Naissance de la Cité et du Citoyen

LA NAISSANCE DE LA CITE ET DU CITOYEN 

 

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Au IVe siècle, les intellectuels tiennent l’existence de la polis comme un fait de nature car la Grèce se compose d’une multitude de cités qui forment autant d’Etats. Aristote lui-même arrive à prendre l’effet pour la cause et à définir non l’Hellène mais l’homme « un animal politique ». De facto, les conditions géographiques de la Grèce contribuent à lui donner son aspect historique entendu que le morcellement physique détermine ou du moins facilite le morcellement politique. Selon Aristote, les Grecs passent par trois stades : la première communauté qui persiste entendu qu’elle est naturelle a pour base l’association du mari et de la femme, du maître et de l’esclave et la famille – oikia. De la famille sort le village – kômè – composé par des gens qui obéissent à un roi. Puis, par l’association de plusieurs vilalges se forme l’Etat, la communauté parfaite – la polis. Née du besoin de vivre, la polis n’existe et ne dure que si elle s’autosuffit et vit tout d’abord en autarcie : elle est donc un fait de nature. Suite à la période obscure évoquée précédemment s’ouvre une nouvelle étape de l’histoire de la Grèce.

De Solon à Clisthène, l’on note la naissance de la cité et du citoyen. La conscience que la justice peut être garantie par la loi – nomos – égale pour tous – isonomia – est fondamentale pour l’appréhension des concepts.

La cité, qui annonce l’Etat moderne, est pour les Grecs l’unité de la vie sociale, le groupement optimum sous réserve d’être grec et non barbare, être homme libre et non esclave. La cité est liée à un établissement urbain mais ne se confond pas avec lui et forme une communauté. Elle cité présente plusieurs caractères : ¤ La cité, polis, a une assise territoriale dont le centre est une ville avec sa place, l’agora, divers temples dont celui de la divinité protectrice de la cité – divinité poliade ; elle s’étend à la campagne environnante. ¤ La cité est une communauté de citoyens, par exemple, la cité athénienne désigne les Athéniens. ¤ La cité jouit d’une double indépendance : l’autarcie, à savoir l’indépendance économique qui lui permet d’assurer la vie matérielle de la population mais l’exiguïté du territoire, la pauvreté du sol… la croissance démographique la rendent souvent tributaires des blés étrangers ; l’autonomie, à savoir l’indépendance politique relativement aux autres cités. Le pouvoir politique appartient à la communauté des citoyens et plusieurs organes assurent le gouvernement pour le compte de la cité : la politeia, à savoir l’ensemble des organes qui assurent la vie de la cité et les nomoi, les lois qui fixent les modalités de constitution et les fonctions de ces organes. Il faut souligner que l’histoire nous montre que la plupart des cités fait successivement l’expérience de toute la gamme des formes de gouvernement – de la monarchie à l’aristocratie, puis à l’oligarchie, la tyrannie et la démocratie.

HISTORIQUE

La Cité ou le miracle grec s’affirme à la période dite archaïque (800-500).

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Les transformations des VIIIe – VIIe siècles – Les sociétés issues du Moyen Age grecs connaissent des transformations à partir de 750. A partir du VIIIe siècle, l’on constate une extension du monde grec : de nombreux établissements sont fondés autour de la Méditerranée, de la mer Noire jusqu’en Italie, en Gaule et en Espagne. Les Grecs les dénomment apoïkia – de apo, hors de et oïkos, demeure. L’installation des Grecs répond à un problème de nature politique : la résolution des crises sociales dans la Grèce continentale. L’on distingue deux phases d’installation : ¤ Une phase vers la Méditerranée occidentale, à savoir l’Italie du Sud, la Sicile, la Gaule et l’Espagne (750-650). ¤ Une phase vers le nord-est, vers la Thrace, les îles voisines et la Troade (700) ; puis, vers l’Hellespont et le pourtour de la Mer Noire, l’embouchure du Don et Trébizonde (600-500). Si les Etrusques supportent bien leurs contacts avec les Grecs et leur empruntent des éléments de religion et d’organisation politique ainsi que leur alphabet, les Thraces ou les Scythes sont repoussés sans ménagement.

L’installation des Grecs jouent un rôle décisif dans l’évolution des théories politiques. Les responsables qui fondent une cité explicitent le problème constitutionnel et des comparaisons deviennent possibles. La Grèce pendant cette période connaît également des transformations socio-économiques. L’archéologie apporte la preuve d’un accroissement de la population, d’une expansion économique et d’un progrès technique.

Avec élimination des rois, l’aristocratie se renferme sur elle-même et 

organise l’économie et la répartition des terres à son seul profit. La société se compose de diverses catégories : les deux catégories traditionnelles et les deux catégories nouvelles. ¤ Les deux catégories traditionnelles – l’aristocratie et les paysans qui cultivent les terres de cette dernière. ¤ Les deux catégories nouvelles – la plèbe des villes, pauvre et endettée, n’ayant pas accès aux terres et une classe moyenne de fermiers riches, marchands, armateurs et artistes. Cette dernière catégorie démontre une importance politique car elle joue le premier rôle dans l’innovation militaire de l’histoire grecque : la création de la phalange hoplitique.Les Grecs désignent l’ensemble des conflits sous le terme sui generis de stasis – sécession. On en dénombre cinq types : ¤ des luttes internes à l’aristocratie : traditionnelles dans le monde homérique, elles évoluent en raison des nouvelles institutions régulières ¤ des revendications de la classe moyenne enrichie qui veut obtenir une part du pouvoir ¤ des révoltes sporadiques des pauvres, des ouvriers agricoles dont la situation se dégrade progressivement ¤ des conflits en raison de pénuries alimentaire ¤ des luttes entre les Cités.

