Qu'advient-il du peuple français pendant la monarchie absolue?

Sous Louis XIV, la France d'en bas est en guenilles. L'ouvrier agricole habite une maison d'une pièce qu'il partage la plupart du temps avec une autre famille. (C'est fort ressemblant avec la France d'en bas d'aujourd'hui : les enfants et leurs progénitures trouvant abri chez les parents). Sol en terre battue, des paillasses pour dormir, une cheminée où pend la crémaillère, une armoire où l'on range la vaisselle en terre cuite, les chemises de chambre, quelques draps et couvertures de laine. Dehors, une cabine avec quatre ou cinq poules, deux ou trois brebis que les enfants mènent paître sur les terrains communaux, élevés pour la laine et la reproduction. Pas question de les abattre pour la viande. Un potager attenant où l'on cultive quelques légumes (choux, fève, lentille, pois et navet). Ces manoeuvriers ne possèdent que quelques rares outils à main : une bèche, une faux, une fourche de bois et une faucille. De mai à octobre, ils vont sur les domaines des nobles, du clergé ou chez les laboureurs, ceux qui possèdent des terres, un cheval, une charrue, se louer pour aider à la moisson, au foin, à la vendange. Journée épuisante où hommes, femmes et enfants, cassés en deux pendant des heures, s'échinent à scier, couper, lier, entasser. Du moins sont-ils assurés de manger. Le reste de l'année, le manouvrier offre ses services comme maçon de terre, couvreur de chanvre, débardeur de bois ou charbonnier tandis que sa femme travaille à domicile pour un marchand de toile. Le repas des paysans consiste en un pain, mélange de seigle et de blé, dont on consomme 700 g par jour et par personne. Trempé dans une soupe de légumes cuite lentement dans le pot de terre accroché à la crémaillère. Chacun y plonge des morceaux de pain que le père de famille rompt au début du repas, celui-ci agrémenté par quelques œufs et, selon la province, une galette de sarazin, une bouillie de maïs ou de châtaigne. Presque jamais de viande, ni de laitage, d'où une carence en graisse, surtout l'hiver pour lutter contre le froid. La chasse et la pêche sont réservées aux seigneurs mais certains braconnent pour ramener un lapin ou un poisson.


Les terres arables sont réservées à la culture des céréales : seigle, blé, orge, avoine, millet, maïs. L'élevage reste rare sauf celui du cheval ou du mulet. Il n'y a pas de charrue pour les labours, le reste du travail des champs reste manuel. Semer à la main prend du temps et la pluie interrompt souvent les semailles que l'on n'a pas le temps de terminer avant l'hiver, donc les récoltes restent aléatoires. Elles sont, faute d'insecticides, exposées aux rongeurs et aux maladies. On moissonne à la faucille et les familles de laboureurs font appel aux jeunes enfants et aux manoeuvriers. Le rendement est de 4 à 5 grains récoltés pour un semé. Il peut parfois tomber à 1 pour 3 sur les mauvaises terres ou les années de disette. Si l'on déduit de la récolte le montant des impôts et la réserve de grains nécessaire à l'ensemencement, il ne reste plus que les yeux pour pleurer. Depuis les guerres de Richelieu, les paysans sont écrasés d'impôts alors que le clergé, la noblesse, les titulaires des offices en sont exempts. Les impôts retombent entièrement sur le peuple, surtout celui des campagnes. La taille absorbe 20% du revenu des paysans. En y ajoutant la gabelle, les aides, la dîme due au clergé (de 3 à 12%), les droits seigneuriaux... la moitié environ du revenu paysan est ponctionné par l'impôt, de quoi décourager les plus entreprenants, pourquoi travailler davantage pour engraisser le fisc ?


L'agitation paysanne diminue. Sous Colbert, il n'y eut que deux émeutes, une en Vivrais en 1670, l'autre en Bretagne en 1675. Dans le Vivarais, deux nouveaux impôts, l'un sur les chapeaux, l'autre sur les naissances. Les mousquetaires pendent après avoir écrasé la révolte quelques centaines de montagnards cévenoles et en envoient d'autres aux galères. En Bretagne, la révolte des Bonnets Rouges contre la papier timbré est toute aussi réprimée. Me de Sévigné : « Nos pauvres Bretons s'attroupaient dans les champs, se jetaient à genoux et clamaient « Mea culpa », c'est le seul mot français qu'il sache. On les pend à 14 par arbres ». Le revenu est essentiellement dépensé pour les besoins en nourriture. Pas de linge à acheter, d'huile pour s'éclairer, un morceau de lard pour les jours de fêtes. Existence désespérément triste. Les fêtes de village de plus en plus rares où l'on mangeait crêpes et galettes avec lard et châtaignes, où l'on prenait plaisir à regarder des acrobates, à écouter jouer du haut-bois, flûte ou cornemuse, où l'on dansait le menuet, la branle ou la courante, un aveugle chantait une complainte mais toujours où l'on trouvait quelques capucins ou cordeliers pour rappeler la crainte de l'enfer.


En 1686, au mois de mars, après 25 ans de répit au ministère de Colbert, l'intendant du Poitou note : « Les habitants sont obligés de manger de l'herbe bouillie ». Et celui du Languedoc : « Il y a une misère extrême parce que le blé et les châtaignes y ont manqué et beaucoup de paysans ne vivent à présent que de glands et d'herbe ». Pis encore ! La révolte de 1692 est suivie à l'automne de pluies diluviennes qui détruisent les semailles et provoquent en juillet 1693 une moisson désastreuse, « La misère et la pauvreté sont au-delà de ce que vous pouvez imaginer » écrit le lieutenant général en Normandie. Dans le pays de Caux, une infinité de peuple meurt fréquemment de faim. Il est à craindre que le peuple qui ne mange que des herbes ne coupe et ruine tous les blés avant qu'ils soient mûrs. Des spéculateurs accaparent le grain de sorte que son prix va jusqu'à quintupler. A chaque disette, marginaux, infirmes, malades, veuves sans ressources, paysans dépossédés de leurs terres, affluent vers les villes pour y trouver assistance. Ils sont éconduits et échouent dans les faubourgs des villes. La société prend peur. Aussi Mazarin, en 1656, pour assurer le salut de leurs âmes aussi bien que par mesure de police, promulgue un édit de grand enfermement confirmé plus tard par Colbert. Tous les démunis sont de gré ou de force internés dans un hôpital général qui compte bientôt trois établissements : la Salpetrière, Bicêtre, la Pitié, plus l'hospice des enfants trouvés. A quelque chose malheur est bon, même si les locataires sont mal traités, parfois mis au fer, au moins ils mangent à leur faim, un privilège. Chaque jour Paris voit mourir des centaines de personnes. La Reynie, lieutenant général de police, craignant d'éventuelles émeutes, fait construire une trentaine de grands fours dans la cour du Louvre pour y cuire chaque jour 100 000 rations de pain vendues 2 sous la livre. La vente se fait en 5 endroits : le Louvre, la place des Tuileries, la Bastille, le Luxembourg et la rue d'Enfer (?). Pour la seule année de 1694, 1 000 000 de personnes meurt de faim, de froid ou de misère. C'est cette année-là (1697) que dans le Petit Poucet, Charles Perrault a compté la triste histoire de ce couple de bûcherons qui, ne pouvant plus nourrir ses sept enfants, va les perdre dans la forêt. En deux ans (1693-1694), le royaume voit son nombre d'habitants diminuer de 1 500 000 personnes, soit 6,8% de sa population. Du jamais vu avant la peste noire.


