Vous vous laissez dominer, outrager, fouler aux pieds par une bande de drôles - Romain Roland

Une nation est un bout de monde parmi tant d’autres qui comprend un territoire délimité par une frontière sur lequel un groupe humain, le peuple, généralement assez vaste, se caractérise par la conscience de son unité, la volonté de vivre en commun, ayant un certain nombre de coutumes et d’institutions. Parmi les hommes qui le composent, la majorité participe activement à la vie économique, ensemble de faits relatifs à la production, à la distribution et à la consommation des richesses pour l’ensemble des citoyens qui constituent leur communauté. D’autres se consacrent aux arts, à la culture, ensemble des aspects intellectuels de civilisation. D’autres encore s’adonnent au spirituel, font profession de foi dans une religion, système de croyances et de pratiques impliquant des relations avec un principe supérieur et propre à leur groupe social. Puis, il y a ceux qui s’investissent dans l’art et la pratique des gouvernances de la société humaine. Le politique exerce des actions dans un gouvernement ou dans l’opposition. Elu au suffrage universel, il est censé représenter une fraction de la société qu’il représente dans le cadre de la nation. Le peuple attend de lui qu’il soit exemplaire en ce qui concerne les mœurs, habitudes, les règles admises et pratiquées dans une société. Celui qui propose des règles d’actions différentes, inverses de celles admises par la morale courante, se devrait être écarté, chassé à jamais de toutes fonctions en relation avec la politique . La plaie de notre pays est qu’il suffit de grimacer un sourire de circonstance, de serrer des mains sans voir à qui elles appartiennent et éructer quelques mots dans le genre : - "  Comment ça va… monsieur, madame, vous pouvez me croire… tout va changer… voter pour moi… ". Il faut être le dernier des crétins – non congénital – pour porter attention à de tels énergumènes. Est-ce une façon d’extorquer à un citoyen le ticket d’un électeur sur une simple poignée de main mollassonne et de quelques termes qui ne signifient rien pour le catapulter pour de nombreuses années, et parfois même toute une vie, vers des responsabilités qui sont hors de portée, la plupart du temps, de ses compétences ?

La réforme… ah, la réforme ! … vocable signifiant méthode nouvelle est le cri en vogue chez le politique actuel, qu’il soit du côté de la gouvernance ou dans l’opposition. Cette manie de tout vouloir changer, donnant à penser que pendant les 50 dernières années, des hommes politiques, De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterand, sans oublier leurs collaborateurs, ont tous failli à leur tâche. C’est à croire que le vaisseau France d’alors a erré tout ce temps sans capitaine, ni gouvernail, terminant à la casse, au cimetière de la mer des Sargasses.

Sur un territoire de 550 985 km2 occupé par notre pays, n’est-il pas un coin, un recoin, un tout petit coin, où déniché celui, celle, ceux et celles ayant l’envergure d’un Richelieu, Mazarin ou Colbert qui, à l’époque, avaient pour objectif la grandeur de la France et parvinrent à le réaliser. Et plus près de nous, Jaurès, De Gaulle, Mendès France… pour qui la politique était fondée sur la primauté de la nation, le seul critère de l’intérêt général. Qu’enfin les citoyens comprennent pourquoi sur le fronton des bâtiments publics est placardée la devise :

" Liberté, Egalité, Fraternité ". Il serait grand temps que 35 millions d’habitants adultes qui vivent dans les 36 000 et plus communes, se demandent pourquoi quelques minuscules petits milliers d’individus, les tiennent sous leur joug avec les moyens que leur procure le pouvoir : force, coercition, pression, violence, asservissement, dépendance… " Les plus machiavéliques desseins se briseront contre la volonté pacifique des peuples " Martin du Gard (1881-1958, écrivain, prix Nobel 1937)

Comment cela a-t-il commencé ?

Autrefois aux temps préhistoriques, l’homme possédait la faculté de glaner la malachite, d’extraire du sol le cuivre, le façonner en instruments utiles aux besoins du groupe, de produire des végétaux… de chasser, de pêcher et de se défendre. Il n’avait plus qu’à occuper l’espace sur lequel il se trouvait. Lorsque les eaux du Nil débordent et provoquent de désastreux ravages sur l’alentour, les habitants occupant ces terres riches en limon fertile choisirent pour conduire les ouvrages, barrages, canaux… afin de contrer la nature, le meilleur d’entre eux. L’un des tous premiers qui furent mandatés pour diriger ces travaux passa du statut de chef d’équipe en quelque sorte pour devenir le tout puissant Pharaon. Tout au long de notre histoire, les peuples sont gouvernés par des hommes créant toutes sortes de subterfuges : Dieu, Demi-Dieux, Magistrat suprême, Monarque, Empereur, Chef d’Etat… pour assujettir le peuple. " La politique, art de tromper les hommes " D’Alembert

Ni les grands penseurs, philosophes, idéalistes, ni l’ensemble des phénomènes sociaux, religieux, culturels, scientifiques, techniques, n’ont abouti à ce, 6 000 ans après, que le principe d’égalité entre tous les hommes fut concrétisé. L’une des plus hypocrites, la doctrine politique d’après laquelle la souveraineté doit appartenir à l’ensemble des citoyens.

" Le suffrage universel est donc la démocratie elle-même " Lamartine

La subtilité de cette affaire est que chaque homme et l’ensemble de chacun d’eux délègue ce pouvoir à un quidam qui, devenu tout puissant par les forces de coercition et les lois qu’il instaure, peut ou se détache de ce principe.

" Il n’y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que notre pensée " Descartes

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