Aristote dans la Constitution d’Athènes narre que « les nobles et la foule furent en conflit pendant un long temps, que les pauvres, leurs femmes et leurs enfants étaient les esclaves des riches… et n’avaient pour ainsi dire aucun droit » et évoque les revendications de répartition des terres, la remise des dettes et la révolte des classes moyennes avant l’accaparement des charges civiles et religieuses par les nobles, l’exigence de la loi publique et certaine à l’époque de Solon (600).L’on attribue la création de la phalange à Philon d’Argos et l’archéologie nous apprend que les armes disparaissent des tombes dès lors qu’elles ne constituent plus une marque de noblesse. Pour être hoplite, il faut s’équiper de lourdes armes de fer, aussi la plèbe est-elle exclue de facto de la phalange.Puis vient le temps des législateurs. Dans les villes, l’on constate l’invention de concepts et d’institutions politiques destinés à résoudre les problèmes politiques et sociaux engendrés par la stasis. Nombre de penseurs apparaissent dont notamment les Sept Sages de la Grèce (fin VIIe et VIe siècles) : Solon d’Athènes ; Thalès de Milet, fondateur de l’école des physiciens ; Pittacos de Mytilène ; Bias de Priène ; Cléobule de Lindos ; Périandre, tyran de Corinthe ; Chilon de Lacédèmone. Ces sages construisent les concepts initiaux de la Cité tels la loi, l’égalité, les catégories du droit pénal…

¤ Thalès de Milet – Thalès de Milet appelé plus communément Thalès (624-546) est le premier philosophe, philosophe présocratique ionien, scientifique et mathématicien grec connu. Aucun de ses écrits ne nous est parvenu aussi est-il délicat de préciser ses idées. Sa philosophie de la nature fait de l’eau le principe explicatif de l’univers d’où procèdent les autres éléments. On lui attribue cinq théorèmes de géométrie élémentaire et l’on pense qu’il est le maître d’Anaximandre. Il observe les constellations et aurait été le premier à noter le voyage du soleil entre les deux Tropiques et à baptiser les étoiles du vocable de planète.Il fonde l’Ecole de Milet qui réalise deux avancées fondatrices : la distinction entre le naturel et le surnaturel et la recherche de la véracité – la discussion scientifique devient une nécessité de l’avancée scientifique et une qualité de la rationalité. ¤ Pittacos – Pittacos (650-570), homme d’état grec. Le peuple le choisit pour avoir délivré sa patrie du tyran Mélanchros et tué le général athénien Phrynon. Il gouverne (589-579) puis abdique volontairement en expliquant avoir « été effrayé de voir Périandre de Corinthe devenir le tyran de ces concitoyens après en avoir été le père. Il est trop difficile d’être toujours vertueux ».¤ Solon d’Athènes – Solon (640-558), homme d’Etat, législateur et poète athénien né dans une famille eupatride. Il devient populaire avec la guerre contre la cité de Mégare gagnée sur ses conseils et joue un rôle politique important. Il promulgue des réformes favorable au rôle de la classe populaire dans la vie politique d’Athènes. Il est souvent considéré comme l’inventeur de la démocratie entendu qu’il rédige une nouvelle constitution qui pose les premières bases de ce qui deviendra la démocratie. Sa constitution est un compromis entre l’oligarchie et la démocratie et crée quatre classes : les Pentakosiomedimnoi – ceux dont les revenus dépassent les 500 médimnes par an, les hippeis – chevaliers, à savoir ceux qui peuvent se payer un équipement militaire et un cheval pour la guerre, les zeugitai – les laboureurs – et les thètes – manœuvriers. Il crée la boulê, conseil de 400 hommes qui rédige les lois discutées à l’Ecclésia et réforme la justice : tous les citoyens peuvent porter plainte devant un tribunal ; des jurys sont ouverts aux classes populaires dans un nouveau tribunal, l’Héliée, composé de citoyens et compétent pour juger aussi les archontes à leur sortie de charge. ¤ Bias de Priène – Bias de Priène philosophe, homme d’Etat et avocat. ¤ Cléobule de Lindos – Cléobule de Lindos (630-560), homme politique et souverain de Lindos, l’une des trois cités de l’île de Rhodes, connu pour ses maximes telles que : « L’ignorance est le lot commun des hommes… mais le temps y pourvoira », « De la mesure en tout. Faites du bien à vos amis pour vous les attacher davantage, et à vos ennemis pour en faire des amis »… « Il y a deux choses à craindre : l’envie des amis et la haine des ennemis ». ¤ Périandre – Périandre (627-585) est le second tyran de la cité de Corinthe. Plus modéré que son père auquel il succède (627), il améliore les ports, encourage les arts et le commerce et construit la première rampe sur l’isthme qui permet aux navires d’éviter de contourner le Péloponnèse. ¤ Chilon de Lacédémone – Chilon de Lacédémone (vers 600), éphore de Sparte, est un philosophe à qui l’on attribue la phrase gravée sur le fronton de l’oracle de Delphes : « Connais-toi toi même ».Avec d’autres, les Sept sages inventent de nouvelles institutions telles la tyrannie, les formes de participation du dèmos au gouvernement et à l’administration de la Cité qui caractérisent la démocratie : les procédures d’élection et de tirage au sort pour l’accès aux magistratures, les conseils, les assemblées, les classifications des citoyens… les divisions territoriales.

