Penser l'histoire en fonction de la dialectique maîtrise et servitude - Camus

L’on peut considérer que le parti socialiste à moins de trois années d’échéances électorales importantes, la présidentielle et les législatives, est en perdition. Il est vieilli, mal utilisé, ne sert à rien, n’a aucune utilité publique, s’opposant parce que dans l’opposition, asséché de toutes idées novatrices, chacun de ses dirigeants et chaque courant de pensée la jouant perso.

« Je regarde les grands phénomènes de ce régime (Louis XIV) comme de beaux phénomènes dont je rends compte sans remonter au premier principe » Voltaire sans doute le philosophe a-t-il pensé ou a-t-il voulu faire allusion au principe du bien et du mal, ne pouvant ne pas connaître l’envers de la médaille : la profonde misère du peuple qui régnait alors. Par phénomène, voulait-il parler des grands hommes du siècle des Lumières, des grands capitaines et des brillants hommes politiques qui ont jonché ce siècle ? Phénomènes dont ce siècle qui commence et celui qui vient de s’achever ne nous ont pas accoutumés.

Nous sommes perplexes quand à l’idéologie qui anime ce parti. Il nous est difficile d’appréhender le parti socialiste tant les contradictions et les paradoxes foisonnent.

Le goût d’exercer concrètement le pouvoir au niveau local leur fait perdre toute perspective nationale pour l’intérêt général de la Nation. Le fait de disposer de nombreux élus locaux fait du parti socialiste un parti qui reste néanmoins puissant de part sa capacité financière – l’Etat verse pour chaque élu une somme d’argent déterminée au parti. Le destin national semble peu leur importer. Intellectuellement, leur idéologie est passéiste et ne correspond plus à la réalité sociale-économico-politique.

Les socialistes n’ont pas pris conscience de la cause de leurs échecs aux deux dernières élections – deux dernières élections présidentielles et dernières élections européennes. Ils persistent à les justifier par la présence d’une multiplicité d’autres partis se référent à gauche, générant un éparpillement des votes et ne semblent pas comprendre que nombre de leurs électeurs potentiels, ne croyant plus en eux et n’ayant aucune affinité avec les autres partis dits de gauche, se contentent simplement de ne plus voter. Le nombre de ces non-votants justifie leurs échecs. Il est vrai que la crédibilité du parti socialiste s’évapore lorsque celui-ci fait le grand écart entre Bayrou et Besancenot dont les idéologies sont radicalement opposées.

La majorité des socialistes, si l’on peut encore les nommer ainsi, ont-ils seulement idée de ce qu’est la société actuelle ? L’Eglise exige de ses ouailles qu’elles ne dérogent pas de la ligne de conduite édictée par ses apôtres – les instances papales et leurs fonctionnaires. Le PS rejoignant en cela les coutumiers de la droite française pense obtenir meilleur résultat en exigeant de ses membres qu’ils fussent dociles, maléables et obéissants. A t-il oublié que la liberté de penser et de s’exprimer ne peut exister sans liberté d’opinions et toute opinion, à condition qu’elle ne soit corrompue, est bonne à entendre. L’ensemble des opinions d’un groupe se doit d’être débattu à fin, par suffrage, d’en extirper la quintessence. Il devrait importer aux hommes les opinions qui unissent plutôt que celles qui les divisent. Les idées partagées portées par le jugement de la majorité d’un groupe social doivent être prises en considération en dehors de tout intérêt personnel. Pour résumer, le PS se doit dans son fonctionnement inciter chacun de ses membres à la réflexion et non désirer qu’il se détermine seulement par rapport aux personnes dirigeant ce parti. Ceci étant dit, il reste au parti de s’attacher à une tâche ardue, à savoir la recherche de tout ce qui affecte la société ; recherche signifiant l’effort de l’esprit pour trouver la connaissance, la vérité, les remèdes nécessaires à fin d’améliorer les conditions de vie de tout un chacun et de son habitat sur la planète. La paresse intellectuelle dans laquelle le parti est englué tient surtout du fait du discours identique, rabâché depuis plus d’un demi siècle et illustré sous l’ère Mitterand alors que le monde est en constante évolution.

Il existe dans l’hexagone des gens de gauche dans ce parti ou s’étant éloigné de lui dont vous n’exploitez pas les compétences et les savoirs. L’ambition démesurée de certains de vos membres déconnectés de la société civile empêche la consultation de ces personnes de progrès.

