MOYEN EMPIRE (2130-1783), Capitale Thèbes puis Lich

   MoyenempirecarteLes pharaons du Moyen Empire restaurent la prospérité et la stabilité du pays, stimulant ainsi une résurgence de l'art, de la littérature et des projets de construction monumentale. Montouhotep II et ses successeurs de la XIe dynastie règnent sur Thèbes jusqu'à ce que le vizir Amenemhat déplace la capitale à Licht (oasis du Fayoum) juste après son couronnement autour de 1985. À partir de la ville de Licht, les pharaons de la XIIe dynastie entreprennent un vaste projet de remise en état et d'irrigation des terres pour augmenter la production agricole dans la région. En outre, l'armée reconquiert la Nubie, région riche en carrières et en mines d'or, tandis que les ouvriers construisent une structure défensive dans l'est du delta, appelée les « Murs du Prince », pour se défendre contre une attaque étrangère.

Avec la stabilisation du pouvoir politique et militaire, et l'opulence générée par l'exploitation des terres agricoles et des mines, la population du pays croît en même temps que les arts et la religion. Contrairement au comportement élitiste de l'Ancien Empire envers les dieux, le Moyen Empire connait une recrudescence de la piété (que l'on pourrait qualifier aujourd'hui de démocratisation) pour l'au-delà, dans lequel l'âme de tout homme est accueillie après la mort parmi les dieux. De nouveaux sommets de perfection technique sont atteints au Moyen Empire à travers la littérature qui traite de sujets et de personnages sophistiqués avec un style éloquent et la sculpture de reliefs qui saisissent les moindres détails de chaque chose.

Le dernier grand souverain du Moyen Empire, Amenemhat III, permet aux colons asiatiques de s'installer dans la région du delta pour fournir de la main d'œuvre suffisante pour ses campagnes particulièrement ambitieuses. Ses campagnes d'extraction minière et de construction, combinées avec les crues du Nil plus tard dans son règne, mettent à rude épreuve l'économie et précipitent le pays dans un lent déclin lors de la deuxième période intermédiaire. Au cours de ce déclin, correspondant aux XIIIe et XIVe dynasties, les colons asiatiques prennent peu à peu le contrôle de la région du delta pour finalement monter sur le trône d'Égypte, sous le nom d'Hyksôs.

Les pharaons du Moyen Empire – XIe dynastie thébaine : Mentouhotep II (Montouhotep II), Mentouhotep III (Montouhotep III), Mentouhotep IV (Montouhotep IV) ; XIIe dynastie : Amenemhat 1er, Sésostris 1er, Amenemhat II, Sésostris II, Sésostris III, Amenemhat III, Amenemhat IV, Néférousébek.

220px egypte louvre 231 visage   L'art - Lors de la Première Période Intermédiaire (2150/40-2022) la production artistique s'est régionalisée et le savoir-faire des artistes de l'Ancien Empire c'était un peu perdu, ainsi les œuvres apparaissent maladroites. Après cette période troublée, le Moyen Empire va marquer un retour au faste et un nouveau chapitre dans l'art Égyptien va s'ouvrir. Cette renaissance est marquée par un effort évident pour renouer avec les traditions artistiques antérieures. La pyramide revient pour les inhumations royales et quelques exemples de temples funéraires font leur apparition. La statuaire gagne en hauteur et en diversité et les bijoux sont de plus en plus finement travaillés. Ceux trouvés dans une tombe inviolée à Dahshour, sont de magnifiques exemples d'orfèvrerie. la capitale de l'Ancien Empire devient l'inspiratrice des élans artistiques sous le règne des souverains de la XIIe dynastie (1991-1783) et les reliefs décorant les tombeaux, quoique fait dans le style de la tradition de l'ancien régime, gagnent en finesse et en précision et certaines scènes furent conçues uniquement en peinture. 

