Urbanisme, poids et mesures

Architecture romane – Héritier des Etrusques, l’ubanisme romain est une affaire d’architecture romaine. L’urbanisme est urbain et fonctionnel. Rome s’est préoccupée avant tout du confort des citoyens et de l’intérêt public, mettant au point des techniques et usant de méthodes de construction grecques (appareil de blocage, voûte, coupole) ; les architectes et ingénieurs romains surent construire des ouvrages audacieux, solides et maîtriser les paysages. Ils édifièrent des constructions monumentales dont beaucoup demeurent encore aujourd’hui : thermes, amphithéâtre, aqueduc, marché… Le pont du Gard illustre le goût de la beauté allié à l’efficacité. Dans les cités, décor et urbanisme sont liés – Varron se souciant de l’enseignement de l’architecture, Froutin, créateur et curateur du service des eaux, créa nombre d’aqueducs… Rabirius auteur du palais des Domitiens sur le Palatin, résidence impériale ; Appolodore de Damas, l’architecture de Trajan auteur de forums et marchés…

 

L’aqueduc romain, le plus ancien est l’acquo apia construit par Apius Claudius Caetitus (-312), d’une longueur de 16,5 km parcourant seulement une centaine de mètres au-dessous du sol. Trois autres furent construits sous la République dont l’acqua marcia (91 km) qui cherchent l’eau en pays sabin. Au premier siècle de notre ère, on construisit six autres acqueducs pour alimenter Rome. A la fin du siècle, pour une population de 1 million d’habitants, les différents aqueducs distribuaient 992 200m2 , les Romains disposaient donc en moyenne de 600 à 900 litres d’eau par habitants. Sous l’Empire, le service des eaux occupe un personnel considérable et la charge des curateurs des eaux est l’une des plus hautes.

 

 

 

Les thermes sont un établissement public ou privé. Il comprend quatre parties essentielles : un vestiaire, une salle d’eau froide, une salle tiède où les baigneurs étaient frottés d’huile et de parfum et une étuve. L’on passait d’une pièce à l’autre ; d’autres pièces étaient réservées au massage, à la gymnastique, aux frictions… Elles étaient ornées de mosaïques luxueuses et de pavements en marbre. Certains termes divisés en deux parties, l’une réservée aux femmes, l’autre aux hommes. Les chaudières se trouvent au sous-sol. Un système de conduits et canalisations permet d’obtenir eau et air à températures voulues. Les thermes étaient aussi des lieux de rendez-vous d’amitié ou d’affaires. Ceux plus luxueux étaient pourvus de promenades, bibliothèques, piscines et bars. L’on s’y rendait l’après-midi. Ils restaient ouverts jusqu’à la tombée de la nuit. Les plus célèbres à Rome étaient ceux de Caracalla. Les maisons en ville n’avaient le plus souvent que des salles de bain ; en revanche, les villas avaient de véritables thermes.

Le quadrillage des villes romaines leur donnent un aspect de damiers. Les villes du monde romain sont tracées et disposées de façon analogue : au centre, le forum avec ses annexes (le capitol, la curie, la basilique), des thermes, un théâtre, un amphithéâtre, des arcs de triomphe, des fontaines et à la périphérie des temples élevés à des divinités locales tandis que les cultes romains demeurent groupés au centre. Urbs signifie ville – origine étrusque, et désigne la Ville, Rome, capitale de l’Empire jusqu’au IVe siècle de notre ère. Urbs est la partie qui se trouve à l’intérieure des murs d’enceinte. Rome englobe l’urbs divisée en quatre régions par Servius Tullius puis en quatorze par Auguste. Les faubourgs s’étendent dans la zone des Milles pas autour de l’urbs.

