Les mollassons de la politique

Chaque jour, nombre de figures connues de la République depuis une trentaine d'années, se succèdent sur le petit écran pour nous bassiner* le même discours à propos du référendum du 29 mai prochain. Je rappelle qu'un référendum est le vote de l'ensemble des citoyens pour donner son adhésion ou la refuser relativement à une mesure proposée par le pouvoir exécutif. Le matraquage successif des partisans du oui et/ou du non commence à indisposer les électeurs. On leur suggère de lire le projet de traité constitutionnel européen et on les harcèle de voter pour un camp ou pour l'autre.

Les partisans du oui au demeurant emploient pour se faire entendre l'arme favorite des religions : l'anathème, à savoir : dans l'hypothèse d'une victoire du non, plus d'Europe ont-ils commencé à dire et cela n'a pas tenu longtemps… la France ne sera plus la France (j'aimerai que l'on nous dise ce qu'elle sera alors!)… elle ne sera plus posée sur le piédestal le plus haut - championne de ceci et de cela - … sa grandeur aura rétrécie… elle aura été la seule à dire non… vous serez responsable de ce qu'il adviendra… la France sera le mouton noir de l'Europe… (pensez vous réellement que les Français soient des moutons? si oui, revoyez attentivement vos cours d'Histoire)…

Et moi, je dis aux respectables anciens Ramsès II de la Politique, que ce sont les millions d'électeurs français depuis des lustres qui déposent leurs votes dans les urnes et qui les posent sur leurs fauteuils chamarrés.

Je dis aussi que les électeurs ne votent pas seulement pour la xème génération à venir mais pour leur propre génération et pour eux en particulier, se faisant du souci pour leur devenir immédiat et en devenir, pour leurs enfants qu'ils voient et qu'ils touchent sans se demander s'il y aura progéniture ou non et qu'à la fin de leur vie advienne que pourra, les uns rejoignant le paradis des vierges innombrables, les autres le paradis ou l'enfer et pour ceux qui restent, transformés en décomposition organique. Mais pour ce qui est du terrestre, ils veulent surtout que la condition humaine s'humanise.

Je m'adresse aux deux champions de la gauche qui ont refusé l'or aux Jeux Politiques, je laisse pour l'instant M. Delors et m'adresse à M. Badinter que j'ai eu le plaisir de voir et d'entendre hier soir sur France 2. Un petit rappel du dicco littéraire : SE DEGONFLER: v. pron. Fam. manquer de courage, d'énergie au moment d'agir. V.Flancher, mollirpeur (avoir).

Vous avez laissé 14 millions d'hommes, de femmes et d'enfants de gauche entre les mains d'un gouvernement anti-social, destructeur de la France, pendant de nombreuses années (combien encore nous attendent) alors que vous aviez vous ou M. Delors les plus grandes chances** de prendre les gouvernes de notre pays. Tout cela parce que la conjoncture n'était pas propice à un septennat tranquille. 

Vous avez failli , Monsieur : quand on se lance dans la politique, on va jusqu'au bout!

Bien sûr, vous aviez comme excuse d'avoir comme remplaçant ce charmant petit blondinet venu de la France profonde qui s'est enfui au premier coup de fusil, abandonnant les législatives à l'adversaire.

Oh! La belle gauche que nous avons! Il y a si longtemps que j'ai cela sur mon vieux cœur que je me fais la triste joie de vous le souffleter en pensée.

Votre titre de gloire est ce discours contre la peine de mort… bravo? Seulement 75% des Français pensaient comme vous et vous n'étiez pas seul à le penser.

Etant inscrit dans un parti de gauche, votre carrière était toute tracée. Le petit licencié ès Droit, avec l'accession au pouvoir de Mitterand devient Garde des Sceaux puis plus tard, prend place au Conseil Constitutionnel, nommé par son ami François.

Savez-vous M. Badinter, que des centaines et sans doute plus de diplômés du 3e cycle universitaire en Droit ou autres matières (DEA, DESS, Agrégés, Docteurs) se trouvent actuellement sans emploi ou travaillent dans la précarité sans espoir aucun, sinon celui de fuir la France pour l'étranger?

Auriez-vous laissé faire cela si vous aviez eu un peu de dignité et de courage?

Vous avez M. Badinter fuit tout simplement vos responsabilités.

'L'homme est responsable de ce qu'il est ' Sartre

* bassiner (1844), populaire ; ennuyer, fatiguer, importuniter. V. barber, raser.

** au grand soulagement et encore plus grand étonnement de la droite à qui on a servi le pouvoir sur un plateau d'argent                    

                                                                                      le 22 avril 2005

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