Pourquoi ne pas, à l’instar du gouvernement, constituer des départements relatifs aux différents domaines d’activité de l’Etat et instituer des missions pour chacun d’entre eux à charge de cerner les difficultés, les problèmes qui se posent dans notre société et de proposer des solutions efficientes. Il me semble que parmi ces chargés de mission, les députés et sénateurs du groupe pourraient être mis à contribution.

Me Aubry, secrétaire général du parti, vous avez écrit à M. Vals lui demandant de prendre ses responsabilités et de cesser toute critique envers le parti et votre personne. Il eut été plus judicieux de lui demander quels idées ou projets il avait à proposer. A votre place, je l’aurai chargé d’une mission en relation avec ses compétences ; il aurait alors eu à choisir entre l’exécution de cette tâche ou le refus, se discréditant alors et prouvant ainsi qu’il n’est pas au service du parti.

Il est encore temps de désembrûmer les cerveaux sclérosés du parti. Il existera toujours un parti social mais il n’est pas certain que le PS participe encore longtemps de la vie politique française. Je donne pour exemple le PC et autres bricoleurs de gauche qui ne survivent que parce que le PS est moribond. Si le PS représentait une alternative crédible à la politique menée actuellement par le gouvernement, son électorat potentiel se réunirait et les partis de gauche autres disparaîtraient faute d’électeurs et de financement.

PS (post scritum) : ce qui chagrine les jeunes cadres dynamiques du PS c’est que, n’étant ni éléphants, ni éléphanteaux, ils n’auront pratiquement pas l’opportunité d’obtenir une consécration d’Etat avec privilèges à vie à la clef et ne pourront en conséquent placer les leurs.

Les seules missions confiées aux socialistes ne le sont que par le président actuel, M. Sarkozy, d’obédience de droite.

Quels reproches à adresser au PS ?

Le PS actuellement génère de la crainte pour diverses raisons liées à leur pratique antérieure du pouvoir. La première crainte est liée directement au rapport du PS avec l’argent et, en particulier, au programme de dépenses projeté par le PS s’il vient au pouvoir. Les 33% d’augmentation des impôts des collectivités locales administrées par le PS ne sont pas de nature à rassurer la population. Or, au niveau national, l’augmentation de la dette publique due à une augmentation des dépenses publiques emporte une augmentation des taxes et des impôts ou leur création comme ce fut le cas avec la création du RDS ou de la CSG et l’augmentation progressive de leurs taux.

Comment oublier l’interdiction de sortie de capitaux qui suit l’élection de Mitterand à la présidence en 1981 ? Le projet de taxer les produits bancaires s’adresse à toutes les couches de la société, étudiants, retraités, classes moyennes, inquiète et ce dans l’unique but de stimuler la consommation car l’économie repose sur la consommation et le crédit.

La deuxième crainte est liée à l’économie. L’on ignore si le PS prévoit d’éventuelles nationalisations emportant nécessairement une augmentation de la dette publique mais la mesure projetée dans le programme présidentielle de Me Royal relatif à l’intervention salariale dans l’administration et la gestion des entreprises, enlevant aux patrons et aux PDG leur pouvoir de direction et de décision relativement aux choix stratégiques et prospectifs, ne peut qu’interpeller. Il faut à ce titre rappeler que le PS évoque continuellement les quelques 250 entreprises du CAC 40 alors que la France compte environ un million et demi de PME-PMI. Participe de la même idée, l’interdiction des licenciements ou l’obligation de suivre une procédure de licenciement qui paralysent les employeurs préférant ne pas embaucher que de connaître des difficultés pour licencier. Ceux-ci font le choix de présurer un peu plus leurs salariés pour répondre à la demande, leur faire faire des heures supplémentaires ou de recruter uniquement des intérimaires qui n’accéderont qu’à des emplois précaires, souvent mal rémunérés ne leur permettant pas de se projeter dans l’avenir car connaissant la peur de ne pas retrouver du travail à la fin de chacune de leur mission d’intérim.

De même, l’imposition des machines sur les sociétés alarment les entrepreneurs car si certaines entreprises telles celles de services emploient du personnel et peu de matériel outil, d’autres à forte valeur ajoutée ou à la pointe de la technologie utilisent essentiellement des machines d’un prix déjà fort élevé et nécessitant des années d’amortissement. L’appréhension des conséquences du relèvement des charges sociales sur les salaires et une augmentation des impôts sur les sociétés constitue également une crainte justifiée relativement à l’économie française qui se doit d’être concurrente, à forte valeur ajoutée et liée directement au taux d’emplois existant ou créés dans notre pays.

