NOUVEL EMPIRE (1540-1070), Capitale Thèbes

Les pharaons du Nouvel Empire instaurent une période de prospérité sans précédent en sécurisant leurs frontières et en renforçant les liens diplomatiques avec leurs voisins. Les campagnes militaires menées sous Thoutmôsis Ier et son petit-fils, Thoutmôsis III, étendent l'influence des pharaons en Syrie et en Nubie. Elles renforcent également les loyautés et ouvrent l'accès aux importations essentielles telles que le bronze et le bois. Les pharaons du Nouvel Empire commencent une campagne de grande envergure pour promouvoir le dieu Amon dont le culte est basé à Karnak. Ils construisent également des monuments à la gloire de leurs propres réalisations, tant réelles qu'imaginaires. La pharaonne Hatchepsout utilise ce type de propagande pour légitimer ses prétentions au trône. Son règne a été marqué par le succès de ses expéditions commerciales vers Pount, un temple mortuaire élégant, une paire d'obélisques colossales et une chapelle à Karnak. Cependant, malgré ses réalisations, le neveu et beau-fils d'Hatchepsout, Thoutmôsis III cherche à effacer son héritage vers la fin de son règne, peut-être en guise de représailles pour avoir usurpé son trône.

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Vers 1355, la stabilité du Nouvel Empire est menacée quand Amenhotep IV monte sur le trône et impulse une série de réformes radicales et chaotiques. Changeant son nom en Akhénaton, il promeut le précédemment obscur dieu soleil, Aton, comme divinité suprême et supprime le culte des autres divinités. Il transfère la capitale à Akhetaton (Tell el-Amarna, de nos jours) et fait la sourde oreille aux affaires étrangères tout absorbé qu'il est par sa nouvelle religion et son style artistique. Après sa mort, le culte d'Aton est rapidement abandonné et les pharaons ultérieurs Toutânkhamon, Aÿ et Horemheb effacent toute référence à l'hérésie d'Akhénaton, maintenant connue comme l'époque amarnienne.


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 Vers 1279, Ramsès II monte sur le trône et continue à construire plus de temples, à ériger de nouvelles statues et obélisques et engendre plus d'enfants que tout autre pharaon dans l'histoire. En chef militaire audacieux, Ramsès II conduit son armée contre les Hittites à la bataille de Qadesh et, après que les combats atteignent l'impasse, accepte finalement le premier traité de paix enregistré vers 1258. La richesse de l'Égypte en fait cependant une cible de choix pour l'invasion, en particulier par les Libyens et les Peuples de la mer. Au début, l'armée réussit à repousser ces invasions, mais l'Égypte perd finalement le contrôle de la Syrie et de la Palestine. L'impact des menaces extérieures est par ailleurs aggravé par des problèmes internes tels que la corruption, le vol des tombes et les troubles civils. Les grands prêtres du temple d'Amon à Thèbes accumulent de vastes étendues de terres et des richesses qui contribuent à l'accroissement de leur pouvoir durant la troisième période intermédiaire.






Les pharaons du Nouvel Empire – XVIIIe dynastie : Ahmôsis 1er, Amenhotep 1er, Thoutmôsis 1er, Thoutmôsis II, Hatchepsout, Thoutmôsis III, Amenhotep II, Thoutmôsis IV, Amenhotep III, Amenhotep IV puis Akhénaton, Néfernéféruaton ( ?), Smenkhkaré, Toutânkhaton puis Toutânkhamon, Aÿ, Horemheb ; XIXe dynastie : Ramsès 1er, Séthi 1er, Ramsès II, Mineptah, Séthi II, Amenmes, Siptah, Taousert ;XXe dynastie : Sethnakht, Ramsès III, Ramsès IV, Ramsès V, Ramsès VI, Ramsès VII, Ramsès VIII, Ramsès IX, Ramsès X, Ramsès XI, Hérihor.                                                             

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                                                                La vallée des rois, Luksor 

La vallée des rois est connue pour abriter les hypogées de nombreux pharaonsdu Nouvel Empire, mais elle abrite également les tombeaux de certaines épouses et enfants de pharaons, ainsi que celles de nobles dont les pharaons ont voulu récompenser la valeur. C'est à partir de la période du règne deRamsès Ier que la vallée des reines est usitée, même si quelques épouses seront encore inhumées avec leurs maris par la suite.La plus ancienne tombe connue sur le site est celle de Thoutmôsis Ier et, à partir de Thoutmôsis III, à l'exception d'Akhénaton, tous les pharaons desXVIIIeXIXe et XXe dynasties y seront inhumés (approximativement de -1539 à -1075). La dernière tombe connue d'un pharaon est celle de Ramsès XI (tombeKV4).