Cet élan artistique ouvrit de nouvelles voies aussi dans le domaine de la sculpture. Cette époque a laissé un héritage important, les artistes ont quitté le style académique pour se diriger vers des représentations plus personnelles. Le Moyen Empire sera donc considéré comme une époque variée et novatrice pour la statuaire avec l'apparition d'un type de statue très particulier, aux formes géométriques et inconnues dans l'iconographie royale, généralement appelée "la statue-cube" ou "statue-bloc". Ce style restera en grâce jusqu'à la Basse Époque. Sous le Moyen Empire va se développer aussi un nouveau type de sarcophage, rectangulaire et emboîtable, le plus souvent en bois stuqué et peint. Celui-ci va se parer de motifs et de textes, comme :
- La frise des sarcophages, représentant les objets dont le défunt aura besoin dans l'au-delà,
- Les textes des sarcophages, un recueil magique et religieux
- Le texte des deux chemins, une sorte de carte du monde souterrain.

Telecharger   L'architecture funéraire et les temples divins dont on connaît plusieurs exemples, comme : Le temple de Tôd dédié au Dieu Montou, construit sous la XIIe dynastie, par Sésostris I (1962-1928), où fut découvert un important trésor d'argenterie (Aujourd'hui conservé au musée du Louvre). Toujours sous Sésostris I, c'est pour commémorer sa première fête Sed (ou Heb-Sed) que fut construit la chapelle blanche. À Médamoud, Sésostris III (1878-1843) édifia un temple consacré aussi à Montou.

Les vestiges de ce temple ont été dispersés dans différents musées du monde, dont le Louvre et celui du Caire. Ce souverain construisit aussi à Abydos un temple cénotaphe consacré à Osiris, dont le plan et la structure sont précurseurs des temples du Nouvel Empire. Le Fayoum fut une région particulièrement favorisée par les Rois de la XIIe dynastie.

Lorsque le Roi Amenemhat I (1991-1962) arriva au pouvoir, il y fonda une nouvelle capitale, délaissant Thèbes. Cette nouvelle capitale, il l'appela Itchaouy (ou Itj-Tawi) "Celui qui saisit les Deux Terres". Elle n'a jamais été localisée avec précision. Presque chaque Roi de la XIIe dynastie (1991-1783) va construire son monument funéraire près de l'oasis du Fayoum. (Voir pyramide). Le monument funéraire d'Amenemhat I se trouve près du village moderne de Licht (ou El-Lisht).

Les égyptologues supposent donc qu' Amenemhat I choisit cet emplacement parce qu'il était près de sa capitale et de ce fait ils identifient Itchaouy à Licht. Outre les complexes funéraires, les Rois construisirent plusieurs temples autour du lac Karoun qui occupe le centre de la dépression du Fayoum. Celui de Qasr el-Sagah est de loin le plus obscur par son architecture qui rappelle ceux de la IVe dynastie.

Celui de Médinet Mâdi, actuellement englobé dans des bâtiments d'époque Ptolémaïque, était dédié au Dieu Sobek. Il fut réalisé par les Rois Amenemhat III (1843-1797) et Amenemhat IV (1797-1787). Amenemhat III fit aussi ériger deux colosses à son image au bord du lac. Ces deux statues représentent le Roi assis sur son trône. Seuls les vestiges des deux socles massifs qui les supportaient restent aujourd'hui encore visibles. Les premiers Rois du Moyen Empire furent enterrés dans la région de Thèbes, dans des hypogées creusées à même la roche.

Le Roi Montouhotep II (2061-2010) fit construire sa sépulture à Deir el-Bahari, à côté du futur temple d'Hatchepsout (1479-1457 ) XVIIIe dynastie. Son complexe funéraire était consacré en partie à Amon. Les particuliers riches ou les hauts fonctionnaires du Moyen Empire furent principalement inhumés dans les nécropoles de Beni Hassan et d'Assouan. Dans la première se trouvent creusées dans la falaise près de 30 tombes datant des XIe et XIIe dynasties. À cette époque se développa aussi l'art de La faïence. L'utilisation de ce matériau de couleur bleue turquoise, typique de l'Égypte antique, connu une croissance sous deux formes : On trouvait les hippopotames et les concubines. L'hippopotame était associé au mal.
On peignait donc sur les statuettes de faïence des plantes des marais pour qu'il reste dans son élément. Les concubines, quant à elles, sont des statuettes féminines. En général, elles ne possédaient pas de jambes, mais avaient des caractères sexuels bien marqués. Leur symbolique et leur utilisation restent encore aujourd'hui assez mystérieuses.

