PERIODE ROMAINE DE L'EGYPTE (-30 - 476)

L'Égypte dans l'Empire romain, vers 120.

Actium                            Bataille d'Actium opposant Marc-Antoine à Octave, fils adoptif de César, futur empereur Auguste

L'Égypte passe sous la domination romaine en 30 av.notre ère. Elle conserve un statut particulier durant tout l'Empire romain. Le pays reste un des principaux greniers à blé pour Rome, et la religion égyptienne continue de rayonner dans l'ensemble du bassin méditerranéen. Le pays bénéficie de la Pax Romana pendant plusieurs dizaines d'années.

Après la mort de Cléopâtre VII, l'Égypte devient une province de l'Empire romain, gouvernée par un préfet choisi par l'empereur, et non par un gouverneur de l'ordre sénatorial. L'héritage des Ptolémées n'est cependant pas totalement effacé : le grec reste une langue courante dans l'administration. Il n'y a pas de colonisation massive de l'Égypte par les Romains. Ces derniers respectent et même adoptent le panthéon et le culte égyptiens, même si le culte de l'empereur et de Rome est progressivement introduit.

Les premiers préfets romains en Égypte : Caius Cornelius Gallus - Gaius Aelius Gallus - Gaius Petronius.

Après la destruction du temple de Jérusalem par les Romains en 70, Alexandrie devient l'un des grands centres d'immigration et d'études juives. Sous Trajan, une révolte des Juifs d'Alexandrie entraîne la suppression de leurs privilèges.

Hadrien visite plusieurs fois l'Égypte et fonde la ville d'Antinoupolis, en mémoire de son jeune amant Antinoüs qui s'était noyé dans le Nil. Sous Marc Aurèle, une importante révolte éclate, attribuée aux boukoloi, les bouviers du delta du Nil. Cette révolte trouve sans doute ses causes en partie dans les difficultés que connaît la province. Les crues du Nil ont été faibles, l'épidémie dite de la « peste antonine » touche la province et l'on assiste à la fuite de nombreux paysans face aux exigences fiscales. La révolte éclate vers 169, et semble culminer en 172, elle fut suivie de plusieurs répressions de la part des Romains, mais aussi d'une remise d'impôt. On a pu voir dans cette période la fin de la prospérité égyptienne. En 175, Avidius Cassius, qui a dirigé les forces romaines durant la révolte, se déclare lui-même empereur et est reconnu par les armées de Syrie et d'Égypte. L'usurpateur est finalement abattu, et l'empereur rétablit la paix après une visite à Alexandrie. Une autre révolte éclate en 193 lorsque Pescennius Niger est proclamé empereur à la mort de Pertinax. Plus tard, l'empereur Septime Sévère donne une constitution à la ville d'Alexandrie.
L'empereur Caracalla (211 à 217) accorde la citoyenneté romaine aux Égyptiens libres, comme à tout autre habitant de l'Empire.

Le IIIe siècle est marqué par une série d'usurpations et de guerres, en Égypte comme dans l'ensemble de l'Empire romain. En 272, la reine de Palmyre, Zénobie conquiert temporairement l'Égypte. Deux généraux basés en Égypte, Probus et Domitius Domitianus, mènent des révoltes et deviennent empereurs. L'empereur Dioclétien reprend l'Égypte en main, et réorganise la province à la fin du IIIe siècle.

Les empereurs romains.Temple de Dendour, construit sur ordre d'Auguste, conservé au Metropolitan Museum of Art de New York A mesure que Rome compte davantage sur ses importations de grains en provenance d'Égypte, les Romains s'intéressent fortement à la situation politique du pays. La poursuite des révoltes égyptiennes, l'ambition exacerbée des politiciens et les puissants opposants syriens rendent cette situation instable, menant Rome à envoyer des forces pour sécuriser le pays comme une province de son empire .

