Que pouvons-nus attendre de l'élite au pouvoir ?

L'on ne rentre pas en politique par conviction ou par idéologie : on y entre pour faire carrière. Le meilleur moyen d'accès est… d'être fonctionnaire. Le fonctionnaire élu à un mandat électif se met en congé de la Fonction publique ; puis, au terme de son mandat, s'il n'est pas réélu, réintègre son ancien poste. Atteignant, pour quelques uns d'entre eux, les rouages du pouvoir, ces hommes sont-ils les plus aptes à gouverner la France ? Il est paradoxale que de telles personnes prônent la flexibilité de l'emploi amenant le plus souvent la précarité alors que leur avenir est tout assuré et permanent. Nous constatons depuis quelques décennies, sans aller au delà de la Troisième République, que les politiciens ne sont capables que de nous démontrer leur incompétence à résoudre les affaires de l'Etat. Beaucoup d'entre nous se posent la question du pourquoi de leur médiocrité.

Les électeurs ne peuvent avoir le choix qu'entre quelques hommes placardés sur les affiches, ces hommes sélectionnés au sein des partis politiques. Sur quel critère ce choix est-il fait ? Sans doute, dès leur début, à leur efficacité à coller les dites affiches.

Pour exemple : autrefois, les étudiants, allant jusqu'au Doctorat, choisissaient la carrière de l'enseignement… de la recherche fondamentale (CNRS). Les plus ternes d'entre eux choisissant la Fonction publique, hormis l'enseignement ; en province, les mandats électifs sont recherchés par les notables ayant pignon sur rue et les gros propriétaires terriens ou autres, cela ne nuisant en rien aux affaires ; ces carrières sont également acquises pour les descendants des personnages que l'on voit depuis belle lurette sur les bancs du Parlement et dans les instances régionales… et ceux, en raison des droits, avances et privilèges que s'octroient les habitués de la politique, créant des dynastie, à l'instar du temps de l'Absolutisme.

A quelques exceptions près, le troupeau de ces filières ne représente pas l'élite intellectuelle de notre pays, loin s'en faut. Comment voulez-vous alors que la France devienne un des leader à l'échelle mondiale ? Que pouvons-nous attendre de' l'élite politique' aux commandes ?

Le discours réductionniste tenu par ces éponymes, à la manière de certains volatiles parlants, se réduit à une réforme de la France afin de l'adapter à la globalisation. Aussi ont-ils récolté manifestations, révoltes, troubles de la part des étudiants, inquiets quand à leur présent et à leur devenir.

'Lorsque la nation a besoin de vous pour la guerre, la mobilisation est générale... lorsque le peuple réclame son droit au travail, l'Etat reste sourd ou promet ' (Maarif31).

Il faut savoir que les Universités françaises bénéficient d'une large autonomie, en matière administrative… financière, organisationnelle et cooptent leurs enseignants en toute indépendance relativement au pouvoir. Cette autonomie tend à inquiéter les responsables de l'Etat qui y voient un contre-pouvoir.

La majorité des bacheliers poursuit ses études à la Faculté. Aussi se posent les problèmes de débouchés des diverses filières. L'on a créé des numerus clausus* pour les médecins... pourquoi ne pas faire de même avec d'autres secteurs d'enseignement ? Il serait intéressant de connaître le pourcentage des étudiants diplômés du 3e cycle se trouvant sans perspective professionnelle aucune… Pour les élèves ne pouvant poursuivre leurs études ou n'ayant pas les moyens intellectuels requis, le monde du travail est ouvert mais à quelles conditions dans la mesure où tout contrat de travail, relatif aux moins de 26 ans, est un contrat aidé et que les jeunes perçoivent au maximum 80% du SMIG, les empêchant de mener une vie normale. Ce n'est pas en concoctant des réformes drastiques comme l'article 8 de la loi Egalité des chances**, s'appliquant aux jeunes de 16 à 26 ans, angoissés au quotidien, que la situation s'améliorera.

Tous les ans un rapport est établi sur les besoins en personnel des entreprises. Dans les années 80, il a été formé des centaines d'ingénieurs informaticiens. Grâce au passage à l'an 2000 et après dix ans de chômage pour ceux qui ne se sont pas expatriés, ils sont les seuls diplômés recherchés.

Le postulat des 'Penseurs' est l'existence actuellement de deux modèles : d'une part, les Etats-Unis, avec ses dérives sociales et économiques connues et d'autre part, la Chine dont on nous dit qu'elle tend vers le libéralisme. Cette vision d'une Chine 'libérale' ou 'capitaliste' nous semble erronée. Le Pouvoir en place tient à préserver ses prérogatives actuelles mais entend utiliser les rouages du capitalisme pour accroître sa puissance et réguler les problèmes sociaux qui se posent à lui.

Pour conclure, il est certain que la France doit se réformer : il est impossible de travailler moins (35 h) et gagner plus ; il est impossible de partir de plus en plus jeune à la retraite alors que l'espérance de vie s'allonge ; il est impossible que la Sécurité sociale ne soit financée que par les gens qui travaillent et qu'elle ne soit pas en partie budgétisée ; il est indécent que des personnes en âge d'occuper un emploi, en bonne santé, puissent faire le choix délibéré de ne pas travailler et de percevoir des allocations de substitution; il est impossible que dans la Fonction publique la répartition des agents ne soit pas rationalisée ; il estaberrant de créer des dépenses (subventions, exonérations, aides multiples et de toutes sortes) sans avoir le moyen de les financer, sans aggraver la situation des salariés et des patrons ; il est anormal de continuer à utiliser les deniers publics d'une manière irréfléchie sans que la Cour des comptes ait un pouvoir juridictionnel***…

Il serait grand temps que nous ne soyons plus gouverné par des gens formant une caste issue du népotisme et non selon la justice et le mérite.

 

'La réflexion est la puissance de se replier sur ses idées, de les examiner et de les combiner de diverses manières' Chabeaubriand

* numerus clausus : limitation du nombre d'étudiants dans certaines filières afin de réguler le nombre de professionnels diplômés et en conséquence, le nombre de professionnels en activité

** comment peut-on parler d'égalité des chances ? lorsque l'on sait que le mot chance signifie : - la manière favorable ou défavorable selon laquelle un événement se produit - peut se produire par hasard. La seule chance positive des différents 'attrapes-couillons' organisés par la Française des Jeux, c'est l'argent rapporté à l'Etat

*** en l'état actuel, tous les ans, la Chambre des Comptes et les cours régionales des comptes établissent un rapport où elles épinglent les gabegies ; toutefois, celles-ci n'ont aucun pouvoir afin d'en sanctionner les responsables

                                                        le 14 avril 2006

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