« L'oignon coupé fait venir des larmes dans les yeux et non des pleurs ». Ces deux mots ne sont synonymes qu'au pluriel. Pour larmes, j'ai recensé sur le Littret 47* citations auxquelles participent les grands hommes et Me de Sévigné, pour la plupart témoins de l'atroce misère et du profond désespoir que subit le peuple français au temps de la monarchie absolue et qui fut porté à son paroxysme pendant le règne de Louis XIV. A l'exception de trois d'entre eux. « De l'œil des rois on a compté les larmes, les yeux du peuple en ont trop pour cela » Chateaubriand. L'on ne peut pas dire de Louis le Grand qu'il fut insensible aux larmes d'autrui puisque « avec ses manières larmoyantes ( Me de Maintenon) accroche au roi 30 000 écus de pension » Saint Simon.


*Une pour Malherbes (1558-1628) ; une pour Vaugelas (1585-1650) ; quatre pour Corneille ; une pour Mairet (1604-1686) ; une pour Molière (1622-1673) ; dix pour Me de Sévigné (1626-1696) ; deux pour Fléchier (1632-1710) ; neuf pour Racine (1639-1699) ; une pour La Bruyère (1645-1696) ; cinq pour Fénelon (1651-1755) ; une pour Le Sage (1668-1748) ; une pour Saint Simon (1575-1755) ; cinq pour Voltaire (1694-1770) ; une pour Diderot (1713-1784) : une pour Ducis (1702-1794) ; une pour Chateaubriand (1768-1848) ; une pour Bossuet (1627-1704) ; une pour Buffon (1707-1788)...


D'Auvigné (1151-1630) historien à cité en parlant de la paysannerie : « Vous n'avez que des larmes aux yeux et eux que des armes ».

LOUIS XV (1710-1715-1774) est le fils du duc de Bourgogne et d'Adélaïde de Savoie. Héritier du trône à cinq ans, il subit les contraintes de la Cour en contradiction avec son tempérament émotif et secret. Sacré à Reims le 20 octobre 1722, il est proclamé majeur le 20 février 1723.Le 5 septembre 1725, il épouse la fille de Stanilas, roi détrôné de Pologne, Marie Leczinska qui lui donnera dix enfants dont deux princes. En attendant la majorité du jeune Louis, Philippe d'Orléans assure la Régence du 2 septembre 1715 au 22 février 1723. Le premier acte du Régent est de faire annuler par le Parlement le testament de Louis XIV qui légitimise les enfants qu'il a eu avec Me de Montespan. En contrepartie de l'annulation du-dit testament, le Parlement, muselé depuis soixante ans, voit rétablir à son profit le droit de remontrance. Les finances royales connaissent de grandes difficultés. Le duc de Saint-Simon propose la banqueroute du royaume de France lorsque Joseph Law imagine de substituer au numéraire métallique raréfié le numéraire papier ou billet de banque. A la mort de Louis XIV, non seulement le Trésor est vide mais les revenus des deux années à venir sont déjà dépensés. Law conçoit alors un système où l'Etat doit se faire commerçant, permettant alors aux bénéfices réalisés de rembourser la dette. En 1716, il fonde une banque privée qui, deux ans plus tard, est reconnue Banque d'Etat. Il désire qu'elle se substitue aux traitants pour la levée des impôts indirects, qu'elle dirige tout le commerce extérieure de la France et lance des emprunts pour mettre en valeur les colonies. Comme elle promet des dividendes intéressants, les actions se vendent facilement et leur prix ne cesse de monter. Avec le paiement des premiers dividendes, moins importants que prévus, la confiance du public diminuent et la vente des actions fait baisser leur valeur. Les actionnaires exigent le remboursement en or et argent mais la valeur des billets émis dépasse l'encaisse de la banque et celle-ci fait faillite. La Régence prend fin le 22 février 1723 et Louis XV règne officiellement. Le roi se décharge du pouvoir dans un premier temps sur le Régent qui meurt quelques mois plus tard, puis il s'en décharge sur Louis-Henri de Bourbon-Condé, dit Monsieur le Duc, arrière-petit-fils du grand Condé, ami des arts et des lettres ; enfin, sur le cardinal de Fleury, dont Voltaire dit de lui qu'il est un homme « sans conséquence », de façons modestes, de nature pacifique parce qu'il souhaite une politique de paix et de tranquillité pour favoriser l'enrichissement de la France, d'esprit délié, « traitant la France comme un corps robuste qui se rétablit de lui-même ». De Fleury rétablit les finances du royaume : sous son ministère, la valeur de la livre se fixe (1726) - la monnaie demeurera stable jusqu'en 1790 - et pour la première fois depuis fort longtemps, le budget s'équilibre (1739).


A la mort de Fleury (1743), Louis XV, de caractère faible, abandonne le gouvernement à ses ministres ou à ses favorites comme la marquise de Pompadour ou Jeanne Poisson, bourgeoise anoblie - co-responsable de la guerre de Sept Ans. Pensions, fêtes et constructions aggravent le déficit. Quelques ministres tentent bien des réformes mais abandonnés par le roi, ils échouent à l'exemple de Machault, ancien intendant et contrôleur général (1745-1754), qui veut établir l'égalité devant l'impôt.


LES GUERRES DE LOUIS XV : la guerre de la Succession de Pologne (1733-1735), la guerre de la Succession d'Autriche (1741-1748) et la guerre de Sept Ans (1756-1763).

