Le monde qui rit et le monde qui pleure

Le citoyen français il y a quelques années a pleuré lorsque les fleurons de l’industrie et du commerce de notre pays se sont penchés charitablement pour donner à ces peuples africains du Nord, en y incluant d’autres comme les Turcs, une industrie prospère grâce aux délocalisations. Ces magnats magnanimes ont tout de même trouvé quelques infimes intérêts à réduire le coût de la production permettant profits encore plus grands, puisqu’en général, le prix à la sortie reste presque identique pour le consommateur.

Il y eut bien sûr des gens fort heureux, je veux parler des actionnaires. Ne fallait-il pas et le moyen fut tout trouvé pour commencer à habituer le peuple français, si turbulent au cours des deux siècles passés, à des émoluments moins conséquents. L’égalité, principe des Droits de l’homme, ne se doit-elle de régner sur la terre ? à commencer par les salaires.

Aujourd’hui, le Turc, le Tunisien et le Marocain, pleurent.    Le Chinois à son tour, beaucoup plus performants, perçoit la manne des nombreuses délocalisations*, lui apportant l’espoir d’une vie meilleure, accaparant ce marché, au risque de voir déborder la Méditerranée de tant de larmes versées par les pays qui la bordent. 

Mais que dire de l’Inde , pays d’un milliard et 100 millions d’habitants ? Elle se prépare à concurrencer la Chine dans quelques années, avec l’appui de ses proches voisins, le Bangladesh, le Vietnam et l’Indonésie, y ajoutant quelques 500 millions d’habitants.

Je veux bien parier avec M. Raffarin , ami devenu très cher des mandarins asiates de ces pays, qu’il envisage d’ore et déjà la délocalisation des entreprises européennes d’EADS pour donner le jour à ces oiseaux magnifiques dont nous avons admiré le premier envol hier au matin.

 

Mais ces gens-là, Monsieur, auront-ils besoin de nous  , alors que vous leur offrez sur un plateau gratuit toute la technologie et le savoir de nos pays ?

A force de vouloir créer toujours plus de profit pour la nomenclaturat bourgeoise et l’actionnariat devenu de plus en plus gloutons au cours de ces dernières années, vous avez déjà perdu cette guerre économique et l’Europe que vous nous préparez n’y pourra rien.

Vu le tableau qui s’annonce, Messieurs, ne mettez plus en avant les générations à venir ! L’on comprend ces jeunes couples qui hésitent à procréer !  

* la question du jour est celle des quotas éventuels imposés à la Chine sur ses importations chinoises : l’on parle des importations des entreprises chinoises mais qu’en est-il des produits fabriqués en Chine par des entreprises françaises ? Le danger de quotas ne concernent pas les entreprises européennes, celles-ci continueront à être délocalisées.

 

 

' Le maëlstrom vorace ' Baudelaire

                                                                                                               28 avril 2005

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site