La tyrannie apparaît après le milieu du VIIe siècle dans les cités grecques continentales et se répand en Egée, Asie Mineure et les cités de Grande Grèce. Il existe une corrélation entre la tyrannie et le développement économique, politique et urbain des cités grecques entendu que la tyrannie parvient à mettre fin à la stasis qui paralyse le pays. Les tyrans protègent les paysans, favorisent les échanges, renforcent le sens communautaire par une politique de travaux publics et de fêtes organisées par l’Etat et rétablissent la paix en concluant des alliances. De facto, ils participent à l’émergence de la démocratie.

L’évolution de Sparte La période archaïque de Sparte nous est presque inconnue. Après la chute des Mycéniens, le Péloponnèse subit un quasi dépeuplement. Des tribus doriennes s’arrêtent dans la plaine méridionale de la Laconie (950) et les Spartiates conquièrent la Messénie (entre 735 et 715). Les populations pré-doriennes sont réduites à un condition d’esclaves. Les hilotes sont esclaves de la Cité et les périèques sont assujetties bien que gardant une semi-autonomie politique.La réforme de Lycurgue est fondamentale dans l’histoire de Sparte. Lycurgue (vers le IXe siècle selon Plutarque) « celui qui tient les loups à l’écart » est le législateur mythique de Sparte. Plutarque consacre une Vie à Lycurgue mais avertit au début de son œuvre qu’« On ne peut absolument rien dire sur le législateur Lycurgue qui ne soit sujet à controverse : son origine, ses voyages, sa mort, l’élaboration enfin de ses lois et de sa constitution ont donné lieu à des récits historiques très divers ». Si le poète Simonide présente Lycurgue comme le fils de Prytanis et non d’Eunomus, la plupart des écrivains donnent une autre généalogie de Lycurgue et d’Eunomus, pour exemple : l’historien Euthychidas dit qu’il est le sixième descendant de Patroclès.De facto, les historiens modernes utilisent son nom pour définir la législation mise en œuvre à Sparte. D’autres encore, à l’instar d’Alfred Sudre, considère les lois de Lycurgue comme la source première de la plupart des utopies communistes. Lycurgue se propose un triple but –¤ couper la racine des dissensions entre les riches et les pauvres – pour ce faire, il résolut d’effacer toute inégalité de fortune, partage des terres, abolition des monnaies d’or et d’argent et mise en commun de tout ¤ assurer l’indépendance de la cité – organisation sociétale commune mais le système de la communauté quel que soit le pouvoir établi pour le défendre est impuissant à se maintenir contre le désir de la propriété individuelle ¤ donner de la force et de la stabilité au pouvoir politique. Il faut remarquer que ce faisant, Lycurgue isole sa patrie. Les ambassadeurs athéniens dans une assemblée tenue à Lacédémone en attestent affirmant que « Vos institutions sont incompatibles avec celles des autres peuples » - Thucydide. La Grande Rhêtra ou Dit Majeur, attribuée à Lycurgue et prononcée à l’occasion de l’annexion de la cinquième bourgade nommée Ayclées, est le texte connu le plus ancien nous permettant de connaître les institutions politiques. Elle fixe les règles de vie et d’organisation de la cité. La rédaction de cette réforme est censée l’être par Lycurgue sur les indications d’Apollon. Elle nous est connue par un passage de la Vie de Lycurgue de Plutarque et des fragments de Tyrtée parvenus à nous par l’intermédiaire de Plutarque et de Diodore de Sicile.« La constitution de Sparte, selon Ampère, était fondée sur l’exagération du principe commun à toutes les autres constitutions doriennes. Ce principe était l’ordre… La société, selon les idées et les mœurs doriennes, n’était pas une collection d’individus indépendants et isolés, mais une agglomération compacte de citoyens serrés en faisceaux par un lien religieux, nul n’ayant d’existence personnelle, chacun vivant de la vie de tous et se perdant pour ainsi dire dans l’Etat. Tel était pour les Doriens l’idéal du gouvernemen qu’ils cherchèrent à réaliser partout où ils s’établirent. C’est là, ce que voulut Lycurgue mais avec excès. Dominé par l’idée de l’ordre dorien, du cosmos, il ne tint pas compte des sentiments de l’individu et de la famille, il les immola l’un et l’autre à la chose publique. Il ne laissa vivre que celui qui pouvait la servir, et à la condition de la servir sans cesse. Il subordonna tout à ce devoir, qui était à ses yeux la fin même de la politique ».¤ Un passage de la Vie de Lycurgue mentionne 4 décrets relatifs à –¤ la construction de deux temples sanctuaires – à Zeus et à Athéna ¤ la division du peuple en sections : le nombre de tribus passe de trois à cinq et chaque tribu possède son territoire propre, les arrondissements de Sparte : la ville est l’association de cinq villages. Chaque tribu élit un éphore. La réforme de l’Agogê à savoir l’éducation afin de faire de tout spartiate un robuste guerrier est fondamentale ¤ l’institution de la Gérousia ou conseil des anciens qui a l’initiative des lois et motions discutées par l’Apella – l’assemblée des citoyens – passe à vingt-huit membres, les Gérontes, ainsi que les deux rois qui portent le titre d’Archégète – fondateur ¤ l’assemblée du peuple à l’époque de la pleine lune¤ Des fragments de Tyrtée. La Grande Rhêtra est difficile d’interprétation, ainsi on ne sait qui donne une injonction à qui : « Fonde un sanctuaire de Zeus Scyllanios et d’Athéna Scyllania ; distribue les tribus et arrondis les arrondissements ; institue un Sénat de trente membres avec les chefs suprêmes ; de saison en saison, réunis l’apella entre Babyca et Knakion ; ainsi consulte et dissous… mais le peuple aura le pouvoir de décider ».