Dans le domaine de la sculpture, il faut évoquer, les statues de Sésostris III (1878-1843 )XIIe dynastie qui montrent le Roi à différents âges de la vie, quelquefois jeune et robuste, quelquefois âgé avec les traits marqués. Dans le domaine privé, des changements aussi ont lieu, dans les perruques, les vêtements et les attitudes données aux personnages. Il a été évoqué plus haut l'apparition de la "statue-cube". Les premières statues annonciatrices du genre datent de la VIe dynastie. Le personnage est représenté accroupi sur le sol, les bras croisés posés sur les genoux et serrés contre sa poitrine. Le corps est entièrement recouvert d'un manteau dissimulant les membres. Seule la tête et la coiffure émergent la masse qui laisse à peine percevoir les membres. Cet ensemble, qui constitue ainsi un cube parfait aux angles arrondis, donne la possibilité de graver de longues inscriptions hiéroglyphiques sur les côtés.

 31000fgommpjob8stedfsabyo1 500   La "statue cube" était au début faite en bois et se trouvait sur les barques funéraires. Elles étaient vendues notamment dans la ville sainte d'Abydos, aux visiteurs à l'occasion des grandes fêtes annuelles. Les gens, même s'ils ne disposaient pas de revenus élevés, pouvaient acquérir une pièce sur laquelle leur nom était gravé et la déposer comme offrande votive dans l'enceinte du temple. Un exemple, la statue cube en calcaire de Si-Hathor, datant du milieu de la XIIe dynastie, aujourd'hui au British Museum. Il s'agit de l'un des plus anciens exemples retrouvés dans la Ville Sainte. Ce type de statuaire subit diverses modifications au fil du temps. Progressivement, la forme originelle va tendre vers la simplification, des variantes pouvant intervenir : Les jambes disparaissent sous la draperie et les pieds furent apparents ou non. 

Le bois est également de plus en plus utilisé. La statuette de la "femme aux pouces coupés" aujourd'hui au musée du Louvre, est représentative, avec sa raideur, ses yeux grands ouverts et ses longs doigts. Le groupe de Senpou, en calcaire, mais avec une table d'offrande en albâtre, est l'un des nombreux objets retrouvés à Abydos. Cette mode semble avoir été particulièrement importante à la fin de la XIIe dynastie (1991-1783) et au début de la XIIIe dynastie (v.1783-v.1625). Le défunt est entouré de ses parents et devant lui s'étale une table d'offrande. L'orfèvrerie et la joaillerie deviendront des arts particulièrement importants au Moyen Empire. Ils nous sont surtout connus grâce à la découverte de tombes inviolées de Princesses à Dahshour. 

 Images 5 Dont la découverte de Jacques Jean Marie De Morgan qui dans un tombeau appartenant à la Princesse Sithathor-Iounet , fille de Sésostris II (1895-1878), a mis au jour un coffre avec les bijoux de la Princesse et son mobilier funéraire. Il y avait entre autres, un magnifique pectoral au nom de Sésostris II. Le jour suivant il a trouvé un autre trésor, dans un autre tombeau, appartenant celui là à la Princesse Meryt , autre fille de Sésostris II. Il contient plusieurs mêmes éléments que celui de Sithathor-Iounet. Le lapis-lazuli, la cornaline et la faïence sont incrustés sur l'or par la technique du cloisonné, pour créer des diadèmes et des pectoraux. Celui de la Reine Méretseger , épouse de Sésostris III, est particulièrement remarquable. 

 


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