Le patchwork de la politique

En ces temps cruciaux pour les politiques, où l’avenir de nombre d’entre eux va se jouer dans les mois qui suivent, il serait inutile de vouloir se concentrer sur les mesurettes éructées par nos gouvernants et les redondades des diverses oppositions. Chacun d’eux, ne songeant qu’à perdurer, osant même à l’approche des échéances électorales, jusqu’à créer quelques discordes au sein même de leur parti… du jamais vu. Remarquons que le Parti socialiste n’était pas présent au second tour des dernières élections présidentielles, en raison, justifie t -on, de la multiplicité des partis de gauche. Aujourd’hui, ce même parti monopolise l’attention de tout électeur de gauche potentiel en montrant des soi-disant divisions, espérant ainsi réunir les votes sur le candidat qui les représentera, quel qu’il soit… Stratagème politique oblige…

La façon désinvolte dont la France est gouvernée, à quelques mois des nouvelles mandatures présidentielle et législative, est outrancière, bordeleuse à souhait. Il en est de même de ces associations que l’on nomme « parti » et qui, avec l’aide de leurs dizaines de milliers d’encartés – hommes à tout faire – cherchent avec obséquiosité, dignité(s) auprès de votants… pour les rouler dans la farine.

Patchwork, Petit Robert : mot anglais de work ouvrage et patch morceaux. Tissu fait de morceaux disparates cousus entre eux.

Si l’on examine le contenu des différents tissus qui nous sont présentés, nous dénichons : ceux qui datant d’une trentaine d’années et plus, nous présentent toujours les mêmes couleurs, qu’ont ces oiseaux volatiles grimpeurs appelés perroquets ou cacatoès, affublés du même sempiternelle jeu de mots – je veux parler du Front national, Parti communiste et… Lutte ouvrière.

Oublions les premiers nommés pour nous pencher sur les deux associations les plus importantes : le Parti socialiste et l’UMP dont les couleurs restent à définir, les uns et les autres, suivant les récriminations, manifestations et autres débordements du bon peuple, piochent dans la boite à idées de l’autre, projets et chimères qui contribueront à leur donner le coup de pouce vers le pouvoir. Qu’ont-ils à nous proposer qui ne nous ait été déjà offert, en alternance depuis belle lurette ? Quand ces oripeaux aux couleurs de faux or ou faux argent seront-ils brûlés et quand verrons nous la broderie républicaine « bleu, blanc, rouge », illustrant les principes inscrits au fronton des institutions, cesser d’être un leurre pour la politique et les hommes qui la représentent ?

En attendant ce jour – inaccessible ? – la couleur du minuscule bulletin que je verserai dans l’urne en toute occasion sera blanche immaculée*.

« La politique consiste dans la volonté de conquérir et de conservation du pouvoir »Valéry

* il m’est impensable de voter pour le moins pire de ces énergumènes responsables de la dérive de notre pays

                                                                                                                                               le 2 juin 2006

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site