Sparte ressemble aux cités voisines sur le plan politique jusqu’au VIIe siècle où, après les guerres de Messénie et la défaite d’Hysiai (669), des réformes socio-politiques créent un nouveau régime fermé avec une aristocratie militaire dominant les hilotes et les périèques mais égalitaire en son sein. Ce régime se caractérise par les traits suivants : ¤ Sur le plan politique – Les rois : la diminution du pouvoir des rois par la création de cinq magistrats élus annuellement par l’assemblée, les éphores ; le pouvoir de la gérousia se renforce au détriment de l’apella. Politiquement, les rois n’ont pas plus de pouvoir que les Gérontes. A partir de la réforme de Lycurgue, Sparte possède deux rois, l’un représente la famille des Agiades, l’autre celle des Eurypontides, deux familles issus selon la légende de jumeaux descendants d’Héraclès, Eurysthénès, père d’Agis Ier et Proclès, père d’Eurypon. Les rois exercent conjointement des fonctions indivisibles militaires et religieuses. Xénophon précise que « le roi n’a pas d’autre tâche en campagne que d’être un prêtre pour les dieux et un stragège pour les hommes » et Aristote nous précise que le roi en campagne est commandant en chef, il prime sur les autres généraux et peut conclure les trêves. La Gérousia : au nombre de cinq, un par tribu, les éphores sont élus chaque année par l’Appela parmi les spartiates âgés d’au moins 30 ans. Ils sont responsable de l’agogê, ont en charge la diplomatie de Sparte, assument les fonctions de police, peuvent procéder à toute arrestation nécessaire, obéissance absolue leur est due… ils recrutent en cas de guerre la garde royale et accompagnent les rois dans les campagnes militaires. Les citoyens sont les hommes de 30 ans ayant subit l’agogê et inscrits dans un syssition. Les citoyens sont membres de l’Apella et élisent les magistrats par acclamation. L’Apella écoute et discute les propositions de la gérousia. Le spartiate devient citoyen par l’agogê qui, de facto, constitue la réforme la plus importante de la Grande Rhêtra : après sa naissance, le père montre son fils à l’examen des anciens de la tribu. S’il est bien formé et robuste, il est gardé ; sinon, il est exposé. De 7 à 18 ans, il est pris en charge par l’Etat et formé recevant une formation essentiellement physique. Entre 18 et 20 ans, il est rompu à l’art militaire puis, jusqu’à 30 ans, il poursuit sa formation et mène une vie en caserne. A 30 ans, il intègre un club de citoyen, devient membre par élection d’un syssition et reçoit le titre de homoios – semblable, par conséquent, il reçoit de l’Etat des terres qu’il fait cultiver par des ilotes et dont il partage une partie des revenus avec son club. Si le banquet le refuse, il est rejeté parmi les Hypoméioi, les inférieurs : il conserve ses droits civiques mais perd ses droits politiques et ne peut faire partie de l’Apella.