L’industrie était un des fleurons de notre pays qui aujourd’hui est devenu un pays essentiellement de services. Le déclin économique de la France ne peut être nié. Or, la France ne peut se contenter d’être un pays de services, de technologie de pointe et productrice de produits de luxe, à haute valeur ajoutée ; une industrie lui est nécessaire dont principalement la métallurgie lui évitant une dépendance vis-à-vis des pays émergents, où le coût de la main d’œuvre est moindre, producteurs d’acier, à l’instar de la Chine et de l’Inde.

La France se faisant au fil des années a vu disparaître des « métiers » et des savoirs-faire qui sont perdus à jamais. Ces politiques économiques de « laisser-faire »* génèrent une progression du chômage sans équivalent dans les pays industrialisés – 5,2% de la population active en 1977 ; 9,2% en 2003.

* « laisser-faire » phrase de Vincent de Gournay, physiocrate, prônant l’auto-régulation du marché économique et le libéralisme avec une intervention de l’Etat quasi-nulle.

Parler de programme de dépenses publiques, c’est aussi évoquer la problématique du fonctionnement de l’Etat. Le PS envisage le recrutement de fonctionnaires supplémentaires dans l’éducation nationale par exemple alors que le nombre d’élèves diminuent. Si « être fonctionnaire » est le désir de 80% des jeunes, prouvant ainsi l’angoisse qui les étreint relativement à leur avenir, il est certain que les Français n’attendent pas un accroissement du nombre de ceux-ci mais une rationalisation des emplois publics. Si leur utilité et leur nécessité n’est pas à démontrer dans certains secteurs tels la santé, dans d’autres tels les finances, ce n’est pas ou plus le cas – il serait temps aussi d’envisager la suppression des doublons*.

* même après le transfert de certaines compétences aux collectivités territoriales, les doublons sont les postes non supprimés dans la fonction publique d’Etat alors que leur compétence ne ressortit plus à la fonction publique d’Etat

Hors les problématiques que nous venons d’aborder, il faut évoquer la vision socialiste de la société française. Prenons deux exemples concrets : l’éducation et le social. Quelle vision pour l’éducation dès lors que l’on pose comme objectif 80% des élèves d’une classe d’âge devant avoir le BAC ? – politique poursuivie par les gouvernements de droite qui assurent ensuite l’exercice du pouvoir. Les connaissances et les compétences des bacheliers régressent et, bien que l’obtention du diplôme leur permette l’accès à l’Université, nombre d’entre eux échouent – notons à ce sujet juste un chiffre, 50% des étudiants inscrits en 1re année de licence n’obtiennent pas le titre de licencié. Combien abandonnent avant la Licence ? Combien changent d’orientation ?… Le choix d’une société ne peut être le nivellement par le bas, il ne peut être que l’excellence même si celle-ci passe nécessairement par un système élitiste efficace et non discriminatoire en soi puisque le lycée Henri IV comptait plus d’élèves des classes moyennes et défavorisés il y a quarante ans qu’aujourd’hui. Le social est un autre domaine où la vision de la société transparaît. La création du RMI semblait en soi une bonne chose à condition que le I, l’insertion, soit une réalité. Or, il nous faut constater que certaines personnes depuis 20 ans perçoivent le RMI sans qu’il leur soit fait demande d’une contrepartie. Allocation de solidarité à sa création, le RMI était une aide, il est devenu un moyen d’assistance, la charité que l’on attend de l’Etat mais il correspond à la charité que demande le SDF. Il est devenu une manière de vivre et s’envisage par nombre d’allocataires comme un revenu normal. Est-il normal qu’un pourcentage de la population puisse vivre « subventionné » par ceux qui travaillent et paient des impôts ? Certes non, mais rien d’étonnant si l’on considère qu’il faut « travailler moins et gagner autant », que nous vivons dans une société de loisirs et de consommation, que les patrons sont tous des êtres ignobles et que le travail est une corvée. Si les ouvriers étaient fiers autrefois de nourrir leur famille de leur travail ; aujourd’hui, il n’y a plus de honte à dire que l’on est chômeur et revendiquer de percevoir le RMI comme un du.

