Si votre ramage ressemble à votre plumage... vous êtes le phénix en ces lieux...

Le corbeau : Monsieur Sarkozy le François et le renard : tous les autestermes vieux français.

Mais pour qui se prend-on ? A en croire les historiens, nous serions le pays à l’origine de la « bonne conduite » des affaires de ce monde. Quel est le Français demeurant au plus profond des terroirs de notre pays qui ne soit persuadé que la France a été la conceptrice des Droits de l’Homme ?

Les conceptions politiques, démocratiques ou libérales ont pour origine l’Antiquité romaine qui les a, en grande partie, reçu de l’Antiquité grecque. Prenons ainsi l’exemple de l’Agora, l’assemblée de toute la population où sont discutées en place publique les lois mais aussi les affaires de la cité. A partir de l’époque moderne, à savoir les débuts de la Renaissance italienne, les idées se développent et se cristallisent en Europe pour formuler de véritables doctrines politiques. Au XVIe siècle, deux hollandais Grotius puis Baruch Spinoza exposent une théorie du droit naturel, inhérent à la qualité d’être humain et supérieur à toute loi humaine à opposer au droit des gens, droit issu de la société civile. Cette doctrine permet la première révolution européenne, la Révolution hollandaise (1588) avec les idées d’ancienne liberté existant depuis des siècles, de légitimité des Etats généraux et de souveraineté populaire. Viennent ensuite les deux révolutions anglaises (1641 et 1688) avec les idées de tolérance religieuse ; de réforme constitutionnelle issue des Levellers, à savoir le consentement à l’origine du pouvoir d’Etat, le suffrage universel et la constitution écrite ; de régime mixte, entendu qu’il importe peu que le régime soit une monarchie ou une république ; de rule of law, à savoir « un gouvernement de lois, non d’hommes », de séparation des pouvoirs. La Révolution américaine, fondamentale en ce qu’elle cristallise toutes les idées constitutionnelles modernes, à savoir le problème de la représentation des citoyens, les concepts de constitution écrite et de droits de l’homme – la déclaration d’Indépendance des Etats-Unis intègre une déclaration des droits dont l’origine est le Body of Liberties of Massachussetts (10 déc 1641), la Pennsylvania Charter of Privileges (28 octobre 1701), la Constitution et la déclaration des Droits de l’Etat de Virginie (1775), les contre-pouvoirs tels le contrôle juridictionnel des lois et le fédéralisme ainsi que la liberté de conscience et la neutralité religieuse de l’Etat.

Les philosophes des Lumières élaborent à partir de ce matériel intellectuel juridique une doctrine permettant à la bourgeoisie française de revendiquer le pouvoir politique en France. En effet, la Révolution française substitue le pouvoir politique de la bourgeoisie au pouvoir politique détenu par la noblesse. La bourgeoisie, partie intégrante du Tiers-Etat, revendique cette position justifiant de son pouvoir économique puisque elle seule tient l’économie française. Rappelons à cet effet que la noblesse n’a pas le droit de travailler – hormis la verrerie car le feu purifie – et s’est appauvrie au fil des siècles. Pour parvenir à ces fins, la bourgeoisie instrumentalise le peuple mais n’entend nullement lui octroyer un pouvoir quelconque ; ainsi, Sieyès crée le concept de souveraineté nationale afin de confisquer le pouvoir du peuple. Il est à souligner que la bourgeoisie n’entend nullement renverser le régime politique, à savoir la monarchie ; elle se contente de vouloir instaurer une monarchie constitutionnelle – si Louis XVI et sa famille ne s’était pas enfui pour rejoindre la coalition menée par le duc de Brunswick, la République n’aurait pas été déclarée mais par cette action, il a été considéré comme un traite à la France.

Les doctrines politiques ne sont jamais qu’un agrégat d’apports successifs au cours des siècles.

                                                                                             le 3 mai 2009

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