Idée de l’importance de la Ville sous l’Empire – l’urbs proprement dite couvre 1800 hectares ; la commune de Rome près de 25000 hectares : la population atteint 1 200 000 habitants. Il y a une centaine de temples, une trentaine de bibliothèques, une douzaine de basiliques, une dizaine de thermes, trois théâtres, quinze forums, vingt-cinq portiques, trois marchés, neuf ponts sur le Tibre… L’administration principale de Rome s’est longtemps confondue avec le gouvernement de l’Etat et cette caractéristique s’est encore accentuée avec l’Empire. Les rues de Rome surtout celles du centre étaient étroites et sinueuses. Le développement de la ville et l’attachement au passé n’avaient pas permis un quadrillage plus rationnel des rues. Elles étaient souvent mal entretenues, rarement pavées et bordées de trottoirs. Sous l’Empire, on fit un gros effort pour les améliorer. Elles étaient désignées sous le nom de vici à l’exception de quelques unes qui étaient des viae (sacra viae ; viae nova), terme réservé aux grandes avenues extérieures. Il y avait également des clivi (rampes), comme le clivius Capitolonus et des gradus (escaliers) réservés aux seuls piétons. Dans certains quartiers où seul un vicius tenait lieu de grande rue, une série de passages (lescentes) et d’impasses engipistus se greffaient sur le vicius de façon désordonné. Pour aérer ces ensembles de rues, les plus larges atteignant 8m et les plus étroites 3m, il y avait en plus des onze forums sous l’Empire de nombreuses places aerae, esplanades (campi), fontaines, temples, portiques, statuts… Cela entraînait chez les Romains le goût de la promenade et de la flânerie. Rome possédait en outre de nombreux parcs et jardins, vastes et agréables. L’animation était grande dans les rues et la circulation difficile malgré l’interdiction faite aux véhicules de pénétrer en ville dans la journée. L’absence d’éclairage la nuit rendait la nuit incertaine ; aussi, sortait-on accompagné d’esclaves portant flambeaux pour écarter d’éventuelles mauvaises rencontres.

Les matériaux de construction – Les Romains à la suite des Etrusques ont utilisé la construction en pierres de taille à sec sans ciment selon que la disposition et la forme des pierres étaient irrégulières ou au contraire régulières. Ces techniques se nommaient opus silicium ou bien opus quadratum. Au IIe siècle avant notre ère, les architectes utilisent l’opus saemanticum qui est un blocage d’éclats de pierre et de mortier coulé dans un coffrage de planche. Cette technique permet la construction d’arcs et de voûtes de grande portée et solides. Cet opus saemanticum est revêtu de parements divers : petits blocs de pierre irréguliers qui s’appellent opus insertum ; petits blocs en losanges imitant les mailles d’un filet, opus reticulatum ; un mélange de pierres et de briques, opus mictum ; parements constitués de briques seules, opus testaseum, patericeum, technique qui se généralise sous l’Empire étant donné la maniabilité des briques et la facilité à recevoir enduit et moulage. Les briques (crues) faites d’argile et de paille hachées et briques (cuites) étaient carrées, rectangulaires ou circulaires de tailles variables. Elles portaient l’estampille du fabricant, propriétaire ou légion lorsqu’il s’agissait d’édifice militaire. Certaines surfaces pouvaient être dissimulées sous un revêtement de stuc ou marbre. L’on distingue en ville la maison privée, individuelle, simple ou riche, la domus et l’immeuble de rapport, l’insula (ilot), divisé en appartements (senacula). Quand à la villa, c’est une maison de campagne ou une ferme. A Rome, comme dans toute ville, une distinction s’est opérée entre les divers quartiers : sous l’Empire, les quartiers officiels sont le Palatin, le Capitol, le Forum, le Champ de Mars ; les quartiers aristocrates : le Pincio, le Quirinal, l’Esquelin, le Caelius, l’Avantin ; les quartiers populaires : le Velabre, le Transtesevere, l’Argilète, le Forum Boarium. A l’époque de Constantin, Rome comptait plus de 46 000 insulae et un peu moins de 2 000 domus.

