Le grand vol anguleux des éperviers rapace - Verlaine

La crise financière que nous vivons actuellement génère une crise économique qui verra son apogée probablement, d'après la grande majorité des économistes, en 2009.

Quel est le responsable de cette crise ? Certains visent les USA, la Chine, le Brésil, l'Inde... la FED. Qu'en est-il vraiment ? Examinons successivement le rôle de ces principaux acteurs.

Le rôle de la Chine, du Brésil, de l'Inde... : pays qui, en raison d'un développement économique sans pareil et une croissance à deux chiffres - puisque partis de très bas - sont à l'origine de la hausse des produits sidérurgiques et de la hausse des matières premières agro-alimentaires - rappelons que 80% des céréales produites dans le monde sont destinées à l'alimentation des bovins, par conséquent, seuls 20% sont utilisés pour nourrir 6 milliards d'habitants. Des famines sont à craindre, principalement, en Afrique, en Amérique latine et en Asie et pour une part moindre en Europe, puisque l'Europe a son contingent de pauvres qui se nourrissent essentiellement de céréales... pâtes... riz et de la nourriture symbolique que représente le pain.

Le rôle des USA. Pays qui vit à crédit depuis de nombreuses années.

Le rôle de la FED* dans la crise financière : celui-ci est fondamental. Selon M. Jeffrey Sachs, de l'Université de Cambridge, les racines de la crise financière se retrouvent en 2001 au milieu de l'explosion d'internet. C'est à ce moment que la FED ouvre les robinets monétaires pour tenter de combattre un ralentissement économique. Elle injecte de l'argent dans l'économie américaine et écrase son principal taux directeur de crédit : l''expansion monétaire permet d'emprunter plus facilement, de baisser le coût de l'emprunt mais corrélativement, elle affaiblie la monnaie et augmente l'inflation. Les coûts faibles de crédit génèrent une augmentation d'achats de logements, ce qui induit une hausse des prix, la FED refusant de jouer le rôle de régulateur dans les échanges entre banques et emprunteurs. A ce titre, une précision s'impose : le statut des banques américaines qui conduit à la perversité du système bancaire américain. La grande particularité de cet Etat fédéral est l'existence d'un certain nombre d'Etats, exemple le Massassuchet, sans réglementation de banque : les banques y sont considérées comme des établissements commerciaux comme les autres, par conséquent, soumis aux lois du commerce, de l'offre et de la demande.

* la FED : réserve fédérale américaine ; son rôle est équivalent à la Banque Europeenne

Rappelons à cet effet que le capitalisme repose sur la confiance et que le libéralisme repose sur un postulat : l'auto-régulation des marchés. Alors que s'est-il réellement produit ?

 L'on sait aujourd'hui que la titrisation est une cause essentiellement de la crise. La titrisation est une technique financière qui consiste à transférer à des investisseurs des actifs financiers en transformant ces créances par le passages à travers une société ad hoc en titres financiers émis sur le marché des capitaux. Une telle titrisation s'opère en regroupant un portefeuille de créances de nature similaire que l'on cède à une structure ad hoc qui va servir d'intermédiaire - société ou trust - en finançant le prix d'achat par le placement des titres auprès d'investisseurs : le risque de pertes glisse alors vers les investisseurs.L'encours des titres hypothécaires d'environ 11 000 milliards de dollars expose les banques américaines pour environ 50% de ces titres. Alors le cycle infernal s'enchaîne : le coût du crédit baisse ; les banques américaines prêtent pour des crédits immobiliers des sommes considérables pour l'achat de maisons surévaluées à des personnes quasi-insolvables ou insolvables dont on fraude les déclarations de revenus - rappelons que le taux du crédit est variable et dépend de la situation économique ainsi que de l'inflation ; les prêts hypothécaires font l'objet d'une titrisation ; l'immobilier coûte de plus en plus cherles emprunteurs ne peuvent plus rembourserl'immobilier s'effondre et les banques se retrouvent avec des milliers de maisons dont le prix chute brutalement ; la hausse des matières premières conduit à une inflation record qui provoque une baisse de la consommation et une hausse des licenciements... les banques manquent de liquidité du fait qu'elles se prêtent entre elles et que l'on refuse de prêter à une banque sans garantie de sa stabilité.

Au Moyen Age, chez les Gênois et les Lombards, prêteurs des rois de France et d'ailleurs, l'on brisait le comptoir du banquier à la suite d'une banqueroute - banco rota ; banc rompu. Aujourd'hui, nous avons affaire à des groupes d'hommes ayant pour seul étendard le profit représenté par l'argent exempt de toute odeur, apportant considération, admiration, puissance, pouvoir à ces quidams. Ces hommes, au demeurant bons pères de famille, allant à messe, distribuent à des associations caritatives quelques miettes de leurs fortunes pour se donner bonne conscience. Ces hommes, prédateurs et pillards de la pire espèce, responsables des pires génocides connus à ce jour - mortalité infantile, espérance de vie réduite de moitié, famines atroces, concernant plus de 3 milliards d'humains sur notre planète... punir ces hommes, la belle affaire ! Existe-t-il punition au regard de ce dont ils sont responsables ? Il est des fois où je regrette que l'enfer n'existe que pour ceux qui le subissent sur notre planète.

" Minos juge aux enfers que les pâles humains "Racine

                                                                                                                le 27 septembre 2008

 

 

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