A la mort de Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne, la Diète polonaise proclame roi Stanilas Leczinski, beau-père de Louis XV, auquel la Russie, la Prusse et l'Autriche font immédiatement la guerre et proclament roi Auguste III, fils du défunt. Comptant sur l'aide de la France, Stanilas poursuit la lutte et se réfugie à Dantzig assiégé par les Russes. Louis XV vole à son secours, débarque à Dantzig un continent français de 2 000 hommes. Le traité de Vienne, conclu en 1735 mais signé en 1738, fait honneur à la diplomatie de de Fleury : François, duc de Lorraine, gendre de l'empereur devient duc de Toscane ; Auguste III demeure roi de Pologne mais Stanislas Leczinski garde le titre de roi et obtient la Lorraine qui, à sa mort, fait retour à la France.


La mort de Charles VI le 20 octobre 1740 et les puissances contestant le trône à sa fille Marie-Thérèse suscitent la guerre de Succession d'Autriche. La France, alliée de l'Espagne et adversaire de l'Autriche, entre dans le conflit contre l'Angleterre en mars 1744. La guerre se divise en trois périodes.
Dans la première, la France s'empare de Pragues mais abandonnée par Frédéric II, roi de Prusse, elle est battue par les Anglais à Dettingen. Dans la deuxième, la France est alliée de la Prusse ; l'infant don Philippe entre à Milan et Maurice de Saxe remporte sur les Anglais la victoire de Fontenoy (1745) mais Frédéric II se rapproche de Marie-Thérèse avec laquelle traite également le nouvel électeur de Bavière ; dans la troisième, la France ne combat plus que pour mettre un terme à la guerre. Les victoires de Raucoux (1746) et de Lawfeld (1747) nous valent la paix d'Aix-la-Chapelle (1748) sans profit pour la France qui doit rendre ses conquêtes en Belgique, en Italie et même aux Indes. Frédéric II y gagne la Silésie et don Philippe, le Parmesan.


La guerre de Sept Ans entre la France, l'Autriche et la Russie d'une part, l'Angleterre et la Prusse de l'autre, a pour cause essentielle la soif d'expansion de l'Angleterre vers l'ouest des colonies américaines, enserrées par les forts français, du Canada à la Louisiane.


Dans la première période de la guerre (1756-1758), les Français battent les Anglais à Closterseven mais Soubise subit à Rosbach une grave défaite (1757). Dans la deuxième (1758-1760), alternative de succès et de revers ; Frédéric II, d'abord battu à Künersdorf (1759), triomphe des Autrichiens à Torgau (1760). Les Français, cette année là, remportent la victoire de Clostercamp. L'énergie que William Pitt déploie contre les Français porte ses fruits malgré les efforts de Choiseuil. La France est vaincue sur mer à Lagos et Belle-isle ; le Canada est perdu - défaite de Québec (1759). Dans la troisième période (1761-1763), Lally baron de Tollendan, officier français d'origine irlandaise, commandant des établissements français de l'Inde (1758), vaincu par les Anglais à Madras, capitule à Pondichéry (1761). L'Espagne signe avec la France le pacte de Famille (1761), ce qui permet à l'Angleterre d'attaquer les colonies espagnoles. Les traité de Paris et d'Hubertsbourg (1763) mettent fin à la guerre de Sept Ans. A l'issue de cette guerre, la France perd le Sénégal, les Indes et le Canada.


A l'intérieur du royaume de France, le mécontentement s'amplifie alimenté par le train de vie de la cour et de l'incompétence du roi à gouverner. Dans ce contexte, Robert François Damien, domestique chez plusieurs conseillers du Parlement, poignarde le roi avec une lame de 8 cm qui ne pénètre que de quelques centimètres tant les habits du roi sont épais. Le roi est si impopulaire que l'élan de sympathie du à cet attentat disparaît avec l'exécution de Damien mort pour avoir trop entendu parler de ce roi mal aimé par les conseillers qu'il servait. Pour ne pas avoir quitté la Pompadour, le roi est constamment menacé de poison et de mort. Tout le long des galeries des glaces à Versailles apparaissent des affiches menaçant la vie du roi. Avec Louis XV les hésitations et les erreurs politiques ont mené à la Révolution. C'est sous son règne que se mettent en place les éléments qui vont conduire à la fin de la monarchie. En 50 ans, le roi perd son sacré pour devenir un homme comme les autres et un homme comme les autres à qui l'on peut demander des comptes. Louis XV a eu de la chance d'être emporté par la petite vérole car c'est à lui et non à son successeur que l'on aurait demandé des comptes. L'on ne peut pas dire que le peuple durant son règne ait souffert comme ont souffert les habitants de la France sous le précédent règne, loin s'en faut mais la monarchie a été désacralisée.
Louis XV meurt dans l'indifférence générale le 10 mai 1774, il n'est plus le Bien Aimé du peuple français.

 

LOUIS XVI (1754-1774-1793), né à Versailles le 23 août 1754, fils du Dauphin et de Marie-Josèphe de Saxe, Louis Auguste devient Dauphin à douze ans, à la mort de son père. Il hérite de celui-ci, la piété, la générosité et l'aversion contre les idées nouvelles. Il devient roi à vingt ans après la mort de son grand-père, se sépare des ministres de ce dernier et ouvre son Conseil à Maurepas, à Vergennes habile diplomate à qui il confie les Affaires étrangères et à Turgot, nommé contrôleur général des Finances le 24 août 1774 mais dont il se sépare sous les instances de la reine Marie-Antoinette (1776). Il se refuse également à soutenir Necker quelques années plus tard. Il faut souligner que Louis XVI, indécis, se laisse gouverner par ses frères, les comtes d'Artois et de Provence et Marie-Antoinette. Il ne parvient pas à imposer à l'opposition aristocratique les réformes entreprises par ses ministres. Turgot, Malesherbes, Vergennes, Necker, Calonne et Loménie de Brienne échouent successivement à redresser les finances du royaume. Turgot, économiste réputé qui s'est montré excellent administrateur dans la généralité de Limoges où il est resté intendant pendant treize ans, arrive au pouvoir avec des idées bien arrêtées exposées à Louis XVI « Je me borne en ce moment, Sire, à vous rappeler ces trois paroles : - Point de banqueroute ; - Point d'augmentation d'impositions : la raison en est dans la situation des peuples, et encore plus dans le coeur de Votre Majesté ; - Point d'emprunt, parce que tout emprunt nécessite au bout de quelque temps, ou la banqueroute, ou l'augmentation d'impositions... Pour remplir ces trois points, il n'y a qu'un moyen, c'est de réduire la dépense au-dessous de la recette, pour pouvoir économiser chaque année une vingtaine de millions pour rembourser les dettes anciennes. » Il diminue son propre traitement de moitié, lutte contre les gaspillages, abaisse les frais de recouvrement des impôts, supprime les offices inutiles, propose d'établir l'égalité devant l'impôt mais ne peut cependant obtenir la réduction des dépenses de la Cour. Le 13 septembre 1774, il proclame l'entière liberté du commerce des grains soumis à une étroite réglementation. Par les édits de février 1776 enregistrés en lit de justice le 12 mars, il impose la liberté du travail industriel par la suppression des corporations et la prohibition de toute association entre les membres d'un même métier. Enfin, il propose une mesure qui provoque une vive opposition du Parlement : l'abolition de la corvée des routes. Séguier, avocat général, prononce à l'intention de chaque texte un discours s'opposant à son enregistrement et rappelle que les sujets du roi sont « divisés en autant de corps différents qu'il a d'états différents dans le royaume » et que les corps forment « comme les anneaux d'une chaîne ».