¤ Sur le plan social et économique – la redistribution des terres en Laconie et partage en lots égaux – kléoi – des conquêtes de Messénie permettant à la classe guerrière de se considérer comme composée d’égaux, homoïoï. A 60 ans, le citoyen est libéré de ses obligations militaires et peut devenir géronte. Les ilotes sont probablement les descendants de populations achéennes asservies par les envahisseurs doriens. Leur fonction est de cultiver le klèros, la terre des homoioi, à qui ils fournissent la plus grande partie des récoltes. S’ils ne sont pas citoyens, ils possèdent quelques droits : ainsi, un citoyen ne peut exiger d’un ilote plus qu’il n’est prévu par la constitution. Tous les citoyens sont soumis à l’Etat, être collectif justifiant une semi-communauté des femmes et l’eugénisme – les enfants jugés faibles sont tués.Ces réformes non écrites génèrent un durcissement progressif puis une sclérose de la vie de la Cité. Bien que Sparte se transforme en une immense caserne, ce régime militaire n’est pas conquérant. Le handicap de Sparte lié à sa fragilité démographique explique peut-être qu’elle n’est pas conquérante ; fragilité en raison d’une part, de l’appropriation collective des enfants et les soucis eugéniques qui en résultent et, d’autre part, de sa fermeture au monde extérieur empêchant l’apport démographique de l’immigration.Autre domaine où Lycurgue s’illustre : le droit privé. Exemples : ¤ La mort – Lycurgue diminue la durée des impuretés légales résultant de la mort, la longueur des deuils, la magnificence des funérailles.¤ Les successions – La transmission successorale se fonde sur la loi et la parenté et non sur la libre volonté du propriétaire : limitation du droit de tester, legs et donations entre vifs à d’autres qu’à des successibles et le mariage des filles héritières hors de la famille sont interdits, pas de droit d’aînesse. ¤ Le droit de propriété – Le droit de propriété favorise le maintien des propriété dans les familles et l’inaliénabilité du patrimoine foncier est une des maximes politiques fondamentales.

De nombreux auteurs attribuent à Lycurgue la xénélasie, à savoir l’expulsion de manière régulière des étrangers de son territoire. Selon son biographe, Lycurgue « chassa tous les étrangers qui venaient à Sparte sans but utile, dans la crainte qu’ils ne fussent des maîtres de vices ». Thucydide décrit l’institution spartiate comme « l’acte de mettre dehors les étrangers » et fait dire à Périclès qu’Athènes « est ouverte à tous, et il n’arrive jamais que, par des expulsions d’étrangers, nous interdisions à quiconque une étude ou un spectacle qui, en n’étant pas caché, puisse être vu d’un ennemi et lui être utile ». De facto, il est impossible de parler d’expulsion de tous les étrangers, la xénélasie frappe surtout les étrangers qui par leur manière de vivre peuvent inspirer aux Spartiates l’amour des richesses et du luxe. Si l’isolement est une condition d’existence pour Sparte, elle recourt parfois aux étrangers ; ainsi Lycurgue se sert du poète Thalès pour adoucir les esprits et les préparer aux charmes de la poésie, à recevoir le bienfait de sa législation ou les magistrats qui appellent Terpandre dont les chants rétablissent la concorde. Albanère, des siècles plus tard, analyse le régime politique à Sparte et conclut que la réforme de Lycurgue témoigne de son époque. Il considère que sa constitution « semble produite par une profonde horreur de la destruction ; elle est évidemment un indice de l’état orageux de la Grèce avant et pendant Lycurgue ». Lycurgue utilise des moyens « simples : il força les Spartiates à la vertu, en les privant de toutes les occasions du vices ; il chercha moins à donner des plaisirs à sa nation qu’à la préserver des maux. Dans ses conceptions politiques, il semble qu’il ait été frappé de celle de la nature, que plus les corps récèlent d’éléments divers, plus leur décomposition est prompte ». Lycuruge « en établissant une hiérarchie, se modela sur ses prédécesseurs. Les plus anciens législateurs de la Grèce, Minos, Thésée, établirent un tel système... Le nom de roi que nous trouvons dans la constitution de Sparte n’en fait point une monarchie simple. La royauté est, en tout autre lieu, un centre unique ; à Sparte deux rois égaux en pouvoir partageaient le trône » afin de rendre le détenteur du pouvoir exécutif moins « dangereux ». Il transforma le Spartiate en un patriote en le privant de « l’amour, en établissant la séparation constante des jeunes hommes et des filles nubiles... il priva les femmes de la pudeur et du charme des arts et des lettres, pour les désenchanter... chaque Spartiate dut choisir parmi les jeunes garçons celui qui devait être l’objet de son affection, de ses soins constants... il réduisit le mariage à un accouplement furtif. Il extirpa du coeur de l’homme le sentiment le plus pur, le plus intime, celui de la pitié, en offrant comme spectacle la flagellation des enfants à l’autel de Diane Orthia, et quelquefois jusqu’à la mort... il priva le Spartiate de la propriété... le priva de l’agriculture... le priva des espérances brillantes de l’ambition en interdisant les conquêtes... et imposa à l’homme le plus grand des sacrifices : il le dépouilla de sa jeunesse ».

Sparte gagne la guerre du Péloponnèse contre Athènes (431-404) mais, épuisée, s’effondre devant Thèbes à la bataille de Leuctres (371) : le Thébain Epaminondas restaure la Messénie et crée en Arcadie un nouveau pôle politique, Mégalopolis. La guerre du Péloponnèse désigne le conflit qui, mettant fin à la Pentecontaetia, dure de 431 à 404, opposant Athènes qui transforme la ligue de Délos destinée à l’origine à résister aux Perses en un empire sous son pouvoir et Sparte, puissance oligarchique et conservatrice qui dirige la Ligue du Péloponnèse ainsi que la Béotie. La fascination des Grecs qui attribuent à Lycurgue les réformes spartiates explique l’influence du régime spartiate sur les auteurs politiques grecs.

