Le(la) candidat(e) providentiel(le) existe-t-il (elle)?

A 15 mois de l'échéance des présidentielles, une meute de postulants se lance dans la course à l'Elysée. Quiconque se présente à la présidence devrait être avant tout un homme pour qui les mots gravés au panthéon de la République 'Liberté, Egalité, Fraternité' seraient l'unique but de ses actions futures. Ce n'est pas un exercice facile qui demande des qualités de cœur et de fermeté. Nous pourrions dire que l'homme providentiel devrait :

  • avoir l'âge de la raison, l'expérience oblige
  • n'être pas né avec une cuillère d'argent dans la bouche
  • n'avoir pas, sorti à peine de la petite enfance et sa maman oeuvrant derrière sa machine à coudre pour élever seule ses quatre enfants, avoir été déposé un matin frileux de 1940 et faire une queue interminable pour obtenir 5 L de pétrole
  • être capable de résister aux pressions des quelques personnes détenant le pouvoir de l'argent
  • être cultivé, sensible à la pauvreté dans notre pays et la grande misère qui sévit dans le reste du monde
  • un homme qui n'utilisera les forces coercitives de la nation que lors de situations exceptionnelles

Je ne crois pas avoir aperçu parmi cette meute un seul d'entre eux qui convienne à la première magistrature de l'Etat ; la plupart occupant l'espace médiatique, acharné à conquérir le nonos suprême, choisi ou non par les encartés de leurs associations politiques, étant déjà fort connu depuis nombreuses années.

Il se pourrait qu'un de ces élus, partisans du tout sécuritaire afin de protection des biens n'appartenant qu'à une certaine catégorie, arrive à décrocher la timbale. Nous pourrions dès lors nous en prendre qu'à nous même si un de ces jours prochains l'on se réveille dans une situation que vous n'oseriez imaginer…

Faisant suite à ces propos, je vous invite à lire l'article que j'ai inséré dans mon blog AOL le 1er février 2004 : B… comme barbouze

Ne peut-on plus mettre en examen un politique, voire le condamner, sans que le clan auquel il appartient ne crie à l'injustice... et de surcroît, lorsque son clan tient les rênes du pouvoir.

Les juges sont montrés du doigt, harcelés, débordés par un nombre trop important de dossiers, poussés par le garde des Sceaux -instrument du pouvoir, qui envisage même une rétribution par le procédé de la prime de rendement - à l'instar des ouvriers des chaines de production, à croire que les instances du pouvoir veulent désarçonner ces magistrats et leur enlever la sérénité dont ils ont besoin. Il arrive même que ces serviteurs de l'Etat soient menaçés de mort, que certains hommes de main s'introduisent dans les greffes pour manipuler les dossiers en cours de procédure. Nous voilà revenus quelques décennies en arrière, celles de l'après guerre, des barbouzes issus de l'après 1945. Je vous suggère de vous procurer les dossiers concernant les enquêtes éditées par les éditions Alain Moreau, collection dirigée par Jean Picollec, à savoir :

- dossier F... comme fraude fiscale de C. Fournier et P. Charpentier ; - dossier C... comme combine de N. Fournier et E. Legrand ; - dossier B... comme barbouze de P. Chiroff ; - dossier M. comme milieu de J. Sarrasin; - dossier I. comme immobilier de P. Madelin ; - dossier S. comme Sanguinetti de J. Montaldo

Ces enquêtes ont été faites par des reporters courageux, inflexibles, après de longues recherches, comme il en existait encore quelques uns à cette époque. Elles sont truffées d'articles des quotidiens les plus connus d'alors et ces dossiers, établis pour la plupart fin 60 et 70 ont ceci de commun que l'on trouve ' pendant toute une génération les mêmes hommes de main, entretenus par quelques hommes politiques, escrocs de tout acabit, proxénètes, tueurs à gages, maîtres chanteurs, anciens collaborateurs de la rue Lauriston, trafiquants d'armes, de drogues et de devises...'

Patrick Chiroff , ancien agent des polices parallèles, l'auteur de B... comme barbouze, y assuma certaines responsabilités, notamment il était chargé de mettre les archives à l'abri en Suisse. Il démontre 'qu'ilexistait dans les années 60-70 une police parrallèle avec ses structures disposant d'énormes moyens financiers, alimentée par des firmes import-export, à l'allure respectable, basées dans les anciennes colonies, une armée du crime* faisant partie des bas fonds de la République, si proche des palais officiels qu'on pouvait les confondre'.

Ce qui vient de se passer au Tribunal de Nanterres nous laisse présager que s'il n'y a pas un sursaut national pour leur barrer la route, certaines gens veulent instaurer en France une République bananière.

* créé en 1958, le SAC est né suite au coup d'Etat militaire du 13 mai et son recrutement est facile et discriminatoire : pêle-mêle, gaullistes historiques ou alimentaires prêtent serment de fidélité au général de Gaulle. Les fondateurs du service d'action civique, J. Foccard, R. Frey, C. Pasqua, P. Cometi, D. Ponchardier, J. Bozzi, A. Sanguinetti et quelques autres… L'anti communisme proprement viscérale du SAC est camouflé sous le vocable 'action civique'. Le syndicalisme et la CGT en particulier ne sont pas épargnés. Le recrutement du SAC explique la litanie d'attentats, de fusillades, de hold-up, de chantages, de proxénétisme, de meurtres, de trafics de devises, d'armes, de drogue ou de fausse monnaie. La majeure partie des truands de Marseille, Paris et autres grandes villes était utilisée pour les basses œuvres, ainsi que les rapatriés d'Algérie, ex OAS, anciens adversaires du SAC, que l'on confessait dans une cabine avant le débarquement en France et les absolvait à condition de travailler pour le SAC. On leur proposait le gentlemans agreement type : 'On sait tout, on s'en fout, on tire un trait et tu recommences avec nous. Si tu es d'accord, on arrange tes salades avec la police et la justice et on t'aide à t'installer... Et bien vous ne pouvez pas savoir tous les garcs que l'on a récupérés...' Nathali a eu les félicitations personnelles de Foccard à ce sujet.

les citations en italique sont relevées du livre B... comme Barbouze de P. Chiroff

François 1er, qui avait en son temps composé avec la Cour des miracles du 16e siècle, était du petit lait en regard de cette organisation para étatique…

 

'Ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale, n'entendront jamais rien à aucune des deux' JJ Rousseau

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site