Necker prend quelques mois plus tard la direction des Finances. Ancien banquier originaire de Suisse et protestant, il est un grand admirateur de Colbert et combat les idées de son prédécesseur. En 1778, la situation financière de la France s'aggrave et pour subvenir aux dépenses nouvelles, il est réduit à emprunter. Il organise hôpitaux et prisons, abolit en partie la torture infligée aux accusés pour leur arracher des aveux. Partisan d'une centralisation modérée, il présente un Mémoire au roi sur la création des assemblées provinciales afin de faire participer les sujets à l'administration locale (février 1778). Dans un premier temps, Louis XVI permet l'expérimentation de cette méthode et autorise une assemblée provinciale dans le Berry puisque les Etats ont disparu depuis trois ans et l'an suivant, dans la généralité de Montaubant regroupant le Quercy et le Rouergue, rebaptisée province de Haute-Guyenne et enfin, dans le Dauphiné. Le Parlement de Paris, ayant pris connaissance dudit mémoire dans lequel Necker conseille de réduire le rôle des cours à la seule magistrature, prohibe l'enregistrement. Les parlementaires s'acharnent contre Necker et abandonné par Louis XVI, il démissionne (1781).


Deux ans plus tard, Calonne reçoit le contrôle des Finances. Il affirme que pour inspirer la confiance, il faut paraître riche et dépenser ; aussi accorde-t-il au roi, à la reine et aux courtisans, des sommes considérables. Après trois ans, les banquiers refusent de nouveaux emprunts.
Loménie de Brienne, archevêque de Sens, le remplace et reprend à son compte les édits de Calonne, demandant au Parlement de les enregistrer. Le Parlement refuse et mande la convocation des Etats Généraux. Louis XVI refuse, exile le Parlement de Paris à Troyes et enlève aux Parlements le droit d'enregistrement sur les conseils du garde des Sceaux Lamoignon. Le roi fait enregistrer en lit de justice à Versailles le 8 mai 1788 six édits proposés par Lamoignon. Cette réforme comporte une humanisation de la procédure criminelle avec l'abolition de la question préalable et l'instauration d'un délai d'un mois entre une sentence et son exécution ; la rationnalisation du système judiciaire avec la suppression d'un grande nombre de juridictions spécialisées et la création de quarante-sept tribunaux d'appel... les Parlements ne conservent que l'enregistrement des textes particuliers concernant le ressort de l'un d'eux. La révolte des Parlements est soutenue par la noblesse. En mai et en juin, on note de graves émeutes à Rennes ou Grenoble et l'assemblée extraordinaire du clergé de mai-juin réclame le rétablissement des Parlements dans leurs pouvoirs antérieurs et refuse le supplément de don gratuit demandé par Brienne.


Louis XVI est contraint d'annoncer la convocation des Etats généraux pour le 1er mai 1789. Il renvoie Brienne et rappelle Necker qui pense pouvoir sans risque faire appel aux Etats généraux (août 1788). A cette date, la popularité de Louis XVI est immense, attestée par les espoirs que sa décision fait naître mais contrairement à ses prévisions, les députés sont en désaccord. Les nobles désirent que les Etats Généraux soient organisés comme en 1614 : les trois ordres disposant d'une voie, délibérant et votant séparément. A l'opposé, les bourgeois veulent appliquer le dédoublement du Tiers-Etat, c'est-à-dire que les députés du Tiers soient aussi nombreux que les deux autres ordres réunis, la réunion dans une même salle et le vote par tête. Le Tiers-Etat trouve appui dans le bas clergé et rallie certains nobles, comme Lafayette.


Necker convainc Louis XVI de résister au Tiers-Etat mais en décembre 1788, le roi admet son dédoublement et l'égalité de tous devant l'impôt, le vote d'un budget régulier des dépenses et des garanties relatives à la liberté individuelle.


Les députés exigent de se constituer en Assemblée nationale. Louis XVI leur ordonne de se séparer puis cède à leur résistance, renvoie Necker puis réagit et concentre des troupes, provoquant ainsi la journée du 14 juillet. La Révolution est en marche...


Trois ans plus tard, Louis XVI arrêté puis condamné à mort par 361 voix contre 360. Le 21 janvier 1793, roi monte à l'échafaut, laissant un testament daté du 25 décembre 1792.


LE CONTEXTE PRE-REVOLUTIONNAIRE
L'émergence et la diffusion des idées nouvelles favorise une prise de conscience citoyenne. Les progrès de la philosophie constituent indéniablement la cause essentielle et nécessaire de la crise intellectuelle et morale de l'Ancien Régime. Le débat est de savoir dans quelle mesure la philosophie et les doctrines politiques influencent réellement la Révolution. Si les causes profondes sont à trouver dans le régime économique et social et les institutions politiques, la cause directe est bien le désordre des Finances et l'action menée par les philosophes. Dans les siècles précédents, le rôle de l'écrivain était dans l'ordre de l'intelligence, des idées mais non de l'action alors que désormais l'intellectuel devient un outil de la propagande concertée et organisée dans les salons puis dans le peuple.