L’évolution d’Athènes – Athènes connaît un régime féodal jusqu’aux siècles obscurs puis, aux IXe-VIIIe siècles, se distingue la disparition définitive des rois et l’émergence d’un gouvernement aristocratique. Le pouvoir est aux mains des archontes, magistrats nommés annuellement et d’un conseil, l’Aréopage composé des archontes sortis de charge. Les nobles ou Eupatrides accèdent aux magistratures et fonctions judiciaires.Dès la fin du VIIe siècle, Athènes connaît des troubles sociaux qui génèrent une médiation tyrannique et l’élimination des bases sociales et culturelles du régime aristocratique. Exemple : la tentative vaine de Cylon d’instaurer la tyrannie (630). Les Alcméonides attirent sur eux une malédiction en massacrant les partisans de Cylon. L’archonte Dracon (620) édicte des lois dites draconiennes rédigées dans « un code écrit avec du sang, et non avec de l’encre ». La rédaction de ces lois constitue le premier témoignage d’établissement de l’isonomia, l’égalité de tout homme devant la loi.

L’archontat de Solon – L’arrivée au pouvoir de Solon marque une étape importante dans l’histoire grecque entendu qu’il s’agit du premier exemple connu de réforme constitutionnelle véritable et désintéressé, la première pierre de l’édifice qui deviendra le type de la démocratie en Grèce. La vie de Solon par Plutarque et Diogène est la principale source de renseignements que nous possédons bien que peu instructive alors qu’ils ont en leur possession les écrits de leur sujet : en effet, par les fragments qui restent, l’on s’aperçoit qu’ils contenaient des phénomènes publics et sociaux non utilisés.

¤ Solon – Solon, fils d’Exekestidès, est un eupatride de fortune médiocre mais de sang héroïque, appartenant à la gens ou famille des Kodrides et des Néleides et faisant remonter son origine au dieu Poséidon. Son père diminue son bien par sa prodigialité et Solon dans sa jeunesse doit recourir au commerce, ce qui lui permet de visiter nombre de villes en Grèce et en Asie. Il écrit de nombreux poèmes et devient vite connu. Solon se distingue rapidement en qualité d’homme politique. Le premier événement qui illustre Solon comme politique actif est la possession de l’île de Salamis que de disputent Megara et Athènes. Les Athéniens éprouvent tant de pertes dans la lutte contre Megare qu’ils défendent qu’aucun citoyen ne soumette une proposition pour la reconquérir. Solon s’élance dans l’agora et prononce un poème élégiaque court en démontrant la honte qu’il y aurait à abandonner l’île : « J’aimerai mieux renoncer à ma ville natale et devenir citoyen de Pholegandros, que d’être encore nommé Athénien, flétri de la honte d’avoir rendu Salamis ! ». Les Athéniens recommencent alors la guerre et lui donnent le commandement en partie à l’instigation de Pisistrate. Outre la conquête de Salamis, Solon accroît sa réputation en épousant la cause du temple Delphien contre les actes d’extorsion des habitants de Kirrha et, à la faveur de l’oracle, s’ouvre sa carrière législative.