L'art - Sur le plan architectural, après l'ère tumultueuse de la Deuxième Période Intermédiaire (v.1650-1550/49), c'est avec la réunification du royaume que l'art peut à nouveau reprendre ses marques, en revenant, comme au début du Moyen Empire (2022-1650) aux formes simples. Avec les nombreux succès militaires des Rois Thébains de la XVIIe dynastie (1625-1549), contre l'envahisseur Hyksôs, qui caractérisent le début du Nouvel Empire, de nombreuses constructions sont réalisées, tel que le domaine d'Amon à Karnak. On note aussi un grand nombre de temples funéraires sur la rive gauche de la capitale.

Avec la XVIIIe dynastie (1549-1295) l'expansionnisme Égyptien étant à son plus haut niveau et les victoires se succédant, le pays devient de plus en plus riche et les souverains vont le parer de magnifiques réalisations. Le temple de Karnak fut agrandit au cours des siècles pour remercier le Dieu Amon de ses faveurs, jusqu'à faire de cet édifice le plus gigantesque sanctuaire qu'ait connu le monde antique, sa salle hypostyle recouvrant à elle seule une surface de 5000 m² pour une hauteur de 24 m.

Parmi les autres prouesses architecturales accomplies au cours du Nouvel Empire ont citera un grand nombre d'obélisques et de statues colossales édifiées tout au long de cette période et dont le souverain bâtisseur le plus actif dans ce domaine, fut sans aucun doute le Pharaon Ramsès II (1279-1213). Certains souverains se caractérisèrent par leur volonté de marquer le royaume de leurs empreintes par l'accomplissement de prouesses architecturales.

Avant Ramsès II et son temple d'Abou Simbel, ainsi que sa capitale Pi-Ramsès, on citera surtout les réalisations de la Reine Hatchepsout (1479-1457), dont son magnifique temple de Deir el-Bahari, édifice monumental adossé à la falaise où des dizaines de portiques furent posés sur trois terrasses superposées. Mais aussi Amenhotep IV (ou Amenôphis ou Akhénaton, 1353/52-1338), qui par sa révolution religieuse créera lui aussi une ville, Amarna d'où en découlera un nouveau style artistique appelé, l' art Amarnien.

Dans le domaine des arts graphiques et de la statuaire, on a d'abord eu recours aux principes du passé, mais peu à peu, le style du Nouvel Empire s'est affirmé jusqu'à atteindre un degré de maîtrise tel que cette période sera considérée comme l'âge d'or de ce mode de représentation.

Dans les tombeaux, on s'écarta de la représentation des scènes de la vie quotidienne et ce furent les événements importants d'une vie qui furent dépeints pour l'éternité. Il y eut de nombreuses nouveautés introduites dans les motifs, comme les plantes, les fleurs, les oiseaux, les paysages etc... Cette période fut aussi marquée par une plus grande ouverture de l'Égypte vers l'étranger et cela se ressentit dans les styles qui évoluèrent au rythme des influences étrangères. La statuaire vit également de nombreuses innovations.

Au niveau des accessoires sont introduits des emblèmes divins. Sous le règne d'Amenhotep IV on l'a dit plus haut, tous les talents se libérèrent sans que l'on sache vraiment la signification de ce grand changement. Les statues cube ne perdent pas de leur importance au contraire, les formes sommaires et stylisées reviennent dans la statuaire privée, placées dans la cour des temples. Leurs formes de plus en plus dépouillée, où les corps se réduisent à un simple cube d'où n'émerge plus que le visage, offrent de belles surfaces planes permettant d'ajouter des inscriptions, prières et dédicaces.

À l'époque Ramesside, les attitudes et les costumes se diversifient. Les formes du corps apparaissent plus souples et un peu plus détachées du bloc. On va ensuite rencontrer durant la Basse Époque des œuvres remarquables par leur vérité et leur réalisme, que l'on retrouve aujourd'hui dans tous les grands musées mondiaux.