Les progrès de la philosophie constituent indéniablement la cause essentielle et nécessaire de la crise intellectuelle et morale de l'Ancien Régime. Le débat est de savoir dans quelle mesure la philosophie et les doctrines politiques influencent réellement la Révolution. Si les causes profondes sont à trouver dans le régime économique et social et les institutions politiques, la cause directe est bien le désordre des Finances et l'action menée par les philosophes. Les œuvres maîtresses dans lesquelles s'expriment les nouveaux principes de philosophie politique et sociale s'imposent grâce à la simplicité de la langue et l'habilité du raisonnement. La connaissance et la pénétration de la philosophie des Lumières se fait parmi les lecteurs des couches aisées de la bourgeoisie. Les thèmes subversifs se généralisent constituant un idéal de l'individualisme libéral (1780), accompagné du secours à l'anglomanie qui atteint les classes dirigeantes influencées par la société libérale américaine. Le caractère distinctif de cette idéologie est l'individualisme (l'individu devient le centre de la réflexion et non le groupe humain), le rationalisme (l'on considère que la raison domine tout), le naturalisme (l'on considère que certains droits sont inhérents à la nature humaine et nul ne peut y déroger, ils ne dépendent pas d'un choix politique ou social), la proclamation de l'indépendance absolue de la personne.


Croire que les philosophes souhaitent un bouleversement général serait une spéculation erronée. Ils veulent renforcer la royauté pour la faire triompher de la réaction féodale et parlementaire et lui assujettir l'Eglise, à savoir réaliser ce que l'on qualifie de despotisme éclairé.
La philosophie des Lumières se situe à l'opposé de la pensée traditionnelle : au respect des traditions se substitue le culte du progrès, de la raison, de la confiance dans l'avenir. Cette nouvelle idéologie sociale s'impose dans la sphère du politique et sape les fondements traditionnels : au principe d'ordre, on oppose celui de liberté ; à l'obéissance, l'idée de droits naturels imprescriptibles et sacrés ; à l'idée de hiérarchie, l'idée d'égalité de nature de tous les hommes évoquée avec vigueur par Rousseau, principe qui doit conduire à une démocratie politique, à l'égalitarisme social... et aux dogmes de l'Eglise catholique, la tolérance religieuse.


L'idée se répand que le pouvoir souverain suprême n'appartient pas au roi de droit divin mais réside dans la Nation.
La loi ne se conçoit plus comme un ensemble de dispositions émanant du roi mais comme une norme fondamentale créée par la volonté populaire, une norme absolue émanant de la nation ou de ses représentants mais Rousseau apporte une précision car « il y a souvent, bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale ; celle-ci ne regarde qu'à l'intérêt commun, l'autre regard à l'intérêt privé et n'est qu'une somme de volontés particulières ; mais ôtez de ces mêmes volontés les plus et les moins qui s'entre- détruisent, reste pour somme des différences la volonté générale ». Il en résulte que c'est donc une moyenne, une vérité exprimée par la volonté de la collectivité qui fait loi. Ce dogme, greffé sur celui de la souveraineté du peuple, sera dans la pratique le triomphe d'une minorité agissante et organisée.


Ainsi deux conceptions s'opposent, l'une qui réduit l'homme tel qu'il est dans l'ordre de la création et l'autre, révolutionnaire, fondée sur la bonté originelle de l'homme et du progrès dans un monde intelligible où la connaissance ne connaît pas de limites.


La France est une société sclérosée. Le système d'organisation du pouvoir public repose sur la monarchie, le roi « très chrétien » règne par « délégation de Dieu », chacun a une place qui lui est prédestinée à la naissance et appartient à une communauté définie : l'on se trouve en présence d'une société de classes strictement hiérarchisée.


L'esprit public de 1789 permet d'appréhender les causes de la Révolution française. Le climat économique et social est mauvais : la disparition de la prospérité que connaît le temps depuis 1730, les récoltes trop abondantes qui amènent la mévente du blé puis la terrible sécheresse de 1785 qui oblige à abattre une partie du cheptel car le fourrage manque ; les mauvaises récoltes de 1788 et 1789 déterminent les prix élevés du blé donc du pain et l'on craint la spéculation ; une crise industrielle dans la mesure où certains pays comme l'Espagne se ferment à nos exportations de drap et de laine, le traité de commerce avec l'Angleterre qui ouvre le pays aux produits de l'industrie britannique ; un pays traversé d'une violente émotion politique ; un clergé qui se refuse à tout sacrifice ; un Trésor vide qui ne paie plus les fonctionnaires. Les agitateurs dans les villes trouvent un public en raison d'un chômage conjoncturel devenu important dû principalement à la concurrence des marchandises anglaises.


Tocqueville a parfaitement décrit l'état d'esprit du paysans français : « Imaginez, je vous prie, le paysan français du XVIIIe siècle, ou plutôt celui que vous connaissez ; car c'est toujours le même : sa condition a changé, mais non son humeur. Voyez-le (...) si passionnément épris de la terre qu'il consacre à l'acheter toutes ses épargnes et l'achète à tout prix. Pour l'acquérir, il lui faut d'abord payer un droit, non au gouvernement, mais à d'autres propriétaires du voisinage, aussi étrangers que lui à l'administration des affaires publiques, presque aussi impuissants que lui. Il la possède enfin ; il y enterre son cœur avec son grain. Ce petit coin de sol qui lui appartient en propre dans ce vaste univers le remplit d'orgueil et d'indépendance. Surviennent pourtant les mêmes voisins qui l'arrachent à son champ et l'obligent à venir travailler ailleurs sans salaire. Veut-il défendre sa semence contre leur gibier : les mêmes l'en empêchent ; les mêmes l'attendent au passage de la rivière pour lui demander un droit de péage. Il les retrouve au marché, où ils lui vendent le droit de vendre ses propres denrées ; et quand, rentré au logis, il veut employer à son usage le reste de son blé, de ce blé qui a crû sous ses yeux et par ses mains, il ne peut le faire qu'après l'avoir envoyé moudre dans le moulin et cuire dans le four de ces mêmes hommes. C'est à leur faire des rentes que passe une partie du revenu de son petit domaine, et ces rentes sont imprescriptibles et irrachetables... Figurez-vous la condition, les besoins, le caractère, les passions de cet homme, et calculez, si vous le pouvez, les trésors de haine et d'envie qui se sont amassés dans son cœur ».


Ainsi, faut-il convenir que l'idéologie des Lumières n'est pas révolutionnaire et n'agit qu'en qualité de révélatrice hypothétique des carences du politique dans l'accomplissement de la fonction qui lui est assignée. Les philosophes ne conspirent pas contre l'Ancien Régime, leur objectif étant strictement de réformer les institutions politiques existantes afin de réaliser le bonheur social.