L’archontat de Solon (594) coïncide avec le mécontentement des paysans. Issu d’une famille noble appauvrie, Solon (640-558) fait fortune dans le négoce. La situation d’Athène est catastrophique : violentes disputes au sein des habitants de l’Attique séparés en trois factions... révolte générale de la population contre les riches résultant de la misère due principalement aux dettes impossibles à rembourser – le pauvre emprunte alors sur son corps, devient souvent l’esclave de son créancier et subit des mauvais traitements. Bien qu’Eupatride, il est favorable au peuple et met en cause la capacité des Eupatrides et des riches :« Ce sont les citoyens eux-mêmes qui… veulent détruire la grande cité, en cédant à l’appât des richesses ; et aussi les chefs du peuple à l’esprit injuste, qui se préparent bien des maux par leur grande clémence – hybris. Ils ne savent pas réfréner leur convoitise… Ils s’enrichissent en se laissant entraîner par des actes injustes… Sans épargner ni les biens sacrés ni ceux de l’Etat, ils volent pour piller, chacun de son côté ».Lors des troubles civils, le dèmos propose à Solon la tyrannie. Il refuse mais accepte l’archontat avec des pouvoirs renforcés afin de mettre fin à la stasis. Il s’attèle au problème fondamental qui lui est soumis : la condition de la classe pauvre des débiteurs. Il trouve la solution dans l’abaissement du titre de l’argent et surtout la Seisachtheia – abolition des charges, et dans l’interdiction à tout Athénien d’engager ou de vendre sa propre personne comme esclave – il fait un pas de plus et défend d’engager ou de vendre son fils, sa fille, une soeur non mariée sous sa tutelle, excepté si l’une ou l’autre de ces dernières serait surprise en état d’impudicité. ¤ Les mesures sociales – Les réformes agraires tentent de régler le problème de l’occupation des sols. Les aristoï possèdent la plus grande partie des terres hypothéquées par les paysans faute de revenus suffisants. Ces terres sont bornées et le paysan qui ne peut s’acquitter du loyer peut être réduit en esclavage. Solon fait détruire les bornes permettant aux paysans de rester sur les terrees qu’ils travaillent sans avoir à verser de loyer et de devenir de véritables propriétaires. Les paysans endettés ne pourront plus être réduits en esclavage avec effet rétroactif à la loi qui instaure cette réforme. Leurs dettes ne seront pas abolies mais réduites d’un tiers par une manipulation monétaire. Solon veut traiter toutes les catégories sociales équitablement : « Si j’avais voulu, dit-il, ce qui plaisait alors aux ennemis du peuple ou encore ce que leurs adversaires leur souhaitaient, la cité fût devenue veuve de bien des citoyens. C’est pourquoi, déployant toute ma vigueur, je me suis tournée de tous côtés comme un loup au milieu d’une meute de chiens. Au peuple j’ai donné autant de puissance qu’il suffit, sans rien retrancher ni ajouter à ses droits. Pour ceux qui avaient la force et en imposaient par leurs richesses, pour ceux-là aussi je me suis appliqué à ce qu’ils ne subissent rien d’indigne. Je suis resté debout, couvrant les deux partis d’un fort bouclier et je n’en ai laissé aucun vaincre injustement ». Ils disposent tous de droits identiques dont ceux d’entrer à l’Assemblée pour parler, de voter... siéger comme juges quand ils ont l’âge requis.De facto, la liberté individuelle est absolue. Dès lors que Solon interdit de garantir une dette sur la personne du débiteur, ce principe prend une extension sans limites. Aucun citoyen ne peut être réduit en esclavage ni assujetti à aucune forme de servitude même conditionnelle et temporaire. La contrainte par corps n'existe pas plus au profit de l'Etat qu'au profit des particuliers. Les Athéniens sont des citoyens libres et égaux car l'égalité est pour eux la condition de la liberté et les seuls mots qui servent dans leur langue à distinguer le régime républicain des autres régimes sont ceux d'isonomia, égalité devant la loi et d'isègoria, droit égal de parler. Plutarque, constatant l’effet produit par la loi sur les testaments, écrit que « Le pouvoir de tester n’était point reconnu avant Solon ; tous les biens du mort restaient dans la famille. Solon permit à ceux qui n’avaient pas d’enfants de disposer à leur gré de ce qu’ils possédaient. Il préféra l’amitié à la parenté, la liberté du choix à la contrainte, et il voulut que chacun fût véritablement maître de ses biens ; mais il posa des limites : il ne ratifia pas indistinctement toute espèce de donation, mais celles-là seules qu’on aurait faites librement, « et non sous l’influence des maladies, des breuvages, des maléfices, ou arrachées par violence ou captées par les séductions d’une femme ».

La loi distingue deux successions : la succession légitime et la succession testamentaire. Les citoyens de naissance peuvent tester ; les étrangers, même naturalisés, les femmes et les mineurs sont incapables juridiquement. Jusqu’à sa mort, le testateur peut modifier ou révoquer les dispositions antérieures et de nombreuses formalités s’imposent à lui pour assurer l’exercice libre et sincère du droit. ¤ Les mesures politiques – Solon poursuit l’œuvre de Dracon et entreprend la première codification écrite des lois. Il institue un nouveau statut des personnes qui ébranle l’ordre social traditionnel entendu qu’il prend en compte comme seul critère de distinction sociale, la richesse au lieu de l’origine sociale comme précédemment. Solon répartit les citoyens en quatre classes selon leur fortune personnelle : a) la première classe, pentacosiomédimmes, peut accèder aux fonctions d’archonte, à l’Aréopage et autres magistratures supérieures : ce faisant, il brise le privilège des Eupatrides et permet l’accession des hommes les plus riches ; b) la classe des chevaliers et celle des zeugites qui peuvent accéder aux magistratures inférieures et à un nouveau Conseil institué, la Boulê, à la satisfaction des hoplites ; c) la classe des thètes qui ne peut accéder qu’à l’Assemblée. La création de la Boulê, Conseil des Quatre Cent « permet de limiter la souveraineté du peuple ». Ce conseil qui a la charge de discuter les propositions faites par le peuple contrebalance l’influence de l’aréopage formé des anciens archontes et où ne siègent par conséquent que des aristoï. Solon décrète que tous ceux condamnés par les archontes à l’atimia – perte des droits civils – sont rétablis dans leurs privilèges complets de citoyens, exceptant toutefois de cette faveur ceux condamnés par les Ephetae, l’Aréopage ou les Phylo-Basileis (les quatre rois des tribus) après un jugement dans le Prytaneion sur des accusations de meurtre ou de trahison.¤ Les mesures judiciaires – Solon diminue les pouvoirs judiciaires de l’aristocratie et crée l’Héliée, instance d’appel à la suite d’un jugement considéré comme inique.Cette constitution, qui encourage la croissance économique en offrant la citoyenneté aux travailleurs étrangers les plus habiles, est un compromis entre l’oligarchie et la démocratie acceptable tant par les aristocrates que le peuple. La question de l’abrogation se pose : Hérodote dit que Solon après avoir exigé un serment des Athéniens qu’ils n’abrogeraient aucune de ses lois pendant dix ans, quitte Athènes afin de ne pas être obligé de les abroger lui-même. Plutarque nous apprend qu’il assura à ses lois un empire d’un siècle entier.Mais, Solon se trouve bientôt en butte aux attaques des pauvres comme des riches et, pour briser toute résistance, le peuple recours à un ultime moyen : il fait confiance à un tyran. Solon crée-t-il la première démocratie d’Athènes ? – Force est de constater que si la constitution de Solon est la base indispensable de la démocratie, elle n’est pas démocratique. « Je donnerai au peuple, dit Solon dans un des courts fragments qui nous restent de lui, ce qu’il lui fallait de forces pour ses besoins, sans agrandir ni diminuer sa dignité ; quand à ceux aussi qui avaient du pouvoir et étaient signalés pour leurs richesses, je veillerai à ce qu’ils ne fussent exposés à aucun traitement indigne. J’ai tenu le fort bouclier au-dessus des deux partis, de manière à ne permettre un triomphe injuste ni à l’un ni à l’autre » ; de plus, Aristote nous dit que Solon accorde au peuple autant de pouvoir qu’il est indispensable mais pas plus » : le pouvoir d’élire des magistrats et d’exiger d’eux des comptes. De facto, le mouvement démocratique pur et avancé d’Athènes ne commence qu’avec Kleisthenès qui, selon la phrase significative d’Hérodote, « s’associa avec le peuple ». Il faut noter que Solon laisse entre les mains de l’oligarchie les pouvoirs essentiels de l’Etat bien qu’il donne à la masse un locus standi contre les eupatrides et le met en état de se protéger par l’exercice pacifique d’un droit constitutionnel – toutefois cette protection est mise à effet par l’assemblée publique régulière et armée de prérogatives importantes fortifiée par le Sénat, son allié.