Autre exemple particulièrement intéressant : la vision du travailleur participe de l’accompagnement du libéralisme par les socialistes ! En effet, dès la campagne présidentielle de 1981, les socialistes sortent un slogan « chaque ouvrier peut devenir propriétaire de sa maison ». Des facilités de crédit sont alors accordés pour se faire. L’idée de d’être propriétaire, qui n’avait jusque-là pas effleurée l’esprit du monde ouvrier, grandit et fait naître un espoir. Fini les grèves qui durent… fini les grèves tout court… L’ouvrier est devenu propriétaire – enfin pas encore, il le sera lorsqu’il aura achevé de payer son crédit, à savoir dans 30 ans à condition de ne pas se retrouver au chômage ou de ne pas manquer un paiement au risque de se voir vendre « sa » maison aux enchères publiques pour un prix dérisoire, mais est aliéné à son patron qui peut alors bouleverser ses conditions de travail à loisir, demander un rendement supérieur, changer ses horaires et lui imposer des heures supplémentaires, lui demander de voir son salaire réduit de 10% afin de conserver son emploi car la société envisagerait de licencier environ 350 salariés – qui le seront plus tard pour quelques motifs que ce soit, soit répondre à la concurrence et réduire les coûts, soit délocaliser…  mais cela il ne le sait pas et accepte le sacrifice. Les socialistes ont découvert la meilleure technique pour optimiser un salariat docile au service du patronat ! Et pendant ce temps-là, la construction de logement social se réduit à peau de chagrin, les immeubles se dégradent car il manque d’argent pour les réparations, les quartiers s’enflamment ; les loyers privés explosent, le chômage – « quand le bâtiment va, tout va » - s’accroît… le déficit social aussi.

Il faut sortir des archaïsmes idéologiques ! Peut-on considérer normal que le parti actuellement au gouvernement ait projeter le service minimum dans les services publics, ce que les socialistes n’ont pas fait au nom du droit de grève. Peut-être faudrait-il leur signaler que si le droit de grève est un droit constitutionnel, le droit au travail et d’aller et venir l’est aussi. Aucun des deux n’est supérieur à l’autre, aussi est-il de leur devoir de le concilier en créant le service minimum qui par ailleurs existe dans de nombreux pays européens qui ne se targuent pas d’avoir d’excellents services publics.

Il faut avoir le courage de l’action et ne pas accompagner le libéralisme ! L’Europe libérale est en marche et les dernières élections européennes risquent d’emporter de graves conséquences pour les populations des pays européens. Comment être crédible lorsque l’on n’a pas le courage d’agir alors que l’on est « aux manettes de l’Etat » ? A ce sujet, il importe de se remémorer que les partis de gauche exerçaient le pouvoir dans la majorité des Etats de la communauté européenne et que la majorité au parlement était également à gauche il n’y a pas si longtemps. Pour quel résultat ? Aucun. Pas d’uniformisation des régimes fiscaux, pas d’uniformisation relativement au social… Les disparités favorisent le dumping social*.

* dumping social : pratiques qui consistent à vendre sur les marchés extérieurs à des prix inférieurs à ceux qui sont pratiqués sur le marché national et parfois au prix de revient ; familièrement : casser les prix

Pour illustrer l’absence d’uniformisation, prenons quelques exemples. Absence d’uniformisation du régime social : Au Danemark, 50% des revenus d’un actif sont perçus par l’Etat sous forme d’impôts directs et indirects qui, de la naissance à la mort, prend en charge les habitants du pays – enfant : crèche, personnes âgés : soin, maison de retraite… En France, la population paie de nombreux impôts et cotisent sous forme de charges sociales élevées ; la contrepartie en est un régime de sécurité sociale ; une retraite ou le minimum vieillesse ; un régime social d’allocations diverses telles l’APL, les allocations familiales… ; des services publics… alors qu’en Espagne, peu d’impôts et de charges sociales pour les particuliers mais peu de contrepartie, à savoir peu de services publics, une pension de retraite par répartition minimum, pas d’allocations familiales, des écoles publiques d’un niveau lamentable… obligeant nombre de parents à financer la scolarité de leur enfant dans le système privé, un système de santé minimum – ex : les dentistes sont privés, nombre d’Espagnols ne peuvent y accéder, c’est sans doute une des raisons pour lesquelles nombre d’entre eux viennent grâce à la Carte de sécurité sociale européenne se faire soigner en France. Absence d’uniformisation dans le domaine économique : en Espagne, le revenu minimum obligatoire est la moitié de celui de la France. Le coût de la main d’œuvre avantage la concurrence. Ex : une journée de récolte d’un salarié agricole est de 7 euros en Espagne contre presque 15 en France.