Il faut convenir qu'à la fin du XVIIIe siècle, c'est moins le problème de la forme du gouvernement que les problèmes économiques et sociaux de la féodalité, de la propriété rurale, des nouvelles conditions de travail, que l'avènement de la bourgeoisie capitaliste, industrielle et commerçante, que la lutte pour la liberté industrielle préconisée par les économistes et, en particulier par les physiocrates, qui dirigent une campagne violente et réclament la suppression des réglementations et des corporations et l'établissement d'une liberté commerciale absolue. Si le roi auparavant personnifiait l'intérêt public, si le droit individuel était subordonné au droit social, dès lors, le droit de propriété apparaît antérieur et supérieur au droit de l'Etat monarchique dont le seul rôle n'est plus que la protection de la propriété et la liberté économique.


« La Révolution française n'a pas eu seulement pour objet de changement un gouvernement ancien mais d'abolir la forme ancienne de la société » Tocqueville

 
La Révolution française est une révolution bourgeoise dont le peuple n'a été que l'instrument. Les Bourgeois qui possédaient la puissance économique et faisaient que la France était la grande puissance européenne désiraient jouer un rôle politique à la mesure de la place qu'ils occupaient dans la société.

CHRONOLOGIE


1588 - 2 août, avènement de Henri IV ; 4 août, déclaration royale ; 6 août, levée du siège de Paris ; 21 novembre, entrée d'Henri IV à Tours, capitale provisoire / 1589- 25 juillet, abjuration d'Henri IV à Saint Denis ; 4 août, déclaration d'Henri IV à Saint Clous : il promet de maintenir et conserver dans son royaume le catholicisme ; 13 septembre, le duc de Savoie revendique la Couronne de France ; 20 septembre, victoire d'Henri IV sur la Ligue à Arques /1590-5 janvier, le Parlement de Bordeaux le reconnaît comme roi de France ; 14 mars, victoire d'Henri IV contre la Ligue à Ivry ; mai, début du siège de Paris ; 8 mai, mort du cardinal de Bourbon, prétendant au trône de France ; 30 août, Henri IV est contraint par les armées espagnoles de lever le siège de Paris ; février, Henri IV assiège Chartres qui capitule le 19 avril ; août, Henri IV s'empare de Noyon / 1592 - mars, le duc de Mayenne demande au roi de France d'abjurer le protestantisme /1593-26 janvier, le duc de Mayenne ouvre les Etats généraux pour élire un roi ; 28 juin, le Parlement déclare inviolable la Loi salique ; 25 juillet, Henri IV abjure le protestantisme à Saint Denis /1594 - 27 février, Henri IV est sacré à Chartres alors que Reims est aux mains de la Ligue ; 22 mars, Henri IV entre à Paris, onze provinces se rallient avec lui ; 27 décembre, Chatel tente d'assassiner Henri IV /1595-7 janvier, arrêt du Parlement bannissant les jésuites du royaume ; 17 janvier, la France déclare la guerre à l'Espagne ; 15 juin, victoire d'Henri IV sur les Espagnols à Fontaine-Française ; 18 septembre, le pape lève l'excommunication du roi de France /1596- 24 juin, la France s'allie à l'Angleterre et aux Provinces Unies contre l'Espagne ; 26 mars, le duc de Mercoeur, chef de la Ligue, se soumet à Henri IV ; fin des guerres de religion ; 13 avril, édit de Nantes : le catholicisme est religion d'état et le protestantisme minorité reconnue ; 2 mai, traité de Vervins entre Henri IV et Philippe II d'Espagne /1599 - 17 décembre, annulation du mariage d'Henri IV et de Marguerite de Valois /1600- 11 août, Henri IV déclare la guerre à la Savoie ; 18 septembre, réforme de l'Université de Paris ; 5 octobre, mariage par procuration d'Henri IV avec Marie de Médicis / 1601 - 17 décembre, mariage Henri IV avec Marie de Médicis à Lyon ; 17 janvier, le traité de Lyon met fin à la guerre avec la Savoie ; 27 septembre, naissance de Louis, fils d'Henri IV à Fontainebleau ; la France acquiert du duc de Savoie, le Bugey et la Bresse / 1602 - 20 mars, fondation de la compagnie des Indes orientales / 1607 - création de la paulette instituant l'hérédité des charges contre le paiement d'une taxe ; juillet, le roi incorpore ses possessions - Navarre et Béarn - à la Couronne /1610 - 13 mai, sacre de Marie de Médicis à Saint-Denis ; 14 mai, assassinat de Henri IV par Ravaillac, son fils Louis lui succède

 
1610 - 17 octobre, sacre de Louis XIII à Reims, le Parlement accorde la régence à Marie de Médicis / 1611 - 26 janvier, Sully démissionne protestant contre l'influence de Concini ; 30 avril, traité avec l'Espagne qui prévoit le mariage des héritiers des deux Couronnes ; 27 mai, assemblée protestante à Saumur / 1612 - 5-7 avril, fiançailles des princes à Paris ; décembre, synode de La Rochelle / 1614 - 2 octobre, Louis XIII est déclaré majeur ; 27 octobre, ouverture des Etats généraux / 1615- 28 novembre, mariage de Louis XIII et Anne d'Autriche / 1617 - 24 avril, assassinat de Concini sur ordre du roi ; mai, Louis XIII exile sa mère à Blois et renvoie Richelieu / 1619 - 30 avril, traité d'Angoulême mettant fin aux différents entre Louis XIII et sa mère / 1620- octobre, rattachement de la Navarre et du Béarn au royaume de France / 1629 -15 janvier, lit de justice limitant le droit de remontrances du Parlement ; 28 juin, édit de grâce de Louis XIII en faveur des protestants / 1630- 18 janvier, Richelieu réorganise les cabinets /1631-13 octobre, traité de Ratisbonne qui instaure la paix entre Louis XIII et l'empereur ; 23 janvier, traité de Bärwald qui scelle l'alliance entre la France et la Suède /1632-29 mars, traité de Saint-Germain / 1634-28 septembre, arrêt royal sur la fonction d'intendant dans les provinces / 1635-12 février, création de la compagnie des Iles d'Amérique ; colonisation de la Guadeloupe et de la Martinique ; 26 octobre, traité d'alliance avec les princes protestants d'Allemagne, les Suisses et le prince de Saxe-Weimar ; entrée de la France dans la guerre de Trente Ans (1618-1648) / 1637-1er juin, répression contre les croquants du Périgord / 1638 -5 septembre, naissance de Louis, fils de Louis XIII et Anne d'Autriche / 1640-31 mars, création du louis d'or qui remplace l'écu /1641-1er février, la France s'allie avec le Portugal contre l'Espagne ; 21 édit royal sur les droits du Parlement / 1642-13 juin, arrestation de Cinq-Mars pour complot contre le roi ; 3 juillet, mort de Marie de Médicis à Cologne ; le cardinal Mazarin remplace Richelieu /