La tyrannie des Pisistratides – Les Pisistratides témoignent de la perte du pouvoir par l’aristocratie athénienne : en 561 survient une lutte pour le pouvoir entre Lycurgue, membre du parti des Etéoboutades et Mégaclès, membre de la famille des Alcméonides.De facto, suite aux réformes de Solon, Athènes sombre dans les tensions politiques en raison de luttes de factions. Les élections sont systématiquement constestées et certaines années ne comptent pas d’archontes éponymes – années Anarchia. Ces luttes dégénèrent en guerre civile opposant trois factions (563) : les Pédiens ou gens de la plaine favorables à une oligarchie, les Paraliens ou gens de la côte favorables à un régime modéré soutenus par les Alcméonides et les Diacriens ou gens des collines à la recherche d’un chef qui défende leurs intérêts.Pisistrate, un Eupatride, qui représente la région de Diacrie s’empare d’Athènes et du pouvoir (550). Il institue une tyrannie modérée et profite du soutien populaire pour juguler toute opposition de l’aristocratie.Pisistrate veille à ce qu’un membre de sa famille ou un proche soit élu archonte. Il améliore le sort des paysans en leur consentant des prêts avec des facilités de remboursement, favorise le commerce par mer, développe l’industrie, réalise de grands travaux à Athènes dont le temple de l’Acropole dédié à Athéna et fournit ainsi du travail à la plèbe.Pisistrate institue une taxe de 5% sur les revenus agricoles et les revenus du commerces afin de financer les guerres, d’embellir la cité et de célébrer des sacrifices. L’économie athénienne connaît un réel développement avec notamment la céramique attique qui détrône à l’exportation la céramique corinthienne et la production de l’huile d’olive exportée dans tout le bassin méditerranéen. Il protège les artistes faisant venir à sa cour des artistes étrangers et introduit les récitations d’Homère permettant leur publication par écrit. Il faut souligner les tyrans se caractérisent par le fait d’être de grands bâtisseurs. Aristote en donne une explication ambigüe puisque, d’après lui, ils veulent appauvrir leurs sujets afin qu’occupés à la tâche quotidienne, ils n’aient le temps de conspirer. Pourtant, par les travaux d’utilité publique tels l’adduction d’eau et les digues, ils facilitent l’existence aux citadins et le commerce maritime ; par les travaux d’embellissement, ils gagnent les dieux à leur cause et inspirent à leur peuple la fierté.A sa mort, Pisistrade laisse le pouvoir à ses deux fils aînés, Hippias et Hipparque (527) qui exercent conjointement et poursuivent la politique de leur père. Hipparque, protecteur des arts, dispose d’une part symbolique du pouvoir. Lors d’une révolte des nobles, Hermodios et Aristogiton l’assassinent (514). Hippias durcit son pouvoir et instaure un réel régime de terreur. Suite à l’expulsion des Alcméonides, Cléomène, appelé par les nobles, met fin à la tyrannie féroce d’Hippias (510). Sparte représente alors le parti aristocratique.

Le peuple athénien prend des mesures pour éviter un retour à la tyrannie (510). Une ancienne loi est remise en vigueur et procède à la révision de la liste des citoyens afin d’exclure ceux qui ont profité de la tyrannie pour exercer les droits de citoyens à l’exemple des mercenaires installés en Attique et au service du tyran ou ceux qui siégeaient à l’assemblée et à l’Héliée alors que non enregistrés dans une phratrie. On vote un décret interdisant la pratique de la torture pour les citoyens athéniens et on rétablit une loi déclarant hors la loi quiconque tente d’établir un régime tyrannique.


 



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