La période Amarnienne (v.1350 à 1338) - Au cours de la XVIIIe dynastie, le Pharaon Amenhotep IV (Aménophis ou Akhénaton, 1353/52-1338) décide, peu après son arrivée au pouvoir, d'abolir la religion polythéiste en place et surtout le culte d'Amon. Il installe sa capitale en Moyenne-Égypte, à Amarna et met en place une religion monothéiste basée sur le culte d'Aton, Dieu du disque solaire. Ce bouleversement va se ressentir dans l'art, surtout dans la statuaire, sans que l'on en connaisse aujourd'hui pleinement la signification. Certains textes de l'époque (Dont une stèle du sculpteur Bak) nous rapportent que le souverain lui-même aurait enseigné aux artistes ces modifications profondes dans la représentation.

Fragment de relief représentant Akhénaton et sa famille - Ägyptisches Museum – Berlin.

Ce nouveau style qui se développe est appelé l'art Amarnien. Il est très différent par bien des aspects de l'art classique en place avant lui. Dans le domaine des arts graphiques, l'art royal, représente le souverain et sa famille dans des scènes intimes. Ce sont des nouveaux sujets que les artistes peignent ou gravent sur les fresques et bas-reliefs. La Reine Néfertiti est assise sur les genoux du Roi, les enfants jouent avec leurs parents, le Roi embrasse la Reine, la famille est en train de manger, on voit des cadeaux, des gestes d'affection, ce qui est unique dans l'histoire de l'art Égyptien.

Jusque là, l'art officiel représentait avant tout le Roi dans des postures manifestes. La peinture illustre aussi les grands hymnes naturistes : Plantes, fleurs, oiseaux et papillons aux couleurs éclatantes qui prennent leur envol. Le Dieu solaire Aton est représenté surmonté d'un disque placé dans le ciel. Il communique avec tous les membres de la famille royale grâce à des petites mains situées à l'extrémité de ses rayons. La prospérité et l'intimité de la famille royale garantissent l'équilibre de l'Empire. Les tombes des nobles sont décorées de scènes de la famille royale qui se rend au temple d'Aton sur un char. L'art décoratif Amarnien est constitué d'objets de verrerie et de faïence d'une grande qualité. Les décors du mobilier et la bijouterie deviennent sophistiqués. L'or est coloré de rose. Certains archéologues estiment que l’iconographie d'Amarna ne faisait que suivre une exigence du Pharaon, qui voulait que fût mis en évidence le lien exclusif qui unissait la famille royale, au Dieu unique et créateur de toute vie.

Au niveau de la statuaire, les fouilles entreprises sur le site de Tell el-Amarna par Ludwig Borchardt et la Deutsche Orient Gesellschaft révélèrent au monde entier un art surprenant, mais d'une grande beauté, que par ses formes on pourrait tout à fait présenter comme de l'art contemporain. Certaines de ces œuvres sont aujourd’hui la possession du musée Égyptien de Berlin. Après la mort d'Amenhotep IV, la religion traditionnelle reprenant sa place et les artistes reviendront à un style plus classique, mais qui restera marqué par certains aspects de l'art Amarnien.

L'art Amarnien dans ses représentations humaines, se veut réaliste (Voir le fameux buste de Néfertiti, du sculpteur Thoutmès ci-contre), vivant, expressif, voire caricatural, privilégiant les courbes. Souvent considéré comme excessif, cet art se singularise par de longs visages au crâne allongé, l'œil est oblique presque exorbitant, les paupières lourdes avec des rides d'expression, les lèvres minces et serrées ou au contraire très charnues et bien dessinées, une moue boudeuse avec des pommettes accentuées, de longs cous et des corps mous avec des ventres très courbé.

Amenhotep IV y a souvent une apparence androgyne ou caricaturale, ainsi, les statues colossales découvertes dans le temple d'Aton, à Karnak, construit par ce Pharaon. Le Souverain est présenté avec tout un tas de tares physiques : La déformation crânienne, le visage émacié, les lèvres charnues, le menton prognathe, la poitrine étriquée, le ventre proéminent, les hanches féminines exagérément accentués.
Sur un bas-relief, aujourd’hui conservé au musée de Berlin, Néfertiti et les petites Princesses sont représentées avec le même visage étiré en longueur, en tout point identique à celui d’ Amenhotep IV qui leur fait face. Cet excès se tempéra avec le magnifique buste du souverain coiffé de la couronne bleu, aujourd'hui au musée du Louvre. Si la révolution religieuse introduite par Amenhotep IV fut sans lendemain, l'influence Amarnienne demeura sur l'art Égyptien.

 

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