1644 -14 mai, mort de Louis XIII son fils Louis XIV lui succède / 1647 - 14 mars, trêve entre la France et la Bavière / 1648 - 15 janvier, la reine mère décrète un lit de justice pour faire enregistrer des édits ; 16 janvier, refus du Parlement d'enregistrer les édits et début de la Fronde parlementaire ; 24 octobre, le traité de Wesphalie mettant fin à la guerre de Trente Ans / 1649 5-6 janvier, la Cour s'enfuit à Saint-Germain et Condé assiège Paris ; 12 janvier, les frondeurs s'emparent de l'Arsenal et de la Bastille ; 11 mars, paix de Rueil qui scelle la réconciliation entre la Cour et le Parlement ; 1er avril, paix de Saint-Germain entre Mazarin et les frondeurs ; 18 août, retour de la cour à Paris / 1650 -18 janvier, arrestation des princes de Condé, de Conti et du duc de Longueville ; début de la Fronde des princes ; 5 septembre, l'armée royale bat les troupes de la Fronde ; 1er octobre, paix de Bordeaux entre la Cour et les princes / 1651 - 30 janvier, union de la Fronde parlementaire et la Fronde nobiliaire ; 18 août, Mazarin part en exil /1653 - 3 février, Mazarin est de retour à Paris ; fin de la Fronde ; 7 février, nomination de Fouquet surintendant des Finances / 1654 - 27 mars, le Parlement condamne à mort le prince de Condé ; 7 juin, sacre de Louis XIV à Reims ; 3 novembre, traité entre la France et Cromwell : alliance contre l'Espagne / 1655 - 20 mars, lit de justice à Louis XIV fait enregistrer des édits financiers ;13 avril, idem / 1656 - 22 avril, création de l'Hopital général à Paris / 1658 - 14 juin, Turenne remporte la bataille des Dunes sur Condé et les Espagnols /1659 - 7 novembre, traité des Pyrénées mettant fin à la guerre avec l'Espagne / 1660 - 9 juin, mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne / 1661 - 10 mars, Mazarin mort la veille, Louis XIV annonce qu'il gouverne désormais seul ; 4 septembre, Louis XIV ordonne l'arrestation de Fouquet accusé de détournement de fonds ; 15 novembre, décret instituant la Chambre de justice destiné aux abus et malversations /1667 - avril, ordonnance de réforme de la justice dite Code Louis ; 24 mai, Louis XIV revendique la Couronne d'Espagne, début de la guerre de dévolution /1673 - 10 février, Louis XIV institue son droit de régale universel ; 24 février, suppression du droit de remontrances des Parlements / 1678 - 17 septembre, traité de paix entre la France et l'Espagne / 1679 - 5 février, traité de Nimègue marquant la fin de la guerre de Hollande / 1680 - 10 octobre, déclaration interdisant les synodes protestants sans autorisation royale / 1683 - 6 octobre, Louis XIV ordonne l'expulsion des Juifs du royaume / 1685 - 18 octobre, édit de Fontainebleau révoquant l'édit de Nantes / 1688 - 26 novembre, début de la guerre contre la Ligue d'Augsbourg conduite par l'Angleterre, la France se trouve isolée ; 11 décembre, l'empereur allemand déclare la guerre à la France / 1689 - 15 avril, la France déclare la guerre à l'Espagne ; 17 mai, l'Angleterre déclare la guerre à la France / 1695 - 18 janvier, création de la capitation, impôt de quotité /1697 - 30 octobre, traité de Ryswick mettant fin la guerre de la Ligue d'Augsbourg ; Louis XIV est contraint à de fortes concessions / 1701 - 16 septembre, Louis XIV reconnaît Jacques III, fils de Jacques II comme roi d'Angleterre, ce qui provoque une rupture diplomatique avec Guillaume III, roi d'Angleterre / 1702 - 15 juin, la coalition déclare la guerre à la France / 1710 - 14 octobre, création du dixième sur tous les revenus pour financer la guerre / 1712 - 17 juillet, armistice avec l'Angleterre ; 22 août, généralisation de l'armistice / 1713 - 11 avril, traité d'Utrecht mettant fin à la guerre de succession d'Espagne ; 8 septembre, Bulle Unigenitus condamnant le jansénisme /1714 - 15 février, Louis XIV impose la ratification de la bulle au Parlement ; 6 mars, traité de Rastatt entre la France et l'Empire ; 2 août, rédaction du testament de Louis XIV, il prévoit Philippe d'Orléans son neveu pour assurer la régence /