Voix et ponts romains – Qui dit routes dit aussi ponts, tunnels, viaducs ; cela implique la présence d’ingénieurs, de topographes, l’exécution de relevés géographiques et pluviométriques, une organisation pour la manutention, l’administration économique, la surveillance militaire, tout un ensemble que les Romains possèdent et qui leur permet de créer dans tout l’Empire un réseau routier comme nul peuple au monde ne le fit. Les voies romaines s’étendaient de l’Ecosse au golfe persique ; du Maroc au Turkestan. De nos jours, la plupart des grandes lignes du chemins de fer suivent assez fidèlement les anciennes voies romaines. C’est en Italie que le réseau routier est le plus dense et le plus ancien. La première voie pavée ouverte vers le sud fut la voie appienne construite en 312 avant notre ère par le censeur Apius Claudius Caesus. La construction d’une voie signifie pour la région l’apport d’une véritable civilisation. Sur une pierre tombale le long de la voie Opilia, le consul qui la construisit Populus, se vante d’avoir vu grâce à sa route dotée de ponts, de bornes milliaires et de stations de poste, « les bergers céder aux laboureurs ». Avec l’ouverture des voies de communication, les maigres pâturages étaient devenus des terres riches et florissantes. Les voies romaines escaladaient aussi les hautes montagnes qu’elles traversaient en se faufilant par les cols. Au passage de la route qui relie la Gaule au val d’Aoste par le col du Petit saint Bernard, il a été nécessaire de creuser à flanc de coteau une plate-forme de 221 m de long. Les ingénieurs de l’Antiquité se trouvaient parfois obligés de percer un tunnel. Personne ne croirait que la galerie construite à une époque où l’homme ne connaissait ni le marteau pneumatique ni la dynamite vit le jour au temps d’Auguste sous le Monte Grillo entre Baïes et Cumes longue de 900 m, elle est éclairée par la lumière du jour qu’elle reçoit de nombreux puits verticaux et obliques.

C’est Lucius Cocceius Auctus qui dirigea ces travaux. Cependant la longueur de ce tunnel ne constitue pas le record des réalisations romaines dans ce domaine : pour creuser l’émissaire – canal de décharge – du lac Fucin, les Romains percèrent une galerie longue d’au moins 5 km. Il est impossible de tracer des routes sans construire des ponts et les Romains étaient passés maîtres dans cet art. Le pont d’Alcantara se trouve en Espagne sur le Tage dans la ville d’Alcantara. Il a été bâti à la fin du Ier siècle après notre ère sous le règne de Trajan, pour accéder à la requête de la population locale. « Le noble Caius Julius Lacer a construit ce pont destiné à durer aussi longtemps que le monde ». L’auteur ne semble pas s’être trompé, le pavé lui-même après dix-huit siècles de service n’a pas bougé. Le pont est long de 188 m, la route se trouve à 54 m au-dessus du niveau de l’eau, les deux arches centrales ont 34 et 36m d’ouverture ; l’ensemble est fait de blocs de granit qui se soutiennent l’un l’autre dans un équilibre parfaitement calculé sans le moindre usage de ciment ou mortier. La chaussée est suffisamment large pour qu’une armée puisse y défiler par rang de huit. Le plus curieux étant la porte qui le coupe en son milieu, il ne s’agit pas d’un motif décoratif mais d’une construction militaire. Il suffisait en effet de doter cet arc d’une robuste grille munie d’une herse pour interdire le passage à l’armée ennemie.

 

 

 

LA MONNAIE ET LES MESURES ROMAINES

Les premiers Romains s’adonnaient exclusivement à l’agriculture et à l’élevage, sauf en temps de guerre et utilisaient comme monnaie d’échange leur bétail – pecus. Quand les premières pièces de monnaie furent mises en circulation, elles portèrent le nom de pecunia ; en effet, pour les Romains, chacune d’elle équivalait à une tête de bétail. Les premières furent des lingots de bronze moulées de poids variables, puis prirent la forme circulaire des pièces d’aujourd’hui et portèrent des dessins en relief. Pour les frapper, on utilisa un instrument appelé coin composé de deux petites masses. Quand on frappa des pièces d’argent, l’unité de valeur devint le sesterce qui demeura la monnaie romaine la plus célèbre.

 

 

 

 

 

 

Les mesures de poids sont réalisées avec la balance romaine    10004.jpg

Les mesures de longueur portaient le nom de pes (pied) correspondant à la longueur d’un pied humain, soit 29 cm ; pour l’arpentage, on utilisait une perche de dix pieds ou decempeda.

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