Les existences en banqueroute,

 les consciences qui ont déposé leur bilan - Victor Hugo

¤ M. le chef d’Etat, pourquoi cette crise vous préoccupe-t-elle tant ? Pierre d’achoppement de ce parcours admirable depuis cet avènement à la Présidence de la République française, il m’étonne que vous ainsi que vos collaborateurs choisis pour leurs compétences, leurs connaissances approfondies et de toute une brochette d’économistes de renom, que nous vîmes à tour de rôle dans l’émission " C dans l’air ", chacun d’entre eux apportant sous le bras un ouvrage écrit en quelques heures, ouvrage issu miraculeusement pour la circonstance sans même prendre le temps de la réflexion pour ces chercheurs qui rédigent plus vite que leurs ombres.

Il faut reconnaître M. le président que vous offrez l’image d’un homme qui n’hésite pas à frayer la voie, lorsque défi à relever il y a, aux quatre points cardinaux de la planète. Qui ne se souvient des propos tenus par vous sur le thème de la laïcité positive, phrase admirable que je cite dans mon article " Retour vers le passé "(titre court) : " L’espérance dans un au-delà meilleur est un facteur d’apaisement et de consolation pour la vie ". Rappelez donc à vos citoyens (nes) qu’il faut garder en toute occasion sang froid et attitude apaisante pour que, au sortir de cette crise, nous n’en soyons que plus fort. Une relecture de l’article rédigé le 2 février 2008 " Touchez pas à la laïcité " (titre long) vous donnera un aperçu des soucis de notre président huit mois avant que ne s’amorce ce qui nous préoccupe présentement. Un gouvernement digne de ce nom émarge des fonctionnaires rémunérés, dont la mission est l’analyse conjoncturelle et structurelle des faits présents et la prévision à partir de celle-ci.

¤ Il semblerait que tous les souhaits que l’on débite à l’occasion d’une nouvelle année et celle de 2008 en particulier où je fus vindicatif soient d’une niaiserie bêtifiante, ou dans mon cas, de mauvaise augure et il me semble que je devrais m’en excuser. J’ai fait le souhait pour le grand pays à l’avant-garde de la civilisation, les Etats-Unis d’Amérique, que la définition si chère à tous ceux que pouvoir et brillance attirent, que le rêve américain se transforme en cauchemar et, aussi que" les boursicoteurs de tous pays " et de " Wall Street en particulier s’emplafonnent la truffe ". Cette jeune nation issue de l’immigration européenne, grande de par son étendue et sa progression fulgurante, où l’argent est devenu l’emblème absolu, faisant fi de tout ce qui n’est pas in vitro frontières hormis les " intérêts étrangers ", nous a offert un spectacle désolant. Elle nous a montré ce que la recherche du pouvoir et du tout profit, d’un libéralisme dépourvu de toute morale, peut provoquer au sein de sa population mais aussi dans l’humanité entière plongée dans les affres qui ont jalonné l’histoire des civilisations qui nous ont précédées, rendre à néant les longues avancées du progrès social et de la société.

¤ Tout récemment le krasch de 1929 et les conséquences générées ne semblent pas avoir servi d’avertissement à ceux qui contrôlent l’économie et l’usage de la monnaie. Depuis que Phidon, roi d’Argos à la fin du VIIe siècle avant notre ère, fit frapper la première pièce d’argent, ce moyen d’échange est passé par toutes les chausses trappes qu’un cerveau humain puisse imaginer. Celles utilisées depuis deux siècles par une nouvelle caste obsédée par le toujours plus de profit a pourtant laissé au XXe siècle des traces indélébiles pendant plus de vingt ans, provoquant le démantèlement de la société – famine, chômage… la mort et la désolation ; peuples soumis à des dictatures ; guerres effroyables ; destructions de villes, villages, hameaux ; génocides raciales.

Au lendemain de l’affaire des subprices, aucun de nos spécialistes en économie* n’a osé manifesté grande inquiétude sur les effets éventuels qui pourraient surgir de cet incident majeur et, un peu plus tard, lorsque la bourse de Wall Street s’est affolée, une chape de silence a stagné pendant quelques semaines. Il aura fallu deux à trois mois pour que les gouvernements de tous les pays, dissimulant leur affolement, consentent à pointer du doigt la gravité des événements se précipitant. Devant les chaos prévisibles à venir, le branle-bas désordonné pouvait alors entamer sa marche.

* M. Strauss-Kahn, professeur d’économie et président du FMI, il y a quelques jours faisant apparition sur le petit écran dans l’émission de Me Arlette Chabot " à vous de juger ", nous a annoncé la gravité de la crise actuelle et des révoltes potentielles à venir. Il est à souligner qu’il y a environ huit mois, celui-ci s’exclamait haut et fort qu’il n’y avait pas d’inquiétude à avoir, qu’évoquer une crise était pour le moins parfaitement hypothétique et ne pourrai avoir lieu.

Le Président des Etats-Unis, M. Obama est présent en Europe pour la réunion du G20. Certains fondent de grands espoirs sur cette assemblée. Il faut pourtant relativiser car deux positions contraires s’affrontent : d’une part, la position américaine qui n’entend pas remettre en cause les procédés et méthodes du libéralisme – aucune régulation de l’économie envisagée, désire uniquement un accord entre tous les pays présents afin de relancer l’économie en injectant, une fois de plus, de l’argent – alors que les Etats-Unis sont les principaux responsables de ce qui se passe actuellement ; d’autre part, la position européenne : les pays européens veulent des décisions politiques afin de réguler le marché et les échanges – élections prochaines obligent, notamment les élections européennes du mois de juin à venir, afin de satisfaire leurs électeurs – et ne désirent plus injecter de fonds pour la relance économique – leurs budgets étant déjà fortement déficitaires, la dette augmentant rapidement et le traitement du social nécessitant de fortes sommes.

                                                                                                            le 30 mars 2009

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