1715 - 1er septembre, mort de Louis XIV, son arrière-petit-fils Louis lui succède ; 2 septembre, Philippe d'Orléans, Régent fait annuler le testament de Louis XIV ; 12 septembre, rétablissement du droit de remontrance du Parlement ; 15 septembre, création de la polysynodie / 1717 - 4 janvier, traité de La Haye scellant l'alliance entre la France, l'Angleterre et les Provinces Unies ; 7 mai, traité franco-russe / 1718 - 21 avril, arrêté du Conseil limitant le droit de remontrance du Parlement / 1719 - 9 janvier, la France et ses alliés déclarent la guerre à Philippe V d'Espagne qui cherche à renverser le Régent / 1720 - 22 juin, traité de Madrid avec Philippe V / 1723-15 février, Louis XV est déclaré majeur, fin de la Régence / 1724 - 14 mai, déclaration des protestants ; 24 septembre, création de la Bourse de Paris ; 29 octobre, renvoi de l'infante d'Espagne / 1725 - 30 avril, traité de Vienne scellant l'alliance entre l'Espagne et l'Autriche ; 5 juin, création du cinquantième sur tous les revenus ; 5 septembre, mariage de Louis XV avec Marie Leczinska, fille de l'ex-roi de Pologne / 1726 - 19 août, stabilisation de la monnaie, rétablissement de la ferme générale et suppression du cinquantième /1733 - 10 octobre, Louis XV déclare la guerre à l'empereur d'Autriche ; 7 novembre, traité de L'Escurial entre la France et l'Espagne ; 15 novembre, traité d'alliance entre la France et la Bavière contre l'Autriche ; 17 novembre, rétablissement du dixième /1738 - 13 juin, création de la corvée royale pour l'entretien des routes /1741 - 28 mars, traité de Nymphenburg scellant l'alliance de la France, la Bavière, la Saxe et la Pologne contre Marie-Thérèse d'Autriche /1743 - Louis XV décide de gouverner seul au décès du cardinal de Fleury ; mai, l'Angleterre s'allie à l'Autriche contre la France ; 24 octobre, pacte de Fontainebleau scellant l'alliance entre la France et l'Espagne /1744 - 15 mars, déclaration de guerre de la France à l'Angleterre ; 5 juin, nouveau traité d'alliance franco-prussien /1745 - 29 février, mariage du Dauphin avec Marie-Thérèse infante d'Espagne / 1747 - 9 février, le Dauphin épouse en seconde noce Marie-Josèphe de Saxe ; 14 février, fondation de l'Ecole des Ponts-et-Chaussées /1748 - 18 octobre, traité d'Aix-la-Chapelle mettant fin à la guerre de succession d'Autriche /1749 - 2 août, édit de Machault d'Arnouville taxant toutes nouvelles acquisitions du clergé /1751 - 22 décembre, Louis XV dispense le clergé du vingtième /1752 - 7 février, le Parlement condamne l'Encyclopédie /1755 - 8 juillet, la France rompt ses relations diplomatiques avec l'Angleterre /1756 - 1er mai, traité de Versailles scellant l'alliance de la France à l'Autrice contre la Prusse et l'Angleterre ; guerre de Sept Ans contre ces deux pays ; 7 juillet, création d'un second vingtième / 1763 - 10 février, traité de Paris mettant fin à la guerre de Sept Ans, perte de territoires /1765 -22 mai, démission du Parlement de Bretagne ; 20 décembre, mort du Dauphin /1769 - 15 juillet, rétablissement dans ses droits du Parlement de Rennes ; début de la généralisation de la culture de la pomme de terre en France /1770 - Maupéou de 1770 à 1774 tente de réformer le système judiciaire /

 1774- 10 mai, mort de Louis XV, son petit-fils Louis lui succède ; 24 août, Turgot contrôleur général des Finances lance une réforme économique libérale : 13 septembre, Louis XVI rétablit le Parlement ; mesures réformatrices de Malesherbes et de Turgot : abolition de la corvée, liberté du commerce intérieur des grains, création d'un impôt territorial portant sur l'ensemble des personnes, réorganisation des carrières militaires / 1776 - 12 mai, Louis XVI renvoie Turgot sous la pression populaire ; 6 juin, Vergennes est nommé ministre des Affaires étrangères / 1777 - 29 juin, Necker est nommé directeur général des Finances /1780 - 24 août, abolition de la question préparatoire lors de l'instruction ; abolition de la torture et du servage dans les domaines du roi / 1781-19 mai, démisssion de Necker qui a rendu public l'état des recettes et dépenses de l'Etat, Joly de Fleury le remplace /1783 - 3 septembre, traité franco-anglais de Versailles reconnaissant l'indépendance des Etats-Unis ; 10 novembre, nomination de Calonne au poste de contrôleur général des Finances ; 26 septembre, traité d'Eden diminuant les droits de douane entre la France et l'Angleterre / 1787 - 22 février, réunion de l'assemblée des notables pour approuver les réformes ; 8 avril, renvoi de Calonne, Loménie de Brienne le remplace ; 22 juin, édit sur la création des assemblées provinciales ; 16 juillet, le Parlement de Paris rejette les réformes fiscales et réclame la réunion des Etats généraux ; 6 août, lit de justice où Louis XVI impose l'enregistrement de l'impôt sur le timbre ; 7 août, le Parlement déclare nul et illégal l'enregistrement ; 14 août, Louis XVI exile le Parlement à Troyes ; 4 septembre, rappel du Parlement qui enregistre le rétablissement des vingtièmes ; 19 novembre, lit de justice où Louis XVI impose l'enregistrement d'une série d'emprunts / 1788- 4 janvier, remontrances du Parlement contre les lettres de cachet ; 3 mai, le Parlement proclame les lois fondamentales du royaume ; 8 mai, réforme de Lamoignon transférant l'enregistrement des édits à une cour plénière et supprimant la question ordinaire : mai, révolte des Parlements ; 20 mai, réunion du parlement de Grenoble malgré sa mise en vacance ; 7 juin, émeutes violentes à Grenoble, réunion du Parlement de Paris ; 11 juin, émeutes à Dijon ; 12-13 juin, exil du Parlement du Dauphiné ; 14 juin, l'assemblée de Grenoble demande le rappel des magistrats et la convocation des Etats généraux ; 19 juin, l'intendant rétablit le Parlement de Pau sous la pression populaire ; 5 juillet, arrêté du Conseil du roi annonçant la convocation des Etats généraux ; 8 août, édit prévoyant la réunion des Etats généraux ; 24 août, démission de Loménie de Brienne ; 26 août, rappel de Necker ; 14 septembre, abandon de la réforme de Lamoignon ; 21 septembre, le Parlement fixe les modalités des Etats généraux ; 25 septembre, le Parlement exige le vote par ordre pour les Etats généraux / 1789 -24 janvier, lettre de convocation des Etats généraux ; 2 mai, ouverture des Etats généraux à Versailles ; 6 mai, les représentants du Tiers-Etats prennent le titre de députés des communes ; 11 mai, les députés de la noblesse refusent le vote par tête ; 27 mai, le Tiers-Etat appelle les deux ordres à le rejoindre ; 4 juin, mort du Dauphin à Meudon ; 11 juin, adoption de la mention Sieyès demandant la réunion des trois ordres ; 20 juin, serment du jeu de paume ; proclamation de l'Assemblée Nationale Constituante

source : chronologie détaillée semaine par semaine, mois par mois, année par année établie par Mle Ladegaillerie pour servir aux étudiants en Histoire et Droit in www.anaxagora.net « Les institutions françaises, naissance et évolution 481-1789 » et « La tradition révolutionnaire 1789-1799 » (autorisation donnée pour utilisation à condition de citer le site, merci)

                                                                                                                 le 11 avril 2010

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