M. Sarkozy, premier français à accéder au "rêve" français

M. Fillon nous dit que la " France est en faillite ", repris vertement par le chef de l’Etat qui, à son tour, quelques mois plus tard, nous annonce que les caisses sont vides. La France en faillite, les caisses de l’Etat vides, qui en sont les responsables ? Sans nullement nier la grosse part de responsabilité de leurs prédécesseurs, la droite a régné bientôt treize ans ces dernières années.

Mais voilà que le roquet plus qu’hargneux est arrivé ! Il fit des promesses aux électeurs emberlificotés dans la farine et sortit vainqueur de cette épreuve où le peuple lui donnait tous les pouvoirs. Il ne reste plus qu’à ce bon et naïf peuple de marcher au pas cadencé. Rappelons que selon la définition de Dominique Rousseau"la dictature, c'est ferme ta gueule ; la démocratie, c'est cause toujours". Quand à sa vie personnelle, il nous a fait comprendre que cela ne nous regardait en rien, qu’il avait le droit de s'adonner aux jeux de l'amour – ce qui ne me contrarie en rien ; encore faudrait-il, peut-être, qu’il cesse de s’afficher !

Conférence de presse de M. Sarkozy, Président de la République devant un parterre de plus de 700 journalistes*.

Le seul sujet que j’aborderai ici est qu’il ne fut pas question du pouvoir d’achat, la principale préoccupation des Français. Le bon peuple français, ayant pour l’instant encore de quoi faire chauffer le rata** pendant que le prix du combustible le lui permet, ne s’intéresse qu’à ce sujet. Remarquons que l’on est passé de" travailler plus pour gagner plus " à " travailler plus pour vivre mieux ", concepts très différents mais permettant aisément de noyer le poisson.

Pendant ce temps-là, ce peuple, grâce au concours du petit et grand écran faisant miroiter verres de Bacara, assiettes de toutes sortes et soucoupes en porcelaine richement décorées, argenterie, le tout posé sur nappe à fine dentelle et table pouvant accueillir la centaine et plus d'invités de choix, chaque convive attendant la venue du maître des céans, encadré de deux dizaines d’escogriffes avec uniforme chamarré et sabre au clair, attendant la caravane des mets délicats concoctés par les meilleurs maître-queues de notre pays, constate la magnificence des gouvernants. Que dire de ces convives venus des pays les plus lointains, traversant océans, mers, montagnes, pour se bâfrer, gargariser, la gargamelle en évitant, l’étiquette ayant changée depuis les fastes anciennes, de pousser des rôts de satisfaction ?

Que l’on ne nous dise plus que la grandeur de la France, pour les plus pessimistes, est en passe de recevoir une gamelle !

Combien de chefs d’Etats, ambassadeurs, prêlats, considérés comme hommes ou femmes bien- aîmés, que nous pouvons compter sur les dix doigts de la main et les autres, dictateurs, corrupteurs et corrompus, affameurs de peuples, ont foulé le tapis rouge de l’Elysée ?

L’on nous ressasse à tout instant le rêve américain. Qu’a-t-il pu penser en regardant les pyramides ? Peut-être " quarante siècles de civilisation me contemplent, moi pour qui l'objectif est de faire en sorte que la France reste le phénix des temps modernes ".

* les journalistes : le terme est sans doute mal approprié pour ceux qui ont assisté à la conférence ; encore plus sans doute pour ceux et celles qui ont interrogé le chef de l’Etat. Leur consensualisme et leur conformiste me désole. La liberté de la presse est une réalité, mais à quoi sert-elle si les journalistes s’autocensurent ?

** le rata : argot militaire (vieilli) – plat chaud servi aux soldats, ragoût grossier, " c’est pas de la soupe, c’est du rata ".

                                                                                               le 10 janvier 2008

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