de bière, qu'un brasseur presse comme une éponge afin d'en extraire le précieux liquide.

La bière se conservant assez bien, elle est stockée dans des amphores fermées par un bouchon de paille et d'argile humide, ou par une petite assiette et un peu de plâtre. Il ne reste plus au brasseur qu'à apposer son signe distinctif indiquant le lieu et la date de fabrication.

Bien que la plupart des Égyptiens fabriquent leur propre bière, le trafic des bateaux chargés d'amphores est intense sur le Nil : ils approvisionnent les villes, les cabarets et les villas des riches Égyptiens, qui font venir leur boisson favorite d'une maison réputée, car, comme pour le vin, il existe des crus différents, selon la teneur en sucre et le savoir-faire du brasseur.
Pour être consommée, la bière est versée dans des cruches de un ou deux litres, et les amateurs la boivent dans des gobelets en pierre, en métal ou en terre cuite. La bière brune est la plus courante, la blonde étant réservée aux fêtes.

La bière à base d'orge ou de blé est encore fabriquée de nos jours sur les bords du Nil, où elle est connue sous le nom de bouza. Cette boisson fermentée est enivrante, voire dangereuse, parce que toxique.

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