Période romaine. L'Égypte devenue une province de l'Empire romain en 30, après la défaite de Marc Antoine et de Cléopâtre VII par Octave lors de la bataille d'Actium. Les Romains dépendent alors fortement des expéditions de grain en provenance d'Égypte, et la légion romaine, sous le contrôle d'un préfet nommé par l'Empereur, réprime les révoltes, applique strictement la collecte de lourdes taxes et empêche les attaques de bandits qui devenaient de plus en plus répandues. Alexandrie devient un centre de plus en plus important sur la route commerciale vers l'Orient, au fur et à mesure qu'augmente la demande de Rome pour l'exotisme oriental.

Bien que les Romains aient une attitude plus hostile que les Grecs à l'égard des Égyptiens, certaines traditions comme la momification et le culte des dieux traditionnels se poursuivent. L'art du portrait de momies est florissant et quelques-uns des empereurs romains se font eux-mêmes dépeindre sous les traits de pharaons, mais dans une moindre mesure toutefois que les Ptolémées. L'administration locale adopte le style de l'administration romaine et reste fermée aux Égyptiens indigènes.

Dès le milieu du premier siècle de notre ère, le christianisme s'enracine à Alexandrie sous la forme d'un culte alternatif accepté. Il s'agit toutefois d'une religion sans compromis qui cherche à gagner des convertis issus du paganisme, menaçant ainsi les traditions religieuses populaires. Cela conduit à la persécution des convertis au christianisme dont le point culminant est atteint avec les grandes purges ordonnées par Dioclétien (303-304). En 391, l'empereur chrétien Théodose présente une loi qui interdit les rites païens et ferme les temples. Alexandrie devient le théâtre de grandes émeutes anti-païennes au cours desquelles l'imagerie religieuse publique et privée est détruite. Par conséquent, la culture païenne de l'Égypte décline progressivement. Alors que la population indigène continue à parler sa langue, l'aptitude à lire les hiéroglyphes disparait avec la diminution du rôle des prêtres et prêtresses des temples égyptiens. Les temples sont d'ailleurs parfois transformés en églises ou abandonnés dans le désert.

À la chute des Ptolémées, les traditions égyptiennes sont restées en usage et la religion pharaonique est toujours respectée du pharaon Djéser à l'empereur Hadrien.

Si l'Égypte est importante aux yeux des Romains, c'est avant tout parce que le pays, avec la Tunisie, est le grenier à blé de l'empire. L'Égypte appartient personnellement à l'empereur et non au Sénat. L'époque romaine est une période assez honteuse pour les Égyptiens, considérés comme des personnes de basse catégorie. Ils endurent des conditions de vie difficiles.

Des temples sont construits, ou bien les Romains embellissent ou achèvent les temples commencés par les Ptolémées. L'art de cette époque est grossier et sans comparaison avec l'époque de Séthi. Ainsi sont construits la ville d'Antinoupolis, par le Romain Hadrien, le kiosque de Trajan à Philæ, le temple de Dendérah embelli par Auguste, plusieurs mammisi, etc.Le pharaon est le fils des dieux, sans lequel il n'y a que désordre en Égypte. L'empereur romain va se représenter, comme les Ptolémées, à la mode égyptienne, il doit se soumettre spirituellement au peuple, dont il se moque bien de respecter la tradition, hormis quelques exceptions.

Après 391, date de fermeture des temples païens, de grands bouleversement religieux apparaissent : le christianisme prend son essor, mais ne séduit vraiment le pays qu'à partir du Ve siècle voire du VIe siècle.

L'Empire romain d'Occident s'effondre en 476, date de l'abdication de Romulus Augustule. Il ne reste alors que celui d'Orient, dont le centre est Byzance, ou Constantinople, civilisation mêlant tradition grecque et romaine, bien qu'une tendance orientale se forme définitivement à partir du VIIe siècle.

L'Égypte est alors dirigée par un préfet envoyé par Byzance, qui gouverne depuis Alexandrie. Après la fin du culte d'Isis sur Philæ, la civilisation égyptienne meurt, son histoire tombe dans l'oubli.

Ici s’arrete l’Histoire de l’Egypte Antique qui aura durée plus de trois millenaires et dont le parcours ,à quelques exception près, remarquable , donnera au dirigeants de notre époque matière à réflexions. J’èspère avoir à les commenter lorsque l’ensemble des chapitres de ce blog sera clos.

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