Il faut que les dirigeants du PS redéfinissent leur action ! Depuis trop longtemps, le PS est sujet à des luttes intestines qui favorisent l’élection de l’opposition à la différence du RPR autrefois et aujourd’hui de l’UMP, groupement qui constitue une machine de combat avec pour but de gagner les élections et d’empêcher l’élection d’un socialiste. La principale cause de l’échec du PS est interne : l’égocentrisme de ses dirigeants. Quelques exemples : les luttes intestines contre M. Roccard qui aurait du être le candidat de 1981 ; Mitterand qui, un fois élu, se prenant pour un roi se fait vouvoyer y compris par ses amis de 50 ans ! ; M. Jospin qui, par orgueil personnel, abandonne la campagne des législatives après avoir perdu la présidentielle et offre de facto la France à la droite ; Messieurs Badinter et Dehors qui renoncent à la candidature pour les présidentielles ne jugeant pas le moment idéal ou opportun en raison de la conjoncture économique du moment et offrant de même la France à la droite. Et ce, pour combien de temps encore ? Cet égocentrisme pour ne pas dire cette lâcheté tue l’avenir de la France et des Français et détruit l’essence même d’un parti politique. Autre illustration qui de surcroît traduit la déconnection du PS avec la société française : la candidature de Me Royal pour les dernières présidentielles. Celle-ci une fois choisi par le parti n’a pas reçu l’aide et l’appui de toutes ses composantes. Encore faut-il préciser que Me Royal est élu candidate principalement avec l’appui des jeunes encartés affluents au parti après le paiement de leur carte au rabais – 50% de réduction : le prix pour accéder à un parti en déroute ! Quelle fourberie ! Il ne suffit pas que le candidat du PS plaise aux quelques 100 000 encartés et 50 000 demi-encartés, il faut que le candidat présenté réunisse l’approbation et les suffrages des quelques deux dizaines de millions d’hommes et de femmes de gauche.

Les petites gueguerres qui secouent le PS sont le fait de quadragénaires qui n’ont pas encore eu le privilège d’un poste national – ministre, secrétaire d’Etat, conseiller… et qui souhaiteraient avoir eu aussi cette opportunité de carrière pour assurer leur propre avenir et celui de leurs progénitures. Tout le reste n’est que boniment…

Il est compréhensible que les jeunes Français fassent peu de différence entre la gauche et la droite représentées par nos partis politiques. Ceux-ci n’ayant pas la connaissance des 30 dernières années écoulées ou s’ils l’ont, ne l’ayant pas vécu, ils ne peuvent appréhender la situation avec réalisme.

Comment différencier la gauche française de la droite française ? Pour ce faire, un rappel est nécessaire : suite à la Deuxième Guerre Mondiale, une prise de conscience naît avec différents penseurs qui reformulent les doctrines démocratiques et libérales. Un bipolarisme apparaît alors : libéral / social-démocrate reconnaissant la légitimité des institutions démocratiques et libérales essentielles et ne différant que par la place accordée dans leur idéologie à l’Etat et le taux plus ou moins élevé de transferts sociaux jugés acceptables.

Le PS ne remet pas en question le marché tel qu’il existe. Dans le même esprit, il a effacé de sa doctrine le mot « Révolution » puisqu’il ne constitue plus un parti révolutionnaire. Il est un parti potentiel de gouvernement. S’il se rattache au courant social-démocrate, une difficulté se présente à lui : la concurrence de la droite. En effet, le parti de la droite majoritaire, l’UMP, bien que d’idéologie libérale est dans l’obligation de marcher sur les plantes bandes du PS pour être élu puisqu’il est contraint de « faire du social » afin d’obtenir les voix des électeurs, y compris des électeurs de droite très attachés pour une grande majorité au système de retraite par répartition, à l’éducation, au système de soins de la sécurité sociale, aux services publics… Aussi faut-il constater que la seule chose qu’il ne peut pas ne pas faire est de favoriser le patronat afin de tirer les salaires vers le bas au nom de la concurrence. Comment peut-on consommer sans salaire adéquat ? Comment réduire le social alors que la crise économique plonge la population dans les plus grandes difficultés ? Supprimer un axe du social en ce moment reviendrait à jeter à la rue des milliers, voir des millions de personnes sans aucun revenu comme c’est le cas aux Etats-Unis.

« L’homme est visiblement fait pour penser ; c’est toute sa dignité ; et tout son devoir est de penser comme il faut » Pascal

 

                                                                      Jeudi 13 août 2009

 

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